(CongoForum)
La Guerre de l’Est continue à constituer l’un des points saillants de l’actualité du jour. Le séjour du Premier ministre Matata Ponyo en Europe lui a permis de faire des déclarations importantes sur ce sujet.
L’on s’active autour de l’élection des gouverneur et vice-gouverneur au Bas-Congo (où les choses semblent se passer « normalement », dans la mesure où l’on peut employer cet adverbe pour la RDC), dans la PO ( avec implication de Joseph Kabila, retour d’Afrique du sud) et au Kasaï Occidental (où il est tout simplement question d’anarchie). Cela repose bien sûr une N° fois la question lancinante d’un processus électoral vicié.
L’on reparle du procès Bemba qui piétine interminablement, précisément parce que même le Procureur finit par s’inquiéter de ce piétinement.
Un certain nombre d’articles continuent à commenter l’élection du Rwanda au CS de l’ONU, le classement Doing Business de la RDC, les critiques de François Hollande lors du Sommet de la Francophonie…
Est
Le Potentiel titre « Guerre dans l’Est : Matata juge « hypothétique » une solution régionale ». Le Premier ministre Matata Ponyo poursuit son périple européen. Mardi, à l’étape de Bruxelles, il a fait à la presse une déclaration qui révèle un changement de cap de son gouvernement dans l’approche de la crise qui perdure dans l’Est du pays, écrit Le Potentiel.
Selon lui, toutes les initiatives prises au niveau de la CIRGL ne seraient pas de nature à favoriser un retour de la paix dans l’Est de la RDC, encore moins une stabilité dans les Grands Lacs. Il affirme que la solution à la crise qui sévit dans l’Est du territoire national ne pourrait pas sortir de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL). Et le Premier ministre Matata Ponyo l’a compris, fait remarquer le journal. Aussi juge-t-il « hypothétiques » toutes les initiatives prises jusqu’à ce jour dans ce sens par une organisation sous-régionale, en l’occurrence, la CIRGL, où caracolent des pyromanes qui se font passer pour des sapeurs pompiers, renchérit Le Potentiel.
Le Premier ministre Matata Ponyo a fait à la presse une déclaration qui révèle un changement de cap de son gouvernement dans l’approche de la crise qui perdure dans l’Est du pays le mardi 23 octobre, à l’étape de Bruxelles lors de son périple européen. Le Potentiel affirme qu’en lisant entre les lignes cette déclaration courageuse, des analystes se demandent s’il ne s’agit pas d’un désaveu de la CIRGL fait à mots couverts par Kinshasa.
D’autres, modérés, y voient plutôt une forme de pression que mettrait le gouvernement congolais sur une organisation sous-régionale qui peine à se montrer impartiale. Et, crescendo, cette attitude pourrait conduire à une désolidarisation de la CIRGL même s’il est difficile de rompre les liens.
Le Potentiel nous informe aussi que « Le M23 entretient un réseau de contrebande minière dans l’Est de la RDC ». Ce réseau fonctionne via le Rwanda et le Burundi, selon les révélations de l’ONG américaine, Enough Project.
« Enough Project », une ONG qui s’est spécialisée dans la lutte contre le génocide et les crimes contre l’humanité, fonde ses allégations, dans un communiqué publié sur son site Internet, sur des détails contenus dans un rapport confidentiel des experts de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le Potentiel explique que ce communiqué montre que la contrebande de minéraux au Rwanda et au Burundi est à la hausse, en dépit des efforts du gouvernement congolais pour réglementer ce commerce. En outre, note l’ONG américaine, les profits de cette contrebande minière sont utilisés pour financer la rébellion du M23, qui a débuté en avril et a occasionné plus d’un million de personnes déplacées.
Dans son communiqué, Enough Project reprend une affaire judiciaire qui a transpiré à Goma au début du mois d’octobre qui, selon elle, fournit une illustration convaincante de la manière dont ces opérations de contrebande se déroulent sur le terrain. Le Potentiel ajoute que cette affaire concerne une cargaison de 2 tonnes de coltan interceptées par les autorités congolaises à la frontière rwandaise. Un officier des Forces armées de la RDC, proches du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), ex-groupe armé sur les cendres duquel a été créé le M23 est impliqué dans cette opération, selon l’ONG, conclut Le Potentiel.
DRC/France
L’Avenir rompt une nouvelle lance en faveur de JKK dans son article « Floribert Chebeya ou Norbert Zongo : Hollande a un problème personnel contre Kabila »
Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était assassiné avec trois autres personnes. L’enquête sur la mort du fondateur de l’hebdomadaire L’Indépendant s’est terminée par un non-lieu délivré en 2006, malgré le tollé qu’elle avait provoqué en Afrique et dans le reste du monde, écrit ce quotidien.
