(CongoForum)
Politique à la Une partout, et avec des sujets qui ne varient guère. Parmi les sujets exploités par les journaux parus ce mardi à Kinshasa l’Est est présent surtout par les infos qui concernent Kampala 4. Il est question aussi de la Francophonie, en particulier sous l’angle des projets de manifestation pour lesquels l’opposition semble amorcer une courbe rentrante. Quelques articles concernent Kamerhe dont le plan est pour le uns un trait de génie, pour les autres une sortie politique ratée …
Est
Le Potentiel consacre deux articles à la quatrième réunion de Kampala .
« Kampala 4 : échec », c’est le titre qui barre sa manchette. Ce quotidien note que la quatrième réunion de Kampala (Ouganda) consacrée, une fois de plus, à la crise qui secoue la partie Est de la RDC s’est terminée dans la confusion.
A la place d’un engagement ferme de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) obligeant, notamment le Rwanda à mettre fin à son aventure belliqueuse dans l’Est de la RDC, le sommet de Kampala- le 4ème en l’espace de trois mois- a tout simplement exprimé le regret sur les avancées des rebelles du M23 dans le territoire de Rutshuru. Le constat d’échec est sans équivoque, souligne Le Potentiel.
Le second article du Potentiel sur le 4ème Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) qui s’est clôturé hier à Kampala s’intitule : « RDC/CIRGL : Museveni chargé de poursuivre « ses initiatives diplomatiques et politiques ».
Ce quotidien croit savoir que les chefs d’Etat de la sous-région ont chargé le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni de poursuivre « ses initiatives diplomatiques et politiques auprès de tous les acteurs concernés en vue de trouver une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC ».Après avoir fait une évaluation des décisions antérieures adoptées lors des Sommets d’Addis Abéba, de Kampala I (le 8 Aout 2012) et Kampala II (le 8 Septembre 2012) relatives à la consolidation de paix et de sécurité dans l’Est de la RDC, révèle le Potentiel, le Sommet a entendu la présentation du rapport du Comité interministériel régional (CIMR) et du Comité des ministres de la Défense. Les chefs d’Etat et de gouvernement auraient également décidé de confier la gestion du Fonds d’assistance humanitaire à une Agence des Nations Unies (UNOCHA), hébergé dans la succursale de la Banque commerciale du Kenya à Bujumbura (Burundi), sous la supervision d‘un comité comprenant le secrétariat exécutif de la CIRGL.
Au sujet du même sommet, l’Observateur indique que les chefs d’Etat ont analysé le rapport de l’équipe militaire d’évaluation et des experts de mécanisme conjoint de vérification, portant sur la capacité de nuisance des principaux groupes rebelles actifs au Nord Kivu et Sud Kivu dont le Mouvement du 23 mars 2009 (M23). Les ministres de la Défense des Etats membres de la CIRGL ont également, le 7 octobre dernier, eu à analyser et approuvé le même rapport qui a également analysé la situation humanitaire dans la partie orientale de la RDC. Le journal signale que cinq présidents ont pris part à ce sommet : L’Ouganadais Yoweri Kaguta Museveni, le Congolais Joseph Kabila, le Rwandais Paul Kagame, le Burundais Pierre Nkurunziza et le Sud-Soudanais Salva Kiir. D’autres chefs d’Etats membres de la CIRGL sont représentés, dans ces travaux, par leurs vice-présidents ou leurs chefs de gouvernement.
Selon l’Avenir, Le Sommet s’est également prononcé pour le renforcement de la coopération CIRGL-SADC, tout en remerciant les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne de leur appui diplomatique, politique et logistique. Il indique que les Présidents Joseph Kabila Kabange et Pierre Nkurunziza se sont entretenus en marge du sommet. A l’issue des entretiens, le président burundais a indiqué avoir remercié son homologue congolais de l’aide apportée par la RDC au Burundi pendant la guerre civile.
