29/06/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

(CongoForum)

Les sujets abordés dans les médias congolais ne varient guère. Ce sont : le dernier point de presse du ministre de la Communication & Médias, Relations avec le Parlement et l’Initiation à la Nouvelle citoyenneté et porte parole du gouvernement autour de la condamnation du Rwanda par le Conseil de sécurité à cause de son soutien aux mouvements rebelles en Rdc et l’évaluation des dernières élections par l’Assemblée nationale. Demain étant férié pour le jour de l’Indépendance, la presse y sera inexistante ou vouée à la déclamation patriotique. Les « documents étrangers du samedi » sont donc publiés avec la RP d’aujourd’hui.

Problématique de l’Est

Le Palmarès titre : « Résistant à toutes les pressions, le Conseil de Sécurité crucifie Kagame et son régime ».
Selon ce journal, évoquant le dernier point de presse du porte parole du Gouvernement congolais, Lambert Mende, « les pressions du bloc anglo-saxon n’ont pas eu raison de la détermination du Conseil de Sécurité de l’Onu de faire éclater la vérité ».
« Au stade où en est arrivé le dossier, pense-t-il, le monde entier attend une condamnation ferme du Rwanda à défaut des sanctions ».

« Retombées des accusations de soutien aux mutins du M23 : Des casques bleus interdits de passage au Rwanda », titre également Le Palmarès. Des casques bleus de la Monusco qui se rendaient mercredi à Uvira en passant par le Rwanda ont été interdits de franchir la frontière rwandaise à la hauteur de la Rusizi. Une action de représailles du gouvernement rwandais contre les casques bleus à la suite des accusations du soutien de Kigali aux mutins du M23.

Toujours en ce qui concerne le dossier du soutien du Rwanda aux groupes rebelles à l’Est de la Rdc, L’Avenir qui se base aussi sur l’intervention du ministre Mende, parle de « victoire diplomatique de la Rdc sur le Rwanda au Conseil de sécurité », titre : « Kinshasa l’emporte sur Kigali ».
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la République démocratique du Congo a eu raison de son voisin, le Rwanda qui pensait pourtant s’en tirer par le chas d’une aiguille. Ragaillardi, le gouvernement congolais exige que les autorités rwandaises cessent de prêter mains forte à la bande à Bosco Ntanganda, dixit Mende, rapporte ce journal.
Ceci intervient après que le rapport de l’Onu, rendu public le mardi, ait attesté l’implication du Rwanda dans la déstabilisation de l’Est de la Rdc, rappelle L’Avenir.

Le Potentiel titre « Mende dévoile les « preuves accablantes » du soutien des officiels rwandais au M23 ».
Les « preuves accablantes » contenues dans les annexes du rapport du Groupe d’experts onusiens identifient le ministre de la Défense et le principal conseiller militaire du président Paul Kagame parmi les officiels rwandais qui approvisionnent le M23 avec des soldats, des armes et des munitions, rapporte ce journal qui cite aussi le porte parole du gouvernement congolais.

Le Potentiel toujours, au sujet de cette guerre à l’Est de la Rdc, attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les conséquences graves de ces événements sur les nombreuses vies humaines sacrifiées. Il titre : « Massacres des Congolais dans l’Est : un « génocide oublié » ». Le bilan, à ce jour, des guerres intermittentes qui ravagent la partie Est de la RDC se chiffre en millions de morts. Plus de six millions déjà, selon diverses sources. Des Congolais tués dans l’indifférence totale de la communauté internationale, alors qu’ailleurs des événements de même nature ont vite été assimilés à un génocide. La tragédie qui se vit dans l’Est de la RDC devrait cesser de passer pour «génocide oublié», considère Le Potentiel.

