30/07/12/REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

30 juillet 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La conférence de presse de JKK, au cours de laquelle il a abordé certaines questions d’actualité comme la guerre à l’est et le 14ème Sommet de la Francophone, est un sujet abondamment développé par les journaux ce lundi. Ces médias, toujours en rapport avec cette guerre, parlent également de la manifestation des Congolais qui ont assiégé l’Ambassade rwandaise à Bruxelles

Est / Conférence de presse

On peut la voir sur Internet. Pour regarder en vidéo la conférence de presse de JKK, voir http://www.youtube.com/watch?v=20Lp42jne98. N’hésitez pas, si vous souffrez d’insomnies : l’image un peu trouble, les attitudes figées, les voix monocordes, la platitude des attitude et des répliques, tout contribuera à vous plonger dans un sommeil profond. Du point de vue de la prestation médiatique, on ne peut que dire que JKK a été égal à lui-même : lamentable. Tout le monde a remarqué, quant au contenu, que le mot « Rwanda » a cette fois été prononcé au moins une fois. Pour le reste, on a résolument enfoncé des portes ouvertes, aligné des poncifs et énoncé des lieux communs. Voyons ce que le presse congolaise en a tiré.

Le Potentiel titre « Guerre dans l’Est : les trois pistes de Kabila ».
Dans une interview diffusée sur les antennes de la Radiotélévision nationale congolaise, télévision publique, Joseph Kabila identifie trois fronts à prendre en compte pour sortir de la crise actuelle au Nord-Kivu, rapporte ce journal qui cite, rapportant le chef de l’Etat : « Il s’agit de la diplomatie, la politique et l’option militaire. Le chef de l’Etat, qui planche pour la première en public sur la question, annonce également des négociations à l’échelle nationale ». (Stricto sensu, JKK a surtout dit que l’on pouvait utiliser simultanément les trois options. La prévision d’Afrikarabia, qui pensait que la conférence de presse serait l’occasion d’annoncer l’ouverture de négociations s’avère donc non fondée. NdlR)

New Trends titre « Kabila indexe le Rwanda ».
(Au Congo « indexer » est employé couramment dans le sens de « montrer du doigt ». NdlR)
Au cours d’un point de presse, le Chef de l’Etat réaffirme la mission des Fardc (Forces armées de la Rdc) de défendre l’intégrité du territoire national, rapporte ce journal qui commente aussi : « Longtemps entendu pour s’exprimer autour de la situation de l’est et le sommet de la Francophonie, Joseph Kabila lève le voile. « Il a pris la résolution d’ouvrir les portes de ses bureaux à certains confrères de la presse nationale pour donner son point de vue sur les deux situations ». Le nom du Rwanda est finalement prononcé comme soutien du M23. « Mais cela n’entraine ni coupure des relations diplomatiques, ni rupture des contacts. Car l’ennemi, il faut l’approcher ».

Est / Enjeux

A propos des enjeux au sujet de la guerre de l’Est , AfricaNews titre « Le discours périmé de Kagame : scandaleuse incitation à la haine ». Pris en tenaille et de plus en plus isolé, le président rwandais entreprend d’organiser une riposte jugée trop faible pour l’aider à récupérer sa place d’enfant chéri. La stratégie est de pousser les communautés à s’entretuer.

Le Phare titre « Le M23 planifie le dépeuplement forcé du Kivu ».
Il écrit : « L’on assiste depuis le mois d’avril à un phénomène bizarre. Il s’agit des attaques du M23 contre les Fardc, mais aussi contre les villages, localités, secteurs et territoires du Nord-Kivu ».
Selon Le Phare, « l’Objectif inavoué est de chasser les autochtones et de les faire remplacer de leurs habitations et de les faire remplacer progressivement, par des populations rwandophones jusque-là sans terre ni maison. Pendant que les hommes du colonel Ruzadiza alias Sultani Makenga vident déjà le Nord-Kivu de sa population, ils ont trouvé le moyen de distraire les Nations Unies ». En effet, indique Le Phare , dans une lettre datée du 26 juillet adressée au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, sous la signature de Lugerero, qui revendique le titre de « Coordonateur » de ce mouvement rebelle, celui-ci accuse la Monusco d’avoir lancé des obus contre des populations civiles congolaises.

