REVUE DE PRESSE

congoforum

L’événement qui fait le plus de bruit dans les journaux de ce week-end est la
présentation et la défense du Budget de l’Etat de l’exercice 2012 à l’Assemblée nationale
le vendredi par le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. La Guerre de l’Est et les
relations RDC/Rwanda sont également présentes dans la presse tant congolaise
qu’étrangère qui n’oublie pas non plus la question toujours pendante des résultats
électoraux.

Budget / Economie
Mieux vaut tard que jamais. C’est le moins que l’on puisse dire de la présentation tardive
du Budget de l’Etat pour l’exercice 2012 par le Premier ministre devant l’Assemblée
nationale en vue de l’examen et du vote pour promulgation de cette loi financière.
Le Potentiel titre: « Matata défend un projet de Budget 2012 de 7.577,9 milliards FC ».
Il précise : « L’élaboration du projet de loi des Finances a pris en compte la conjugaison
de plusieurs facteurs, notamment l’organisation effective en 2013 des élections
provinciales et sénatoriales et la conclusion de la dernière revue du programme
économique du gouvernement ».
La chronique économique ne fait pas seulement la part belle au budget que le Parlement
va devoir examiner et voter dans son actuelle et spéciale session extraordinaire, mais
aussi à d’autres sujets du même secteur. Comme celui du petit commerce, au moment
où cette activité est actuellement secouée par des mesures énergiques de remise en
ordre
Sous le titre « Exercice du petit commerce : faire appliquer la loi », Le Potentiel
explique dans l’introduction de l’article que : « Dura lex, sed lex », la loi est dure, mais
c’est la loi, disent les latinistes. Et lorsqu’on aspire à un Etat de droit, on ne peut se
passer de ce principe ».
C’est dans le même contexte que Le Potentiel toujours rapporte un des faits de cette
sorte d’action coup de poing asséné aux anarchistes qui croient se passer de la loi pour
déployer leurs activités commerciales sans se soumettre aux prescrits légaux. Il s’agit de
la casse des échoppes commerciales érigées anarchiquement sur l’avenue du Tourisme
qui longe le fleuve Congo dans la commune de Ngaliema. L’article est titré comme suit :
« Ngaliema. L’Hôtel de ville détruit les constructions anarchiques sur l’avenue du
Tourisme ».
Le Potentiel écrit: « Les occupants des habitations et hangars construits
anarchiquement le long du fleuve entre l’Hôpital de la Rive et la traversée des rails sur
l’avenue du Tourisme à Kinsuka ainsi que des bistrots de fortune (nganda) installés dans
le même périmètre ont été démolis sans autre forme de procès ».
Sur un autre chapitre économique, Le Potentiel signale un problème préoccupant,
énergétique celui-là ! « Débat Inga : rêve ou cauchemar. La Société civile déplore
l’absence d’une large consultation sur le projet Inga ».
Est
Le sujet est présent dans deux articles du Potentiel : « Insécurité dans le Kivu. Les
ambassadeurs africains soutiennent la voie des négociations » et « Conseil de sécurité.
Rwandais dans le M23 : Washington s’oppose à la diffusion du rapport onusien ».
Toute cette situation complexe est ramassée dans l’éditorial « A haute voix » du
Potentiel qui titre ce commentaire: « Aller de l’avant ».
Le Potentiel écrit notamment: « Après avoir réuni assez d’éléments qui confirment le
soutien du Rwanda aux rebelles du M23, la RDC ne doit plus s’arrêter à de simples
jérémiades. L’accusation portée devant le Conseil de sécurité des Nations Unies est un
pas de plus franchi sur la bonne direction ».
« Une fois de plus, le Rwanda nargue la communauté internationale qui a décrété
l’embargo contre des groupes armés opérant dans l’Est de la RDC. Pour cette raison, le
Conseil de sécurité est appelé à le rappeler à l’ordre. Une résolution allant dans le sens
de mettre un terme à l’approvisionnement en armes et munitions en direction des forces
négatives opérant dans l’Est de son voisin de l’Ouest ».
Plus loin, il explicite son idée en une recommandation à l’intention aussi bien des
autorités congolaises que de la communauté internationale : « Aller jusqu’au bout traduit
également la détermination d’un peuple de ne point continuer à subir le diktat des
puissances étrangères qui complotent contre son existence en tant qu’Etat conformément
aux règles établies et régissant les rapports entre Etats modernes ».
L’enjeu de la déstabilisation de la RDC qui est reposée à travers toutes ces agitations est
heureusement récupéré par une très opportune intervention d’un africaniste en la
personne du ministre congolais (de Brazzaville) Théophile Obenga dont la théorie
scientifique est en train de marquer le courant de pensée politique dans le continent dans
la suite du cheminement de son éminent prédécesseur, le célèbre anthropologue
sénégalais Cheikh Anta Diop. On lira avec intérêt l’article: « Les convictions de Théophile
Obenga. Etat africain : l’antithèse de la balkanisation ».
Mr. Obenga, panafricaniste, se veut le continuateur de Cheikh Anta Diop qui voulait que
l’Afrque soit unie et socialiste, dimension essentielle de sa pensée qui est de moins en
moins mentionnée.

