30/10/12 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

30 octobre 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La grande information en République démocratique du Congo demeure la tenue des élections des gouverneurs et de leurs adjoints aussi bien au Bas-Congo qu’en Province Orientale. Cela suscite de nombreux commentaires qui tournent essentiellement autour de la notion de « discipline de vote ». Les autres sujets abordés aujourd’hui concernent essentiellement l’économie et la justice.

Elections

Décidément, en RDC, une élection non discutée est aussi rare que du beurre en broche. L’on pourra sous peu écrire un ouvrage très complet sur les irrégularités, couacs et contentieux qui peuvent se présenter en matière électorale, rien qu’en racontant l’histoire des différents votes et scrutins congolais depuis 2006 : tout y sera.
Il faut cependant remarquer qu’il ne suffit pas d’émettre un jugement lapidaire du genre : « Une élection, au Congo, c’est toujours le foutoir » pour avoir fait le tour de la question et que, d’une élection à l’autre, les problèmes qui font figure de pierre d’achoppement ne sont pas les mêmes.
Les élections du 28/11/11 ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Là, on est manifestement devant un problème de fraude de la part des instances organisatrices des votes et du dépouillement des résultats et d’un pouvoir qui applique la formule « On n’organise pas les élections pour les perdre ».

Dans les cas des élections de gouverneurs de provinces au Bas-Congo et dans la P.O., on est devant un tout autre problème, qui est celui de la discipline de vote, au sein d’un collège électoral qui se compose d’élus provinciaux. Dans quelle mesure un parti ou une coalition de partis (soyons précis : tout se passe au sein de la MP) peuvent-il prétendre IMPOSER à leurs députés provinciaux un vote précis ? A qui, en dernier ressort, un élu doit-il des comptes ? A la hiérarchie de son parti ? Ou à ses électeurs ? On trouve aujourd’hui, dans les médias congolais, de vibrants plaidoyers pour l’une et l’autre position.

Radio Okapi annonce « Elections des gouverneurs : l’opposition appelle les électeurs à privilégier les intérêts de la nation ».

Les opposants regroupés au sein de la plate forme Forces Acquises au Changement (FAC) appellent les députés provinciaux de la Province Orientale et du Bas-Congo, électeurs des gouverneurs et vice-gouverneurs, à «ne pas céder à la manipulation et à privilégier les intérêts supérieurs de la nation». Le deuxième tour des élections des gouverneurs de ces deux provinces est prévu le 31 octobre. Au premier tour, aucun candidat n’a pu obtenir la majorité absolue des voix.
A l’issue de leur plénière organisée lundi 29 octobre pour évaluer les résultats du premier tour des élections des gouverneurs de la Province Orientale et du Bas-Congo, les députés de l’opposition membres des FAC disent être contents que les électeurs de la Majorité présidentielle (MP) n’aient pas suivi le mot d’ordre de leur autorité morale, le président Kabila. Peu avant ces scrutins, Joseph Kabila s’est rendu à Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, et à Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale. Même si son agenda n’a pas été relevé à la presse, l’opposition estime que l’autorité morale de la Majorité présidentielle était partie donner une consigne de vote à ses troupes.
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas proclamé de vainqueurs après le vote du dimanche 28 octobre dans les deux provinces, aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue des voix. Au Bas-Congo, le candidat indépendant Jacques Mbadu (14 voix) sera opposé au candidat de la Majorité présidentielle Deo Nkusu (12 voix) mercredi 31 octobre. Le même jour, Jean Tokole (42 voix) et Jean Bamanisa (27 voix) se retrouveront au deuxième tour pour la bataille du gouvernorat. Au premier tour, ils ont surclassé Jean-Pierre Daruwezi, candidat de la Majorité présidentielle.
« Les FAC appellent à la conscience des députés tant nationaux que provinciaux à bien lire les signes du temps et à ne privilégier que les intérêts supérieurs de la nation en lieu et place des considérations égoïstes sur fond des défis à l’endroit du peuple congolais », a déclaré le député Basile Olongo, modérateur adjoint des FAC. Il a affirmé que l’ère de la manipulation de l’homme politique caractérisée par une « Majorité présidentielle mécanique sur base d’une soumission aveugle à l’autorité morale est révolue ». « Les résultats des élections organisées dans les Province Orientale et du Bas-Congo ont mis en exergue le désaveu manifeste de l’autorité morale de la MP», a-t-il ajouté.