Mais, poursuit-il, concernant Floribert Chebeya, activiste congolais des droits de l’homme retrouvé mort dans la banlieue de Kinshasa début juin 2010, des gens ont été condamnés au premier degré et le procès suit son cour normal en appel devant la justice militaire congolaise.
Pourquoi la France s’acharne-t-elle seulement sur la personne de Joseph Kabila qui a pourtant manifesté sa volonté de juger les présumés coupables devant la justice congolaise, pendant que le frère du Président burkinabé, inculpé pour avoir assassiné Norbert Zongo, a vu le tribunal abandonner les poursuites, s’est questionné le confrère. Preuve que François Hollande a un problème personnel avec Joseph Kabila, conclut-il.
(C’est surtout la preuve que Pius Mabilu a un sérieux problème dans le recrutement de journalistes capables d’éviter des gaffes monumentales. En l’occurrence, il y en deux, et de belle taille, dans un seul article.
Primo. Nul n’a prétendu que le procès Chebeya était un cas unique. Rien qu’en RDC, il y a nombre de procès dont on sait for ben qu’ils ont essentiellement servi à éviter de condamner les vrais coupables. Et il en va de même dans les autres pays du monde. Le rapport Warren a constitué un bel effort de la justice US pour ne pas trouver les meurtriers de John Kennedy, etc… D’autre part, évoquer l’affaire Zongo met en évidence ce qui cloche : dans les deux cas, il y a un « intouchable » : dans l’affaire Zongo, un frère de Compaore, dans l’affaire Chebeya, un proche de JKK, John Numbi. La différence, c’est que les Burkinabés n’ont pas jugé nécessaire de condamner des lampistes.
Secundo. Pourquoi faire de la condamnation de ces lampistes un « mérite personnel » de JKK ? En effet, lorsqu’il était question de pressions françaises relatives à l’affaire Chebeya, on soulignait fortement que le Président ne pouvait influencer le pouvoir judiciaire. Attribuer une décision judicaire à un Président revient à le traiter de dictateur, puisqu’il ne respecterait pas la séparation des pouvoirs ! Joli Couac !)
Elections provinciales
Rien n’ayant été fait pour réformer la CENI et le corps électoral demeurant inconnu, faute de recensement, les élections provinciales se situent dans le même processus délétère que les élections du 28/11/11. Elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Il n’est donc guère étonnant que ces élections s’accompagnent d’un certain désordre.
La Prospérité parle d’anarchie au Kasaï Occidental avec ce titre : « Kananga: la résidence de Kabasubabu saccagée, Richard Muyej interpellé ! ».
Pendant que Hubert Kabasubabu Katulondi, gouverneur sortant du Kasaï Occidental attend l’élection de son successeur, pour lui passer officiellement le fanion, note ce journal, des personnes ont saccagé sa résidence officielle. Le journal rapporte aussi que des gardes inconnus y sont placés après une perquisition en l’absence des responsables. D’aucuns s’attendent à la réaction urgente du ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, pour remettre de l’ordre dans la boutique, avant que le pire n’arrive et que cela ne soit mis sur le dos du gouverneur sortant, rapporte La Prospérité. Le journal souligne que « l’Assemblée provinciale est subitement devenue aphone face à cette illégalité ».
Dans la Province Orientale, la raison pour laquelle JKK s’y est arrêté en revenant de RSA fait l’objet de ce qui ressemble à une devinette.
Pour ACP (AGENCE CONGOLAISE DE PRESSE), cela tradurait la grande attirance de JKK pour es « chantiers ». L’agence titre en effet « Le Président de la République a visité la voirie urbaine de la ville de Kisangani ».
Elle indique que Joseph Kabila est rentré mardi soir au pays par la ville de Kisangani, en provenance de Pretoria, où il a participé aux travaux de la 8ème réunion de la grande commission mixte Rdc-Rsa. « La voirie en pleine réhabilitation ainsi que l’hôpital moderne du Cinquantenaire de Kisangani ont été visités par le premier citoyen congolais », note-t-elle.
La Référence +, sous le titre « Après Matadi : Joseph Kabila à Kisangani pour arbitrer le duel Darwezi-Bamanisa », y voit plutôt une intervention pour éteindre certaines disputes au sein de la MP.
D’après ce journal, Joseph Kabila entend s’impliquer personnellement pour ramener la sérénité au sein de la Majorité présidentielle plus que jamais divisée sur l’élection du gouverneur de la PO. Il s’y est rendu pour inviter les deux potentiels candidats à faire preuve d’éthique démocratique durant cette élection.
