19/11/12/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

19 novembre 2012

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La récente évolution de la situation sécuritaire à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, constitue ce matin le principal sujet exploité par les journaux. Autre sujet intéressant la presse : les élections des gouverneurs des provinces là où ces postes sont à pourvoir. Ce dernier sujet met surtout en évidence un large dégoût du public pour les partis politiques.

Goma / les faits

On pourrait résumer les nouvelles reçues par les agences de presse par « les rebelles s’arrêtent a l’entrée de Goma, les militaires fuient ».
Les rebelles du M23 ont arrêté leur progression à environ trois kilomètres du centre de Goma, capitale régionale du Nord-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) mais ils ont menacé de « prendre la ville » s’ils étaient attaqués par l’armée. De leur côté, un grand nombre de militaires et de représentants des autorités congolaises fuyaient la ville, a-t-on appris de sources concordantes.
« Beaucoup de militaires et d’autorités (de la province) sont partis (de Goma) », a déclaré une source onusienne, qui attendait à un point de ralliement mis en place dans la ville par l’ONU pour ses personnels. (AFP)
Une source humanitaire occidentale a évoqué une « débâcle des forces armées de RDC qui évacuent la ville de Goma ».
Selon une source militaire occidentale, des officiers des forces armées ont commencé à partir par bateaux vers Bukavu, la capitale du Sud-Kivu distante d’environ 80 kilomètres au sud. Le gouverneur du Nord-Kivu est parti sur l’un de ces bateaux, a déclaré cette source, ce qu’a confirmé une source administrative à Bukavu.
Selon la même source militaire occidentale, l’aéroport de Goma, situé à quelques centaines de mètres du centre-ville, a été fermé et seuls quelques éléments de la Garde républicaine congolaise y sont encore stationnés. Un vol civil qui devait y atterrir a été détourné, a-t-on appris auprès d’un proche d’un passager.

Le M23) avait affirmé plus tôt dans la matinée être « aux portes » de Goma et prête à repousser « très loin » l’armée.
Le porte-parole de la province du Nord-Kivu, très inquiet, a évoqué « une débandade » et déploré l’inaction de l’ONU. « La Monusco actuellement ne fait absolument rien! », a-t-il dit.
Les Casques bleus de la mission de l’ONU en RDC (Monusco) étaient intervenus samedi pour prêter main forte à l’armée régulière congolaise, en l’appuyant avec des hélicoptères de combat, sans parvenir à freiner l’avancée des rebelles.
Mais dimanche, les Casques bleus n’ont pas bougé pour protéger Goma, a constaté un photographe de l’AFP réfugié dans la base de Munigi, principale base des Nations unies au nord de la ville. Dans leur avancée vers Goma, les rebelles ont dépassé ce camp situé à environ 5 kilomètres de la ville, a constaté le photographe. « Nous sommes en panique générale. C’est comme si les rebelles étaient en train de repousser nos militaires. En ville, les boutiques sont fermées. Moi, comme d’autres, je vais rejoindre ma famille », a déclaré un chauffeur de taxi de Goma.
(Le compte-rendu de la réunion extraordinaire du conseil des ministres du 17/11/2012 la déclaration du gouvernement du 17/11 2012 et le communiqué du M23 relatifs aux récents affrontements dans l’est de la RDC sont en ligne sur le site CongoForum, section « Communiqués ». NdlR)

