29/10/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

29 octobre 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

L’élection des Gouverneurs dans certaines provinces donne d’étranges résultats. C’est le sujet considéré ce lundi comme principal, c’est-à-dire celui qui figure le plus souvent en manchette. Mais les journaux ce jour poussent encore un « lamento » au sujet de la « mauvaise note » de Doing Business et jettent aussi un regard à l’est du pays. Là, il est question d’une reprise des combats devant Goma, de la tentative d’assassiner le Dr. Mukwege et d’une information relative à la circulation de faux billets de banque

Elections des Gouverneurs / les faits

Dans certaines provinces, ces autorités ont été obligées de démissionner à cause de leurs nouvelles fonctions de députés, acquises aux élections de 2011. Selon les lois congolaises, les deux mandats sont incompatibles.

Les élections provinciales, celles où l’on élit les députés provinciaux, n’ont pas encore eu lieu. C’est donc « l’ancien » parlement provincial, élu en 2006 et toujours en place, qui doit voter. Mais, bien qu’il s’agisse du vote d’un collège restreint qui, comme tout parlement, vote à longueur d’année, il est organisé par la CENI avec déploiement de toute la panoplie : isoloirs, etc…
Les surprises ont surgi – une fois de plus – de la question de la discipline de vote dans un contexte où d’une part les partis sont très nombreux, mais où les consignes de vote émanent d’une coordination fourre-tout – la MP – rassemblée avant tout par la « Loi de l’Entrecôte », qui néanmoins prétend donner des consignes strictes et parfois impopulaires, notamment dans le choix des candidats. C’est à ce niveau que sont venues les surprises.

Les élections des gouverneurs ont donc eu lieu au Bas-Congo et dans la Province Orientale. Dans les deux provinces, les élections sont organisées pour remplacer les anciens gouverneurs (Simon Mbatshi Mbatshia, pour le Bas-Congo, et Médard Autsai, pour la Province Orientale), élus députés nationaux. Elles se sont terminées, ce dimanche 28 octobre. Après le comptage des bulletins, deux candidats passent au second tour à Matadi. Il s’agit de Jacques Mbadu, qui a recueilli 14 voix et Deo Nkusu (12 voix). A Kisangani, le second round va se jouer entre Jean Tokole Ilongo (42 voix) et Jean Bamanisa (27 voix). Le second tour devrait intervenir dans 3 jours, selon la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Il va opposer à Kisangani les deux meilleurs candidats indépendants, sur les cinq engagés dans la course. Il s’agit de Jean Tokole, opérateur économique et questeur de l’assemblée provinciale, et de Jean Bamanisa, opérateur économique et ex-député national. Selon les résultats affichés sur place par la Ceni, Jean Pierre Darwezi Mokombe a recueilli 25 voix, tandis que les deux derniers ont obtenu zéro voix. Il s’agit de Lihoto Mbula et Etienne Unega.

A Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, il y a eu des désistements. Le second tour y est aussi programmé pour le mercredi 31 octobre, aucun candidat n’ayant réalisé la majorité absolue: 15 voix. Il va opposer Jacques Mbadu, qui a recueilli 14 voix, à Déo Nkusu (12 voix). Le premier s’est présenté en indépendant et le second, sur la liste de la MP. Ils laissent derrière eux deux candidats, qui ont obtenu chacun une voix: Gilbert Kiakwama et Jacques Lungwana. Les autres candidats n’ont rien obtenu, après le comptage des voix. Par ailleurs, un autre candidat s’est désisté peu avant le début du vote en faveur du candidat Déo Nkusu. Il s’agit de Kembukusua Ne Laza, qui a ramené à quatre, le nombre de désistements sur les 16 postulants. Deux candidats ont ainsi désisté en faveur de Déo Nkusu, le gouverneur intérimaire, et un en faveur du candidat Jacques Mbadu. Un autre candidat s’était retiré de la course sans donner de consigne de vote.

La situation à Matadi était particulièrement intéressante parce qu’elle représente un « classique » des « boulettes » commises par l’appareil des partis, surtout quand ils se sentent trop à l’aise. L’appareil s’est obstiné à aligner Nkusu, alors que Mbadu – qui malgré son étiquette d’« indépendant » est également MP – est beaucoup plus largement populaire.