(Il y a eu bien sûr un communiqué officiel à l’issue de Kampala 4. On peut le lire sur CF à http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=189524&Actualiteit=selected NdlR)
(Tout cela ne pousse guère à l’optimisme. Mais si la presse congolaise est unanime à dire ou à insinuer que les voisins, l’ONU ou la communauté internationale ne montrent guère d’empressement à secourir le Congo, ils évoquent peu le fait que cela est causé AUSSI par le manqe de légitimité du pouvoir congolais. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives.. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdllR)
Radio Okapi et Le Potentiel annoncent aussi qu’au Sud-Kivu : « le commandant des FARDC dément la présence des militaires burundais en RDC ».
Le commandant des Forces armées de la RDC chargé des opérations militaires au Sud-Kivu, le colonel Delphin Kahimbi, dément la présence de l’armée burundaise sur le sol congolais. Il réagissait lundi 8 octobre, à la clôture de sa mission à Uvira aux rumeurs faisant état de l’infiltration d’un grand nombre de militaires burundais entrés illégalement sur le territoire congolais pour traquer les rebelles des Forces nationales de libération du Burundi (FNL).
« Donc il n’y a pas de deploiement militaire des forces burundaises sur le sol congolais. L’armée burundaise ne traverse pas le sol congolais quand elle veut pour traquer les rebelles des FNL au Congo », a déclaré le colonel Delphin Kahimbi.
La population de Kimuka à 30 kilomètres de Sange dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu a affirmé, vendredi 5 octobre, que des militaires burundais ont traversé la frontière de la RDC dans la nuit de mercredi à jeudi 4 octobre vers 17 heures locales. Selon le colonel Kahimbi, il s’agit des équipes de renseignement congolaises qui sont au sein des unités burundaises pour faciliter la coordination entre la RDC et le Burundi. Une équipe de l’armée burundaise est tombée dans une embuscade jeudi 4 octobre à Uvira, faisant deux morts dont un officier burundais. Les FARDC ont capturé trois des assaillants. Le commandant des FARDC affirme que cette embuscade visait ces équipes de renseignements parce qu’ils sont tombés sur le lieu où les munitions et les armes des assaillants étaient cachées. « Je confirme qu’il y avait 5 agents burundais chargés de vérifier les renseignements qui ont été fournis par les capturés au Burundi qui faisaient état de la cache d’armes vers Mutarule de quelques munitions et effectivement nous sommes tombés sur les armes des FNL qui sont cachés au bord de la rivière Luberizi grâce à cette mission », a déclaré le colonel Delphin Kahimbi. La RDC et le Burundi ont signé à Nairobi au Kenya un mécanisme de vérification conjointe de renseignements à leur frontière commune, a-t-il précisé. « Les opérations militaires conjointes qui sont menées c’est entre les deux armées et c’est dans le respect de l’espace territorial », a ajouté le colonel Delphin Kahimbi.
XIVème Sommet de la Francophonie
« Sommet de la Francophonie à Kinshasa : Jour J-3 », titre l’éditorialiste de l’Observateur. Au regard des préparatifs du XIVème Sommet de la Francophonie, plus rien ne peut empêcher la tenue de cette » grande messe francophone » du 12 au 14 octobre à Kinshasa. Pour se rassurer sur l’état d’avancement des préparatifs, le premier ministre, Augustin Matata est descendu ce lundi 8 octobre sur le terrain, notamment au Palais du Peuple, où des travaux de réfection ont été réalisés. « Un autre signe qui ne trompe pas, commente le journal, c’est l’arrivée dimanche 7 octobre dans nos murs du secrétaire général de l ‘Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf ».
Nombre de délégations des pays membres sont aussi déjà à Kinshasa, d’autres sont attendues dans les heures à venir. De mieux en mieux, ce mardi 9 octobre il est prévu l’ouverture du village Francophone situé au Stade des martyrs. En définitive, le compte à rebours a déjà commencé. A Jour J-3, note l’Observateur, la RDC a l’obligation de réussir l’organisation d’un sommet tant attendu. Un sommet qui aura suscité tant de passions et la colère auprès de certaines personnes favorables à une délocalisation des travaux. La cause de la RDC aura donc triomphé avec la tenue du sommet à Kinshasa, contre vents et marrées, conclut le quotidien.
