19/09/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

19 septembre 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

Les préparatifs du 14ème sommet de la Francophonie qui se tiendra à Kinshasa, dominent l’actualité des journaux parus ce matin à Kinshasa. Ces « préparatifs » sont de nature très différentes suivant que l’on parle de la Majorité de l’Opposition, les uns se préparant à applaudir ce Sommet (et JKK par la même occasion), les autres à le contester, ou du moins à utiliser l’occasion qu’ils pourraient avoir de se faire entendre sans répression immédiate et brutale. D’autres nouvelles concernent la Guerre à l’Est : provocations du M23 à l’endroit du gouvernement, actions internationales contre les « minerais de sang », notamment.

Francophonie

La Tempête des tropiques titre : « Francophonie, la gauche française est opposée au sommet de Kinshasa ».
Il fait état d’un communiqué du Front de gauche signé par Jean-Luc Mélenchon, arrivé quatrième à la dernière présidentielle française, qui s’oppose à l’organisation du XIVè sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Kinshasa. Les raisons évoquées : les fraudes massives lors du scrutin présidentiel et législatif de novembre 2011 en RDC. A cela s’ajoutent, selon le communiqué, « les dérives du pouvoir en place » concernant la répression des manifestations publiques.
(Il est très clair que cette position revient à proposer de réitérer la délocalisation de 1991 où Kinshasa avait été « évitée » au profit de Paris. Cette référence est fréquemment mise en avant, sans jamais citer la suite à savoir qu’elle était basée surtout sur la réaction émotionnelle à un « événement-choc » : les « massacres d’étudiants à L’shi », qui se sont avérés un « hoax » – très réussi puisqu’il a été repris même par le grande presse « sérieuse » – et que l’on espérait ainsi faire pression sur Mobutu et le convaincre de ne pas « bloquer le processus de la CNS ». Efficacité = zéro ! On peut comprendre que ce précédent en forme de « flop » n’apparaisse pas, à Paris, comme l’exemple à suivre ! NdlR)

Le Blog de Cheik Fita publie sous le titre « Sommet de la francophonie à Kinshasa et expression démocratique » ce que l’on pourrait appeler un « état des lieux ».
« Kinshasa la capitale de la RD Congo se prépare à accueillir du 12 au 14 octobre 2012, le quatorzième sommet de la francophonie. Si ce sommet avait été délocalisé, cela aurait été un grand camouflet diplomatique pour le Président sortant de la RD Congo et pour toutes les institutions issues du hold-up électoral du 28 novembre 2011.
(Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)
Passés les moments d’euphorie , après la décision de François Hollande de venir à Kinshasa, le pouvoir de fait en RD Congo s’est subitement retrouvé devant une question inattendue, une équation à plusieurs inconnues: l’expression démocratique du peuple congolais.
Depuis le processus électoral chahuté de 2011 jusqu’à ce jour, comme toute la RD Congo, Kinshasa est pratiquement une prison à ciel ouvert où l’opinion contraire peut coûter cher: de la privation de liberté à la perte de la vie. La présence des médias du monde, la grande impopularité du « Raïs » dans la capitale, la soif d’expression de la société civile et des partis politiques opposés au système en place engendreront inévitablement l’organisation de contre-manifestations. Il en est ainsi de part le monde, et cela fait partie de la vie démocratique.
Durant plusieurs jours, un grand nombre de médias du monde seront à Kinshasa. Comment empêcher la population de s’exprimer devant ces caméras du monde entier qui seront à Kinshasa lors du sommet, et peut être bien avant?

Comment empêcher la population de venir aux abords du palais du peuple crier sa colère, avec le risque qu’il y ait tellement de gens au point que le passage du « Raïs » à travers la meute d’affamés serait risqué?

Comment museler les partis opposés au système kabiliste?

Pour tenter de prouver une certaine adhésion de la population à l’événement, comment créer une marée humaine artificielle, mobiliser suffisamment des gens à coups d’argent afin de chanter le « djalelo » et s’assurer en même temps que ces opportunistes qui viendront jouer la comédie ne disparaîtront pas, sitôt empochée la petite collation de 2.000 francs congolais?