Elections des Gouverneurs / commentaires de la presse

Radio Okapi fait état de la « Satisfaction de la Ceni ». La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se dit satisfaite de l’organisation des élections des gouverneurs dans les provinces du Bas-Congo et Orientale. « Nous avions promis de bonnes élections et nous les avions organisées. Elles se sont passées dans le calme. Quand nous sommes arrivés le vendredi 26 ocotbre, nous avions convoqué tous les candidats et nous leur avions dit que nus fournissons beaucoup d’efforts pour avoir des élections justes et répondant aux normes », a déclaré Mamie Elongo, deuxième rapporteur national de la Ceni.

La Prospérité, sous le titre « Grande surprise à l’élection des Gouverneurs, la Majorité en ballottage, l’opposition laminée ! », consacre sa Une de ce matin à l’élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale. Pour le journal, cette élection a été une affaire des candidats indépendants. Il faudra attendre deux jours de plus, écrit le quotidien, personne n’ayant obtenu la majorité absolue, pour connaître les noms des successeurs de Médard Autsaï Asenga et Simon- Floribert Mbatshi Mbatshia à la tête de la Province Orientale et du Bas-Congo.
Visiblement, note le journal, les députés provinciaux n’ont pas respecté les consignes de vote. Chacun aura certainement voté selon ses propres convictions ou encore selon d’autres critériums. Et la Prospérité tranche : comme on peut bien s’en rendre compte, la Majorité présidentielle est en ballottage. « Mais que dire des candidats de l’opposition ? », s’interroge le quotidien. Réponse du journal : « Ils ont carrément été laminés ».

Le candidat Jean-Pierre Daruwezi Mokombe, porté à bras-le-corps par la MP à Kisangani, a été tout simplement éliminé et ce, rien qu’au premier tour, laissant ainsi la lutte finale à deux candidats indépendants, tous hommes d’affaires, à savoir :Jean Tokole (42 voix) et Jean Bamanisa (27 voix).

Au Bas-Congo, Déo Nkusu, surnommé ‘‘Kisalu me banda’’, également candidat de la MP, malgré le désistement en sa faveur de deux autres candidats, n’a obtenu que 12 voix sur 28, et vient en seconde position après l’indépendant Jacques Mbadu dit ‘‘Jacques ba moyens’’ qui, lui, a raflé 14 voix. Dans les deux cas, aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue, un deuxième tour est donc prévu dans deux jours.

Au sujet des mêmes élections, L’Avenir estime que le résultat enregistré en Province Orientale et au Bas-Congo « désillusionne les ténors du PPRD qui, au-delà de tout principe de confraternité, ont aligné deux candidats au détriment d’autres partis politiques membres de la Majorité présidentielle. C’est donc une honte, écrit le journal, pour la stratégie mise en place par les techniciens et les magiciens du PPRD». (Il n’est pas précisé si les « magiciens » sont une variété provinciale de « surdoués » ou une version modernisée des féticheurs… NdlR). En conséquence, fait remarquer le quotidien, la Majorité présidentielle a perdu la main à Kisangani où le candidat du PPRD s’est vu écarté dès le premier tour. A Matadi, la Majorité ne peut que l’emporter avec Jacques Mbadu ou Deo Nkusu.

Le Potentiel titre « La majorité dans la majorité dans la majorité ».
Pour ce journal, il s’agit d’un « Véritable camouflet à la Majorité présidentielle (MP) habitué à imposer aux provinces les animateurs de son choix ».
Sans prendre en compte les opinions publiques exprimées par la population et sur base de calculs erronés, ils imposent leurs propres candidats, au nom de l’Autorité morale, explique Le Potentiel qui considère que «La majorité autoritaire » vient de subir son premier revers. Les ratés des élections de Matadi et Kisangani ont mis en avant cette « majorité silencieuse » détentrice du vrai pouvoir ».
Plusieurs fois marginalisée, cette majorité ne sait plus qu’afficher ses ambitions, restant toutefois fidèle à l’Autorité morale de la MP. L’époque des mots d’ordre est désormais révolue, souligne ce journal.