L’Observateur se penche également sur la guerre qui secoue actuellement l’Est du pays. « Guerre au Nord-Kivu : Des militaires ougandais aussi aux cotés du M23 », titre ce journal. Il indique que la présence des militaires ougandais a été signalée aux côtés des mutins du M23, appuyés par des militaires rwandais. Si cette information est confirmée, signale le quotidien, la RDC est aujourd’hui victime d’une agression rwando-ougandaise.
Cependant, L’Observateur s’interroge : « faudra-t-il qu’un rapport d’une ONG internationale en fasse écho pour qu’on accrédite cette thèse ? ». Il rapporte que la coordination provinciale de la Société civile du Nord-Kivu dénonce la présence des militaires ougandais et rwandais au sein du M23. Elle les accuse d’avoir appuyé les rebelles du M23 sur les lignes de front Nyongera et Rutshuru-centre.
Dans un bulletin d’information, paru le mercredi 25 juillet à Goma, le coordonnateur de cette structure, Omar Kavota, a indiqué que six véhicules en provenance de l’Ouganda sont entrés en territoire congolais, le week-end dernier, avec plusieurs militaires ougandais. En dépit de cette coalition armée, écrit le quotidien, les FARDC peinent à prendre le dessus sur les mutins du M23. Il n’y a donc pas de doute que ceux-ci bénéficient désormais de l’appui aussi bien des militaires rwandais que des Ougandais. Pour l’Observateur, la guerre d’agression contre la RDC n’a fait que commencer et elle est loin d’avoir dévoilé toutes ses facettes.

Dans son éditorial intitulé « Kigali dos au mur », le journal signale que Kigali donne l’impression qu’il ne saurait être en paix tant que toute la sous région des Grands Lacs n’est pas totalement sous ses bottes. S’il en a la volonté, estime le confrère, il n’est pas certain qu’il en ait les moyens de nature à lui permettre d’arriver à ses fins. Contrairement à ce que l’on croit, un peu trop vite et naïvement, commente l’éditorialiste de l’Observateur, Kigali n’est pas dans la logique de la balkanisation de la RDC. En confondant systématiquement tribus et nationalités, note le quotidien, Kigali s’enfonce dans une logique qui se retourne petit à petit contre lui-même.

Toujours au sujet de la guerre dans l’Est du pays, Le Potentiel titre : « Prise de Rwindi, Vitsumbi et Kanyabayonga : Kagame et Museveni placent la barre très haut ».
Le journal note que le Rwanda, principal soutien du M23, a allié à sa cause Kampala dans cette entreprise de déstabilisation de la RDC. Kigali et Kampala tiennent désormais à la consolidation des positions de leurs poulains sur le terrain militaire. L’objectif non feint est de peser lourd sur la balance – lors de prochaines négociations, commente le quotidien.
Il fait remarquer que le premier à avoir parlé d’une éventuelle négociation sur la situation de l’Est de la RDC, c’est le gouverneur du Nord-Kivu. Pour Julien Paluku, rapporte le journal, «il faudrait que ça soit un mécanisme international qui se localise en dehors du gouvernement et des autres acteurs nationaux pour que l’on puisse évaluer cet accord avec plus d’objectivité».
Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a embrayé dans le même sens, demeurant toutefois dans la logique de l’accord conclu récemment à Addis-Abeba dans le cadre de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), ajoute Le Potentiel