Pire, comment s’assurer de la probité de ceux qui redistribueront cette petite manne? Le kabilisme étant par essence plus le siphonage à outrance de la caisse de l’état, l’enrichissement facile. Tout le contraire de la probité!

Comment s’assurer que le paiement de la collation ne se transformera pas en émeute, entre les affamés, et les intermédiaires chargés du paiement, les premiers ne voulant pas rater une si belle occasion de se remplir les poches en détournant cet argent que l’on reçoit et que l’on redistribue sans trace écrite, les seconds suspectant ces « agents payeurs » d’un jour de tripatouillage?

Comment empêcher le Président Tshisekedi de donner des interviews aux différents médias au travers desquels il rappellera avec délectation que c’est lui le président élu? Surtout à l’issue d’une rencontre de l’homme de Limete avec le président Hollande?
(C’est précisément là le point faible de a contestation ! Les élections telles qu’elles ont été organisées : à l’envers au lieu de commencer par le niveau local, sans recensement, avec une CENI politisée, etc… étaient entachées de tant de défauts graves que tout démocrate sincère – quelles que soient par ailleurs ses convictions politiques – ne peut que conclure à leur nullité. Il faudrait un front uni de tous les démocrate pour des élections impeccables – i. e. en commençant par le niveau local, après recensement de la population, avec une CENI réellement neutre, etc.. – , et non vouloir organiser contre le coup d’état joséphiste un coup d’état étienniste à partir des mêmes données viciées. La seule « vérité des urnes », c’est que quand celles-ci ne servent qu’au trquage, il ne peut rien en sortir. NdlR)

Des routes seront réhabilitées, des façades de bâtiments seront repeintes, des « ligablos » (sorte de panneaux d’affichage ou de « journaux muraux ». NdlR) et même des maisons auront été détruites le long des artères principales de la capitale, mais la misère pourra-elle être éradiquée l’espace d’un sommet?

Sans la sortie des chars pour terroriser la population, le pouvoir kabiliste réussira-t-il à bâillonner suffisamment l’expression démocratique au point de ne pas attirer l’attention des observateurs extérieurs?

Pour les associations de la société civile, pour les partis politiques pro-changement, le sommet de la francophonie ne sera-t-il pas une aubaine pour prendre à témoin l’opinion internationale et en faire une complice?

Ce n’est pas un secret, des petits malins pensent déjà à un « effet Tunisie ».

Un activiste congolais de Belgique que nous interrogions à ce sujet déclarera ceci:

« Pourquoi pas, parce que les chars pour terroriser la population ne sortiront pas! »
Pour le Président sortant et son clan, le sommet de la francophonie tant convoité et obtenu à coût de millions ne s’est-il pas progressivement transformé en une tentative de résolution de la quadrature du cercle? »

Cheik Fita – nous pensons que même les lecteurs les moins subtils l’auront perçu – exposait les choses du point de ve de l’Opposition. La Prospérité, journal globalement favorable au régime en place, titre aussi – « XIVème Sommet de la Francophonie : L’Opposition prépare une surprise à Hollande ! ».
A jour J-23 de la tenue du XIVème Sommet de la Francophonie, c’est manifestement la veillée d’armes à l’opposition parlementaire. Ses membres se seraient enfermés quelque part, dans la ville haute.

Invités par le Ministre de l’Intérieur à participer à une réunion qui s’est tenue hier, mardi 18 septembre 2012, sur la préparation de cette grand-messe, ils auraient décliné l’offre. Refusant tout dérangement ou, mieux, toute ‘‘distraction’’ d’où qu’elle vienne, ils seraient en train d’apprêter, ‘‘minutieusement’’, des mémos à présenter aux différents Chefs d’Etat attendus à Kinshasa dont François Hollande sur notamment, le ‘‘déficit’’ démocratique et l’Etat de droit, les violations des droits de l’homme, la guerre à l’Est de la RDC, etc. Du côté pouvoir, point n’est besoin de se perdre en conjectures. Ici, on fourbit plutôt les armes pour la réussite totale de l’événement, l’honneur et la dignité du pays étant suffisamment mis à rude épreuve. C’est donc en ordre dispersé, en désunion que le Congo politique reçoit ses invités de marque. Y a-t-il espoir que cela se passe sans casse ?