L’Observateur qui titre « Sévère avertissement de Matadi et Kisangani à Kabila » sous la plume de Makenda Voka, est sans doute le plus sévèrement critique :
« C’est réparti pour mercredi prochain. Hier, en effet, aucun candidat, ni à Matadi ni à Kisangani, n’a eu assez de voix pour occuper le poste tant convoité de gouverneur de province.
C’est que la situation politique dans les deux provinces mérite, au niveau de la majorité présidentielle, d’être réexaminée avec toute l’attention requise.
Il y a, à l’heure qu’il est, des paramètres qui doivent impérativement être reconsidérés si l’on ne veut pas bouleverser l’équilibre sur lequel repose l’échiquier politique.
Au départ, des gens toujours enclins au raccourci, pensaient que l’élection des gouverneurs en Province Orientale et du Bas-Congo passerait comme une lettre à la poste. Erreur. Pour une série d’erreurs commises précisément par Kinshasa qui a mal apprécié la situation sur le terrain. Obligeant ainsi Matadi et Kisangani à envoyer, sans s’être préalablement concertés, un sévère avertissement à Kabila qui a intérêt à en tenir compte.
Cet avertissement que l’on attendait un peu peut se décliner de plusieurs manières, dont celles-ci par exemple. On ne peut espérer gouverner les gens de manière heureuse si de temps en temps, on ne se donne pas la peine, beaucoup de peine, si possible, de tenir compte de leurs aspirations profondes à eux.
De même, l’on a vu Kabila débarqué en personne à Kisangani et à Matadi dans le but de déblayer le terrain afin d’éviter le genre de surprises que nous vivons aujourd’hui.
Après lui, il a envoyé sur place ses hommes de confiance – toujours les mêmes hélas !- pour finaliser le travail que lui-même avait commencé et partiellement bouclé. Ici, comme il lui arrive quelque fois, il a oublié que si le message que ses hommes étaient censés transmettre ne posait pas problèmes, il en allait pas de même pour les messagers eux-mêmes. Qui se devaient, à leur niveau, de jouir d’un préjugé favorable afin de crédibiliser le message de leur chef. Ce sont là des faces d’une même réalité auxquelles Kabila n’a visiblement pas accordé beaucoup d’attention. A telle enseigne qu’il n’a pas pu éviter la désagréable surprise devant laquelle il se trouve aujourd’hui et à laquelle il ne croyait nullement.
Même si l’antécédent du Sénat, Kengo battant allègrement She Okitundu, aurait guidé toutes ses actions aussi bien à Kisangani qu’à Matadi. Une chose étonne cependant l’opinion : comment la Province Orientale qui vote massivement pour Kabila n’a pas, dans le cas d’espèce, respecté les consignes lui donnés pour faire passer J.P. Darwezi ? Qui n’a, sur 95 votants que 25 voix, contre 27 à Bamanisa, et 42 à Jean Tokole. Que s’est-il passé pour que les députés provinciaux, majoritairement de la majorité, ne votent pas pour le candidat officiel de leur famille politique ? Il y a là un travail de recadrage à faire.
Par contre, le Bas-Congo, réputé réservé vis-à-vis de Kabila au point où l’Assemblée provinciale y est constituée majoritairement des députés de l’opposition, a voté de telle manière que se retrouvent mercredi au second tour deux candidats appartenant à la même famille politique. Celle de la majorité. Une bizarrerie propre à la démocratie congolaise.
Les députés du Bas-Congo ont donné 1 voix à Kiakwama, 1 voix à Lungwana, tous deux de l’opposition. Tandis que ils en ont donné 12 à Déo Nkusu et 14 à Jacques Mbadu, tous deux de la majorité présidentielle. Il a suffi du reste une seule voix à ce dernier pour rafler la mise hier.
Ici aussi, Kabila lui-même était descendu sur le terrain. Suivi peu après par ses messagers – toujours à Matadi – venus à leur tour sceller ce que le chef lui-même avait préalablement préparé et convenu avec les uns et les autres.
Si à Kisangani les choses paraissent plus aisées à mener, il n’en est pas de même pour le Bas-Congo. Où Mbadu et Déo Nkusu risquent d’être au coude à coude. Pourvu que Kiakwama et Lungwana tiennent parole en donnant chacun sa voix à Mbadu pour que celui-ci balaye proprement le candidat officiel de la majorité. Qu’à cela ne tienne, et ce peu importe le résultat final, les relations entre le Bas-Congo et Kabila ne seront plus tout à fait comme avant. Car pour beaucoup d’observateurs, Kabila n’écoute que ses hommes dont on peine à croire qu’ils aient des intérêts politiques identiques aux siens.
En effet, au lieu de l’inciter à ratisser large, on confine le chef à s’enfermer dans des alliances aux allures de clubs d’amis, dont on chercherait en vain le dividende politique que Kabila en tire réellement.
A Matadi comme à Kisangani, l’heure est à la mise en cause des méthodes utilisées jusqu’ici pour gérer les partenaires et les alliances politiques. Qui méritent, de la part de Kabila, un peu plus d’attention et de considération face à ses choix politiques à lui. Mieux vaut rassembler, convaincre, que diviser afin de mieux imposer.
Imposer pour des résultats politiques qui peuvent s’avérer désastreux comme c’est le cas avec cette élection des gouverneurs à laquelle les gens n’ont été associés que pour obéir et non pour participer à la réflexion, de loin plus bénéfique pour le pouvoir et plus valorisant pour tout le monde ».

