Les violences faites aux enfants interpellent

18 octobre 2012

Au fil des jours

Le long métrage « Rebelle », réalisé par le Canadien Kim Nguyen avec la participation de plusieurs acteurs rdcongolais – dont l’actrice principale Rachel Mwanza qui n’était qu’une fille de rue avant ce tournage – se présente aujourd’hui comme l’un des meilleurs résultats de la Coopération entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Canada. Pour cette raison, cette œuvre qui traite de la problématique des enfants soldats (ou enfants associés aux forces et groupes armés) a été projetée à la veille de la tenue du Forum du 14ème Sommet de la Francophonie, le jeudi 11 octobre 2012, devant plusieurs responsables des organisations d’encadrement des Jeunes – jeunes des rues ou jeunes en conflit avec la loi – et des critiques cinématographiques tant étrangers que nationaux..

Tous les invités des gouvernements du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick, conviés à cette soirée, se sont retrouvés au Centre culturel français, à la Halle de la Gombe pour juger, de visu, le scénario de ce film qui a remporté plusieurs prix à travers le monde. Entre autre le «Prix de meilleure interprétation féminine» accordée à Rachel Mwanza aux Festivals de Berlin et de Tribeca. Dans l’obscurité de la salle de projection cinématographique du Centre culturel français, les critiques ont suivi attentivement ce film, tourné sur le sol congolais, dont la problématique s’articule autour d’un thème capital qui est la vie des enfants soldats ou enfants associés aux forces et groupes armés. En l’occurrence ici, il s’agit d’une fillette de 12 ans, Komona (rôle joué par Rachel Mwanza), enlevée de son village par un groupe armé (des rebelles) qui lutte contre le gouvernement en place (sans préciser le pays, ni l’époque). Elle est obligée de tuer ses propres parents et d’entrer de force dans la rébellion.
A 14 ans, après deux ans passés dans la rébellion à faire la guerre avec une kalachnikov, elle tombe enceinte. Elle raconte à l’enfant qui grandit dans son ventre, l’histoire de sa vie depuis qu’elle est entrée de force dans l’armée des guerriers rebelles. Le seul qui l’aide et l’écoute est le Magicien (rôle joué par Serge Kanyinda de la RDC), un jeune garçon de 15 ans qui veut l’épouser. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Alors qu’ils croient être libérés de l’emprise de la guerre, le destin en décide autrement : le Magicien est tué par ses compères rebelles et Komona devra, pour survivre, continuer à faire la rébellion, retourner sur ses traces et réparer les erreurs du passé. Elle accouchera dans des conditions très difficiles en dehors de toute assistance…

Une interpellation sur les violences subies par les enfants

A la fin de cette projection, un débat enrichissant s’est engagé entre les responsables d’ong d’encadrement des enfants de rue, les critiques et la presse. Tout le monde est tombé d’accord sur le fait que le film est une interpellation des consciences des décideurs, des parents et des personnes chargées par la société d’encadrer les jeunes délaissés dans les rues ou dans les prisons. La condamnation des violences contre les enfants et particulièrement l’utilisation des enfants dans des groupes et forces armés a été appuyée par tous les participants.. La nécessité de créer, d’appuyer ou de redynamiser les différentes structures d’encadrement de la jeunesse s’est dégagée, autant au niveau des institutions étatiques que privées. Et le réalisateur Kim Nguyen s’est dit satisfait du débat, car, il n’a jamais voulu donner une leçon à qui que ce soit. Son but était de toucher les consciences sur cette question épineuse de violation des droits des enfants, particulièrement d’utilisation d’enfants dans des groupes et forces armés.

Il convient de noter la présence, à cette soirée, de Bernard Valcourt, ministre du Canada à la Francophonie et de Jean-François Lisée, ministre québécois de relations internationales et de la Francophonie. L’un et l’autre se sont félicité de la bonne coopération existant entre les deux peuples et ont signalé que les Droits de l’Homme et particulièrement la Convention sur les droits des enfants (CDE) se trouvent au cœur de toutes les relations qu’ils entreprennent avec leurs différents partenaires.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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