Dans un communiqué publié le lundi 17 septembre 2012, l’opposition parlementaire affirme se pencher sur l’élaboration du cahier des charges en perspective de sa rencontre avec le Président Français, le Socialiste François Hollande. Dans ce cahier des charges, l’opposition parlementaire entend dénoncer le ‘‘déficit’’ démocratique et les ‘‘violations’’ massives des droits de l’homme en RDC. Pour étayer leur argumentaire, ils ne manqueront pas de sauter sur la demande introduite par le Parquet général de la République sur la levée des immunités parlementaires des Honorables Eugène Diomi Ndongala et Roger Lumbala.
La fameuse vérité des urnes sera inévitablement à l’ordre du jour, alors que les choses auront, dans l’entre-temps, suffisamment évolué, depuis les scrutins du 28 novembre 2011. (Qu’est-ce qu’une « évolution suffisante », vers quoi évolue-t-on ? C’est ce qu’on ne nous dit pas ! Une hypothèse pourrait être que cela veut dire : on a pu maintenir la presion répressive pendant suffisamment de temps pour que les « résultats électoraux » pasent pour « acceptés ». NdlR) L’affaire du procès sur l’assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana va certainement agrandir le syllabus des opposants. Très concentrée dans l’élaboration de ce cahier des charges, l’opposition aurait même décliné l’invitation du Ministre de l’Intérieur à participer à une réunion tenue hier, mardi 18 septembre 2012, sur les préparatifs de ce grand rendez-vous.
Du côté de la majorité au pouvoir, rien à faire, il faut regarder au but, à l’objectif qui est à la portée, soit à 23 jours seulement. Le Raïs l’ayant compris de cette manière, il a visité des sites choisis le lundi dernier, question de jauger l’évolution des travaux. Comme on peut s’en rendre compte, la RDC politique présente des sons discordants à un moment aussi historique. Et, pourtant, l’occasion requiert unité et cohésion nationales.
(Depuis qu’il a lui-même mis le feu aux poudres en faisant mine d’arrêter Bosco Ntaganda, JK s’efforce de ravauder sa crédibilité « démocratique » en faisant appel à l’unité nationale autour du drapeau à propos de la Guerre de l’Est. Mais la cohésion nationale ne signifie pas la disparition des opinions divergentes. Elle signifie seulement qu’elles peuvent être dépassées ! NdlR)
Surtout que ce Sommet intervient après plusieurs années de création de l’OIF et le report par deux fois de sa tenue à Kinshasa. Bien plus, avec la guerre qui sévit à l’Est, la diplomatie congolaise devra tout faire, pour ne pas rater l’occasion de faire signer aux Chefs d’Etat et de délégations, une déclaration condamnant l’agression de la RDC par le Rwanda, les preuves ayant été établies par des experts des Nations Unies. Ce sera également l’occasion de rappeler le travail abattu par le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité des Nations qui, audition des arguments de deux pays, a confirmé la teneur de ce rapport dont les détails avaient été longtemps gelés, avant leur publication presque sous pression ».

Pour être complets, il est utile de mentionner l’avis des autres parties intéressées, à savoir la France et les pays africains francophones (le péché mignon des Congolais étant d’oublier qu’il s’agit d’un événement multilatéral NdlR). Voici ce qu’écrivent RFI et Pressafrik sous le titre : « Kinshasa tente de mobiliser la classe politique pour assurer le succès du XIVe sommet de la Francophonie »