Goma / commentaires de la presse

La Prospérité consacre deux publications à la tentative du M23 et du Rwanda sur la ville de Goma.
Dans son article intitulé «le Conseil de sécurité devant ses responsabilités. Goma: Kagame défie l’Onu», ce journal attribue au président rwandais la responsabilité de la reprise des hostilités en fin de semaine dernière dans le périmètre de Goma et qui a provoqué au moins cinq mille nouveaux déplacés. « Il est le même, lui, Kagame. Il s’entête. Il récidive. Il exécute un plan dont lui seul détient le secret. Ce n’est pas pour rien qu’au mini sommet organisé à l’Onu, il ne s’était pas empêché d’y claquer la porte, sous la barbe de Ban Ki-Moon. Et, pour avoir la main mise sur les richesses du Congo-Kinshasa, il crée et recrute des rebelles. Il multiplie des stratégies. Guerres, attaques diverses, incendies, Intox, désinformation et messages alarmants sont ainsi mis à contribution, pour atteindre ses intentions funestes », explique ce journal.
La Prospérité accuse par ailleurs : « Hier, en effet, les troupes rwandaises auraient joué, comme à l’accoutumée, un rôle visible aux côtés des éléments rebelles autour de Goma, capitale du Nord-Kivu ».
Heureusement qu’après tout, les FARDC et la Monusco ont résisté jusqu’à ce que les rebelles aient été obligés à se replier vers Kibumba, loin de là où les combats se sont déroulés ce dimanche. Des noms de certains généraux rwandais auraient même été cités, pêle-mêle, pour démontrer que cette fois-ci, Kagame signe là, une guerre totalement ouverte contre la RD. Congo, en défiant la communauté internationale, déplore ce quotidien.Mais, l’article appelle en même temps le Conseil de sécurité de l’Onu à interpeller Kagame, à lui «tirer les oreilles» sur les conséquences humanitaires résultant de toutes ces manœuvres militaires sur le sol congolais. Le Comité des sanctions qui se prononcera le 23 novembre prochain, doit, selon la Prospérité, aller jusqu’au bout, en sanctionnant le Rwanda, au-delà de tous les rebelles du M23 déjà visés. En attendant la réponse à son interpellation le journal a pris soin, dans son édition de ce lundi, de publier intégralement un communiqué de la Monusco qui indique que la mission onusienne condamne fermement la reprise des hostilités et lance un appel au M23 pour cesser immédiatement ses attaques qui ont pour conséquence la détérioration de situations sécuritaire et humanitaire déjà fragiles. Le communiqué explique que la Monusco ne tolérera aucune avancée ou action du M23 qui peut engendrer la panique.

Le Potentiel revient sur les rencontres sur la situation sécuritaire tenues le week-end dernier à Kinshasa et titre au sujet de la réunion du Conseil supérieur de la défense tenue samedi 17 novembre où le président de la République a donné des consignes fermes pour sauver la patrie.

Dans son éditorial de ce lundi, l’Observateur titre: « Troupes rwandaises: «bienvenues à Kinshasa ». Le journal estime qu’avec l’avancée des troupes rwandaises dans le Kivu, les masques vont commencer à tomber les uns après les autres. Pour le quotidien de la capitale, les richesses seules ne suffisent pas pour autant pour sortir mettre fin à la pauvreté des Congolais de deux Kivu, ni à celle de toute la RDC.

L’Observateur pense qu’il y a des choses qui doivent être faites et changées et la guerre du Kivu, pour être gagnée, ne peut pas être du seul ressort du pouvoir. Il y a des forces, que nous avons en abondance, et qui n’attendent qu’à être mobilisées à cet effet. «Il faut, pour commencer, cesser de caresser le Rwanda dans le sens du poil. Il n’en a d’ailleurs pas besoin, et cela ne nous rapporte strictement rien en ce moment», soutient le quotidien.

De son côté, le quotidien Forum des As titre à la Une « Kibumba : de nouvelles preuves accablantes contfe le Rwanda ! »
Ce journal indique que la RDC compte saisir la Commission militaire mixte de la CIRGL siégeant actuellement à Goma dans le cadre du mécanisme de vérification mis en place après avoir constaté les preuves de l’implication du Rwanda dansd la guerre de l’Est. Selon Forum des As, cette offensive militaire met à nu la participation militaire de pays de Paul Kagame dans la déstabilisation de l’Est de la RDC. Le Gouvernement congolais brandit, une fois de plus, des preuves incriminant directement ce pays voisin. D’après une déclaration de l’Exécutif congolais, le Rwanda, à travers le RDF (Rwanda défense forces), a pris une part active particulièrement dans l’attaque du samedi 17 novembre au Nord-Kivu, affirme le quotidien kinois.