Elections / Rappel

Tout ceci doit être apprécié dans un contexte électoral général délétère dont nous vous rappelons les grandes lignes. Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.

Economie

Le Potentiel titre: « La RDC à la traîne dans le Doing business 2013 : Vunabandi s’explique ce mardi devant la presse ».
La RDC a perdu une place dans le nouveau classement Doing business 2013 de la Banque mondiale. Une situation qui embarrasse l’opinion au regard de toutes les réformes engagées jusque-là, écrit ce journal.
Alors qu’on l’attendait faire un bond dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, explique le quotidien, la RDC a plutôt présenté de mauvais résultats dans l’édition 2013 de ce rapport. Dans l’opinion, croit savoir le Potentiel, l’on s’interroge sur ce revirement, prenant en compte toutes les actions menées jusque-là par le gouvernement pour l’amélioration du climat des affaires en République démocratique du Congo.
Certains ont vu dans les résultats alignés par la RDC dans le Doing business 2013, un aveu d’impuissance du gouvernement d’assainir véritablement le climat des affaires, commente le journal. Il était donc temps pour le gouvernement de s’expliquer.
C’est ce que fera demain mardi le ministre du Plan, Suivi de la mise en œuvre de la révolution de la modernité, Célestin Vunabandi, au cours d’une rencontre avec la presse, croit savoir Le Potentiel

Toujours à ce sujet, Le Phare titre : « La réaction de la Rdc attendue ce mardi ».
On espère qu’à l’occasion de ce face face avec la presse, le président du Comité de pilotage pour l’amélioration du climat des affaires et des investissements (CPCAI) pourra éclairer certaines zones d’ombres notamment l’adhésion tardive du pays à l’OHADA, les mesures prises par le gouvernement en vue de parer à la faiblisse de l’administration publique afin d’assurer ma mise en œuvre des réformes, écrit ce journal.

Est / fausse monnaie

Au sujet de la contrefaçon de la monnaie nationale, Le Phare sonne l’alerte « De faux francs congolais à l’Est ».
A cinq jours de l’émission de la dernière coupure à valeur faciale élevée de 20.000 Fc, des nouvelles alarmantes circulent dans les milieux financiers faisant état de l’injection en ce mois d’octobre, à l’Est de faux billets de 1.000 et de 5.000 Fc par un réseau des contrefacteurs dont on dit qu’ils seraient originaires du Rwanda et appartiendraient aux rebelles du M 23, signale ce journal. Selon Le Phare, « Ces informations relayées par certains médias ont jeté l’émoi dans les milieux économiques ».
Si ce phénomène a été circonscrit dans les territoires de l’Est, particulièrement ceux gérés par le M 23, comme il faudrait le souligner, cela devrait réveiller les esprits des habitants de tous les autres territoires environnants avec lesquels ils échangent des biens et services, prévient ce journal.

AfricaNews annonce « La BCC émet le billet de FC 20.000 à partir de ce 1èr novembre 2012 ».
Ce journal explique : «Concernant la contrefaçon du Fc, un Rwandais a été arrêté récemment à Goma et transféré à Kinshasa avec par devers lui une somme de 3 millions de francs congolais en faux billets ».
Selon AfricaNews, le Gouverneur (de la Banque centrale du Congo « BCC ») a indiqué que leur quantité est insignifiante et qu’ils sont reconnaissables parce que ce sont des photocopies. Et pour combattre ce fléau, la Bcc envisage de relancer l’éducation de la population en vue de l’aider à les détecter.