Elections
Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus.
Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on
ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des
bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de
la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus.
L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a
donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la
présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des
législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais
inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un
coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si
de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays
et le monde devant le fait accompli.
La RDC dans la presse et les documents internationaux
Affaire Chebeya : le général Numbi absent à l’ouverture du procès en appel
(RFI – 20/06/2012)
En République démocratique du Congo, le procès en appel des assassins du militant des
droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana s’est ouvert ce
mardi 19 juin devant la Haute cour militaire. En première instance, cinq policiers ont été
condamnés. Après le verdict, tout le monde avait fait appel : les plaignants parce qu’ils
pensent que la vérité n’a pas été dite et qu’ils veulent voir comparaître le chef de la
police, le général John Numbi ; et les policiers parce qu’ils s’estiment innocents.
La salle d’audience est bien trop petite pour accueillir tous les participants à ce procès. Il
n’a pas lieu cette fois dans la prison de Makala à Kinshasa, mais à la Haute cour militaire
elle-même. Un haut-parleur a été placé à l’extérieur du bâtiment et le public, qui est
composé essentiellement d’activistes des droits de l’homme, suit les débats sous un soleil
de plomb, cherchant l’ombre le long des murs d’enceinte.
Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana avaient été tués il y a deux ans, alors
qu’ils se trouvaient à la direction de la police pour un rendez-vous. Comme le craignaient
les plaignants, le général John Numbi n’est pourtant pas convoqué par le tribunal. Le chef
de la police, au moment des faits, ne figure pas comme prévenu, ni comme témoin. Et
c’est là la revendication principale des parties civiles.
Les parties civils ont donc ferraillé toute la journée pour réclamer la comparution du
général Numbi comme accusé. Les avocats des plaignants se sont succédé à la barre
pour essayer de convaincre la Haute cour militaire qu’il est parfaitement logique qu’elle
convoque le chef de la police de l’époque .
« C’est le suspect numéro 1 dans cette affaire, a martelé Maître Charles Bondo, l’un des
avocats des parties civiles, la Haute cour a compétence pour le juger, elle doit le faire
pour faire éclater la vérité ».
Le successeur de Floribert Chebeya à la tête de l’ONG la Voix des sans voix, Doli Ibefo,
était dans l’assistance, dans la cour du tribunal. Doli Ibefo qui prévient : « Si le général
Numbi n’est pas convoqué, nous n’aurons plus rien à faire dans ce procès, la Haute cour
continuera toute seule, et nous ferons appel à la justice internationale ».
Les avocats de l’Etat congolais ont, eux, expliqué qu’au contraire le général Numbi « n’a
rien à voir dans cette histoire », qu’il « l’avait bien prouvé pendant sa longue audition
comme renseignant dans le premier procès », et qu’il n’y avait donc pas de raison de le
faire venir. Le tribunal se donne un mois de réflexion : prochaine audience le 17 juillet à
la prison de Makala.

