(CongoForum)
Pour des raisons techniques (documents sous forme photographique) nous avons une
fois de plus dû recourir à la publication sous forme de PDF. Nous savons que cela ennuie
considérablement certains usagers,mais hélas, nous n’avons pas de solution de
rechange. La guerre de l’Est (avec le départ de certaines troupes rwandaises, le sommet
de Tanzanie, le mandat de la CPI contre Bosco Ntaganda), le procès Chebeya, la fièvre
d’Ebola, quelques infos économiques comme la lutte contre la dollarisation de l’économie
nationale congolaise composent le menu du jour de la presse écrite. Des détails
intéressants concernent l’Est proviennent aussi d’Internet.
Est / RDC – Rwanda
La Prospérité annonce : « Nouveau mini sommet de la CIRGL demain, Kampala II : le
MSR soutient la mise en place rapide de la force internationale neutre ! ».
Le MSR, parti de Pierre Lumbi Okongo est sorti de sa méditation, après observation
rassise, pour prendre position au regard de la énième aventure militaire de Kigali sur le
sol congolais, rapporte La Prospérité.
En effet, dans une déclaration politique lue devant la presse nationale et internationale,
dit la consoeur, le MSR, par la voix de Simon Ikenge, en présence d’autres cadres du
Mouvement dont Dieudonné Bolengetenge, déplore, dénonce et condamne une fois de
plus les violations les plus graves des Droits de l’Homme, les tueries, les assassinats
ciblés, les viols des femmes et jeunes filles congolaises, les déplacements massifs des
populations, consécutifs au soutien avéré du Rwanda au M23.
La Prospérité indique que le MSR est favorable à la mise en place rapide de la force
internationale neutre ; un appel qui coïncide, heureusement, avec le Mini sommet des
Chefs d’Etat de la CIRGL qui s’ouvre demain à Kampala va d’ailleurs entériner les
propositions techniques des Ministres de la Défense de Onze pays membres.
Pour le MSR, il serait surprenant pour le commun des Congolais et pour les partenaires
sensibles et favorables à la juste cause de paix, d’entendre des notes divergentes ou un
autre son de cloche démobilisateur de la part de l’une ou l’autre composante des élites
congolaises, en l’occurrence, des acteurs politiques.
L’Avenir titre en manchette « Kampala II : un sommet de tous les enjeux ».
Il informe qu’avant ce sommet des 7 et 8 septembre 2012, JKK s’est rendu à Dar-es
Salaam, au mini sommet de la Sadc.
Du sommet de Kampala II, note-t-il, les Congolais attendent que soit mis définitivement
fin au règne qui a trop duré de l’arrogant M23 et de tous les groupes armés qui font
souffrir des millions de nos concitoyens. Pour le journal, il va de soi que soit déploré
l’irresponsabilité d’une certaine opposition qui raisonne à tort et à travers, se laissant
ainsi berner par les propos mensongers du gouvernement rwandais s’agissant du retrait
de ses soldats de la Rdc.
(Ceci fait clairement allusion a des propos récents de l’opposition politique congolaise
constatant « que la complicité du pouvoir en place avec les agresseurs est totalement
établie » puisque, d’après Kigali, la présence de ses troupes en RDC état « autorisée ».
La manoeuvre rwandaise tient compte du contexte particulier dans lequel se trouve la
RDC. La guere sert aussi à « rapiécer », à l’usage de JKK, la légitimité que ne lui ont pas
donnée les élections.
Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus.
Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on
ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des
bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de
la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus.
L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a
donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la
présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des
législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais
inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un
coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si
de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays
et le monde devant le fait accompli.
Dans ce cadre, il cherche à « surfer » sur la vague de nationalisme engendrée par la
guerre de l’Est. Les circonstances se prêtent à de solennels appels à l’unité nationale, au
regroupement de tous autour du drapeau. Il est d’ailleurs à remarquer que JKK a sa part
dans le déclenchement de l’affaire M23, puisque celle-ci a fait suite à l’annonce de sa
volonté d’arrêter Bosco Ntaganda.