Est / Guerre

Le Phare titre « En pleine campagne électorale : le dossier Rdc encore sur la table de Barack Obama » .
Le président américain, Barack Obala, a fait publier dans le Fédéral Register, le mercredi 24 octobre 2012 un avis indiquant que la situation qui prévaut en Rdc continuait d’être considérée comme une « urgence nationale » pour les Usa. Une lettre a été adressée à cet effet à la Chambre des Représentants pour lui rappeler la préoccupation présidentielle.

D’après RFI, « Une trêve est observée entre l’armée et la rébellion qui déstabilise depuis mai l’est de la République démocratique du Congo. Mais le M23 manœuvre et se dit prêt à riposter ».
Depuis août, on observe une trêve relative et, emmenés par l’Ouganda, les pays des Grands Lacs travaillent à la création d’une force neutre entre la RDC et le Rwanda. Un exercice périlleux. Des experts de l’ONU accusent Kigali – tout juste élue membre non permanent du Conseil de sécurité – de soutenir le M23, ce qu’elle dément. Ils mettent également en cause Kampala, qui réfute, pour des faits similaires.
« Il apparaît clairement qu’avec deux Etats pointés du doigt (…) les mécanismes de paix sont pour le moins grippés, si ce n’est complètement paralysés », analyse un expert de l’International Crises Group (ICG). Les rebelles, eux, multiplient les rencontres. On croise ainsi le colonel Sultani Makenga, chef du bras armé, roulant à vive allure vers Bunagana, ville-frontière avec l’Ouganda où s’est installé le président du mouvement, Jean-Marie Runiga.
Doucement, la trêve semble se fissurer. « De nouveaux mouvements de troupes régulières rwandaises ont été signalés au cours de la nuit du 14 au 15 octobre 2012 sur un nouvel axe du territoire de Rutshuru. Il s’agit vraisemblablement des préparatifs d’une nouvelle attaque »,accuse un compte-rendu du Conseil des ministres du 19 octobre, indiquant que l’armée a récemment infligé « une série de revers » au M23.
Les loyalistes renforcent leurs positions pour « un assaut final contre nos positions, a répliqué le lendemain Jean-Marie Runiga. Nous demandons au gouvernement de cesser toute velléité belliciste et de revenir sur la table de négociation. Dans le cas contraire, le M23 se défendra ». Le même jour, sa branche militaire a été rebaptisée Armée révolutionnaire du Congo et le colonel Makenga a pris du galon en devenant « général de brigade ». « Cela permet au M23 de faire oublier que leur principal leader est et reste Bosco Ntaganda », l’ex-chef d’état-major du CNDP recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crime contre l’humanité, avec lequel le M23 nie tout lien, estime l’expert d’ICG. D’après lui, le groupe espère aussi « « congoliser » le M23 et ainsi essayer de faire disparaître le rôle du Rwanda ».
Le 22 octobre, Jean-Marie Runiga a débuté une tournée pour promouvoir le programme du M23. La participation et « les applaudissements lors du discours étaient obligatoires », dénonce dans un communiqué la société civile du Nord-Kivu. Le chef rebelle évoque pour sa part une affluence forte et spontanée et affirme que les villageois ont donné « mandat » au mouvement pour étendre son contrôle si Kinshasa ne négocie pas directement avec lui.
Début août, l’ONU avait demandé au M23 de stopper son avancée vers Goma, la capitale du Nord-Kivu, à une vingtaine de kilomètres des mutins. Mais après un regain d’insécurité dû à des militaires et des civils, il a menacé d’aller « sauver » la ville si les violences se poursuivent. Confiantes, l’armée et la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) martèlent que Goma est hautement sécurisée.
« Ils avaient dit que Bunagana ne tombera jamais, que Rutshuru ne tombera pas… Prendre Goma, c’est le jeu de quelques heures », ironise Benjamin Mbonimpa, l’administrateur du Rutshuru désigné par le M23. Combien sont-ils ? Secret défense, mais ils se réjouissent des nouvelles recrues « volontaires ». Rectification de l’ONU et des ONG : ils recrutent de force des civils, dont des mineurs, et gonflent leurs troupes en s’alliant à d’autres groupes armés.