L’Observateur aussi parle d’agitation, mais ailleurs « Au jour J-3 de l’élection du Gouverneur du Bas-Congo, Matadi, le chef-lieu de la province, en ébullition ! »
A trois jours de l’élection d’un gouverneur et d’un vice-gouverneur dans la province du Bas-Congo, Matadi, en sa double qualité de chef-lieu de la province et du siège de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo est depuis quelques jours en ébullition, mentionne ce journal.
Des groupes de supporters de différents candidats se forment partout. Le séjour des candidats dans la ville portuaire laisse présager que des luttes pour de grands enjeux vont avoir lieu d’ici peu. Et, les banderoles et autres calicots qui déjà ornent les rues démontrent à suffisance combien les députés provinciaux sont mis devant leurs responsabilités, eux qui sont appelés à opérer un choix judicieux le dimanche 28 octobre, souligne ce journal.
CPI
Radio Okapi annonce que « Fatumata Diara de la CPI déplore le retard enregistré dans le procès Bemba ».
(Bien que le texte de Radio Okapi la traite plusieurs fois de « Juge », Mme Diara est le Procureur de la CPI. Elle a repris le poste occupé auparavant par Mr. Moreno Ocampo. NdlR) “La juge Fatumata Diara de la Cour pénale internationale (CPI) a regretté, mercredi 24 octobre à Kinshasa, le retard pris dans le procès du leader du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, détenu à la Haye depuis près de cinq ans. Le sénateur congolais est poursuivi pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par ses troupes de la rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC) entre 2002 et 2003 en République centrafricaine ».
Mme Fatumata Diarra participait, mercredi à Kinshasa, aux journées scientifiques sur le statut de Rome qui institue la CPI. Cette cour fête depuis le mois de juillet le dixième anniversaire de sa création. Fatumata Diara a affirmé que le retard observé dans le procès Bemba avant le prononcé du verdict était dû notamment à la nature complexe de la procédure: «Il y a des problèmes de traduction, d’expurgation de l’identité des témoins et des victimes pour éviter des représailles et [des problèmes liés] à la longue distance qui sépare les témoins du siège de la Cour. Sinon, il n’y a aucune raison politique qui puisse justifier ce retard, que nous-mêmes nous déplorons avant tout le monde. »
Depuis début août, le président du MLC a commencé à présenter sa défense. Plusieurs témoins sont ainsi appelés à la barre. Mais l’essentiel de leurs dépositions se passe à huis clos. Au cours des deux dernières semaines, plusieurs fonctionnaires du régime Patassé ont déposé en utilisant des pseudonymes. Leurs récits, interrompus par d’incessants huis-clos, continue de faire de l’affaire Bemba un procès quasi-confidentiel, selon des observateurs à La Haye. Selon les courts extraits publics des dépositions de témoin de la défense, l’Etat centrafricain aurait fourmi uniformes, armes et munitions aux soldats du MLC, dès leur arrivée en Centrafrique fin octobre 2002. Ces derniers étaient appelés par le régime du président Ange Félix Patassé pour faire face à la rébellion dirigée par François Bozizé qui a fini par prendre le pouvoir.
Depuis le début du procès, Jean-Pierre Bemba a affirmé qu’il n’avait pas le contrôle sur ses soldats et qu’il ne pouvait pas être tenu pour responsable de leurs actes. Il s’agit des pillages, viols et meurtres décrits par des victimes lors de la première phase du procès dédiée aux témoins de l’accusation. Certains avaient identifié leurs bourreaux comme membres du MLC, notamment parce qu’ils parlaient lingala. Or, l’un des témoins de la défense a affirmé que des mercenaires congolais étaient engagés du côté des rebelles de Bozizé. Dès lors, l’usage du lingala ne peut pas permettre d’identifier les auteurs des crimes, estime la défense.
Economie
Le Phare titre : « Monde des affaires et investissements, la RDC classée 181e sur 185 pays ». Le pays a donc régressé si l’on compare le rapport Doing business 2012 de la Banque mondiale à celui de l’année dernière, note le quotidien. Le Phare pense que le pays n’arrive pas à répondre aux dix indicateurs de performance de la Banque mondiale. Il s’agit des procédures de création d’une entreprise, de l’obtention de permis de construire, de raccordement à l’électricité, de transfert de propriété, d’obtention des prêts, de protection des investissements, du paiement de taxes, des commerces transfrontaliers, de l’exécution des contrats, du problème d’l’insolvabilité… Bref, la RDC a encore beaucoup à faire, fait remarquer le Phare.
© CongoForum, le jeudi 25 octobre 2012










25 octobre 2012
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