Réflexion sur le déploiement de la Brigade d’intervention des Nations unies à l’Est de la RDC

4 juin 2013

Actualités

par le Potentiel

Alors que se poursuivent les pourparlers entre la délégation du gouvernement et celle du M23 à Kampala en Ouganda, la situation militaire sur le théâtre des opérations évolue dangereusement par la reprise des hostilités à proximité de la ville de Goma.

Cette nouvelle guerre a de nouveau plongé la population dans la désolation la plus totale. L’arrivée à Kinshasa du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, accompagné du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et de l’envoyée spécial des Nations unies pour les pays des Grands Lacs, Mary Robinson, a apporté une lueur d’espoir et une certaine assurance aux Congolais, qui attendent impatiemment le déploiement de la Brigade spéciale d’intervention.

Mais à notre grande surprise, le secrétaire général des Nations unies semble ignorer la date exacte de la mise en œuvre de cette brigade. En outre, il a souligné que le rôle d’assurer la protection de la population incombe au seul gouvernement congolais et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cela sous-entend, qu’il nous appartient d’assurer nous-mêmes la protection de notre population et l’intégrité de notre territoire.

Le message est très clair ! En effet, nous devons compter d’abord sur nous-mêmes pour bâtir ce grand pays au cœur de l’Afrique. Ban Ki-moon a levé le voile sur le complot ourdi contre la RDC.

La déclaration récente de Mary Robinson sur RFI est révélatrice, à ce sujet, la situation à l’Est de la RDC requiert des solutions politique et non militaire. Nous devons conclure que cette brigade ne viendra pas pour traquer et désarmer les rebelles tel que prévu par la résolution du Conseil de sécurité, mais elle aura tout simplement un rôle dissuasif, a-t-elle martelé.

Les délégations du Conseil de sécurité qui défilent à longueur de journée en RDC, n’ignore pas que les FARDC sont en pleine mutations et que sans soutient, elles ne peuvent affronter le M23 et leurs alliés Rwandais.

La position prise par le président Tanzanien, Jakaya Kikwete au Sommet du cinquantenaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, devant le secrétaire général de l’ONU et une demi-douzaine de chefs d’Etat africains a été salué par tous. En effet, la Brigade spéciale de l’ONU est une bonne chose, mais elle ne règlera pas le problème de fonds, qui est éminemment politique. Le président tanzanien a surtout insisté sur l’urgence et la nécessité d’une reprise de dialogue entre le gouvernement congolais et le M23.

Si Kinshasa négocie avec les représentants du M23, il faudra aussi que Kigali accepte de parler avec ses ennemis des Forces démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR) et Kampala avec les rebelles ougandais de l’ADF-NALU, car il n’y aura jamais de paix durable sans négociation globale.

Les derniers propos de la ministre de la Défense nationale de la République sud-africaine, repris par RFI pour justifier la présence des militaires de son pays en RDC, en déclarant que les troupes sud-africaines vont jouer le rôle de « baby-sitting » auprès des FARDC, cette déclaration est une insulte grave et scandaleuse, non seulement pour la RDC, mais aussi pour les Nations unies.

Nous estimons que pour aider le gouvernement congolais à booster la réforme des Forces armées, la communauté internationale doit fournir à la République démocratique du Congo des moyens conséquents au lieu de proposer un milliard de dollars américains pour l’ensemble des pays des Grands Lacs.

D’ailleurs, la plupart des Congolais croient que le prochain déploiement de la Brigade spéciale d’intervention n’augurera rien de bon. Par conséquent, le gouvernement doit prendre en mains ses responsabilités pour organiser dans les meilleurs délais les Etats-généraux des forces armées en vue d’examiner les questions urgentes relatives à la restructuration de notre armée.

Il s’agit sans doute d’un travail de longue haleine, mais avec la volonté de tous les Congolais nous allons réussir. Cette démarche nous évitera de recourir continuellement aux armées étrangères pour sécuriser nos frontières. Nous sommes convaincus que la RDC est capable de réussir ce pari, car nous en avons les moyens et les ressources humaines requises.

Il est admis que nos forces armées ont jadis connu des moments de gloire qui ont fait la fierté et l’honneur de notre pays.

Un ancien ministre des Affaires étrangères de notre pays avait dit à l’époque à Goma, lors de l’opération « Umoja Wetu » qu’un pays qui ne dispose pas d’une armée pour sa défense nationale, est un pays destiné à disparaître.

Maintenant que le président de la République vient de lancer la concertation nationale, nous avons le devoir d’oublier nos querelles intestines, pour nous mettre ensemble au travail, afin de consolider l’unité nationale en vue de protéger l’héritage nous légué par nos ancêtres.

GENERAL A. MALU-MALU
Ambassadeur

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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