« A l’approche du sommet de la Francophonie à Kinshasa, prévu du 12 au 14 octobre, le gouvernement congolais appelle les partis politiques à oeuvrer pour faire la démonstration d’un pays uni.. Le ministre de l’Intérieur Richard Muyej a tenté de rassembler hier tous les responsables de partis politiques. Ils ont venus nombreux, mais pas les principaux partis de l’opposition.
Faire l’appel des partis politiques est un exercice fastidieux ici. Il y en a plus de 400. De nombreux présidents de partis sont venus dans un hôtel de la capitale à l’appel du ministre de l’Intérieur, Richard Muyej. Le pouvoir a déjà appelé à l’unité face à l’agression à l’Est. Là, le ministre appelle à la cohésion pour présenter un visage uni pendant le sommet de la Francophonie dans moins d’un mois :« Le 14ème sommet de la Francophonie est une occasion pour la République Démocratique du Congo de s’ouvrir au monde et d’affirmer son identité comme une grande nation africaine. Nous n’avons pas d’autre choix que de consolider la cohésion de notre peuple ».
Mais les principaux partis d’opposition, notamment les quatre groupes du Parlement ont boudé la rencontre. Martin Fayulu, coordonnateur des Forces acquises au changement s’en explique « Ce sont les signaux que nous envoyons au président français, aux Canadiens, aux Belges, aux Suisses et à tous les présidents francophones africains, pour dire que le pays va très mal. Le pays fait l’objet d’un complot, et certains membres de ce complot sont dans les institutions actuelles de la République ».
Au Parlement, l’opposition a toujours l’intention de lancer une procédure pour mettre le président de la République en accusation pour haute trahison ».

Est

L’Avenir titre en manchette « Le gouvernement accuse le M23 de provocation ».
En dépit du calme qui règne actuellement sur la ligne de front, le ministère de la Défense a enregistré un nombre de cas de provocations à l’endroit des forces régulières dans le chef des assaillants dissimulés dans les rangs de la pseudo mutinerie du M23, indique ce journal.
Des cas de pillages attribuables au M23 sont signalés, notamment le pillage d’un important stock matériel de construction d’une caserne de la Police nationale congolaise à Rutshuru-Centre, des attaques dirigées contre les véhicules du Comité international de la Croix Rouge, ainsi qu’un camion der l’Iccn.

Le Potentiel titre « Minerais de sang : les Pays-Bas emboîtent le pas aux USA».
Pour lui, le nombre de Congolais morts – plus de 6 millions – suite aux affrontements armés récurrents a fini par susciter la compassion de la communauté internationale. Sensibilisées et prises de compassion, certaines nations ont imaginé et instauré des mécanismes visant, notamment, à décourager le commerce des minerais du sang, et par la même occasion, casser le cycle de fausses rébellions et autres seigneurs de guerre, écrit Le Potentiel. Il s’agit, d’abord, des Etats-Unis avec la loi Dodd-Frank. Et, tout dernièrement, des Pays-Bas avec l’«initiative étain sans conflit », lancée depuis le mardi 18 septembre 2012. Le fond de toutes ces initiatives étant la certification des minerais de l’Est du Congo, source de tensions récurrentes dans cette partie de la RDC, indique ce quotidien. L’initiative vise essentiellement l’étain en provenance de l’Est de la RDC, notamment le Sud-Kivu. (L’on parle, à juste titre, beaucoup du coltan. Mais la cassitérite, minerai d’étain, est également un « blood mineral » très demandé et, à certain moments, dépasse même le coltan en importance NdlR).
« Cette initiative a réuni plus de 175 intervenants représentant l’industrie, le gouvernement et la Société civile. Selon notre source, l’« Initiative étain sans conflit » vise à créer une action pour limiter le commerce illicite de l’étain exploité dans l’Est de la RDC, une région dont l’économie s’est effondrée en raison de la série de graves conflits internes et transfrontaliers. Les groupes armés dans l’Est de la RDC exercent un contrôle sur le commerce des matières premières où ils perçoivent des impôts en tant que source de revenus. De nombreuses entreprises dans le monde ont hésité à acheter des minéraux de certaines parties de la RDC. En outre, la législation récente aux États-Unis a créé un embargo de facto dans la région.
L’Initiative « étain sans conflit » introduit une chaîne d’approvisionnement étroitement contrôlé, en dehors du contrôle des groupes armés. Elle pose le premier pas vers l’activité économique renouvelée et d’espoir aux masses de mineurs au chômage. Actuellement, l’infrastructure est mise en place en RDC pour le démarrage de ce projet pilote. Jusqu’à présent, Royal Philips Electronics, Tata Steel, Motorola Solutions, Research In Motion (RIM), Alpha Metals & Alloys AIM, Malaysia Smelting Corporation Berhad (MSC), Traxys et ITRI se sont engagés à participer à l’initiative. L’Initiative se félicite de toutes les entreprises, y compris les mines, les fonderies, les fabricants de composants et les fabricants de produits (utilisateurs finaux) qui ont accepté à se joindre, et son succès sera largement mesuré par la participation de l’industrie dans le système d’approvisionnement en cette matière.
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a pris une part active à cette initiative en amenant tous les partenaires de la chaîne d’approvisionnement de l’étain à rejoindre le projet. Le gouvernement de la RDC et la Société civile locale sont étroitement impliqués dans l’initiative qui est structurée dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et sera compatible avec les directives de diligence raisonnable de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce projet devrait contribuer aux efforts de réforme du gouvernement de la RDC et de son ministère des Mines. Sa progression dépendra de la façon dont la situation sécuritaire au Sud-Kivu se développera.
Ben Knapen, ministre néerlandais de la Coopération au développement espère que « cela peut être une première étape dans une région où il y a beaucoup de torts à redresser ».