Corruption : La RDC toujours dans le rouge
Christophe RIGAUD – Afrikarabia -21 juin 2012
Rien n’y fait. Malgré les différents dispositifs de lutte, la corruption s’est aggravée en
République démocratique du Congo (RDC), selon l’Office des Nations unies contre la
drogue et le crime. Le conseiller anti-corruption des Nations unies, en visite à Kinshasa,
pointe « le manque de volonté politique (…) au plus haut niveau de l’Etat ». Difficile à
chiffrer, la corruption coûterait entre 400 et 800 millions de dollars à la RDC
Avec un score de 2 sur 10 sur l’échelle de perception de la corruption, l’ONG
Transparency international place la République démocratique du Congo (RDC) au
168ème rang sur 182, des pays les plus corrompus de la planète. La corruption y est
même qualifiée « d’endémique ». En RDC, les surcoûts associés à la corruption se chiffrent
entre 30 à 40% de la valeur de la transaction, alors qu’ils ne sont que de 10 à 30% dans
le reste de l’Afrique. Dans le pays, 90% de l’économie est dite « informelle » et seulement
400.000 comptes bancaires sont ouverts pour pratiquement 70 millions d’habitants.
Selon l’économiste congolais, Oasis Kodila Tedika, la corruption est inscrite dans les
moeurs du Congo et touche toutes les strates de la société. L’économiste s’est penché
sur le phénomène, en analysant l’impact de la corruption sur les transports en RDC. Les
chauffeurs de taxi payent régulièrement différentes « taxes », « droits de passages » ou
« pourboires » aux forces de sécurité congolaises. Ces pertes peuvent aller jusqu’à 60%
des revenus moyens des chauffeurs de taxi.
Au niveau de l’Etat, Oasis Kodila Tedika, estime que 55% des recettes échappent au
Trésor congolais à cause de la fraude fiscale liée à la corruption. Le manque à gagner
serait estimé à 800 millions de dollars, soit environ 12% du PIB du pays.
La corruption fait aussi des ravages au plus haut sommet de l’Etat. En 2009, un rapport
de l’Assemblée nationale congolaise avait épinglé le gouvernement d’Adolphe Muzito en
dénonçant la « dilapidation des finances publiques ». 23, 7 millions de dollars s’étaient
évaporés lors de la signature d’un contrat avec un consortium chinois pour avoir accès
aux gisements de cuivre et de cobalt appartenant à l’entreprise d’Etat, la Gécamines. La
commission demandait aussi le remboursement de 68 millions de dollars de créances
douteuses à une banque privée et 25 autres millions à une société qui avait livré du
matériel « inadéquat » à la MIBA, pour l’extraction du diamant.
En 2010, le gouvernement congolais a décidé de mettre en oeuvre pas moins de 45
mesures pour lutter contre la corruption (codes miniers et forestiers, processus de
Kimberley… ). La « tolérance zéro » est ensuite proclamée par le président Joseph Kabila
pour lutter contre l’impunité… visiblement sans effet.
Le rapport du conseiller anti-corruption des Nations unies, en visite à Kinshasa, ne laisse
entrevoir aucun progrès en matière de lutte anti-corruption. « Les résultats ont été
mitigés. L’une des raisons majeures est le manque de volonté politique pour lutter contre
la corruption, même au plus haut niveau de l’Etat », a affirmé le professeur Muzong sur
Radio Okapi.
Le fonctionnaire onusien dénonce également « le dysfonctionnement du secteur judiciaire
qui a fait que même les gens qui sont attrapés la main dans le sac peuvent s’en tirer à
très peu de frais ». Le dernier rapport « Doing Business » 2012 sur le climat des affaires
dans le monde, place la RDC 181ème sur 183. Le pays a perdu 2 places cette année.
Francophonie: le sommet de Kinshasa aura-t-il lieu?
Christian Yodi et Jacques Matand – Slate Africa – 21/06/2012
Le prochain sommet de la Francophonie, prévu en octobre 2012 en République
démocratique du Congo, ne cesse d’alimenter la polémique. Les appels répétés au
boycott risquent d’amener à reporter le rendez-vous ou à le «délocaliser».
Le sommet de la Francophonie est le plus grand événement rassemblant les pays ayant
en partage le français. Une sorte de grand-messe qui regroupe, tous les deux ans, pas
moins de soixante-quinze pays. Kinshasa, la capitale de la République démocratique du
Congo est sensée accueillir près de 3.000 invités, du 12 au 14 octobre 2012. Pourtant,
des voix s’élèvent déjà pour appeler à boycotter la manifestation. Le 2 juin à Paris,
l’Alliance des patriotes pour la refondation du Congo (Apareco) et le Mouvement des
patriotes résistants-combattants de la diaspora congolaise ont organisé une
manifestation dans ce sens.