Le Palmarès annonce à la Une que « L’UDPS renonce à mettre Kinshasa sous pression ». En effet, le parti de M. Etienne Tshisekedi avait programmé une série d’activités politiques lors du XIVème Sommet de la Francophonie que Kinshasa accueille du 12 au 14 octobre. Cette formation politique de l’Opposition avait prévu une journée ville morte à l’arrivée des chefs d’Etat ainsi qu’une marche de protestation pour mettre les hôtes du Sommet sous forte pression. Sur le conseil de plusieurs de ses partenaires, l’UDPS s’engage à ne rien entreprendre de fâcheux contre le XIVème Sommet, affirme le confrère.
La Prospérité rapporte que la ville morte prévue pour la journée de mardi 9 octobre est reportée et sera refixée, signale un communiqué de presse de l’UDPS. Selon Bruno Mavungu, secrétaire général a.i de l’UDPS, cette décision avalisée par Etienne Tshisekedi, lui-même, a été prise en communion avec les forces vives de la Nation sur leur demande et dans le souci de recadrer les actions initiées par l’UDPS le 29 septembre dernier.
Sous le titre : « Kinshasa gagne », L’Avenir rapporte que pour la première fois de son histoire, la RDC, premier pays francophone du monde de par son étendue, accueille un sommet de la Francophonie. Bien des personnalités dont l’ancien président de la République sénégalaise, Abdou Diouf dans sa peau du secrétaire général de l’OIF, arrivent au quotidien à Kinshasa. Même si l’on ne chante pas victoire avant la guerre, même si certaines coalitions occultes internes et externes ont déçues après avoir rêvé le discrédit, l’opportunité est offerte au pays de Joseph Kabila d’enregistrer des avancées sans précédentes aussi bien sur le plan politique, économique, environnemental que socioculturel, objectif primordial de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Les Dépêches de Brazzaville consacrent au sommet une RÉFLEXION intitulée « Le Bassin du Congo à l’honneur ».
On y lit notamment :
« Que ceux, nombreux et mal informés, qui doutent de la capacité des pays composant le Bassin du Congo à résoudre leurs problèmes et à constituer du même coup l’une des communautés les plus prospères du contient africain, que ceux-là donc viennent en cette fin de semaine à Kinshasa pour le sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ils verront à quel point la quinzaine de pays groupée autour du deuxième plus grand fleuve du monde et de ses multiples affluents est une communauté vivante, dynamique, créative, sûre d’elle en dépit des problèmes difficiles qui se posent à elle. Et sans doute repartiront-ils vers leur pays d’origine en mesurant combien l’idée qu’ils se faisaient jusqu’alors de cette partie de l’Afrique est éloignée de la réalité .
….
L’enjeu, il est vrai, apparaît considérable. Il dépasse à bien des égards et de très loin l’institution francophone qui organise ce sommet et qui regroupe en son sein près de cinquante Nations. Car, pour la première fois dans l’Histoire de l’OIF, il va ouvrir les yeux de la communauté internationale sur ce qui se passe dans cette partie du monde. Ceci pour trois raisons essentielles que l’on peut ainsi résumer:
1) L’incroyable créativité d’une communauté de peuples …
2) La puissance de la nature et la diversité des ressources …
3) La monstrueuse agression dont est victime depuis des décennies cette partie du monde qui malheureusement pour elle est riche, une agression conduite depuis des décennies par des entreprises criminelles dont les grandes puissances feignent d’ignorer l’existence alors qu’elles en abritent les organes dirigeants et en tirent les plus grands profits ».
Vital Kamerhe
Vital Kamerhe, leader de l’UNC, fait l’objet d’articles dans des journaux d’importance secondaire. Leur style évoque plutôt la littérature des tracts électoraux que le compte-rendu politique. On a le choix entre le style dithyrambique et le ricanement fielleux frôlant l’injure.