Cela comporte toutefois un risque, et même un risque inutile. Une République
présidentielle, façon V° RF, ce qui est sur le papier le régime sous lequel vit la RDC,
comporte un « fusible » : le Président n’est pas seul responsable de tout. Il partage cette
responsabilité avec un gouvernement, particulièrement avec un PM, exposé à plus de
risques puisqu’il peut être renversé par le Parlement. En se mettant sans cesse en avant,
JKK ne s’expose pas seulement au ridicule par la faute de propagandistes trop zélés, il
court le risque d’un « retour de flamme » quand on se rendra compte que ses « succès »
étaient en fait des échecs.
Les allusions au Parlement rappellent aussi ce nouveau dinosaure : le « Groupe
consultatif national », créé alors qu’il y a des structures établies. Cela aussi nous semble
relever des tentatives d’un pouvoir mal élu pour « surfer » sur la vague d’indignation
provoquée par l’agression pour se faire conférer un semblant de légitimité au nom de
l’union nationale.
Car le « fait accompli » a cependant aussi des limites. On peut installer un Président mal
élu, un Parlement qui ne l’est pas moins et exercer ainsi e pouvoir à ‘abri de la
répression, pour autant que celle-ci soit suffisamment discrète. L’opinion réagit peu à
l’intimidation. Elle ne réagit qu’au sang. Mais même si ‘on met en lace n Parement de
Carnaval, on est bie obligé de lui donner les pouvoirs qui sont ceux d’un parlement :
vérifier le travail de l’exécutif, l’interpeller, l’interroger, éventuellement le censurer. La
vraisemblance exige que ce Parlement comporte une opposition que, par définition, la
Majorité ne contrôle pas. Avec une « structure informelle », dont les membres sont
évidemment sélectionnés par le pouvoir pour que l’opposition, formellement présente, y
soit muette, on évite ce genre de risques, tout en se donnant l’air de « tenir beaucoup au
dialogue et à la concertation ». Comme on siège dans le cadre d’une « urgence
nationale », toute contestation qui tenterait malgré tout de se faire jour pourra être
conspuée en criant au « sabotage de l‘union nationale en ces heures tragiques ».NdlR)
La Tempête des tropiques titre : « Est de la RDC : la vérité éclate enfin sur le retrait
des soldats rwandais ».
Ce journal revient ce matin sur le retrait des forces rwandaises du territoire congolais de
Rutshuru. Il fait état d’images qui circulent sur Internet et qui ont été tournées le jour du
retrait de ces soldats. Selon le quotidien, ces images montrent des accolades ente
officiers rwandais et congolais. Ce qui, croit savoir la Tempête des tropiques, ne laisse
planer aucun doute sur le fait que Kinshasa était bel bien au courant de cette présence
rwandaise sur le sol congolais.
Le Palmarès annonce « Pour en finir avec la guerre de l’Est, M23 : le schéma d’une
opération internationale musclée se précise ! ».
Décidée à se racheter face à l’agression que subit la Rdc, la Communauté internationale
demande au Gouvernement congolais de lui donner un prétexte d’intervention militaire
contre le M23. La balle est dans le camp de Kinshasa qui doit ouvrir la voie à cette
intervention, précise le journal, pour autant que tout indique que sous couvert de la CPI,
la Communauté internationale veut en finir avec le M23 et son chef.
La Référence+ écrit à la Une « L’étau se resserre autour du général dissident du Cndp :
la CPI presse d’arrêter Bosco Ntaganda ». La Cpi a formulé mardi 04 septembre dernier
une nouvelle demande d’arrestation du général Ntaganda en fuite.
Le responsable de l’unité de sensibilisation de la CPI en Ituri, Nicolas Kuyaku, se dit prêt
à faciliter l’arrestation du général fugitif.
