Volte-face à Kampala. Le M23 cherche à se blanchir

2 février 2013

Actualités

(L’Avenir Quotidien 01/02/2013)

* Pendant que le M23 est considéré comme une force négative par la CIRGL, l’Union Africaine et les Nations Unies, ces terroristes qu’il faut pourtant éradiquer ont, dans un document qui traite des questions sécuritaires et qu’ils ont transmis à la facilitation, disent vouloir combattre les forces négatives avec le gouvernement et les Forces armées congolaises.

*Ce mouvement rebelle qui a une mémoire très courte, oublie que la préoccupation principale au cours de ce dialogue devrait consister à cerner les raisons pour lesquelles le M23 a pris les armes, violant de manière flagrante la Constitution de la République et quelles sont les pistes pour mettre fin à cette rébellion et instaurer une paix durable dans le Nord Kivu.

*S’agissant de leur intégration dans l’armée, cette pratique a montré ses limites, ainsi que son caractère immoral et déstructurant. Elle ne pourrait être la recette pour une mise en place d’une armée nationale, professionnelle et républicaine. On ne peut vouloir une chose et son contraire et le M23 ne peut donc en appeler à une réforme de l’armée et demander en même temps que lui soient appliquées des mesures exceptionnelles.

Coup de théâtre à Kampala. Pendant que le M23 est considéré comme une force négative par la CIRGL, l’Union Africaine et les Nations Unies, c’est en donneurs de leçons que ces rebelles sont intervenus hier aux pourparlers de Kampala. Dans un document qui traite des questions sécuritaires et qu’ils ont transmis à la facilitation, ces terroristes veulent se joindre au Gouvernement et aux Forces armées de la République pour combattre les forces négatives.

Cette épisode ressemble à une pièce de théâtre savamment mise en scène, où l’accusé, le M23, devient par une baguette magique l’accusateur. En effet, par respect à l’ordre du jour adopté le 16 janvier dernier dans sont point II qui parle des Questions sécuritaires, la parole a été accordée aux terroristes pour donner leur position.

Selon nos sources sur place à Kampala, nous apprenons que le M23 s’est dédouané et se place au-dessus des forces négatives qui doivent être éradiquées. Pour restaurer la sécurité en Rdc, le M23 propose au dialogue la création d’un Secrétariat National de Sécurité et de Renseignement (SNSR) qui va fusionner l’ANR et la DGM et son intégration dans les FARDC.

Sur le plan de l’armée et de la police, le M23 demande la reconnaissance formelle des grades de ses militaires. Il déclare son intégration au sein des Etats-Majors Régions suivis des formations des brigades autonomes. Le mouvement rebelle de Sultani Makenga et Jean-Marie Runiga veut combattre côte-à-côte avec les FARDC en vue de l’éradication et du rapatriement des forces négatives, FDLR, ADF-NALU, LRA, FNL et les groupes armés nationaux.

Il exige que les moyens logistiques soient à charge du gouvernement. A cet effet, il veut la création d’un service de renseignement mixte (Joint Intelligence Team) avec l’Uganda, le Rwanda et le Burundi qui sera délimité aux provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema, de la Province Orientale et au Nord-Katanga.

Enfin, le M23 veut restituer, après évaluation, les biens publics et privés pillés dans le territoire sous son contrôle.

Le M23 a une mémoire très courte

Ce mouvement rebelle a une mémoire très courte. Car, dans sa réplique du 17 janvier dernier, la délégation de la Rd Congo en réponse à celle du M23 avait indiqué que la préoccupation principale au cours de ce dialogue devrait consister à cerner les raisons pour lesquelles le M23 a pris les armes, violant de manière flagrante la Constitution de la République et quelles sont les pistes pour mettre fin à cette rébellion et instaurer une paix durable dans le Nord Kivu.

Ainsi, au vu des grandes décisions des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CIRGL, les assises actuelles ne peuvent en aucun cas aboutir à la mise en place, comme suggéré par le M23, d’un Conseil National de la Transition, ni à une quelconque remise en cause de l’ordre constitutionnel et institutionnel de la Rdc.

Mais si ce mouvement rebelle en arrive jusqu’à ce point, nous osons croire qu’il est de mauvaise foi et son ambition n’est autre que celle de faire capoter les négociations, et de reprendre la guerre, surtout que la signature de l’accord-cadre sur la paix et la sécurité en Rd Congo a été renvoyée sine die.

Pour se moquer des Congolais, les terroristes réclament leur intégration au sein des FARDC. L’intégration est devenue comme une prime que l’on devra désormais accorder à tous les délinquants, ou à tous ceux qui veulent faire tomber les institutions de la République. C’est qui est grave. Les milices oublient que l’intégration a montré ses limites, ainsi que son caractère immoral et déstructurant. Elle ne pourrait être la recette pour une mise en place d’une armée nationale, professionnelle et républicaine.

Dans une telle armée, les grades sont octroyés dans le cadre d’un ordre général au profit de tous les militaires, suivant des critères objectifs bien déterminés. Il en est de même pour le recrutement qui, lui aussi, doit se faire selon des critères définis par la loi. On ne peut vouloir une chose et son contraire et le M23 ne peut donc en appeler à une réforme de l’armée et demander en même temps que lui soient appliquées des mesures exceptionnelles à l’efficacité à tous égards douteuses.

Raymond Tshibanda répond aujourd’hui

Au regard de toutes ces histoires montées de toutes pièces par les terroristes, l’équipe que conduit Raymond Tshibanda n’acceptera certainement pas ces contre-vérités. Il va tenter de démontrer qu’en dépit de sa réplique du 17 janvier 2013, le M23 semble n’avoir pas retenu la leçon. Et si tel est le cas, comment continuer à dialoguer avec un partenaire qui ne vous permet pas d’avancer.

Raison pour laquelle plusieurs observateurs sont unanimes à croire que ce dialogue de Kampala ne va accoucher que d’une souris. La solution serait alors éradication du M 23, d’autant que ses dirigeants figurent parmi les auteurs des pires violations des droits de l’homme en Rdc et dans le monde. Beaucoup d’entre eux ont un passé consternant comprenant des allégations de participation à des viols de masse, la responsabilité des massacres, et le recrutement et l’utilisation d’enfants. Ce qui justifie les sanctions qui frappent aujourd’hui ce mouvement et certains de ses dirigeants politiques et militaires.

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À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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