Province du Katanga : « Bakata Katanga » :Une Ong invite « Joseph Kabila » à clarifier sa position

24 juin 2013

Actualités

par Baudouin Amba Wetshi

Suite à l’attaque de la Prison centrale de Kasapa, menée dans la nuit du 22 au 23 juin, par les désormais fameux « maï maï Ba Kata Katanga », Justicia a.sb.l. invite « Joseph Kabila » à faire une « déclaration publique pour clarifier sa position » sur l’insécurité pour les personnes et les biens qui se développe dans la province du Katanga. C’est ce qu’indique cette association de défense des droits humains dans un communiqué daté du dimanche 23 juin 2013.

Le 23 mars dernier, les maï maï « Ba Kata Katanga » faisaient irruption dans la ville de Lubumbashi. Les autorités provinciales semblaient prises de cours. La suite est connue. Trois mois après, ces miliciens ont récidivé en attaquant la prison centrale de la Kasapa. L’attaque a eu lieu dans la nuit du samedi 22 et dimanche 23 juin. Ils ont tenté sans succès de faire évader un officier de l’armée congolaise (FARDC), non autrement identifié. Les assaillants ont cependant été trouvés en possession d’une tenue militaire portant le nom d’un certain capitaine Ngoy Mutonkole. C’est la deuxième fois, en l’espace de deux ans, que des combattants maï maï osent narguer les pouvoirs publics dans une opération de ce genre. La première date du 7 septembre 2011 au cours de laquelle l’ex-chef milicien Kyungu Mutanga, alias « Gédéon » a pu « faire la belle ».

Dimanche, des observateurs dissimulaient mal leur stupéfaction face au silence du pouvoir kabiliste tant au niveau provincial que national. Le très volubile ministre des Médias, Lambert Mende Omalanga, est devenu économe de sa parole. « Joseph Kabila » qui concentre toutes les affaires sécuritaires entre ses mains n’est ni audible ni visible. Rien de bien nouveau. « Kabila est plus préoccupé par 2016 que par les actions des maï maï au Katanga, commente un observateur. Le président de la République devait prononcer un discours le 2 juin dernier pour donner des orientations aux 500 participants aux concertations nationales. Rien ne s’est passé. Depuis lors, il se fait invisible ». Et d’ajouter: « Il devait par la suite prononcer un discours de clôture de ces assises le 30 juin prochain ». On note la même « discrétion » au niveau du Parquet général de la République, de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de l’ex-Demiap (renseignements militaires) et de la garde présidentielle dite garde républicaine, dirigés pourtant par des natifs du Katanga. Il en est de même des ministères de l’Intérieur, de la Défense nationale et de la Justice. A quel jeu se livre ce beau monde?

Vacuité au sommet de l’Etat

Face à ce qui ressemble bien à une vacuité délibérée au sommet de l’Etat, Justicia A.s.b.l, se dit « surprise » par l’insécurité qui prend des proportions inquiétantes dans la province du Katanga. Pour cette association, il s’agit d’une « insécurité voulue et provoquée » par des miliciens qui appartiendraient tantôt à une organisation dénommée « Corak », tantôt « Kata Katanga ».

Se fondant sur des « informations concordantes », ce groupement signale l’attaque de certaines positions des FARDC « vers la route Kinsevere et le village Shindaika par les miliciens mai mai, Corak ou Kata Katanga ».

Après avoir rappelé la bruyante entrée, des Bakata Katanga, le 23 mars, à Lubumbashi, « sous prétexte de se rendre aux autorités congolaises », l’association de relever qu’une « commission parlementaire instituée à cet effet a remis au bureau de l’Assemblée nationale un rapport d’enquête au mois d’avril ». Quel est le sort réservé à ce rapport? Nul ne le sait. Justicia a.s.b.l. de noter que ce rapport « aurait du être examiné de toute urgence mais dont la lecture a été renvoyée aux calendes grecques pendant que la situation sur terrain ne fait que pourrir et les commanditaires vaquent librement et en toute impunité à leurs activités criminelles ». « En outre, poursuite-elle, en septembre 2011, des éléments armés avaient lancé un assaut sur la prison centrale de la Kasapa et avaient réussit à y extraire près d’un millier des personnes ainsi que le Seigneur de guerre Gédéon Kyungu Mutanga, lequel, quelques mois âpres, a réussit à mettre à feu et à sang certains territoires du Nord Katanga ».

Incapacité ou complicité?

Justicia a.s.b.l. de se poser des questions sur le « manque d’intérêt » qu’affichent les gouvernants congolais face à la détérioration de la situation sécuritaire au Katanga. Est-ce par « incapacité institutionnelle » ou par « complicité frisant la haute trahison? », s’interroge-t-elle.

Dans son communiqué, cette association fait, par ailleurs, état d’une lettre datée du 6 mai 2013 adressée à toutes les autorités politico-administratives et aux agences des Nations Unies. L’auteur de cette missive serait le « Mouvement pour l’indépendance du Katanga ». Celui-ci y affirme sa volonté de « développer des stratégies pour des attaques généralisées de la ville de Lubumbashi au 30 juin 2013″.

Dans ses « recommandations », Justicia a.s.b.l invite « Joseph Kabila » « en sa qualité de garant de la nation » à faire « ne serait-ce qu’une déclaration publique pour clarifier sa position sur ces incidents qui continuent à mettre en péril des nombreuses vies des compatriotes et qui a des répercussions néfastes sur l’économie et la vie sociale des habitants de la province du Katanga ».

Deux poids, deux mesures…

La « démission » qu’affiche « Joseph Kabila » face à l’instabilité qui se développe au Katanga surprend plus d’un analyste. En 2007 et 2008, l’homme avait fait preuve d’ardeur pour broyer la vie de plusieurs centaines d’adeptes du mouvement politico-religieux « Bundu dia Kongo ». Ceux-ci étaient accusés de sédition. Les opérations ont été menées par des éléments du tristement célèbre « Bataillon Simba », commandé à l’époque par un certain major Christian Ngoy Kenga-Kenga, sous la supervision du « général » John Numbi Banza. Les victimes protestaient contre un vote truqué lors de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur de la province du Bas-Congo. Bilan : 304 morts et plusieurs blessés. On se souviendra des moyens militaires déployés, fin 2010 et avril 2011, dans la province de l’Equateur, pour «mâter» les «Enyele» dans le district du Sud Ubangi. La Monusco – dont les éléments «cohabitent» avec les rebelles du M-23 dans les «territoires occupés» au Nord Kivu – était venue à la rescousse des «forces loyalistes» pour traquer les « insurgés ». Deux poids, deux mesures?

Revenons au Katanga. Les observateurs sont affligés par le discours ambigu tenu par les autorités provinciales. Lors de l’entrée des maï maï à Lubumbashi le 23 mars, un conseiller du gouverneur Moïse Katumbi laissait entendre, sans rire, que « les maï maï sont entrés à Lubumbashi pour se rendre aux autorités provinciales ». Lors de l’attaque, plusieurs semaines auparavant, de la localité de Kinsevere près de Lubumbashi, Katumbi a fait une communication le 18 février à la presse locale disculpant les maï maï. « Ce ne sont pas les maï-maï mais des bandits qui ont tué sept personnes », déclarait-il. Quels sont les faits matériels qui lui permettaient de faire une telle affirmation? Président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza va inviter les combattants maï maï « à déposer les armes pour intégrer les FARDC ». Qui se moque de qui au Katanga?

Baudouin Amba Wetshi

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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