Forum des As aussi titre ce matin sur l’ « Affaire Bosco Ntaganda», et estime que « la
CPI teste la bonne foi de la RDC ». D’après le confrère, tous les indicateurs
internationaux semblent en faveur de la RDC face à la guerre qui sévit à l’Est. Plusieurs
pays occidentaux ont suspendu leur aide à Kigali à cause de son soutien aux M23. Il ne
manquait plus que la CPI qui n’a pas tardé, le 13 juillet dernier, à lancer un deuxième
mandat d’arrêt contre le chef du M 23. La CPI ne s’est pas arrêtée en si bon chemin,
ajoute le journal qui annonce que cette Cour a convié le Gouvernement congolais à
arrêter et à lui remettre Ntaganda.
Arrêter Ntaganda, c’est vite dit. C’est moins simple à faire et, quand les Congolais
imaginent une grande opération internationale pour sa capture, ils rêvent tout
simplement. Si cette capture a lieu, elle résultera d’un affrontement entre les FARDC et
les supplétifs rwandais (M23, CNDP et autres dénominations).
Le Réseau « Paix pour le Congo » consacre précisément aux FARDC l’éditorial du n° 160
de Congo Actualité, sous le titre « POUR UNE ARMÉE NOUVELLE ET RÉPUBLICAINE »
« Le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé récemment constitué et appuyé par
le régime rwandais, continue à occuper le territoire de Rutchuru, au Nord Kivu, en
République Démocratique du Congo (RDCongo). L’armée régulière, les Forces Armées de
la RDCongo (FARDC), ne parvient pas à le déloger de ce territoire, moins encore à le
désarmer. Dans ce contexte, l’État major des FARDC a lancé une campagne de
recrutement de jeunes au sein de l’armée, bien qu’il assure que cette opération n’est pas
forcément liée à la guerre dans l’Est contre le M23.
À ce propos, l’ONG congolaise de défense de droits de l’homme, la Voix des Sans Voix
(VSV) plaide pour que le recrutement des jeunes au sein des FARDC se fasse de manière
«responsable». Pour le directeur technique de cette ONG, Dolly Ibefo, les FARDC doivent
s’assurer du niveau d’éducation de leurs recrues et les former au respect des droits de
l’homme et du droit international humanitaire. Le directeur technique de la VSV estime
qu’il faut que les recrues disposent d’une éducation de base et d’une certaine instruction.
Les FARDC devraient aussi, en préalable à ce recrutement, assainir et maîtriser leurs
effectifs, notamment en mettant hors d’état de nuire les «brebis galeuses», affirme Dolly
Ibefo, pour qui le brassage et mixage dans l’armée ont donné lieu à l’impunité. Dolly
Ibefo recommande au gouvernement de ne plus intégrer dans l’armée des militaires issus
des groupes armés et autres rebellions, dont le M23, afin d’assurer l’unité et la discipline
au sein des forces armées. «On connaît la plupart des rebelles comme des gens
indisciplinés. Ils se permettent tout et on les fait entrer dans l’armée, alors qu’ils ne le
méritent pas. Nous demandons de cesser ça. Qu’on puisse recruter des gens qui ont un
niveau voulu et qui sont bien éduqués», a-t-il exhorté.
La VSV recommande aussi l’amélioration des conditions de vie des militaires déjà
engagés dans l’armée, dénonçant notamment le détournement de leurs soldes
«modiques» ainsi que leur mauvaise prise en charge par l’armée.1
Selon certains observateurs, la vraie question c’est de savoir: Est-il opportun pour les
FARDC de procéder au recrutement de nouvelles unités maintenant? Les opinions
divergent. Il y en a qui sont pour, d’autres contre. Pour ces derniers, trois sont les
motivations: 1. perte insensée de temps, 2. dispersion inutile des moyens financiers et 3.
mauvaise utilisation des cadres disponibles.