(Ces systèmes de « certification » des minerais sont très louables mais donnent tout de même l’impression d’être basés sur le principe « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ». Pourquoi ne pas proposer internationalement d’adopter le princpe : « N’achetez pas de minerais à un pays sans mines »… le Rwanda, par exemple. NdlR)

L’Observateur écrit : « Le Sud-Kivu prie pour la paix : L’Eglise catholique dit non à la guerre et à la balkanisation de la Rdc ».
Déterminés comme un seul homme, les chrétiens catholiques du Sud-Kivu, ont, avec les évêques représentants les cinq autres provinces épiscopales de la RDC, imploré Dieu pour qu’il fasse encore régner la paix et protéger la nation congolaise toute entière. Dimanche dernier, ils étaient des milliers au stade de la Concorde à Bukavu. Parmi eux, le gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo, un fervent chrétien catholique. Il l’a démontré par des cantiques et la danse.

Malheureusement, cela s’accompagne de mauvaises nouvelles qui donneraent à penser que le Tout Puissant devait être occupé ailleurs.

Le Potentiel reprend un article d’AFrikarabia « Les foyers d’instabilité se multiplient ».
« La reprise de la guerre au Nord-Kivu focalise les craintes de la communauté internationale et l’attention des médias. Mais d’autres régions sont également le théâtre de rébellions, de défections de soldats ou de mouvements sécessionnistes. Au Katanga, au Sud-Kivu, en Province Orientale, au Kasaï ou au Bas-Congo, l’Etat peine à imposer son autorité. La République démocratique du Congo est-elle au bord de l’éclatement ?
Depuis le mois d’avril 2012, les regards sont tournés vers le Nord-Kivu, en proie aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda voisin. A juste titre, la communauté internationale et les médias se sont portés au chevet de la « poudrière de Kivu », qui menace le fragile équilibre de la région des Grands Lacs. Kinshasa se mobilise comme elle peut pour tenter d’endiguer l’avancée des rebelles… en vain. L’armée congolaise, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même recule sans se battre. Mal payés, mal commandés, l’armée régulière ne réussit pas à s’imposer… même avec l’appui (timide) des Casques bleus de la Monusco. Le M23 contrôle maintenant une partie du Nord-Kivu dont la ville-frontière de Bunagana et Rutshuru, nouvelle « capitale » de la rébellion. Mais si la situation au Nord-Kivu inquiète, d’autres foyers d’instabilités secouent le reste de la RDC. Au Katanga, au Sud-Kivu, en Ituri, au Kasaï, en Equateur ou au Bas-Congo, les rébellions et les nombreuses défections de soldats font craindre un embrasement général des provinces ».

