(CongoForum)
Plusieurs sujets intéressent les journaux parus ce lundi à Kinshasa. Il est question des conclusions du FMI en soulignant qu’il salue la croissance économique enregistrée par le gouvernement de la RDC et en minimisant la persitance, qu’il constate aussi, de la pauvreté et de la malgouvernance. On évoque aussi le XIVème sommet de la Francophonie et le tête-à-tête Hollande-Tshisekedi en marge de celui-ci. On n’a pas fini de commenter le mini-sommet de New-York sur la situation en RDC et les recommandations des médias francophones en rapport avec la situation en RDC et au Mali.
FMI
Le Palmarès titre « Le FMI salue la croissance économique enregistrée par le gouvernement ».
Il rapporte que le Conseil d’administration du Fonds monétaire international qui a conclu le 24 septembre dernier ses consultations de 2012 sur la RDC a relevé que la croissance économique de la RDC devrait atteindre 8,2% en 2013 après une croissance attendue de 7,2% en 2012. Toutefois, le FMI attire l’attention sur le fait que des efforts doivent être réalisés pour améliorer la gouvernance et la transparence dans les industries d’extraction. Cette institution financière internationale souligne dans son bilan annuel de la situation économique de la RDC que la hausse de l’endettement et la mauvaise gouvernance dans les industries minières pourraient freiner la performance économique.
Dans sa rubrique « mon porte-monnaie », Le Soft note que « Le FMI recommande d’intensifier les efforts sur la gouvernance et le climat des affaires ». Le confrère signale que le 24 septembre 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a conclu les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec la RDC. Durant ces dernières années, les résultats économiques de la RDC se sont nettement améliorés, mais les progrès dans la lutte contre la pauvreté et dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pur le développement (OMD) ont été lents.
(Le document complet du FMI peut être consulté en ligne sur notre site en suivant le lien http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=189304&Actualiteit=selected)
Francophonie
Le Phare titre en manchette « En marge du XIVè Sommet de la Francophonie : l’UDPS annonce «une Journée ville morte».
Encore 11 jours pour le début du sommet de la Francophonie à Kinshasa. Après son point de presse tenu le week-end dernier à Kinshasa, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d’opposition d’Etienne Tshisekedi, annonce une « Journée ville morte » mardi 9 octobre 2012. Pourquoi une telle manifestation trois jours avant la tenue du sommet de la Francophonie ? L’UDPS veut-elle saboter le sommet de Kinshasa ?
Le secrétaire général par intérim de ce parti, Bruno Mavungu Puati a clairement indiqué que son parti n’est pas opposé à la Francophonie. Au contraire, l’Udps se réjouit que la RDC qui se trouve être le plus grand pays francophone de par sa superficie en soit naturellement membre, peut-on lire dans les colonnes du journal. Le quotidien ajoute qu’à travers cette « journée ville morte », le peuple congolais en général et kinois en particulier doit se mobiliser et marquer son refus de se laisser gouverner par des autorités non issues des élections et qui veulent « se maintenir au pouvoir en tentant de gouverner le pays par défi dans le but d’assouvir leurs intérêts égoïstes et sordides ».
Il s’agit là, évidemment, d’une allusion aux fraudes électorales de 2011. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Le Phare annonce qu’en plus de cette journée, l’UDPS veut également organiser en date du vendredi 12 octobre 2012, l’opération «occupation des rues» dans la capitale. Les boulevards Lumumba, du 30 Juin, Triomphal et Sendwe sont particulièrement ciblés, sans oublier les avenues Huileries et Victoire.. Ces manifestations connaîtront leur point culminant le 13 octobre 2012, lorsque la «population congolaise» accompagnera le président Etienne Tshisekedi wa Mulumba à la rencontre avec le président français, François Hollande, a indiqué le quotidien.
(Une journée « ville morte » est en quelque sorte une « manif en creux » : on n’ccupe pas les rues, on les vide. Le terme « villes mortes » ou blocus général est né au début des années 1990 avec le large mouvement de démocratisation des pays africains. Dans la douleur, les jeunes partis d’opposition, face aux pouvoirs en place dénonçaient un manque d’écoute de ces derniers, qui manquaient même de la considération pour leurs dirigeants.. La seule solution invoquée par ces partis était d’appeler la population à la grève générale, ici caractérisée par la fermeture des commerces, des services et des entreprises. En mai 1996, la force et la contrainte des jeunes organisés en groupe (au Cameroun : Cap liberté) a paralysé toute la ville de Douala et les grandes agglomérations de l’ouest et du littoral. Les dégâts ont alors été graves au Cameroun où le régime – d’ailleurs toujours en place – a été inflexible. la fermeture des commerces, des services et des entreprises comme forme de grève générale est logique en Afrique où le commerce informel fait vivre bien plus de monde que le travail salarié. Il est de plus relativement facile d’obtenir la participation des commerçants, eux-ci craignant bien sûr que leurs boutiques, étals et marchandises ne soient endommagés ou détruits, soit par les piquets de grève, soit par les forces de répression.
Il sera sans doute moins évident de passer de la « ville morte » à « l’occupation des rues ». Jusqu’ici, le pouvoir a toujours réussi à réprimer ou même à dissuader les manifestations de rue et il est bien évident qu’il devra éviter au maximum la violence brute trop visible à un moment où, à cause du Sommet, la RDC aura une très forte couverture médiatique.