1. Perte insensée de temps.
Si les FARDC procédaient au recrutement de nouvelles recrues, ces dernières devront
être formées au métier des armes durant six mois minimum et neuf mois tout au plus.
Quelle perte de temps au moment où une partie du territoire national est occupée. Or la
mise en valeur d’éléments déjà disponibles et préalablement bien sélectionnés prendrait
1 Cf Radio Okapi, 29.08.’12
au maximum deux mois sinon moins. La case brûle. Chercher à recruter aujourd’hui,
c’est agir comme un propriétaire d’une maison qui, au moment où celle-ci brûle, il va
contacter la Régideso pour venir raccorder l’eau qu’il doit utiliser pour éteindre le feu.
Dans l’entretemps toute la maison sera déjà consumée. La patrie ne peut être bien
défendue que par des éléments déjà existant au sein des FARDC.
2. Dispersion inconsidérée des moyens financiers.
Recruter de nouvelles recrues implique de nouvelles dépenses. Ces moyens peuvent être
utilisés pour doter les éléments existants, préalablement bien sélectionnés, d’un
équipement adéquat.
3. Mauvaise utilisation des Cadres disponibles.
Il y a de nombreux cadres qui ont été formés dans différentes académies militaires et qui
sont mal ou non utilisés. Ils pourraient être immédiatement mis à profit, pour assurer
l’encadrement et la mise en train de nouvelles unités combattantes à constituer.
A présent quoi faire donc? Il faut à tout prix parer au plus pressé, en d’autres termes,
prendre des mesures immédiates qui s’imposent notamment:
1. Renouvellement de toute la chaîne de commandement des FARDC, à tous les niveaux:
Etat major général, Etat major des forces, commandement des unités combattantes.
S’il est admis qu’on ne change pas l’équipe qui gagne, il est absurde de maintenir en
place une équipe qui échoue sur toute la ligne. La chaîne actuelle aux commandes des
FARDC a lamentablement échoué. Il s’avère impérieux de la remplacer par des cadres
compétents. Ils sont là. Ils existent. Il faut une réelle volonté politique pour y arriver.
2. Séparer le bon grain de l’ivraie
Les désertions, défections, insurrections, mutineries en cascade constatées ces derniers
temps au sein des FARDC, sont un signe manifeste que ces dernières renferment en leur
sein des éléments douteux anti-patrie. Ces derniers doivent être extirpés des FARDC. Il y
a lieu de procéder à une sélection minutieuse des éléments loyaux, patriotiques et prêts
à défendre la patrie.
Les troupes à envoyer au front doivent être réellement motivées à la mesure de la
mission sublime que la Nation leur confie. Elles doivent être bien payées, bien équipées,
bien vêtues et bien nourries.2
Voilà pour les FARDC. Un autre article intéressant concerne leurs adversares.
Car, de son côté, le spécialiste américain du Cngo, Jason Stearns, sur son blog Congo
Siasa, se pose une autre question, touchant le camp adverse : Combien, finalement, y
a-t-il eu d’officiers ayant fait défection , sur ceux qui proviennent de l’ex-
CNDP ? Pour consulter le texte anglais il sfft de se rendre à:
http://www.congoforum.be/en/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=188829&Actualiteit=sel
ected
En effet, la raison sans cesse alléguée pour expliquer (autrement que par l’influence
rwandaise, bien entendu) l’apparition du M23 étant le « mécontentement des anciens du
CNDP », il est intéressant de savoir dans quelle mesure les attitudes individuelles des
officiers confirment ou infirment cette allégation. (En outre, il n’est pas inintéressant de
connaître d’autres noms que les sempiternels Ntaganda, Sultani Makenga, le colonel
porte-parole Vianney et un quarteron de pasteurs ougandais. NdlR)
L’aricle en question consiste essentiellement en deux tableaux, que nous reproduisons ciaprès.