Pour Le Baromètre « Le plan Kamerhe fait des vagues ! ». L’article commence ainsi : « Il aura été le seul leader politique à se préoccuper véritablement du sort des populations de l’Est qui, depuis des années, sont obligées d’errer comme des pestiférés à travers les savanes et les montagnes des provinces du Kivu, pour éviter de tomber sous les balles des rebelles. Il aura également été le seul politicien congolais à dénoncer l’accord signé avec le Rwanda pour faire entrer ses troupes sur le sol congolais sans l’accord préalable du Parlement. C’est qui lui valu la fatwa de la défunte AMP. On connait la suite. Au lieu de s’arrêter là, il multiplie des initiatives dans le but de mettre un terme aux souffrances incommensurables des compatriotes vivant dans cette partie du pays. Les plans qu’il a élaborés et soumis aussi bien aux partenaires extérieurs qu’aux congolais en témoignent ».
Il se termine de la façon suivante :
« En définitive les observateurs pensent que Joseph Kabila devrait avoir le courage politique de reconnaitre que de son côté, rien de semblable n’a été fait, et qu’il ne lui reste plus qu’à suivre les propositions formulées par Vital Kamerhe et à les appliquer pour la restauration de la paix et de la sécurité dans la partie Est du pays. Rien ne sert franchement à s’enfermer dans une logique qui n’aboutit à aucune issue ». Le milieu est digne des deux bouts et comprend d’ailleurs l’affirmation que « Toute l’actualité tourne autour du plan de sortie de crise ».
Le son de cloches est tout différent dans AfricaNews qui titre en manchette« Kamerhe étale ses bourdes» .
Pour ce journal Vital Kamerhe, leader de l’UNC, a fait une sortie ratée à Fatima. En effet, sous l’ex-SG du PPRD veut donner des leçons à tous ses anciens mentors avec la prétention de plaider pour le respect de la démocratie, oubliant de prêcher par l’exemple dans le dossier porte-parole. M. Kamerhe avait voulu faire une grande sortie comme il en raffole. Mais la conférence de presse de Fatima du vendredi 5 octobre dernier a fait pschitt. D’abord, sur le plan de la mobilisation des soutiens, il n’ y a pas eu grand monde, souligne ce journal. A en croire ce trihebdomadaire, Kamerhe est devenu un homme seul.
(Il est certes intéressant, pour apprécier un plan proposé par un homme politique, de connaître son CV qui permet de connaître ses qualités (largement brossées par le Barométre) et ses défauts (lourdement soulignés par AfricaNews). Il peut même ne pas être totalement sans intérêt de savoir qu’il n’y a pas eu beaucoup de public pour écouter son discours. Mais on s’attendrait tout de même à trouver en ordre principal dans un article consacré à un «plan de sortie de crise » une analyse dudit plan. C’est ce qui fait défaut dans un cas comme dans l’autre. NdlR)
Divers
Le Potentiel titre encore : « Kinshasa : le gouverneur et un chef de police sont accusés de démolition méchante d’habitats ».
Ce quotidien rapporte que deux ONG de défense des droits de l’homme, la Voix de sans voix (VSV) et l’Association africaine de défense de droits de l’homme (ASADHO), expriment leur intention d’accompagner des victimes de la « démolition méchante» de leurs maisons sur l’avenue Rail II au quartier Basoko (commune de Ngaliema), le 28 septembre dernier, dans un procès devant les tribunaux contre le gouverneur de la ville de Kinshasa en sa qualité d’autorité politico-administrative et un chef de la police nationale ayant conduit l’opération.
« Le colonel et l’autorité qui lui a donné pouvoir de procéder à la démolition des maisons des victimes n’avaient aucun acte juridique valable de faire ce qui est fait. Nous sommes là devant un acte d’arbitraire flagrant. Dans le cas de la compensation, les victimes et l’autorité, si elles ne s’entendent pas, c’est le tribunal qui a le pouvoir de statuer. Ce qui n’est pas le cas », a déclaré vendredi 05 octobre le président de l’Asadho, Me Katende, cité par le Potentiel.
© CongoForum, le mardi 9 octobre 2012










9 octobre 2012
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