Des opposants en furie
«On ne veut pas que le prochain sommet de la Francophonie se tienne à Kinshasa. Et ce,
en raison de la mascarade d’élections qui se sont tenues devant le monde entier en
novembre, et des crimes et exactions qui ont lieu chaque jour en RDC», s’insurge Mena
Rolain, président d’Apareco-Europe. Malgré ces protestations, les préparatifs semblent
aller bon train, sur place, à Kinshasa. «Nous évoluons sereinement vers le sommet,
affirme un commissaire, membre de l’organisation technique du sommet. Nous avons
organisé Toseka, le Festival du rire, nous préparons le prochain colloque des écrivains
universitaires à Lubumbashi, (province du Katanga ndlr). On chemine lentement, mais
surement vers le sommet.» Même son de cloche du côté des officiels au bureau de
l’Organisation internationale de la Francophonie à Paris.
Un rêve jamais réalisé
Il faut dire que la RDC a toujours souhaité accueillir ce sommet de la Francophonie,
depuis le temps où il s’appelait encore Zaïre, à l’époque de l’ancien président Mobutu
Sese Seko. Alors que tout semblait bouclé, le quatrième sommet, qui devait se tenir à
Kinshasa en 1991 est délocalisé. En cause, le «massacre des étudiants de Lubumbashi en
1990». En raisons de critiques liées aux atteintes aux droits de l’homme, des bruits de
délocalisation couraient déjà depuis 1989. Le sommet sera organisé en France.
Cette fois-ci encore, le prochain sommet annoncé à Kinshasa est menacé de
délocalisation. «Je pense qu’aucun discours officiel ne voudra assurer le fait d’annoncer
cette éventualité, confie une source proche des milieux de la Francophonie. Il y a, en ce
moment, un débat politique très fort là-dessus. Ce qui me paraît certain, c’est qu’il y a un
plan B qui est entrain de se mettre en place sur l’île Maurice. Ça me paraît acquis. Mais,
est-ce qu’il peut y avoir des retours en arrière? Est-ce qu’il y a des pressions politiques
qui se font d’un côté ou de l’autre pour le maintenir à Kinshasa?»
Inquiétudes et incertitudes
Rarement la tenue d’un sommet aura été l’objet de tant d’incertitudes. Par exemple, les
travaux de la route qui mène à l’aéroport, sur un tronçon de près de 16 kilomètres,
n’avancent pas. A l’aéroport international de Nd’jili, justement, il est attendu une rotation
de près de quarante avions pour l’arrivée des chefs d’états et des délégations, en une
journée. Comment s’en sortira cet aéroport doté d’une seule piste servant à la fois pour
les atterrissages et pour les décollages et d’une tour de contrôle qui est loin d’être aux
normes? Pourtant, le budget pour l’organisation de ce sommet est estimé à 22,6 millions
de dollars (un peu plus de 17 millions d’euros).
Rien n’est prêt
Il se pose aussi la question de la disponibilité du parc hôtelier de la capitale congolaise.
Kinshasa ne dispose pas d’assez d’hôtels de standing et répondant à toutes les normes
de sécurité. A Paris lors de la manifestation devant le siège de l’OIF, Richard Tmondoni,
un militant, s’insurgeait: «Nous ne voulons pas que les pays occidentaux encouragent le
régime du président Kabila. Aujourd’hui, la Francophonie n’apporte rien au peuple
congolais. C’est une coquille vide. Si le sommet se tient à Kinshasa, on va parler
d’intérêts économiques et miniers, pas du peuple.»
Une source proche de l’OIF fait par ailleur savoir qu’avec toutes les menaces persistantes
de boycott, même si le sommet se tenait finalement à Kinshasa, «il y a aussi un risque
que les chefs d’Etat ne viennent pas tous».

