11/01/13/REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDRDI

11 janvier 2013

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La presse congolaise continue à porter un intérêt croissant aux pourparlers de Kampala. Les pricipaux sujets abordés dans les colonnes de journaux concernent tous l’un ou l’autre aspect de ceux-ci : les discussions entre la délégation de Kinshasa et les rebelles du M23, le projet de Force Internationale Neutre, etc…

Kampala

Dans l’Editorial du n° 171 de son Bulletin Congo Actualité, daté (de justesse : il nous est parvenu à 22 h 15) du 10 janvier 2013, le Réseau PAIX POUR LE CONGO émet quelques réflexions sur les discussions de Kampala, sous le titre « Se libérer ensemble ». Il écrit :

« Commencé à Kampala (Ouganda) le 9 décembre et suspendu le 21 décembre, officiellement à cause des festivités de fin année, le dialogue entre le Mouvement du 23 Mars (M23) et le gouvernement congolais devait reprendre le 4 janvier. Il s’agit d’un dialogue qui n’a aucun sens car, malgré le bilan négatif de la gestion de l’État par le gouvernement, rien ne justifie le recours à la force comme moyen pour imposer ses revendications. Ce dialogue risque de tomber, encore une fois, dans les erreurs du passé: une redistribution du pouvoir entre les deux parties et une nouvelle réintégration des criminels de guerre dans l’armée congolaise.

Invitée en qualité d’observatrice et de témoin, l’opposition politique n’a pas accepté d’y participer et, comme alternative, elle propose un dialogue inter-congolais au niveau national, avec la participation du gouvernement, de l’opposition, de la société civile et du même M23, afin de répondre aux questions fondamentales de la crise: la crise de légitimité au sommet des institutions de l’État, suite aux élections bâclées de novembre 2011 et l’insécurité dans l’est du Pays, suite à la guerre du M23. À propos de ce dialogue, il faut éviter le risque de renforcer la thèse selon laquelle la guerre du M23 est une affaire purement interne au Congo, en oubliant que l’on est en présence d’une véritable guerre d’invasion et d’agression menée par les régimes du Rwanda et de l’Ouganda qui , au service des multinationales et des grandes puissances occidentales (les États-Unis et le Royaume-Uni, en particulier), soutiennent le M23 en armes, munitions, soldats et logistique.

Les questions clés.

1. Après les élections présidentielles et législatives de novembre 2011, marquée par de nombreuses irrégularités et la fraude électorale, le Pays connaît une profonde crise de légitimité de ses Institutions.
(Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)

2. La principale cause des différentes rébellions et de l’existence de nombreux groupes armés dans l’est du Pays est liée à l’exploitation illégale et à la contrebande des minéraux. L’objectif de la guerre est le contrôle sur les sites miniers.
(Non seulement le contrôle, mais l’exploitation de ces sites. La terreur créée par la guerre et ses violences, permet d’obtenir le travail forcé et la guerre fait donc partie intégrante du système de production ! NdlR)

3. Une des principales causes de l’instabilité dans l’est du Pays est l’ingérence politique, économique et militaire de certains pays voisins, en particulier le Rwanda et l’Ouganda, qui sont devenus des Pays exportateurs de minerais produits en RDCongo.

4. L’armée congolaise, mal payées et mal équipées, est un conglomérat d’ex-combattants issus de groupes armés et incapable d’assurer la sécurité de la population et de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Pays. La Police nationale aussi se trouve dans les mêmes conditions.

5. À quelques exceptions près, la classe politique et les dirigeants du Pays pratiquent la corruption et poursuivent leurs intérêts personnels. La justice du pays est corrompue, elle est au service du pouvoir et du plus fort et, par conséquent, elle est incapable de lutter contre l’impunité et de garantir le droit.