(On ferait surtout bien de perdre l’habitude actuellement de plus en plus régnante de vouloir trouver partout des génocides. C’est à croire que le meurtre, les massacres, les tortures, etc… ne sont plus que des peccadilles si l’on ne peut les qualifier de génocide et que le corps d’un homme égorgé ne fait un cadavre respectable que s’il a été « génocidé ». Or, c’est l’inverse : toute vie humaine doit être sacrée et ce qui et grave, das le génocidaire, c’est que c’est un assassin, non l’inverse ! NdlR)

L’Objectif qui s’intéresse aussi à ce sujet préfère plutôt parler de la rencontre entre certains officiels des deux pays en cause.
Il titre : « Nouveau rapprochement entre Kinshasa et Kigali ». Le ciel s’éclaircit à nouveau entre Kinshasa et Kigali après plusieurs jours de brouilles. Sur terrain, les relations entre la Rdc et le Rwanda vont dans ce qu’il considère comme la normalisation. Les ministres de la Défense des deux pays ont pris langue jeudi à Goma, au Nord-Kivu, en présence du Vice-gouverneur de cette province et des Chefs d’Etat-majors des deux pays, note t-il.

Evaluation du processus électoral à l’Assemblé nationale

Rappelons la situation réelle. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Bien entendu, ce n’est pas de cela qu’il a été question lors de cette « évaluation », ou alors, si peu…

Le Potentiel titre : Ngoy Mulunda : « La responsabilité de ce chaos est partagé avec l’Assemblée nationale ».
Le président de la CENI ne se cache pas de s’octroyer la mention satisfaction par le fait d’avoir organisé les élections présidentielle et législatives dans un contexte très difficile, et ce, au milieu de multiples difficultés et appels au report lancés par la classe politique et certaines missions d’observation électorale tant nationales qu’internationales, rapporte ce journal.
Il ajoute par contre : « Il contredit par la suite, ses propres dires, en reconnaissant le chaos électoral. Il n’entend pas en endosser seul, la responsabilité : « … la responsabilité de ce chaos, est partagée avec l’Assemblée nationale… », déclare-t-il. Comme pour rappeler le retard pris par cette institution pour le remplacement de la CEI par la CENI.

« Ngoy Mulunda fait le Ponce Pilate », titre pour sa part L’Objectif. Qu’est ce que la vérité ?, avait demandé Ponce Pilate à Jésus, s’interroge également ce journal.
Le Révérend Daniel Ngoy Mulunda Nyanga s’est rapidement retrouvé jeudi face à la représentation nationale au Palais du Peuple, dans les deux rôles du drame du Sanhédrin à Jérusalem, explique ce journal qui poursuit : « Le Président de la Commission électorale nationale indépendante est allé demander officiellement un grand bassin d’eau et s’est lavé les mains devant le peuple après le sang innocent versé et la mauvaise réputation dont a souffert la Rdc des suites de la calamiteuse organisation des élections par sa structure ».
« Il est entré à l’Assemblée sans trembler, car des consignes avaient été données pour le ménager, a confié un député », ajoute L’Objectif.

La RDC dans la presse et les documents internationaux.

Forum du COMESA sur l’amélioration du climat des affaires et des investissements en RD Congo

Discours de l’ambassadeur de l’Union européenne, M. Jean Michel Dumond – 27 juin 2012-Hôtel Memling/Kinshasa

Je suis très heureux de participer à cette rencontre dédiée à l’amélioration du climat des affaires et des investissements en RD Congo.
Ce forum intervient en effet à point nommé alors qu’une nouvelle législature débute et que vient d’être nommé, sous la direction éclairée du Premier ministre, un nouveau gouvernement qui met la bonne gouvernance et la croissance économique durable au cœur de ses actions et qui entend mettre en œuvre un programme de relance et développement économique.
La RDC possède tous les atouts pour assurer une croissance économique durable et qui profite à sa population en lui garantissant le progrès social auquel légitimement elle aspire. Au-delà des ressources minières qui font de la RDC un scandale géologique, votre pays dispose d’immenses ressources en terre, en eau, en énergie et surtout une population entreprenante. Mais les bases et structures nécessaires permettant d’améliorer le climat des investissements et d’attirer les capitaux privés doivent être convenablement établies si l’on veut assurer un progrès économique réel de votre pays.