Là-desus, Afrikarabia enfourche un des épouvantails classiques de qui écrit sur le Congo avec ce sous-titre : Katanga, province très « indépendante », avec même cette affirmation audacieuse : « A Lubumbashi, le sécessionnisme semble être inscrit dans les gènes des Katangais ».
Depuis l’indépendance du Congo en 1960, la province a toujours revendiqué sa volonté d’indépendance. (Faux ! le mécontentement de la « capitale du cuivre » contre la « capitale du papier », l’assertion que « les richesses du Katanga font vivre tout le Cngo » date déjà de l’époque coloniale NdlR)
Et les mouvements sécessionnistes sont légions. ( Il y en a eu un seul, celui de Tshombe, en grande partie organisé de l’extérieur. NdlR)
Depuis l’ère Kabila (père, puis fils), le Katanga a toujours apporté un soutien inconditionnel au régime en place. Lubumbashi a constitué un « réservoir de voix » important pour Joseph Kabila aux élections de 2006, puis en 2011. Mais depuis plusieurs mois, la province gronde. « Marre de payer pour Kinshasa » entend-on dans les rues de la capitale du cuivre. Au coeur de la discorde : la non rétrocession des 40% de l’Etat à la province, prévue par la loi sur la décentralisation de 2006. Plusieurs fois, l’aéroport de Lubumbashi a été la cible d’attaques mystérieuses « d’hommes en armes ». A chaque fois, on croit à un coup de force d’éléments sécessionnistes. A chaque fois, l’affaire ne va pas plus loin, mais l’inquiétude gagne à Lubumbashi. Les sécessionnistes gagnent du terrain.
(Effectivement, toute initiative d’un Katangais est aussitôt taxée de « sécessionniste ».Il fadrait quand ême se poser la question de savir si cette étiquette est méritée ! NdlR)
A la manœuvre, on trouve Gabriel Kyungu et son parti politique, l’Unafec. Cet été il a recueilli plus de 50 000 signatures pour demander un référendum en faveur du fédéralisme, d’ici 2016. Objectif : obtenir plus de 100 000 signatures. (On omet d’informer le lecteur de ce que l’Unafec fait partie de la majorité présidentielle, bien que son leader soit un populiste organisateur de « ratonnades » contre les Kasaiens. NdlR)
En parallèle, le poids du président Joseph Kabila s’est écorné par le choix du président d’imposer son frère, Zoé, à la tête de la province, à la place du charismatique Moïse Katumbi.. L’arrivée du jeune frère passe mal dans la population. Côté milice, le retour de Kyunga Mutanga, alias Gédéon, sème la peur au Katanga depuis le début 2012.. Ce seigneur de guerre a été condamné à la peine capitale pour crimes contre l’humanité par la justice congolaise. Emprisonné depuis 2006, Gédéon s’est évadé en septembre 2011 de la prison de Lubumbashi… en plein jour.. Depuis, l’enquête est au point mort et un vent de panique souffle au Nord-Katanga. « La région est en train de sombrer dans la violence, la psychose et la peur. Il y en a beaucoup qui se cachent en brousse », indique Mgr Fulgence Muteba Mugalu, évêque de Kilwa-Kasenga.
Autre province aux avant postes de la contestation : le Kasaï. D’habitude plutôt calme, ce fief de l’opposant Etienne Tshisekedi, connaît lui aussi des soubresauts. Depuis le mois d’août 2012, le chef d’état-major de la région, le colonel John Tshibangu a fait défection et mis en place son propre groupe armé pour « prendre le pouvoir ». La traque infructueuse de Kinshasa n’a toujours pas permis de mettre la main sur Tshibangu, qui vient d’annoncer son ralliement à l’Apareco d’Honoré Ngbanda, un ancien mobutiste en exil.
Province Orientale, Sud-Kivu, Maniema, Bas-Congo… la colère monte