Quelques propositions.

a. Pour surmonter la crise de légitimité des actuelles Institutions de l’État, la voie la plus efficace et la plus durable est celle d’élections véritablement libres et transparentes sur la base d’un recensement général de la population congolaise. Une loi sur la restructuration de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a déjà été approuvée par le Parlement et devrait être promulguée, dès que possible, par le Président de la République. La nouvelle Ceni pourra redonner au Peuple ce qui lui appartient: le droit de choisir ses représentants pour diriger le Pays. (Là, on se berce d’illusions : le projet de réforme de la CENI est tout à fait insuffisant. Elle reste politisée. NdlR)

b. Pour assurer la sécurité de la population, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, il est extrêmement urgent de procéder à la réforme des services de sécurité (l’armée nationale, la police et les services des renseignements). À cet égard, le Parlement a déjà approuvé plusieurs lois, dont beaucoup ont été déjà promulguées par le Chef de l’Etat. Il faut passer vite à l’étape de leur application, afin d’avoir une armée purgée des éléments infiltrés, impliqués dans la contrebande de minéraux ou au service d’un seul groupe ethnique et de pays tiers. Il s’agit de nommer de nouveaux officiers aux différents postes de commandement, capable de mettre fin aux chaînes de commandement parallèles et au détournement des salaires des militaires et de fournir une logistique adéquate pour éliminer les différents groupes armés, nationaux et étrangers, opérant dans l’est du Pays et pour prévenir des agressions du territoire congolais par des armées étrangères.

c. Afin d’assurer le respect de la loi et des droits de l’homme et le bon fonctionnement des Institutions de l’État, il faut procéder à la réforme de la justice, y compris celle militaire. De cette manière, l’on pourra mettre fin à la culture de l’impunité qui permet la perpétuation de la corruption et de la criminalité.

d. Un engagement sérieux de la part du gouvernement congolais vis-à-vis de la démocratie, de la sécurité et de la justice, le fera plus crédible aux yeux de la communauté internationale et, par conséquent, plus fiable sur le plan diplomatique. Cela lui permettra d’être mieux compris sur la scène internationale, d’influencer plus efficacement les institutions internationales telles que l’ONU, l’UE et l’UA et de se montrer plus sûr et fort vis-à-vis des pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda en particulier, qui continuent à menacer la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Pays.

Personne ne rend libres les autres, l’on se libère ensemble.

Paulo Freire, éducateur brésilien, disait que personne ne peut libérer les autres: nous nous libérons ensemble. Il y a un chemin que le peuple congolais doit parcourir lui-même s’il veut changer sa situation. Face à l’inefficacité des acteurs internationaux, nous ne pouvons que le soutenir et nous demander quels sont les obstacles que nous avons mis sur son chemin. Et ces obstacles sont nombreux: le commerce des armes, l’exploitation illégale des minerais et les visées géopolitiques qui nous emmènent encore à décider du sort des peuples avec une arrogance coloniale qui n’est jamais disparue. Nous pouvons nous mettre au travail pour les supprimer ».