Les problèmes à surmonter et les efforts à fournir:

Nous savons tous que les gouvernants congolais ont consenti de nombreux efforts afin d’améliorer et de redorer l’image de la RD Congo sur le plan économique ces dernières années. Cependant de nombreux efforts doivent encore être faits. Depuis 2009, le Comité de pilotage pour l’amélioration du climat des affaires et des investissements conçoit et met en œuvre des réformes visant à améliorer le classement de la RDC en matière de Climat des affaires. Au cours des trois dernières années, la RDC a plus que réduit de moitié le temps et le coût pour obtenir une autorisation de bâtir; elle a réduit le temps de démarrage d’une entreprise de 133 jours à 65 jours et a réduit de moitié le niveau de taxation imposée sur la vente de propriétés.

« Doing Business »

Malgré les efforts accomplis, la place de la RDC dans le classement a chuté de 2 places entre 2011 et 2012.

« Corruption »

La RDC est classée 168e sur 182 dans l’indice de Perceptions de la corruption publié par Transparency International (2011). Soixante-treize (73) % des entreprises formelles identifient la corruption comme étant une contrainte majeure pour entreprendre des affaires; et 2/3 d’entreprises affirment qu’elles doivent offrir des cadeaux aux fonctionnaires pour « faire avancer les dossiers ». Le Premier ministre a clairement identifié la corruption comme un problème majeur et s’est engagé clairement à lutter contre ce fléau. Nous saluons sa détermination.

« Environnement des affaires »

La relance du secteur privé est entravée entre autre par un environnement d’affaires inadapté et non attractif, considéré comme une contrainte réelle à la croissance en RDC. Ainsi, Bien que la RDC affiche l’ambition de devenir « un espace attractif pour les investissements et le secteur privé », les opérateurs économiques continuent à se plaindre qu’ils passent plus de temps à se frayer un chemin dans un cadre légal et réglementaire hostile qu’à développer leur entreprise.

Nécessité en plus de la transparence des affaires de l’ouverture à la concurrence des marchés

Dans l’immédiat les opérateurs économiques continuent à souffrir aussi de l’insécurité juridique et judiciaire (interprétations erronées des dispositions légales, violations de procédures, saisies fiscales intempestives, amendes arbitraires, convocations de dirigeants de sociétés avec menaces d’arrestations, …). Malgré l’adoption de lois (telle que le Code minier, le Code des hydrocarbures, le Code forestier), l’adjudication des concessions reste opaque et a suscité, par ce manque de transparence, des questions sur leur probité et leur finalité dans l’intérêt des citoyens. Il y a intérêt pour l’avenir à ouvrir ces marchés et accroitre leur niveau de transparence. A cet égard le signal donné par la modification du code agricole et de l’article 16 est négatif et ne saurait que décourager les investisseurs étrangers.

L’accession de la RDC à l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires) et l’entrée en vigueur du code OHADA devraient améliorer la sécurité juridique et judiciaire.. Nous nous réjouissions à cet effet de la volonté claire exprimée par le Premier ministre de déposer au plus vite à l’instrument de ratification (c’est fait).Le fait que le gouvernement contribue, parfois, à peser au lieu de lui faciliter la tache sur ce qui reste de l’économie formelle démontre la difficulté de la RDC à sortir d’un système qui, loin d’encourager le climat des affaires, porte au contraire préjudice à son développement et, par voie de conséquence, au développement social des citoyens.
Nous attendons du nouveau gouvernement de rendre transparentes les finances publiques et privées, d’ouvrir les marchés, de simplifier le système fiscal et d’améliorer le climat des affaires. L’UE est décidée à accompagner la RDC et son gouvernement, en ce sens.