La RDC dément les défections annoncées par les mutins du M23
RFI – 22/06/2012
Sept officiers et plus de 150 hommes. Ces militaires auraient rejoint la mutinerie du M23
dans l’est de la République démocratique du Congo. C’est en tout cas ce qu’ont affirmé
les mutins du Mouvement du 23 mars du colonel Mackenga. Une mutinerie que l’armée
congolaise affronte depuis plus d’un mois dans la province du Nord-Kivu. A Kinshasa, les
autorités démentent ces nouvelles défections.
Le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, affirme que plus de 150
hommes de troupe de l’armée régulière FARDC et sept officiers ont rejoint la mutinerie
dans la seule journée d’hier. « Trois lieutenants-colonels et quatre majors », précise-t-il.
« Il sont venus avec leurs armes et beaucoup de munitions. Dans leur arsenal, il y a
même des missiles anti-aériens », ajoute le porte-parole des mutins. « C’est de la pure
propagande », répond le ministre porte-parole du gouvernement à Kinshasa. Selon
Lambert Mende, « le M23 essaie de faire croire qu’il fait recette, la réalité est tout autre
». Selon Lambert Mende, sur les 4 000 FARDC issus de l’ex-mouvement rebelle CNDP,
seuls 400 ont fait défection au début de la mutinerie, et sur ces 400, deux cent quarante
seraient rentrés dans le rang. Les troupes du M23 sont, selon lui, maintenant
essentiellement constituées de nouvelles recrues rwandaises. Le gouvernement à
Kinshasa accuse également le M23 de se livrer à des assassinats ciblés d’officiers qui
refusent de les rejoindre ; et que ce serait le cas pour le lieutenant-colonel tombé dans
une embuscade près de Goma la semaine dernière.

Soutien de Kigali au M23 ?
La RDC accuse les Etats-Unis de chercher à empêcher la publication d’un rapport de
l’ONU pour protéger le Rwanda. Ce rapport met en cause Kigali dans le soutien aux
groupes armés et aux rebelles du M23 dans le Kivu et provoque un malaise à New York
où sa publication a été retardée.
Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour
Ce rapport d’experts chargés de surveiller l’embargo sur les armes vers la RDC n’a pas
encore été publié, mais il fait déjà polémique. Il contient en annexe le témoignage
d’officiels rwandais qui détaillent le soutien de leur pays aux rebelles dans la région du
Kivu, Nord et Sud. Des accusations déjà relayées par plusieurs organisations, dont
Human Rights Watch à New York, mais ce rapport leur donne le poids de l’ONU. Selon
plusieurs sources, les Etats-Unis ont cherché sinon à bloquer tout au moins à retarder
cette publication pour protéger le Rwanda.
Devant la manoeuvre, les diplomates congolais ont choisi de faire du bruit et d’alerter la
presse. L’affaire a pris de l’ampleur à l’ONU. Les diplomates américains jurent qu’ils n’ont
jamais eu l’intention de bloquer ce rapport. Il n’empêche : selon nos informations, le
rapport sera bien publié la semaine prochaine mais sans les annexes accusant le Rwanda
qui seront rendues publiques après un droit réponse de Kigali.

Des dirigeants rwandais accusés d’appui aux rebelles en RDC
Reuters – 22/06/2012
Les experts des Nations unies disposent de preuves montrant que le ministre de la
Défense du Rwanda et deux officiers rwandais soutiennent les rebelles du mouvement
M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des notes prises
lors d’une réunion à huis clos du comité des sanctions de l’Onu et que Reuters a pu
consulter.
Le ministère rwandais de la Défense n’était pas joignable dans l’immédiat. Le président
du Rwanda, Paul Kagamé, a déclaré cette semaine que son pays était étranger à
l’instabilité en RDC.
Lors de la réunion du comité des sanctions de l’Onu le 13 juin à New York, il a été dit que
les enquêteurs onusiens disposaient de preuves selon lesquelles des militaires rwandais
avaient pénétré en territoire congolais pour renforcer les positions rebelles, qu’ils leur
avaient fourni un appui logistique et qu’ils avaient permis au chef rebelle Bosco Ntaganda
et à ses forces de se rendre en sécurité en territoire rwandais.
« Les experts ont cité plusieurs dirigeants rwandais de haut rang qui sont directement
impliqués », selon des notes prises au cours de cette réunion.
Les responsables rwandais cités sont le ministre de la Défense James Kaberebe, le chef
d’état-major des forces de défense Charles Kayonga et le général Jacques Nziza,
conseiller militaire de Paul Kagamé. Selon ces notes, James Kaberebe est en « contact
permanent avec le M23″.
Les réflexions formulées durant cette réunion sont pour l’instant restées à l’état verbal et
un compte-rendu écrit est attendu dans les jours à venir.
Le mouvement M23 est constitué de centaines de déserteurs de l’armée congolaise
réunis derrière Bosco Ntaganda, général mutin recherché par les autorités de RDC et par
la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre. Joint au téléphone par
Reuters, le colonel rebelle Vianney Kazarama a démenti tout soutien du Rwanda à M23.
© CongoForum, le samedi 23 juin 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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