Affaire Malumalu : l’Eglise catholique reste sereine

18 juin 2013

Au fil des jours

Par le Phare

L’abbé François Luyeye, prêtre du Diocèse de Kinshasa et « Aumônier de la Classe Politique » était, le vendredi 14 juin, l’invité de l’émission « Précisions » de la Radiotélévision Catholique (RTCE). Son entretien avec le journaliste Mutombo a gravité essentiellement autour de la désignation et de l’investiture de l’abbé Apollinaire Malumalu en qualité de président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), sous le label de la sous-composante « Confessions religieux ».

D’emblée, il a tenu à rappeler la décision du Saint-Siège, relayée en son temps par la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) et le CALCC (Conseil de l’Apostolat des Laïcs Congolais) interdisant aux ecclésiastiques de siéger dans les institutions de la République. Contrairement aux rumeurs, le Vatican n’a pas revu sa position. En réponse à ceux qui soutiennent que le 2me Secrétaire général adjoint de la Cenco, l’abbé Nshole, qui avait réagi à chaud contre la désignation de l’abbé Malumalu l’avait fait sans l’aval de Mgr Djomo, président national de cette structure, l’abbé Luyeye a précisé que le précité avait qualité pour engager la Cenco. En sa qualité de membre du Secrétariat général chargé des textes, ses prises de positions engagent automatiquement la Cenco. Avant de s’adresser aux médias, il prend l’avis du président national et du Secrétaire général.
Interrogé au sujet de la désignation de l’abbé Malumalu comme membre de la CENI, l’abbé Luyeye a fait savoir qu’au départ, la procédure était entachée de tricherie car l’Eglise Catholique n’a jamais fait acte de candidature et n’a jamais été consultée à cet effet. Il a mis quiconque au défi d’exhiber un document autorisant l’abbé Malumalu à se porter candidat membre de la Ceni pour le compte de l’Eglise catholique. Il a déploré le fait que le cas Malumalu a été politisé sur la base d’un mensonge, d’un manque total de transparence.
Après la désignation de l’abbé Malumalu comme délégué des « Confessions religieuses » et son investiture par ordonnance présidentielle comme président de la CENI, le dossier peut-il être considéré comme clos ? Selon l’abbé Luyeye, le dossier reste ouvert car la CENCO attend impatiemment que l’intéressé puisse clarifier lui-même son statut à travers un écrit. Si cela est fait, cela pourrait constituer un des points à traiter lors d’une réunion statutaire de son Comité exécutif ou d’une Assemblée générale de la CENCO.
Y aurait-il incompatibilité entre les fonctions politiques et les charges religieuses de l’abbé Malumalu ? L’abbé Luyeye a été affirmatif. A son avis, l’incompatibilité n’appelle même pas de débat étant donné qu’il s’agit de deux charges pleines. Il a rappelé qu’avant d’être désigné à la tête de la CENI, cet abbé venait d’être nommé, par le Saint-Siège, au poste de Directeur Général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino pour l’Enseignement Social. Au regard des responsabilités qu’impliquent l’une et l’autre fonction, le concerné devait forcément opérer un choix. Le cas Malumalu, a-t-il dit, intéresse aussi bien l’Eglise Catholique congolaise, l’Eglise catholique africaine que l’Eglise catholique Universelle.
Au regard du maintien de l’abbé Malumalu à la présidence de la CENI, l’Eglise catholique n’est-elle pas défiée et humiliée ? Selon l’abbé Luyeye, ce n’est pas la première fois que cette église est humiliée. Jésus-Christ était le premier chef de l’Eglise catholique à être humilié, a-t-il rappelé. Alors qu’il était porteur du message du salut pour les humains, ceux qui n’y croyaient pas l’avaient arrêté, calomnié, torturé et mis à mort à le faisant crucifier comme un criminel. C’était une humiliation extrême mais qui s’était transformée par une grande victoire que l’on célèbre depuis des siècles. Aussi a-t-il exhorté les Chrétiens catholiques à ne pas se laisser troubler par le cas Malumalu et à ne pas fléchir dans leur foi. L’Eglise catholique est une structure organisée, qui est régie par des textes et des principes. Leur application ne devrait souffrir d’aucune faille.
S’agissant de la rumeur faisant état d’un avis favorable de Mgr Melchisédech Sikuli, évêque du diocèse de Butembo à la présence de l’abbé Malumalu au sein de la CENI, l’abbé François Luyeye a refusé de croire que ce prélat pouvait prendre le risque de se désolidariser de ses pairs et surtout de passer outre la position du Saint –Siège. Il a martelé que les décisions qui découlent des réunions ou assemblées générales de la Cenco engagent tous les évêques du Congo, sans distinction.
En conclusion, l’Aumônier de la Classe Politique a invité les décideurs politiques au respect de la vérité, de la transparence. L’Eglise catholique, a-t-il souligné, se veut au servir du peuple. Son vœu le plus cher est de nouer, dans le dialogue et la transparence, un partenariat clair avec les gouvernants, comme c’est déjà le cas dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la bancarisation, etc. Kimp

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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