III: Programme AIDCOM Aide au Commerce (DUE-FED enveloppe RDC)

L’Union européenne à travers ces différents programmes et projets relevant du 10ème FED a toujours été prête à assister le gouvernement dans ses défis économiques. Ainsi, à coté du programme BIZCLIM qui finance l’actuel forum et bien d’autres activités permettant d’améliorer le dialogue public-privé. Le programme d’Aide au Commerce consacre 16 millions d’euros à l’amélioration de la sécurité juridique propice aux investissements, à la facilitation du commerce, à l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique commerciale, et au renforcement de la compétitivité des entreprises congolaises par l’appui à la qualité. Il existe d’autres programmes tels que le Programme d’appui à la gouvernance avec 33 millions d’euros, le Programme d’appui à la modernisation des finances publiques, doté de 10 millions d’euros et le Programme d’appui à la justice, 47 millions d’euros. Ces programmes appuient les efforts d’assainissement en matière de gouvernance économique. L’accompagnement de l’UE à cet effet est donc déjà acquis et l’UE demeurera aux côtés et à l’écoute de la R.D.Congo dans les années à venir.
Il est clair que nous en sommes tout au début de ce processus mais si des progrès prometteurs sont réalisés par le gouvernement en particulier pour le passage du secteur informel au secteur formel et la création d’entreprises et d’emplois, nous pourrons envisager avec les autres bailleurs des programmes plus complets avec davantage d’impacts et, éventuellement, en appuis direct aux secteurs productifs.

L’Action du Gouvernement

Nous notons avec satisfaction qu’à la suite de l’adoption au parlement du programme d’action du gouvernement, celui-ci a souligné la nécessité d’améliorer la compétitivité de l’économie nationale par la facilitation de investissements privés et la création des PMEs mais aussi par l’amélioration du climat des affaires. Nous encourageons les gouvernants à concrétiser sa volonté d’assainir le milieu des affaires et celle d’attirer un plus grand nombre d’investissements privés. Un dialogue franc et concret avec le secteur privé est à cet égard indispensable.

La Conformité internationale et régionale

Au niveau du commerce international et régional, nous notons que la RDC est en conformité générale avec la plupart de ses engagements pris avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; elle a signé (bien que la mise en œuvre tarde) un certain nombre d’accords régionaux (dont le libre échange pour 3 régions SADC, CEEAC et COMESA) et négocie un Accord de partenariat économique au niveau de l’Afrique Centrale avec l’Union européenne. Le programme indicatif national et le programme indicatif régional de l’UE accompagnent ces négociations d’accords de partenariats économiques qui permettent aux Etats ACP de continuer de collaborer avec l’UE en conformité avec les règles du commerce international. Mais il appartient à la RDC de préciser ses choix et ses priorités au regard des différentes organisations régionales auxquelles elle participe de façon à en assurer la cohérence.
Cependant, pour que ces accords produisent un impact significatif sur le secteur privé et sur la croissance, la RDC doit entreprendre des activités importantes de facilitation du commerce afin de réduire les coûts commerciaux, faisant ainsi respecter de manière plus efficace les lois sur le commerce. Cette démarche pourrait avoir un impact majeur – il est estimé que la réduction de moitié des coûts commerciaux entre Kinshasa et Brazzaville entraînerait une augmentation de 40 % du volume des échanges commerciaux entre les deux capitales, les plus proches du monde.
Le présent forum sera, j’en suis convaincu, une occasion de dresser un bilan des obstacles au climat des affaires, et nous en remercions le COMESA qui en est au travers de ce Forum l’instigateur, d’en chercher et d’en trouver les remèdes et de nous faire bénéficier des expériences nationales et régionales qui pourront inspirer les acteurs politiques te économiques congolais.
Nous nous réjouissons d’accompagner la RD Congo dans ces réflexions d’un intérêt incontestable à travers le programme Bizclim et nous vous souhaitons à tous et à toutes de fructueux échanges.