On remarquera aussi l’équivoque de la formule «la population congolaise accompagnera le président Etienne Tshisekedi wa Mulumba à la rencontre avec le président français, François Hollande». Bien sûr, ETwM est président de l’UDPS. Mais il a aussi toujour revendiqué une victoire électorale qui, en l’absence de résultats connaissables, n’est pas davantage prouvée que celle de JKK. E potentiel de mobilisation de l’DPS est ainsi utilisé non en faver de la transparence, qui exigerait la nullité des électons du 18/11/11 et un nouveau scrutin, mais en faveur d’un « contre-coup- d’Etat ». NdlR)
A l’étrager, RFI annonce également « La formation d’Etienne Tshisekedi a dévoilé ce week-end son programme de manifestations. Accusations de fraude lors des dernières élections, atteintes permanentes aux droits de l’homme, violences persistantes dans l’est du pays… Fallait-il maintenir ce sommet à Kinshasa ? La question a été longuement débattue, mais pour Abdou Diouf, le président de l’Organisation internationale de la Francophonie, la réponse a toujours été oui. Abdou Diouf, résident de l’Organisation internationale de la Francophonie a notamment déclaré « Ce que je constate : une partie de l’opposition veut ce sommet, une grande partie de la société civile veut ce sommet, une grande partie des défenseurs des droits de l’homme veulent ce sommet. Pour des raisons évidentes d’utilité politiques. Pour tirer la RDC vers le haut ».
La Prospérité confirme cette rencontre en titrant à sa Une: « XIVème Sommet de la Francophonie Hollande- Tshisekedi : tête-à-tête confirmé ! »
Le secrétaire général de L’UDPS, Mavungu Bruno a affirmé que l’UDPS reste convaincue que le maintien de la tenue de ce 14ème Sommet à Kinshasa constituerait une atteinte grave et flagrante à l’image et aux nobles objectifs poursuivis par la Francophonie. Le choix de Kinshasa pècherait par la violation délibérée des valeurs et recommandations contenues dans la charte de Bamako (Mali) du 3 novembre 2010 à laquelle ont souscrit les Etats membres. C’est en se fondant sur cette inconséquence, a-t-il dit, que l’UDPS avait exigé la délocalisation du XIVe Sommet de la Francophonie, précise La Prospérité.
Ce journal rappelle que dans son agenda, François Hollande commencera, à son arrivée à Kinshasa, par s’entretenir avec Joseph Kabila Kabange, au Palais de la Nation. Puis, ce sera le tour de l’Opposition et la Société Civile à la résidence de l’Ambassadeur de France. Enfin, il se rendra au Palais du Peuple, pour un discours de sept minutes devant les participants au XIVème sommet de la Francophonie, avant de dire au revoir à ses concitoyens français vivant en RD. Congo. Juste après, il reprendra son avion, dans la soirée, en direction de Paris. Il y en a, parmi les congolais, des sceptiques, qui n’entrevoyaient nullement une rencontre entre le Président national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et le Président français, François Hollande, en marge du XIVème Sommet de la Francophonie.
Le Potentiel titre pour sa part à la Une : « RDC-Mali : deux urgences du sommet de Kinshasa ».
Ce quotidien donne ainsi déjà les grandes lignes des assises du sommet de la Francophonie. Il s’agit de la République démocratique du Congo et du Mali. Nombre d’observateurs pensent que Kinshasa offre une belle tribune pour lancer un message fort envers la communauté internationale, visiblement passive et à la fois complice, devant le drame qui s’abat sur ces deux pays de l’espace francophones. « Cette recommandation fait partie de celles formulées à l’issue du congrès qui a réuni du 27 au 29 septembre 2012 les médias francophones. En Afrique de l’Ouest, le Mali vit, dans sa partie Nord, une rébellion d’obédience islamiste qui occupe plus du tiers de son territoire. Alors qu’en RDC, le Mouvement du 23 mars (M23), formellement soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle d’une partie importante de la province du Nord-Kivu. Ce qui ne devait pas laisser les pays membres de la Francophonie conviés au sommet d’octobre à Kinshasa».
Et le journal d’écrire : victimes des conflits armés, la RDC et le Mali ont besoin d’un travail de lobbying approfondi. Une façon de présenter à la face du monde les enjeux de diverses agressions devenues monnaie courante en Afrique subsaharienne. Pour ce qui est de la RDC, l’occupation d’une partie de la province du Nord-Kivu par des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda est une illustration éloquente.
En fait, Le Potentiel se fait l’écho des médias francophones qui, réunis du 27 au29 septembre en marge de ce sommet, ont réfléchi sur le thème « Paix et Sécurité en Afrique : rôle et place des médias francophones. Dans leur Déclaration dit de Kinshasa, ils demandent aux chefs d’Etat et de gouvernement qui participeront au 14ème sommet de se pencher sur les problèmes de la RDC et du Mali, deux pays francophones victimes d’agression, pour que ces Etats retrouvent la paix et recouvrent leur intégrité territoriale.
Est
Le Phare titre à la Une « New-York : un sommet de trop sur la RDCongo »
Il s’intéresse à la guerre qui endeuille une fois de plus la RDC dans sa partie Est.. En effet, affirme ce quotidien de l’avenue Colonel Lukusa, « La grande déception des Congolais est que New York a donné l’impression du « déjà vu » et « déjà entendu », avec la panoplie de condamnations du Rwanda comme sponsor du M23, sans que ces différents verdicts n’aient un impact positif sur l’insécurité qui continue de battre son plein dans plusieurs contrées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
S’agissant du financement de la Force Internationale Neutre, Le Phare fait remarquer, que « les déclarations d’intention sur sa mise en œuvre dans les trois mois – à compter de la réunion de la mi-septembre à Goma – ont succédé à d’autres vœux ».
© CongoForum, le lundi 1er octobre 2012









1 octobre 2012
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