Du coté de la MP, L’Avenir remâche les élections des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale et constate qu’au PPRD : « c’est l’heure de la remise en question » car ces élections ont été riches en enseignement pour l’avenir. Et ces enseignements, d’après lui, vont nettement dans le sens d’une discipline sévère.
« En effet, les observateurs politiques avisés sont étonnés de l’indiscipline caractérisée qui a été remarquée dans le chef des candidats dits « indépendants » et cautionnée par les Comités Directeurs du PPRD et de l’ARC. Il a été constaté que, jusqu’à une époque récente, la MP a toujours sanctionné l’indiscipline des soi-disant « indépendants » Sessanga au Kasaï Occidental et Sabin Sadiboko au Bandundu.
Mais, en ce qui concerne le Bas-Congo et la Province Orientale, aucune sanction n’a été prise contre les indisciplinés qui se sont rebellés contre leurs partis politiques respectifs, tous membres de la Majorité Présidentielle. Le Comité Exécutif du PPRD s’est emmuré dans un silence coupable et préjudiciable aux intérêts de la Majorité Présidentielle.
Renseignements pris, on apprend que certains indisciplinés ont été encouragés en coulisses. Peut-on aujourd’hui conclure que le PPRD et l’ARC sont devenus des bateaux ivres et ingouvernables, une sorte des cours du Roi Pétaud où chacun fait n’importe quoi et les ordres de la hiérarchie sont sabotés.
Dans certains milieux, on s’interroge avec inquiétude sur l’avenir de la démocratie dans notre pays. Car, la démocratie congolaise est mal partie parce que ses animateurs ne respectent pas les règles et les valeurs universellement admises. La démocratie congolaise se « clanise » au jour le jour, se tribalise pour ne pas dire se « provincialise ».
En d’autres termes, ce n’est pas la vision ou les options du Parti qui sont prises en compte. Mais, les intérêts du clan, de la tribu, de l’ethnie ou de la province qui sont privilégiés. Cela est d’autant vrai qu’au Bas-Congo comme en Province Orientale, les Députés Provinciaux ont voté contre les intérêts et les options de leurs partis ou regroupements politiques respectifs. Mais en fonction de leur appartenance à telle ou telle autre tribu.
On remarque également que la notion d’appartenir à un parti ou à une coalition politiques est inexistante en République Démocratique du Congo. On constate curieusement que les élus de la majorité et ceux de l’opposition ont voté ensemble pour le candidat de la tribu, du territoire ou du district. Mieux de l’ethnie.
Les observateurs de la scène politique congolaise estiment, par ailleurs, que le comportement des collaborateurs de l’Autorité Morale tant à la MP, au PPRD qu’à l’ARC, frise la trahison et appelle des sanctions sévères et immédiates. Car, l’autorité de l’Initiateur du PPRD et Autorité Morale de la MP est désormais entamée. Et les cas d’indiscipline vécus au Bas-Congo et en Province Orientale risquent de faire tâche d’huile ailleurs.
Ainsi, l’opinion souhaite que des sanctions soient prises notamment la révocation de tous les indisciplinés de leurs partis respectifs (PPRD, ARC, etc…), la suspension des dirigeants actuels du PPRD et de la MP, et la dissolution des Assemblées Provinciales du Bas-Congo et de la Province Orientale. Nous y reviendrons ».

De son côté, sur Radio Okapi, le député Gaston Musemena, membre de la MP estime que l’opposition n’a aucune leçon à leur donner, estimant que les résultats du premier tour des gouverneurs des provinces Orientale et du Bas-Congo est une preuve de l’exercice de la démocratie au sein de la famille politique du chef de l’Etat. « C’est une preuve concrète qu’au sein de la MP c’est la démocratie qui est le mode de gestion. Les gens sont libres de s’exprimer. Il n’y a aucun désaveu. Vous devez savoir que Joseph Kabila autorité morale n’avait aucun candidat désigné personnellement », a-t-il dit.
Gaston Musemena a indiqué que les candidats qui se sont présentés sous le ticket de la MP ou en indépendants sont tous de la famille politique de Joseph Kabila. « Les meilleurs ont gagné et Joseph Kabila n’en pose aucun problème. Il va prendre acte comme nous tous de la MP », a-t-il ajouté.

Toujours d’après Radio Okapi, des voix s’élèvent aussi pour « Réorganiser la MP ». Résumant son analyse des résultats du premier tour, Joseph Kongolo, analyste politique estime que les gestionnaires de la MP doivent repenser la manière de faire fonctionner ce regroupement politique. « Les résultats partiels de ces élections démontrent clairement que le mot d’ordre n’a pas fonctionné et cela montre assez clairement que les intérêts de la MP sont en inadéquation avec ceux des intérêts locaux. Il y a donc lieu de repenser la manière de faire fonctionner le groupement politique et de gérer les contingences politiques », a déclaré Jean Kongolo. Selon lui, ces résultats démontrent qu’il y a « une amélioration dans la manière de percevoir les intérêts et de faire le choix de ses responsables» .