GRANDS LACS: le retour des vieux démons ?
Mahorou KANAZOE – Le Pays (Burkina Faso) – 27/06/2012

Les bruits de bottes se font de plus en plus entendre dans les Grands lacs. Entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), le torchon brûle à nouveau. La méfiance s’est réinstallée entre les deux voisins, avec la résurgence d’une énième rébellion au pays de Joseph Kabila, dénommée M23.

Kinshasa a vite trouvé le commanditaire de cette mutinerie transformée en rébellion : son turbulent et puissant voisin rwandais. Et il n’est visiblement pas seul à croire en la complicité de Kigali dans cette nouvelle éruption militaire dans l’Est de la RDC. Les Nations unies ne le pensent pas moins, qui ont publié un rapport mettant implicitement en cause le Rwanda. Donc, rien ne va plus entre le Rwanda et la RDC. Le Burundi, un autre pays de la région, renoue lui aussi avec les heures sombres de la rébellion. Rien que dimanche dernier, il dit avoir « anéanti » un groupe armé.
Le spectre de la guerre civile plane aussi sur ce petit pays. Seuls l’Ouganda et le Rwanda vivent un semblant de stabilité et de paix. Mais, pour combien de temps ? Car le dénominateur commun de ces quatre pays des Grands lacs, c’est l’autoritarisme, voire le despotisme de leurs dirigeants. Et dans un pays mené d’une main de fer, où les libertés sont réduites à leur plus simple expression, la paix sociale s’en trouvera tôt ou tard menacée. Or, les dirigeants de ces quatre pays croient en l’autoritarisme comme seul moyen de résister à la menace d’une rébellion.
C’est une mauvaise appréciation des choses. La RDC et le Burundi en vivent l’amère expérience. Les président Kabila et Nkurunziza sont en effet connus pour la férocité de leurs régimes. Outre les arrestations, les incarcérations et même les assassinats d’opposants, de journalistes et de défenseurs des droits de l’Homme, ils sont passés maîtres dans l’organisation d’élections truquées. Kabila vient ainsi de se faire réélire sur fond de fraudes.
En 2010, son homologue burundais était le seul candidat en lice… Au Rwanda et en Ouganda, les processus électoraux ne sont guère meilleurs. Le système politique y est tout aussi verrouillé. La mal gouvernance politique est donc l’une des mèches des conflagrations régulières dans la région. Mais, il y a aussi les injustices sociales. L’accaparement des richesses nationales par les clans au pouvoir est également le ferment des crises à répétition. Ici, la population compte pour du beurre. Bien d’autres facteurs expliquent les turbulences que connaissent les pays des Grands lacs.
Mais, on peut dire que la région est surtout malade de ses dirigeants. Pour eux, la paix sociale et la stabilité s’obtiennent par la poigne et non par la démocratie. Cette erreur de jugement est sans doute à l’origine de ces nouveaux bruits de bottes dans la région. Pour diverses raisons (géostratégiques ou économiques), les dirigeants des pays des Grands lacs, bien que peu respectueux des règles démocratiques, semblent cependant bénéficier de la bienveillance des Occidentaux.
Ainsi, Bujumbura s’apprête à célébrer en grandes pompes le cinquantenaire de son indépendance auquel participeront de hautes personnalités belges. Pour sa part, Kinshasa ne ménage aucun effort pour réussir l’organisation du sommet de la Francophonie prévu en octobre 2012. La situation des libertés démocratiques n’est guerre plus reluisante au Rwanda. On le voit bien, les mœurs politiques détestables de ces pays ne rebutent pas l’Occident, au grand malheur des opposants.

La mission de l’ONU en RDC remise en cause
(Assanatou Baldé – Afrik.com – 27/06/2012)

Décriés, beaucoup se demandent si la présence des casques bleus dans le pays est nécessaire.

