LECTURE DE L’OPPOSITION CONCERNANT LA COMMUNICATION IMPORTANTE DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR FRANÇOIS HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE, EN PRESENCE DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES SUR LA RDC.
(mercredi, 10 octobre 2012)
Nous avons tous suivi le Président français François Hollande lors de sa conférence de presse co-animée avec le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki Moon, et saluons le message de vérité et d’amitié du Président Hollande.
Véridique parce que tous les Congolais de bonne foi se retrouvent dans ce qu’il a dit.
Amitié parce que, seul un ami peut se permettre de tenir ce langage de fermeté et de sincérité, c’est ce que l’on appelle « la correction fraternelle. »
Son message a été on ne peut plus clair, nous y voyons un soutien et un élan de compassion envers nos populations meurtries depuis plus d’une décennie. J’avais donc raison de demander à nos populations lors de mon adresse du vendredi 05 octobre 2012, d’accueillir le Président français dignement, conformément à nos traditions africaines et nous mettre à l’écoute des choses qu’il a promises de dire et visiblement il a commencé à dire des choses, qui rencontrent les attentes du peuple congolais.
Le Président Hollande n’a certainement pas voulu irrité qui que ce soit dans son message, au contraire, il a voulu nous interpeller tous, le peuple congolais, sur nos responsabilités dans la concrétisation de la vocation de grandeur de notre pays. Notre demande de débat inclusif va d’ailleurs dans ce sens.
« La situation est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l’opposition en République Démocratique du Congo. L’autre préoccupation est l’agression dont ce pays est l’objet, venant de l’extérieur, sur ses frontières, et notamment au Kivu. » A-t-il dit.
Concernant le sommet de la Francophonie qui se tient à Kinshasa, « qu’il y voit aussi l’occasion de dire aux Africains que la langue française leur appartient mais qu’elle suppose aussi des valeurs, des principes parmi lesquels il y a la démocratie, (.) La bonne gouvernance et la lutte contre toutes les corruptions. » a-t-il déclaré.
1. S’agissant de la démocratie
Les rapports des observateurs nationaux et internationaux ont confirmé que les résultats étaient gravement entachés des graves irrégularités, raison pour laquelle les élections provinciales, locales, ne sont pas encore organisées, la volonté souveraine du peuple exprimée dans les urnes a été extorquée, c’est pourquoi d’aucuns n’ont pas hésité de qualifié ces élections de « hold up électoral,
2. En ce qui concerne les droits de l’homme
Les violations graves des droits humanitaires que subissent nos populations, en général, et particulièrement à l’Est de la République sont la preuve patente de cette situation inacceptable, plus de 8 millions de morts, plus de 2.200.200 déplacés internes et externes. Ce qui a poussé Madame Hilary Clinton a déclaré à Addis-Abeba que la RDC est le 3ème pays le plus dangereux au monde pour les femmes après l’Afghanistan et le Soudan. Comment ne pas parler de déficit des droits de l’homme, quand on assiste au dysfonctionnement de la justice, à son inféodation au pouvoir, à l’inéquité et à la partialité de ses décisions et aux nombreuses décisions administratives prises en violation de la loi ?
3. En ce qui concerne l’opposition politique
Etouffée, les médias qui lui sont proches sont constamment harcelés quand ils ne sont pas tout simplement fermés.. Aucune demande d’interpellation d’un membre du gouvernement n’a été acceptée à l’Assemblée Nationale qui devait être le sanctuaire de la démocratie, du contrôle citoyen du gouvernement.
Alors que l’opposition déploie des efforts pour se rassembler au-delà de ses sensibilités, ce qui est normal en démocratie, tout est mis en place par le pouvoir pour l’empêcher de s’organiser conformément à la constitution et à la loi.
S’agissant, à ce sujet de la désignation du Porte parole de l’opposition, l’adoption le 2 septembre dernier du règlement intérieur de l’opposition, devrait mettre le pouvoir devant sa bonne foi pour se conformer aux prescriptions du législateur.
Le cordon de sécurité autour de la résidence de ce grand homme est-il acceptable ? Les restrictions imposées à ce grand leader qui s’est battu pour la démocratie dans notre pays sont justement l’expression du rejet des valeurs de la démocratie par le pouvoir actuel. Monsieur Tshisekedi une icône à laquelle, nous devons tous considération et respect.
4. En ce qui concerne la gouvernance
Il suffit d’étaler les cas de corruption, des blanchiments d’argent, de violations systématiques de la réglementation sur l’attribution des marchés publics, les contrats léonins, particulièrement dans le secteur minier et des hydrocarbures, l’opacité de la comptabilité sur les recettes pétrolières…
Nous devons tous nous ressaisir, accueillir ce message d’amitié du président français comme une interpellation fraternelle et nous repentir de nos erreurs et de nos pêchés d’avoir marginalisé ce peuple de Dieu. Notre pays n’a pas besoin d’ouvrir des hostilités diplomatiques et verbales face à la France, qui nous avait déjà soutenus avec l’opération Artémis dans l’Ituri.
Nous invitons tout le monde à la retenue et au gouvernement congolais de reconnaître qu’il a échoué sur tous les plans.
Je vous remercie.
Kinshasa, le 10 octobre 2012.
Vital KAMERHE
Président National de l’Union pour la Nation Congolaise










11 octobre 2012
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