Forum des As titre «Election du gouverneur du Bas-Congo : fortes pressions sur Jacques Mbadu !».
Il revient sur l’élection du gouverneur du Bas-Congo dont le deuxième tour est prévu le mercredi 31 octobre. Le quotidien fait état de pressions exercées sur Jacques Mbadu, le candidat indépendant proche de la majorité présidentielle arrivé en tête du premier tour.
« La perspective de voir les deux voix – l’une pour Kiakwama et l’autre pro Lungwana- tomber dans l’escarcelle du champion du premier tour ne paraît plus relever d’une vue de l’esprit. Auquel cas, les choses seraient pliées. Pour conjurer ce qui peut apparaître comme une défaite pour la face officielle de la Majorité présidentielle, des trésors de contacts sont mis en branle », écrit ce quotidien.
Forum des As envisage deux scenarii éventuels pour convaincre Jacques Mbadu de laisser la direction de la province au candidat officiel de la Majorité présidentielle. « Un poste éminent au puissant député apparenté PPRD. Peut-être verrait-on Jacques Mbadu à la tête d’un méga ministère dans l’hypothèse non invraisemblable d’un remaniement… ou à l’échelle provinciale, des portefeuilles ministériels de premier plan pourraient être confiés aux « Mbaduistes». Déjà, Déo Nkusu s’était-prémonitoirement?- engagé à constituer un gouvernement d’union provinciale », croit savoir ce journal. Le défi de la kabilie est de voir le candidat officiel de la Majorité présidentielle être élu, conclut ce journal.

(On pourrait constater avec ironie que ce que l’on propose d’appliquer, pour convaincre Mbadu, c’est une fois de plus la « Loi de ‘Entrecôte ». On peut aussi consaer avec amertume que la « solution » envisagée, c’est bien entendu de faire céder la réalité locale devant les desiderata d’un appareil de parti et non de rapprocher le parti de la réalité. Et cela n’est pas propre au Congo. Loin de là !)

L’Avenir écrit encore « Contrairement à la rumeur : les élections maintenues au 31 octobre à Kisangani et à Matadi ».
De sources proches du bureau de la Ceni et de Kisangani, il revient que l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur aura effectivement lieu en dépit du fait qu’il a été constaté sur terrain de petits mouvements alimentés par des candidats malheureux et qui n’avaient pas pour nature de conduire à l’annulation. De même au Bas-Congo, souligne ce journal, il se dissimule une rumeur selon laquelle l’élection du gouverneur et de son adjoint serait reportée.

Economie

D’après Le Potentiel, qui titre « Programme économique du gouvernement 2 : Rdc-Fmi : le pire évité de justesse », entre le gouvernement et le Fonds monétaire international (Fmi), les divergences sont en voie d’être aplanies. Ce qui devrait relancer le Peg 2. Les tergiversations dans la publication de cinq contrats de la Gécamines relèvent désormais du passé, explique ce journal. La raison a pris le dessus sur des intérêts obscurs, note-t-il. Plus d’obstacles donc sur le chemin du Peg 2, dont les 4ème et 5ème revues feront bientôt l’objet d’un examen approfondi des experts du Fmi qui préparent déjà leurs valises pour Kinshasa, confirme le confrère.

Justice

Le Potentiel titre « Procès Chebeya : les ONGDH retirent leurs avocats pour non implication de John Numbi ».
Désormais, dans l’affaire Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, les conseils des parties civiles désignés par les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’Homme (ONGDH) ne comparaîtront plus aux audiences du procès en appel devant la Haute Cour militaire.
C’est la décision prise par les responsables des ONGDH à l’issue d’une conférence de presse organisée le vendredi 26 octobre 2012 au siège de l’ONGDH « Les Amis de Nelson Mandela pour les droits de l’Homme (ANMDH) » à Matonge. Cela, suite à la décision de la Haute Cour militaire qui, le 23 octobre 2012 dans sont arrêt avant-dire-droit, a rejeté les demandes des parties civiles tendant à obtenir l’inculpation du général John Numbi dans l’assassinat des défenseurs des droits de l’Homme Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi.

Le Phare titre « Affaires John Tshibangu : un fils Tshisekedi au banc des accusés ».
L’affaire de la rébellion du colonel dissident des Fardc, John Tshibangu, dans le territoire de Kabeya Kamwanga, continue de défrayer la chronique. Selon Le Phare, les dernières victimes mises aux arrêts se recrutent parmi les combattants de l’Udps. Ces combattants privés de liberté auraient avoué avoir été recrutés par Christian Tshisekedi, un des fils du président national de l’Udps, Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

La Prospérité titre « Victime d’une campagne de diabolisation dans les médias : Bahati Lukwebo saisit le Csac ».
« Je viens par la présente vous exprimer mon indignation face aux allégations graves et dommageables dont je suis victime et publiées depuis quelques jours par une certaine presse paraissant à Kinshasa », a déclaré le ministre de l’Emploi Modeste Bahati, dans sa adressée au Csac.

Est

D’après des informations publiées dans la presse anglophone, et qui n’ont encore été reprises, jusqu’ici, que par la presse financière, l’agence de notation financière Standard and Poors a décidé de dégrader la note du Rwanda, parce que sa solvabilité s’est détériorée à la suite de la suspension de diverses aides budgétaires provenant de pays européens, qui sanctionnaient son agression du Congo (dite, en termes « politiquement corrects », « soutien au M23 »).

Cela signifie concrètement que désormais le régime Kagame trouvera plus difficilement à emprunter de l’argent à des taux intéressants et devra se rabattre sur des prêts concédés à un taux d’intérêts élevé.

© CongoForum, le mardi 30 octobre 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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