Le Phare titre : « Goma sous la double menace du Rwanda du M23 : la Rdc victime des sommets ».
Le gouvernement dénonce l’appui du M 23, écrit ce journal qui propose : « Parallèlement aux urgences de la résistance à l’ennemi, le cap devrait être sur la réforme de l’armée nationale, de manière à reconstruire un système de défense capable de faire passer la Rdc du statut de l’Etat pleurnichard à celui « du gendarme » de l’Afrique centrale et des Grands Lacs qu’elle fut dans les années 70-80 ».

Le Conseil de sécurité exige l’arrêt de la progression du M23, titre encore Le Phare en relation aussi, avec cette guerre.
Dans une déclaration faite à la presse, le Président du Conseil pour le mois de Novembre et Représentant permanent de l’Inde auprès des Nations Unies, Hadeep Singh Puri, a également exigé, au nom des quatorze autres membres du Conseil, que cessent la progression du M 23 en direction de Goma, la capitale du Nord-Kivu, ainsi que le soutien extérieur et la fourniture d’équipements dont ce groupe bénéficie. Nouvelles sanctions envisagées contre le leadership de ce mouvement.

« Goma : la trahison est à son comble ». La menace étant très proche, la communauté internationale a joué avec beaucoup d’hypocrisie dans la gestion de la crise de l’Est sur fond d’agression avérée du Rwanda, dénonce Le Pallmarès qui propose ce titre.«La vérité, c’est que la ville de Goma devient un enjeu pour plusieurs agendas occidentaux. On voudrait, derrière le contrôle de cette ville, régler des comptes politiques précis », démontre ce journal.

Le Potentiel titre « Quatre mille soldats rwandais à l’assaut de Goma » et, quant à lui, parle plutôt du siège de cette ville. Il écrit : « La coalition M 23 : RDF (armée rwandaise) forte de plus de quatre mille soldats assiègent la ville de Goma ».
Hier dimanche 18 novembre, ce siège a crée la panique dans la population qui redoutait de violents combats aux conséquences incalculables. Cette nouvelle invasion rwandaise est consécutive aux hésitations que le Conseil de sécurité affichées quand il s’est agi de prendre une résolution devant condamner et sanctionner de manière ferme et claire le régime de Kigali relativement à son implication avérée dans l’aventure guerrière que mène son pantin du M 23 dans l’Est du pays.

Elections

Au sujet des élections à la tête des certaines provinces, les journaux commentent des faits qui ont déjà figuré dans la presse de la semaine dernière : l’échec de Déo Nksu dans sa tentative pour faire annuler les élections au Bas-Congo et le dépôt des candidatures au Kasaï Occidental où, sur dix candidats, il y a neuf « indépendants ».

Le Potentiel titre « La MP n’ayant pas d’existence juridique, elle ne peut interjeter appel à la Cour suprême de justice ». D’où, annonce ce journal, Jacques Mbadu et Atou Matubuana seront proclamés, dans les tout prochain jours , respectivement Gouverneur et vice gouverneur du Bas-Congo.

La Prospérité titre « Bas-Congo : la requête de Déo Nkusu jugée irrecevable ! ».
Ce journal rapporte : « La Cour d’Appel de Matadi s’est prononcée, le jeudi 15 novembre 2012, sur la requête en contestation de l’élection de Jacques Mbadu au poste de Gouverneur de la Province du Bas-Congo. Requête déposée depuis le 9 novembre par la partie Déo Nkusu, ex-Vice-Gouverneur de province et Gouverneur ai, candidat malheureux du second tour de ces scrutins ».
Après examen du dossier, poursuit-il, la Cour a jugé la requête irrecevable notamment, en raison de la non qualité du mandant qui s’est présenté au nom de la Majorité Présidentielle (MP), plate-forme politique du plaignant. L’on n’est même pas arrivé à l’examen du fond de cette affaire opposant le candidat malheureux Déo Nkusu à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), à laquelle Nkusu reprochait d’avoir organisé une élection de gouverneur et Vice-gouverneur de la province du Bas-Congo entachée d’ « irrégularités ». La Cour d’Appel de Matadi a, d’emblée, déclaré que la requête était non recevable, au niveau de la forme. Selon elle, la qualité du mandant présente un défaut. Me Dieudonné Kaluba Dibua, Avocat de Déo Nkusu, qui s’est présenté dans l’affaire comme mandaté par la MP, n’a produit, dit la Cour d’Appel de Matadi, aucun acte, venant de la plate-forme, lui conférant cette qualité.