Est / Manifestations

Le Potentiel, sous le titre « Guerre dans l’Est : les Congolais assiègent l’ambassade du Rwanda à Bruxelles », évoque la manifestation organisée le samedi 28 juillet par les Congolais à Bruxelles pour protester contre les violences perpétrées par les groupes rebelles soutenus par le Rwanda, selon un rapport de l’ONU, dans l’Est de la RD Congo.
Le journal rapporte que deux personnes ont été blessées lors des échauffourées entre policiers et manifestants au point de chute de cette marche qui était l’ambassade du Rwanda, avenue de Tervueren à Woluwe-Saint-Pierre.
Ces Congolais étaient venus de France, d’Allemagne ainsi que d’autres pays européens, indique le quotidien. Les organisateurs estiment le nombre de participants à 350. Mais la police de Bruxelles donne le chiffre de 335. (Il est rare que ces deux chiffres soient aussi proches ! NdlR).
Les manifestants entendaient protester contre les violences qui secouent l’Est de la RDC. Ils jugent également inadmissible la passivité dont la communauté internationale fait preuve, selon eux, face à ces événements. Pendant près de trois heures, écrit le journal, ils ont lancé des slogans contre le Rwanda et son chef Paul Kagame accusé de soutenir la rébellion dans l’Est du Congo, dont le mouvement du 23 mars (M 23) dirigé par Bosco Ntaganda. «Kagame, pilleur des minerais du Congo ; Kagame, vous avez sur votre conscience des millions de morts Congolais…», pouvait-on entendre.

NewTrends titre : « Les Catholiques dans la rue ce mercredi ».
Ce journal commente : « Le Gouvernement est appelé à autoriser ce mouvement pacifique pour ne pas donner l’impression d’être compère du malheur des Congolais ».
Déjà, dit-il, plusieurs langues s’étaient déliées pour stigmatiser l’abrogation de certaines actions initiées par certains fils et filles du pays, dans le but de décrier l’ingérence du Rwanda dans le conflit à l’est. L’Hôtel de ville (de Kinshasa) est donc aussi invité à sécuriser cette manifestation pour limiter les dégâts ; à l’heure qu’il est, interdire une telle démarche ferait éclater en sanglot, les étoiles si elles pouvaient pleurer, conclut ce journal.

(Pour comprendre ce paradoxe : se demander si le pouvoir, dans un pays en guerre, va autoriser une manifestation patriotique, il faut se reporter au contexte fort spécial qui résulte des élections du 28/11/11.
Eles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus.
Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Ce contexte méne bien sûr à réprimer ou à interdire les manifestations. Mais, si le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli, le fait que les « affaires courantes » comprennent une guerre mène au contraire à autoriser ou même à organiser des manifestations de ferveur nationale. Cela n’a pas échappé au pouvoir qui essaye de profiter de l’effet « tous unis autour du drapeau ». Reste le danger de voir la manifestation patriotique dégénérer en manifestation contestataire… D’où les doutes et les hésitations. NdlR)

Francophonie

C’est également au contexte des élections douteuses de novembre 2011 que sont liées les incertitudes concernant le Sommet de la Francophonie. Il en a été questio dans la conférence de presse de JKK. Pour lui, dit New Trends, la Francophonie « doit être une affaire de tout celui qui aime le progrès de la Nation congolaise. Il ne doit y avoir ni opposant, ni pro-pouvoir en cette fête francophone ».

Le Potentiel titre : « Lors d’un point de presse, Yamina confirme la tenue du Sommet de la Francophonie à Kinshasa ».
La ministre française déléguée à la Francophonie tenait un point de presse en la résidence de l’ambassadeur de France, après sa rencontre quelques minutes plutôt avec le président de la République, Joseph Kabila. « Aucune annonce fracassante ! », commente ce journal. Mme Benguigui a énoncé de manière claire qu’elle n’était venue en aucun cas en juge, mais bien en observatrice à la demande du président français, François Hollande, et du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, rapporte ce journal.
Pour Le Potentiel, Mme Benguigui a délivré un message sans ambiguïtés et sans faux-fuyant. La francophonie aura lieu avec le concours de la France et la venue de François Hollande dépendra en partie du rapport de sa mission.