Le Conseil de sécurité de l’Onu prévoit ce mercredi de renouveler le mandat de la Mission de l’Onu en République démocratique du Congo (Monusco). Elle est composée de 20 000 casques bleus, chargés de protéger les populations dans l’Est. Mais beaucoup s’interrogent sur leur rôle dans le pays, dénonçant leur inefficacité.
C’est ce mercredi que le mandat de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) devrait être renouvelé par le Conseil de sécurité. Elle est composée de 20 000 casques bleus chargés de protéger les populations dans l’Est du pays. Les soldats de l’Onu ont aussi pour mission d’épauler les services de sécurité congolais. Mais ils ne sont pas bien vus par la population qui pointe du doigt leur manque d’efficacité.. Plusieurs associations congolaises se sont rendues à New-York pour réclamer au Conseil de sécurité des réformes, rapporte RFI.
« Cela ne sert à rien de renouveler la mission de l’ONU »

Le rôle de la Monusco dans le pays fait débat. « On s’interroge sur le rôle de cette mission dans notre pays. Notre population continue de pâtir de cette situation d’insécurité et de trouble. Cela ne sert à rien de renouveler la mission de l’ONU, après tant d’années, estime Robert Mabal, secrétaire général du Conseil national des ONG de développement du Congo. Pour Emmanuel Kalandji , président d’une ONG, « le mandat n’est pas clair. Notre souci est de le clarifier et qu’il y ait une ligne précise là-dessus, qu’on puisse reformuler ce mandat de manière claire avec le volet réforme du secteur sécuritaire qui est pratiquement un appui technique en ce sens ».

« La présence de la Monusco reste importante »

Des avis loin d’être partagés par Ghislain Bayengo Mufunza, Maire de Beni, au Nord-Kivu, en proie à un violent conflit qui oppose l’armée et les mutins du M23 (Mouvement du 23 mars). Pour cet élu local, « la présence de la Monusco reste importante. La RDC n’est pas en mesure de mettre fin à cette insécurité qui gangrène à l’est du pays. »
Les manifestations contre la Monusco ne sont pas rares. Le 14 mai 2012, 11 casques bleus ont été blessés lors d’une manifestation dans le Sud-Kivu. Des hommes armés dans la foule n’ont pas hésité à tirer sur les soldats. La population avait protesté pour dénoncer leur inefficacité à la protéger des attaques des rebelles hutus rwandais du FPLR qui sévissent dans la région. Une attaque que le Conseil de sécurité a vivement condamnée..

RDC : Mystérieuse disparition d’un opposant congolais
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 29 juin 2012

Depuis mercredi 27 juin, l’opposant Eugène Diomi Ndongala, président de la Démocratie chrétienne est introuvable. Accusé de viol sur mineures par la police, ses proches affirment qu’il a été enlevé par des hommes armés, alors que les autorités congolaises le considèrent en cavale. Son parti dénonce une « cabale » politique (…) « pour le faire taire définitivement ».

L’affaire fait grand bruit à Kinshasa. Mardi 26 juin dans la soirée, la police a investi massivement le siège du parti de la Démocratie chrétienne (DC). Une quarantaine « d’éléments armés » sont venus surprendre Eugène Diomi Ndongala, accusé d’avoir violé deux filles mineures sur dénonciation du père des enfants. Le président de la DC n’est pas sur place.
La nouvelle se retrouve immédiatement en « une » du site internet Direct.cd, « présent sur les lieux au moment de l’événement » (hasard ou coïncidence ? l’article ne le dit pas). Le papier de Direct.cd est très circonstancié et le journaliste, vraisemblablement prévenu par les autorités congolaises, affirme que le président de la Démocratie chrétienne « a été surpris par les éléments de la police avec deux jeunes filles âgées à peine de 14 ans dans sa domicile de la Gombe ».
Le lendemain, mercredi 27 juin, la Démocratie chrétienne affirme que son président se rend à la cathédrale Notre dame du Congo où il doit tenir un meeting en faveur d’Etienne Tshisekedi avec plus de 40 partis politiques d’opposition.. Le parti d’Eugène Diomi explique ensuite qu’après la perquisition du siège de la Démocratie chrétienne par la police, les forces de sécurité investissent la cathédrale Notre Dame du Congo. Les policiers auraient « menacé » les curés du lieux, leur « intimant l’ordre de ne pas permettre la tenue de la manifestation de l’opposition ». C’est pendant le trajet pour se rendre à la cathédrale Notre Dame, que les proches d’Eugène Diomi affirment avoir perdu sa trace.