D’après AFP « Des combats ont éclaté en début de soirée dimanche à Sake dans la région du Nord Kivu, à 27 kilomètres à l’ouest de Goma dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), apprend-on de source militaire. Des tirs à l’arme lourde ont été échangés entre l’armée régulière et des rebelles non identifiés à partir de 21H00 locales (19H00 GMT), a-t-on appris auprès d’habitants de la localité. Un responsable militaire régional, interrogé par l’AFP, a confirmé ces combats, sans identifier les adversaires.
Aucun bilan n’a pu être communiqué sur d’éventuels blessés ou tués.
Un responsable de la rébellion du M23, qui occupe depuis plusieurs mois une zone au nord de Goma après s’être affronté avec l’armée régulière, interrogé dans la soirée par l’AFP, a nié tout engagement de ses soldats dans cette zone.
En milieu de soirée des chars de l’armée régulière ont quitté Goma en direction de Sake, a constaté l’AFP ».

Dr Mukwege
D’après une info de Belga reprise par Le Soir, « Le gynécologue congolais Denis Mukwege, victime jeudi soir à son domicile de Bukavu (est de la République démocratique du Congo) d’une attaque menée par cinq hommes en armes qui ont tué son gardien, se trouve au Burundi voisin et toutes les dispositions sont prises pour l’accueillir en Belgique, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Il a quitté l’est (de la RDC) et se trouve à Bujumbura (la capitale burundaise) avec son épouse et ses deux filles. Il est en compagnie de notre ambassadeur » au Burundi, Jozef Smets, a affirmé M. Reynders à l’agence Belga après une conversation téléphonique en matinée avec le Dr Mukwege. Ce médecin dirige l’hôpital et la fondation Panzi, créés pour venir en aide aux milliers de femmes violées dans l’est de la RDC par des groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par certains soldats de l’armée. Il a échappé jeudi à une tentative d’assassinat à Bukavu, le chef-lieu de la province troublée du Sud-Kivu, à son retour de Bruxelles où il avait participé mardi à une conférence de la Fondation Roi Baudouin. Un homme, un gardien, a été tué lors de cette attaque, survenue au domicile du médecin. « Il n’est pas exclu qu’il vienne en Belgique », a ajouté M. Reynders, expliquant que son département se chargeait de régler les problèmes administratifs – l’octroi d’un visa aux deux filles du médecin, qui en sont dépourvues – « pour l’accueillir dans les meilleures conditions », afin de lui permettre « de se mettre à l’abri » et de « se reconstruire ». Le Dr Mukwege s’est en effet dit « très choqué » par cette tentative d’assassinat qui l’a visé directement, pour des raisons qu’il ignore et commise par quatre ou cinq agresseurs, a souligné le chef de la diplomatie belge. M. Reynders a ajouté que l’ambassade de Belgique en RDC allait « suivre de près l’enquête » réclamée auprès des autorités congolaises (le gouvernement du Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon et le gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Tshisambo). La Belgique a aussi demandé à la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) d’assurer la protection de l’hôpital de Panzi et de son personnel, pour en garantir le fonctionnement même après le départ du Dr Mukwege, a ajouté le ministre.

Le Dr Mukwege a créé l’hôpital et la fondation Panzi pour les femmes violées dans l’est congolais par des groupes armés locaux et étrangers, et par certains soldats de l’armée. Ses activités lui ont valu plusieurs nominations pour le Prix Nobel de la paix et il a notamment reçu le prix de l’ONU pour les droits humains. Il est aussi le lauréat du prix international Roi Baudouin pour le Développement 2010-2011 pour « son action en faveur de milliers de femmes victimes de viols et de crimes de guerre ». A l’initiative du ministre de la Coopération au développement, Paul Magnette, une contribution de 170.000 euros a été prévue cette année pour l’hôpital de Panzi, un effort qui s’ajoute aux dix millions d’euros fournis au « Plan de stabilisation et reconstruction de l’est de la RDC (STAREC) »

© CongoForum, le lundi 29 octobre 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22