Force internationale neutre

Le Potentiel titre: «Balkanisation de la RDC, le plan B en marche».
« Les pourparlers entre la délégation gouvernementale et celle du M23 à Kampala piétinent », relève ce journal, le rythme est d’un pas en avant et de deux en arrière. Ponctué de temps en temps par des contradictions de part et d’autre. C’est dans ce contexte, d’une accalmie volatile, que l’Union africaine (UA) annonce le déploiement imminent d’une Force internationale neutre en RDC. Chapeau bas ! La Force internationale neutre doit surveiller la frontière entre le Rwanda et la RDC et combattre les groupes armés. Mais là où le bât blesse, c’est lorsque des sites à l’intérieur de la RDC sont prévus pour ce déploiement au détriment de la frontière commune entre les deux voisins en conflit. De quoi dire que le plan B de la balkanisation est en marche. Le quotidien appelle le gouvernement congolais à ne pas accepter le déploiement de cette force estimant qu’elle constitue le plan B du projet de balkanisation la RDC. Le Potentiel rappelle que la Force internationale neutre sera déployée sous le mandat de la Monusco et placée sous le commandement de la Tanzanie. «Mais là où le bât blesse, c’est lorsque des sites à l’intérieur de la RDC sont prévus pour ce déploiement au détriment de la frontière commune entre les deux voisins en conflit. De quoi dire que le plan B de la balkanisation est en marche», estime Le Potentiel.
« C’est sous le mandat de la Monusco qu’opérera la Force neutre internationale ; une option rejetée par le Rwanda, qui ne cache pas son animosité à l’endroit des troupes onusiennes basées en RDC.
Toutefois, il ressort que le déploiement de la FNI, quoiqu’accueilli comme un pas vers la stabilité dans Est, ne pourrait résoudre le problème des tensions récurrentes qui minent depuis plus d’une décennie cette partie de la RDC. Le langage diverge selon qu’il s’agit des modalités du déploiement de la FNI ou de la clause de son mandat relative à la neutralisation des forces négatives dont le M23 et les FDLR.
D’un. Le déploiement le long de la frontière commune entre le Rwanda et la RDC cède le pas au déploiement sur des sites ciblés à l’intérieur de la RDC, notamment dans le Nord-Kivu : Walikale, Masisi, Beni, Lubero, etc. Vu sous cet angle, la FNI s’apparente de plus en plus à une force d’interposition qu’à une force de dissuasion destinée à préserver les frontières de la RDC. (Cette objection paraît faible. Une armée « opérant à la frontière » a fatalement ses bases à l’intérieur. Voudrait-on que la FIN se dispose en ligne le long de la frontière, comme une garde d’honneur ? NdlR)
De deux. Aucun schéma de désarmement du M23 n’est clairement présenté. Pour preuve, acceptés comme interlocuteurs de Kinshasa, les animateurs du M23 pourraient bénéficier d’une amnistie et être insérés dans les institutions de la République à l’issue des pourparlers de Kampala.
Comment, dès lors, pourrait-on appliquer, à leur endroit, la clause de neutralisation ? A la CIRGL et l’UA de répondre à cette question qui a l’air d’entretenir un flou artistique. Un nuage épais couvre encore la FNI dans son fond et sa forme.
C’est ici que la responsabilité de Kinshasa est engagée. Le gouvernement ne sait pas défendre une position face à cette question d’insécurité dans l’Est du pays. L’impression qui se dégage d’emblée est celle d’une politique de minimisation du danger. On adhère à des schémas conçus dans des officines étrangères. On adopte quasiment aveuglément tout ce qui est présenté comme dans un rapport de force de colonisateurs à colonisés ».
Le Potentiel rappelle que le premier plan consistait à créer la déstabilisation de la RDC par des guerres intestines téléguidées de l’extérieur. Mal en a pris aux balkanisateurs. Le sursaut national a fait échec à la tentative d’amputation d’une partie du pays. Le discours développé sur l’existence des Congolais de l’Est (proches du Rwanda) et de l’Ouest (très éloignés) n’a pas porté, le patriotisme et le nationalisme constituant ce ciment en dur que rien ni personne ne peut ébranler.
(Objectivement, l’objection tirée de la localisation envisagée nous paraît faible. Elle semble plutôt relever d’une tendance typiquement congolaise à crier à l’aide mais à soupçonner ceux qui accourent de mauvaises intentions. Celle qui repose sur une probable mansuétude – pour ne pas dire, complaisance – envers les membres du M23 tient au caractère partisan, corrompu et prédateur du pouvoir illégitime actuellement en place à Kinshasa. Ce problème-là est strictement congolo-congolais. NdlR)

Selon Le Phare, Washington est d’accord pour l’utilisation des drones en RDC. Le porte-parole du Département d’Etat vient de confirmer la position exprimée par le représentant des USA au Conseil de sécurité de l’ONU et allant dans le sens du soutien de la proposition d’utilisation des drones pour la surveillance aérienne de la partie Est de la RDC. Relancée par Hervé Ladsous, chef des Opérations de maintien de la paix aux Nations Unies, l’initiative vise à faire le monitoring des activités militaires régulières comme irrégulières qui touchent la frontière commune entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda. Le Phare estime qu’accusés par l’opinion de faire la politique de l’autruche lorsqu’il s’agit de débattre des questions politiques et sécuritaires de la RDC, les USA ont là l’occasion d’apporter un démenti formel aux allégations en rapport avec les accointances présumées de certains de leurs officiels avec les maîtres de Kigali.