En août, c’est au tour du colonel Mandro Mazelo de faire défection pour rejoindre le maquis dans le Maniema, une province proche du Nord-Kivu. La Province Orientale connaît, elle aussi, un regain de violence. Les groupes d’autodéfense Maï-Maï sèment de nouveau la terreur. Près de la frontière ougandaise, le groupe de Paul Sadala, alias « Morgan » a tué 15 okapis en juin 2012 et continue, depuis, de terroriser la population. Au Sud-Kivu, le commandant Yakutumba a pris le maquis et collabore, notamment avec Agathon Rwasa des FNL (Forces pour la libération nationale), une rébellion burundaise en lutte contre Bujumbura. Là encore, Yakutumba ne joue que par la prise de pouvoir. Au Bas-Congo, les tensions entre la population et le pouvoir central se sont ravivées avec la « disparition », ou « l’enlèvement » (selon ses proches) d’Eugène Diomi Ndongala, le patron de la Démocratie chrétienne. Accusé par Kinshasa de « viol sur mineures », les autorités le disent en « fuite », alors que sa famille dénonce un « enlèvement » par les services de renseignements congolais (ANR).
En 2007 et 2008 la province du Bas-Congo avait été le théâtre d’une violente répression contre les membres du Bundu dia Kongo (BDK), un parti politico-religieux, interdit depuis. L’opposition avait dénoncé le « massacre » de 150 personnes par les forces de sécurité congolaises. En octobre 2012, les élections des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale se dérouleront donc sous haute tension avec des risques de fraudes, comme en 2007. Hasard du calendrier, ces élections auront lieu en même temps que le Sommet de la Francophonie de Kinshasa, fixé du 12 au 14 octobre 2012. Dernier foyer d’instabilité : la discrète province de l’Equateur. Cette zone a toujours tenu tête à Kinshasa, depuis la création du MLC de Jean-Pierre Bemba en 1998. En 2010, la rébellion de la tribu Enyele déstabilise le pouvoir central et fait douter Kinshasa, après la courte prise de Mbandaka, le chef-lieu de la province. Depuis, la situation s’est calmée, mais l’Equateur « la rebelle », pourrait refaire parler d’elle, si l’autorité de Kinshasa venait à vaciller.
Depuis avril 2012 et la naissance du M23, le pouvoir central est de nouveau mis à mal. L’instabilité fait tache d’huile aux quatre coins de la RDC. La reprise du conflit à l’Est a remis en lumière l’absence de l’Etat congolais et son incapacité à imposer son autorité sur l’intégralité de son territoire. Cette situation constitue une opportunité dans laquelle tente de s’engouffrer rebelles, hommes politiques, militaires frustrés et aventuriers de tout poil. Pour l’instant, tous ces mouvements sont trop disparates et trop peu coordonnés pour déstabiliser à eux seuls Kinshasa. Chacun de ces groupes représentent quelques dizaines d’hommes, quelques centaines tout au plus. Pas assez, pour le moment, pour marcher sur la capitale et ébranler le pouvoir central.

Pour sa part, L’Observateur nous amène au Nord-Kivu où déjà plus de 220 000 déplacés internes sont enregistrés.
La barre de 200000 (deux cents mille) déplacés internes a été franchie dans la province du Nord Kivu, informe L’Observateur. Selon ce journal 57 000 autres personnes ont traversé la frontière pour trouver refuge au Rwanda et en Ouganda. En fait, de milliers de personnes, femmes, hommes et enfants ont fui leurs villages respectifs dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, quand les combats opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux mutins du Mouvements du 23 Mars (M 23) ont gagné d’intensité.

Divers

La Prospérité écrit que « Jean-Claude Masangu lance le logiciel ISYS-DDR ».
Institution moderne et innovante, exécutant sa mission de manière significative active et efficiente pour un développement durable de l’économie congolaise, signale La Prospérité, la Banque centrale du Congo (Bcc) vient de mettre en place un logiciel « Integrated System » ou « Système intégré » de Déclaration des dépenses et Recettes (ISYS-DDR).

© CongoForum, le mercredi 19 septembre 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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