Voici, aussi littéralement que possible, la traduction de ce qu’écrit Jason Stearns :
« D’abord, un tableau de la structure CNDP en 2008, juste avant l’intégration. J’ai indiqué
leurs rangs juste avant le M23, and esayé de faire la liste de la plupart de leurs officiers
supérieurs (corrections, commentaires et compléments sont les bienvenus !). Ceux dont
2 Cf Wa Mutuishayi – Le Potentiel – Kinshasa, 29.08.’12 http://www.lepotentielonline.com/661-wamutuishayi
les nomes sont surlignés en rouge ont fait défection vers le M23. Comme on peut le voir,
ils constituent près de la moitié des officiers supérieurs ex-CNDP ».
Même chose pour le commentaire du second tableau : « En second lieu, un tableau des
positions des transfuges dans les FARDC à la veille de leur défection. Cela montre que
certains commandants de très haut rang ont fait défection, mais qu’ils ne représentent
qu’une petite portion du corps des officiers. Par exemple, sur les neufs commandants
secteur, u ex-CNDP a fait défection (alors que deux autres, non-CNDP, ont fait de même,
y compris le Colonel Saddam Ringo ex-PARECO et le Colonel Albert Kahasha, ex-
Mundundu 40) ».
(La reproduction des documents étant photographique (raison pour laquelle nos devons
publier en PDF), les tableaux reproduisent tel quel le texte anglais.
Les termes militaires étant très similaires dans les deux langues, nous ne croyons pas
que cela suscite de grandes difficultés de compréhension. Deux indications utiles
« deputy » ne veut pas dire « député », mais « second » ou « adjoint », et, dans ce
contexte, « Intelligence » ne désigne pas les capacités intellectuelles, mais le
« Renseignement ». NdlR)
Procès Chebeya
Godé Kalonji Mukendi estime, dans La Tempête des Tropiques que « le Ministère
Public joue au trouble fête ».
« Dans une affaire pénale comme celle-ci, l’officier du Ministère Public devrait se
solidariser aux parties civiles, mais il est regrettable de constater que ce magistrat
militaire se rallie aux avocats des assassins de Chebeya et Bazana, pour protéger le
suspect numéro 1, le général John Numbi ». Ce journal parle même de « l’agitation
complice du Ministère Public ».
Au cours de l’audience publique de mardi, les parties au procès ont débattu sur la
requête des parties civiles qui réclament à HCM la surséance de l’instruction étant donné
qu’il y a des nouveaux éléments dans ce dossier basés sur les révélations troublantes du
Major Paul Mwilambwe qui a déclaré que le général John Numbi a donné l’ordre
d’assassiner les deux défenseurs des droits de l’homme.
Me Kabengela Ilunga, un des avocats des parties civiles a, dans son intervention, fait des
observations sur la lettre de l’Auditeur Général des FARDC à Me Delphin Gessara, avocat
des soeurs et frères Chebeya. Cette lettre, selon Kabengela Ilunga, prouve la
responsabilité pénale de John Numbi dans le double assassinat de Chebeya et Bazana.
Dans cette lettre, l’Auditeur général des FARDC, le général Joseph Ponde Isambwa dit
clairement qu’il a déjà envoyé le dossier John Numbi devant la HCM. Mais devant cette
juridiction supérieure militaire, le MP active les moyens pour soustraire John Numbi des
poursuites judiciaires. Face au comportement suspect du MP, les avocats des parties
civiles s’en remettent à la sagesse de la HCM en appelant les hauts magistrats militaires
à examiner minutieusement la lettre de l’Auditeur Général des FARDC qui établit la
responsabilité pénale de Numbi. Pour sa part, Me Richard Bondo a, pour orienter la
compréhension du MP, développé la théorie de la liberté des preuves en matière pénale.