L’Avenir, sous le titre : « Le M23 mène une campagne de charme », rapporte que dans une déclaration faite à Goma, la société civile du Nord-Kivu constate qu’au lieu d’obtempérer à l’injonction des chefs d’Etat et de gouvernement de la CIRGL, celle de mettre fin à toute activité militaire et anticonstitutionnelle, le M23 poursuit le recrutement (surtout forcé et de surcroît des mineurs-enfants), la formation, l’approvisionnement en hommes, en armes et en minutions, ainsi que la désignation des autorités administratives dans les territoires sous son contrôle.
Selon ce journal, en décrétant un cessez-le-feu unilatéral, le M23, affaibli par les sanctions de la communauté internationale notamment contre ses leaders, tente de mener une campagne de charme alors qu’il aurait mieux fait de déposer carrément les armes et revenir au bercail à l’instar de l’enfant prodigue, si réellement il se reconnaît comme fils de la maison.

Parlement

Radio Okapi fait savoir que « la Cour suprême de justice rejette une résolution de l’union interparlementaire ».
(L’Union interparlementaire est l’organisation internationale des Parlements créée en 1889. Elle se veut un « foyer de la concertation interparlementaire à l’échelle mondiale », dans le but « d’œuvrer pour la paix et la coopération entre les peuples et l’affermissement de la démocratie représentative ». NdlR)
La Cour suprême de justice a rejeté jeudi 10 janvier une résolution de l’Union interparlementaire (UIT) demandant la réintégration de trente-deux députés invalidés par ses arrêts en avril 2012. Selon l’UIT, ses députés ont été illégalement invalidés. La Cour suprême de justice affirme ne pas être au courant de cette résolution qui, selon elle, viole la souveraineté nationale congolaise.
L’Union interparlementaire a adopté cette résolution à l’occasion de la 191e session de son conseil directeur en octobre dernier. Selon elle, ces parlementaires ont été victimes de violations des droits de l’homme, du fait qu’ils ont été invalidés alors que leur élection n’avait même pas été contestée. L’UIT explique que la Cour suprême de justice n’a donné à ces députés ni l’occasion de se défendre, ni celle de participer au règlement du contentieux électoral qui a abouti à leur invalidation. La résolution de l’UIT dénonce aussi le caractère irrégulier et précipité de la procédure suivie par l’Assemblée nationale pour voter l’invalidation de ces députés en mai dernier.
A la Cour suprême de justice, les hauts magistrats se disent choqués par ce qu’ils qualifient « d’ingérence d’une association internationale » dans la justice congolaise. Une source proche du cabinet du premier président de la Haute cour affirme qu’il n’y a aucun accord ni traité qui lie l’UIP à la justice congolaise. Cette dernière ne collabore qu’avec la Cour pénale internationale et l’Ohada, précise la même source. «Même l’Assemblée nationale n’a pas le droit d’exécuter une telle résolution. Car, les arrêts de la Cour restent inattaquables», a-t-elle rappelé.
Après les élections législatives de 2006 aussi, dix-huit députés nationaux (notamment Jacques Chalupa dont nous parlions hier), dont les mandats avaient été invalidés par la cour, n’avaient jamais réussi à obtenir leur réhabilitation, malgré une résolution de l’UIT en leur faveur.
Toujours selon RFI, l’éviction de Roger Lumbala de l’Assemblée nationale, et la levée de l’immunité parlementaire d’Eugène Diomi Ndongala provoquent beaucoup de réactions. Lumbala a été évincé après avoir rejoint le mouvement rebelle M23 ; quant à Diomi Ndongala, il s’agit d’une affaire de viol sur mineure. Le point commun entre les deux hommes : ils sont membres de l’opposition. Mais ce n’est pas pour cela qu’ils sont sanctionnés, affirme le porte-parole de la majorité Sébastien Luzanga. « Eugène Diomi Ndongala reste député, mais on lève son immunité pour qu’il puisse se présenter devant la justice, qui pourra l’innocenter » En un mot comme en cent, donc, la majorité présidentielle à l’Assemblée réfute tout ciblage des opposants.