« Le sommet aura lieu et ne sera pas un tribunal », selon Yamina Benguigui, titre New Trends.
La Ministre française déléguée à la Francophonie et représentante personnelle de François Hollande a échangé avec la presse après un séjour de travail en République démocratique du Congo. Elle a énoncé que très peu de ses interlocuteurs souhaitent la délocalisation du sommet. A la question relative à la présence ou non de François Hollande à ces assises, elle soutient qu’elle fera rapport au Président Hollande et le Ministre des Affaires étrangères ce lundi.

Uhuru qui s’intéresse également à cette information titre : « Yamina Benguigui : La Majorité d’Opposants congolais ne demandent pas l’annulation du sommet de la Francophonie ».
Au terme d’une visite de deux jours à Kinshasa, la ministre française a déclaré qu’à part une ou deux personnes, la majorité des Opposants congolais ne lui ont pas demandé l’annulation du sommet de la Francophonie.

« Fin d’un faux pas diplomatique ou reniement ? » titre Afrik.com au sujet des déclarations de Benguigui.
« A Paris, plusieurs associations avaient récemment demandé au président français de ne pas se rendre en RDC afin de ne pas cautionner le régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Le déroulement frauduleux des dernières élections, en 2011, et le non-respect des droits de l’homme, font du président de la RDC un homme peu fréquentable pour le nouveau président français.. Qui plus est de gauche ! … L’UDPS a même demandé, la semaine dernière, la délocalisation du sommet afin de ne pas légitimer celui qui, à leurs yeux, incarne l’usurpation.
Le 9 juillet, François Hollande, se voulant pourfendeur de la « Françafrique », avait affirmé dans un communiqué, peut-être un peu rapidement, que sa présence serait fonction du comportement du régime de Kinshasa. « Les autorités de la RDC doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ». Sans le savoir, en donneur de leçons, il venait de réitérer le péché français en Afrique, la certitude de disposer d’un droit de regard sur les affaires internes des Etats africains. Sauf que, la RDC, en plus d’être un pays au sous-sol extrêmement riche, regroupe 68 millions des 220 millions de Francophones dans le monde.
Après la polémique, les critiques, sans doute quelques conseils de « realpolitik », François Hollande via la voix de Yamina Benguigui, semble se rétracter. En effet, à présent, pour Mme Benguigui, « Nous avons écouté les voix de ce pays [...] nous avons entendu les avances de la RDC ». Avant de conclure, que, finalement, peu de gens sont contre la tenue du 14e Sommet de la Francophonie. Les relations franco-africaines conserveront visiblement leurs vieux réflexes, malgré les bonnes intentions ou, tout simplement, les maladresses socialistes ».

Jean-Marie Vianney Kabukanyi, chargé des questions administratives à l’UDPS avait conduit la délégation de son parti à l’ambassade de France à Kinshasa pour demander la « délocalisation » du XIVème sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa en octobre 2012. Une pétition avait été déposée pour la venue en RDC de la ministre française chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui.
Dans un communiqué dont rend compte Afrikarabia, l’UDPS, parti de l’opposant Etienne Tshisekedi, dénonce l’arrestation de son secrétaire général adjoint, Jean-Marie Vianney Kabukanyi samedi 18 juillet par la police congolaise. Le cadre de l’UDPS aurait été arrêté « vers 23h45 à son domicile en compagnie de son jeune frère ». Le parti d’opposition affirme que Jean-Marie Vianney Kabukanyi et son frère « ont été emmenés vers une destination inconnue » et dénonce « une arrestation arbitraire ».
Cette interpellation, remarque Afrikarabia, « intervient également 1 mois après la « disparition » d’un autre opposant congolais, Eugène Diomi Ndongala, le président de la Démocratie chrétienne (DC). Accusé de viol sur mineures par la police, ses proches affirment qu’il a été enlevé par des hommes armés, alors que les autorités congolaises le considèrent en cavale. Son parti dénonce une « cabale » politique (…) « pour le faire taire définitivement » ».

© CongoForum, le lundi 30 juillet 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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