(D’une façon assez commune en RDC, on s’est réfugié dans le maquis de la procédure, préférant ergoter sur la légalité des mandats plutôt que de se prononcer au fond et d’inviter Mr. Nkusu à aller se rhabiller, préféré de la MP ou pas ! N’a-t-on pas voulu ou n’a-t-on pas osé ? Cela en dit long, en tous cas, sur le degré d’ « indépendance » du pouvoir judiciaire. NdlR)

Le prochain épisode des élections de nouveaux gouverneurs de provinces aura lieu au Kasai Occidental le 13 Décembre et risque d’être mouvementé. Là, en effet, il ne s’agit pas de remplacer un gouverneur démissionnaire pour cause d’incompatibilité de mandats, mais un gouverneur « démissionné ». Hubert Kabasubabu a en effet été renversé par le Parlement provincial et il avat lui-même succédé à Trésor Kapuku, destitué. Bref, on concourt là pour un fauteuil de gouverneur qui a des allures de siège éjectable, il y a dix candidats en lice d’après Radio Okapi, et il risque d’y avoir du sport !

Parmi les 10 candidats, 9 candidats sont indépendants et 1 candidat pour le compte de l’UNADEF. Parmi les candidats, il y a Tukumbane Kapajika Patrick (Indépendant), Ngalula Kalala Mamie (Indépendante), Ntolo Kalonga Valery (Indépendant), Mussenge Tshisekedi Tom (Indépendant), Kanyonga Mulumba Nicolas (Indépendant), Kande Mupompa Alex (Indépendant), Kande Kapuwa Monique (Indépendante), Tshibuabua Kapia Kalubi Benoît Janvier (Indépendant), Beya Mubiayi Bernard (Indépendant) et, enfin, Ntumba wa Ntumba Torro de l’UNADEF. Aucun candidat n’a postulé pour le compte de la Majorité Présidentielle, ni pour les partis politiques de l’Opposition congolaise. Il y a visiblement une méfiance avérée des candidats à porter la couleur de leurs plates-formes ou familles politiques respectives (Sources : CENI, Radio Okapi, DigitalCongo)

D’autre part, toute affaire électorale congolaise doit être vue en tenant compte du contexte délétre créé par les élections du 28/11/11. Elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.

La Prospérité titre « Kasaï Occidental : 10 candidats dans la course au gouvernorat ! ». Curieusement, aucun candidat n’a postulé pour le compte de la Majorité Présidentielle, ni pour les partis politiques de l’Opposition congolaise. Cette politique fait montre d’une méfiance avérée des candidats de porter la couleur de leurs plates-formes ou familles politiques respectives.
A cette allure, considère ce tabloïd, les observateurs redoutent la peur qu’ont ces candidats du vote-sanction. L’exemple du Bas-Congo et de la Province Orientale va-t-il se rééditer ?

(Les deux questions du jour, celle des combats autour de Goma comme celle de la désaffection vis-à-vis de la politique renvoient aux conséquences délétères de la fraude électorale. La communauté internationale a « accepté » les élections du 28/11/11, mais cela ne veut pas dire qu’elle croit à leur validité. Cela signifie simplement qu’aucun pays n’a jugé nécessaire de recourir à la force pour contrer le coup d’état ! Mais, bien sûr, l’on se sent peu motivé pour soutenir internationalement un régime aussi douteux. Et il n’est pas étonnant que l’on fasse de moins en moins mention des partis politiques, qui engendrent une réaction de dégoût. Quand, à coup de fraudes et de tripotages, l’on a tout fait pour que les gens soient dégoûtés de la politique, il ne faut pas s’étonner de n’y voir demeurer que les dégoûtants ! NdlR)

© CongoForum, le lundi 19 novembre 2012

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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