Forum des As et La Prospérité révèlent que la liste des personnalités politiques congolaises soutenant la rébellion du M23 continue de s’allonger. Les deux journaux de Kinshasa font état d’une liste des délégués du M23 à Kampala parvenue à l’Assemblée nationale. Selon cette liste, José Makila, président du parti de l’opposition ATD se trouve à la trentième position, renseigne La Prospérité.
A l’en croire, le député national José Makila est sous la menace d’une invalidation à l’Assemblée nationale. L’élu de Gemena dans la province de l’Equateur se trouve sur la liste de membres de la délégation du M23 transmise par JM Runiga au gouvernement de Kinshasa. José Makila, qui se trouve aux USA, devra s’expliquer devant la représentation nationale. « Seulement, ce dernier se trouvant aux Etats-Unis, il va falloir qu’il soit entendu, conformément au règlement intérieur, avant que la sanction suprême ne tombe», indique le quotidien. Dans un SMS envoyé hier à l’un de ses collègues députés, José Makila a rejeté son ralliement au mouvement rebelle, précise tout de même le quotidien. Le journal estime que « si jamais mort il y aura un jour, le M23 ne mourra pas seul, en tout cas. Ceux qui auront, d’une manière ou d’une autre, fait allégeance avec cette créature rwandaise, passeront avec Runiga, Makenga Sultani, pourquoi pas François Rucogoza». Dans certains milieux de l’Opposition, l’on crie déjà à un complot contre José Makila connu pour ses prises des positions radicales contre le gouvernement en place.

Forum des As relaie les protestations d’Emery Okundji, secrétaire général des Forces novatrices pour l’Union et la solidarité. Emery Okundji affirme que le président de son parti Joseph Olengankoy est bel et bien à Kinshasa et non à Kampala. Il a précisé que «le président national des Fonus n’a pas intérêt à pactiser avec ceux qui ont pris les armes. Il n’a jamais pensé à collaborer avec ceux qui contribuent à la balkanisation de la RDC. Cette information relève de la pure manipulation ».

Denis Mukwege

RFI annonce que le gynécologue congolais, « l’homme qui répare les femmes » violées à l’est de la RDC, sera de retour au pays dimanche prochain, le 13 janvier. Le 25 octobre dernier, il a échappé à une tentative d’assassinat à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Exfiltré d’urgence, il a rejoint la Belgique. Un exil forcé temporaire car l’homme qui soigne chaque année 3 000 femmes victimes de violences sexuelles, compte retourner dimanche prochain auprès de ses patientes. Hier, le médecin était reçu au Quai d’Orsay par la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui.
Sa décision est prise : il rentre chez lui à Bukavu même s’il a récemment échappé à une tentative d’assassinat. Le docteur Denis Mukwege, médecin-chef de l’hôpital Panzi, qui vient en aide chaque année à plus de 3 000 femmes violées par les groupes armés dans l’est de la RDC, estime que sa place est auprès de ses malades : « C’est la femme qui est visée et il est possible que cette guerre se termine. Je n’aime pas que les gens disent : c’est complexe, c’est difficile… Ce n’est pas compliqué s’il y a la volonté politique. Je retourne à Bukavu. Je n’y retourne pas pour être martyr, j’y retourne pour vivre. Je ne veux pas être un héros mort, je veux continuer à faire mon travail. » Au coeur de son entretien avec la ministre déléguée à la Francophonie, sa sécurité une fois sur place bien sûr. Yamina Benguigui assure que le médecin peut compter sur la France : « Aujourd’hui, si je suis là à ses côtés, c’est que la France se doit de l’aider dans sa protection. Le docteur, c’est un héros bien vivant. Il a réparé plus de 40 000 femmes violées. Quand on dit « femmes » on oublie que c’est aussi des fillettes de 3 ou 4 ans. C’est juste une horreur. Cet homme, voulant simplement rentrer parce que ses patientes l’attendent, peut-il compter sur la France ? Evidemment ! »

© CongoForum, le vendredi 11 janvier 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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