Selon la Démocratie chrétienne : « tout est faux ». Son communiqué dénonce une « cabale » politique et un « lynchage médiatique (…) pour salir l’honorabilité du président Diomi Ndongala ». Les membres du parti réfutent en bloc les accusations divulguées dans la presse et affirment « qu’il est complètement faux que le Président Diomi ait été appréhendé avec des filles, car il n’était même pas présent au siège du parti au moment de la descente massive des policiers aux ordres du Colonel Kanyama ». Pour la Démocratie chrétienne, le régime veut tout simplement faire payer le soutien d’Eugène Diomi à Etienne Tshisekedi, l’opposant au président Kabila et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle.
Du côté du Procureur général de la République, la version est tout autre. L’accusation de « relations sexuelles avec deux filles mineures de 15 et 16 ans » est maintenue et la justice affirme que « les victimes ont avoué les faits ». Le Procureur considère donc Eugène Diomi « en cavale » et rappelle qu’il encourt une peine de 7 à 20 ans de prison et d’une amende de 800.000 à 1 million de Francs congolais.
Pour l’instant, difficile d’y voir clair dans cette disparition. Mais l’affaire Diomi intervient dans une ambiance particulièrement tendue en République démocratique du Congo (RDC). La reprise de la guerre à l’Est du pays a fragilisé un peu plus le pouvoir du président Joseph Kabila qui peine à asseoir son autorité depuis les élections. Les résultats très contestées de la présidentielle et des législatives de novembre 2011 ont laissé place à un climat politique exécrable à Kinshasa. L’Asadho, une ONG congolaise des droits de l’homme avait dénoncé (la veille de l’affaire Diomi Ndongala !) les arrestations des membres de l’opposition, proches de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. L’Asadho s’inquiétait des arrestations multiples d’opposants politiques et des détentions illégales c’est derniers mois. Les services de renseignements congolais (ANR) sont souvent cités comme les principaux responsables de ces actes. Ce sont ces mêmes services qu’accuse la Démocratie chrétienne, de détenir Eugène Diomi Ndongala. Une plainte a été déposée contre le colonel Kanyama.

Pétition

Guilain MATHE – Suisse – 29/06/2012

Enfin, le rapport des Experts de l’ONU vient d’être publié, sans l’annexe mettant à nu l’implication des officiels rwandais dans la mutinerie qui embrase les Kivu en RDC. Malgré les résistances encore persistantes de certaines puissances siégeant au Conseil de Sécurité à la publication de cet annexe, les Experts de l’ONU ont réaffirmé détenir les preuves des soutiens rwandais à la rébellion du M23. Aussi, les Etats Unis ont une grande marge de manoeuvre pour impulser la paix dans la région. En effet, la Section 105 de la Loi PL109-456 sponsorisée en 2006 conjointement par Barack Obama et Hillary Clinton (alors sénateurs) donne le pouvoir au Secrétaire d’Etat américain de priver de l’aide aux pays voisins impliqués dans la déstabilisation du Congo. Mais depuis son adoption, cette disposition souffre d’inapplication malgré les preuves sans cesse accablantes de l’implication du Rwanda et de l’Ouganda dans la poursuite de la guerre et le pillage systématique des ressources naturelles à l’Est du Congo. Pour signer la pétition exigeant la Secrétaire d’Etat américaine, Mme. Hillary Clinton, d’agir en faveur de la fin de l’impunité en RDC par l’application des dispositions de cette loi, le GLPIC à relayer une pétition, à signer à tout prix!: http://www.glpic.org/Secretary-of-State-Hillary-Clinton

© CongoForum, le vendredi 29 juin 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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