Pour lui, le MP n’a pas le droit de chercher les preuves provenant des avocats des parties
civiles, mais doit se référer à la lettre de l’Auditeur général des FARDC qui affirme
clairement qu’il y a une plainte en bonne et due forme contre John Numbi par la veuve
Chebeya. A en croire Me Peter Ngomo, un autre avocat des parties civiles, la plainte de la
veuve Chebeya est claire et contient tous les éléments de preuve qui révèlent
l’implication de John Numbi. Pour Me Irène Esambo, John Numbi devrait comparaitre
comme partie au procès, mais elle a déploré l’attitude du MP qui, chaque fois, s’agite
quand le nom de Numbi est cité par les avocats des parties civiles.
En effet, le MP interprète d’une manière erronée la lettre de l’Auditeur général des FARDC
de façon à protéger John Numbi. « Que la partie civile nous montre la décision de renvoi
impliquant John Numbi », a-t-il lancé. Le réquisitoire du MP était vide malgré les deux
semaines sollicitées par celui-ci.
Me Stanislas Mwamba, agissant pour le compte des soeurs et frères de Chebeya a, tout
en dénonçant le comportement du MP qui frise d’un déni de justice, confondu le Ministère
Public. Pour lui, les révélations faites par Paul Mwilambwe ont poussé les parties civiles à
saisir la HCM, pour obtenir la surséance de l’instruction. Les faits qui ont été transmis à la
HCM, c’est l’implication de John Numbi, dit-il. Pour éviter la contradiction judiciaire, les
avocats des parties civiles demandent à la HCM de surseoir l’instruction en cours du
dossier. Ils appellent le MP à rectifier le tir. Ayant longuement instruit ce dossier au
second degré, la HCM a pris en délibéré cette affaire et attend rendre son arrêt à la loi.
En cas d’abondance de matières étant donné que ce procès est volumineux, la HCM
sollicitera une ordonnance de prolongation auprès du premier président de cette haute
instance judiciaire.
Santé
D’après Radio Okapi, « Fièvre d’ebola : 169 personnes placées sous surveillance dans la
Province Orientale ».
La radio soutenue par l’ONU annonce que vingt-huit cas de la fièvre hémorragique
d’ebola, dont quatorze décès, ont été enregistrés dans la Province Orientale, selon les
derniers chiffres fournis, ce mercredi 5 septembre à Kinshasa, par l’Organisation
mondiale de la santé (OMS).
Economie
AfricaNews parle du Premier ministre Matata Ponyo qui selon lui, s’en va en guerre
contre la dollarisation de l’économie nationale.
Tel a été le compte rendu de la réunion de La troïka, une réunion hebdomadaire qui
réunit autour du Premier ministre, le gouverneur de la Banque centrale de Kinshasa, le
vice-Premier ministre en charge du Budget. Il est constaté que l’économie congolaise se
porte bien depuis le lancement le 1er juillet 2012 des coupures du franc congolais à
valeur faciale adaptée.
Le Potentiel s’interroge à la Une « A qui profite la stabilité du cadre macro-économique
? » Si la stabilité du cadre macroéconomique demeure incontestablement acquise, en
termes d’indicateurs quantitatifs (Taux d’inflation et taux de change) note le quotidien
kinois, la population peine encore à en tirer les dividendes. Un paradoxe difficile à
expliquer, commente le journal qui indique que la RDC aligne depuis 2002 une croissance
économique positive, accumulant des excédents à chaque exercice budgétaire.
« Y aurait-il anguille sous roche ? Quand le peuple palperait-il du doigt les effets positifs
de cette stabilité du cadre macroéconomique, maintes fois clamée ? », s’interroge encore
ce journal. Dans les milieux professionnels principalement, écrit le quotidien, des agents
émergeant au budget de l’Etat, personne ne s’explique cette contradiction entre la
précarité leur imposée, alors que le pays aligne des performances sur les plans
économique, financier et monétaire.
© CongoForum, le jeudi 6 septembre 2012










6 septembre 2012
Aujourd'hui dans la presse