26/06/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

(CongoForum)

Les pressions exercées sur le Rwanda et l’Ouganda afin d’amener les gouvernements de ces pays à négocier avec leurs rebelles et le climat au sein du Mlc, la première assemblée plénière de la CENI et la conférence nationale sur le SIDA sont les principaux sujets qui intéressent les journaux de ce jour. Mais à côté de ces sujets, il y a aussi le festival international du rire « Toseka » …

Est

Le Potentiel titre « Nord-Kivu : la population déplore l’escalade de la violence à Kiwanja ».

« Des actes de barbarie, des tueries, des arrestations arbitraires et autres formes d’exactions caractérisent le secteur de Kiwanja dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu, sous contrôle des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).
Face à des bourreaux sans foi, ni loi, les habitants de Kiwanja déplorent l’escalade de violence et espèrent vivre le rétablissement de l’ordre et de la paix avec le démarrage prochain des opérations de la Brigade d’intervention. Il est rapporté que c’est depuis plus d’un an que des actes de violence sont perpétrés. Certaines sources locales expliquent qu’il est difficile d’identifier leurs auteurs du fait de la profusion des groupes armés dans ce secteur.
Il y a une semaine environ, sept corps ont été découverts dans un champ, rapporte Radio Okapi La même source indique que le vendredi 21 juin, un échange de tirs a été signalé dans le quartier de l’hôpital de Rutshuru dans la cité du même nom. Selon les sources locales, les rebelles du M23 tentaient de mettre fin aux pillages auxquels se livraient des miliciens Nyatura. A leur tour, les combattants M23 auraient ensuite ravi des téléphones portables ainsi que plusieurs centaines de dollars aux habitants du quartier. Des sources de la Monusco indiquent que deux hommes du M23 auraient trouvé la mort au cours de cet incident.

Plusieurs kidnappings ont également été signalés dans le secteur de Kiwanja-Rutshuru-centre ces derniers jours. Trois jeunes filles ont été prises en otage vendredi dernier avant d’être libérées quelques heures plus tard. Certaines sources dans la région expliquent que cette recrudescence de la violence pourrait être liée à l’augmentation des attaques des miliciens Maï-Maï Nyatura contre les rebelles du M23.
Pour rappel, les rebelles du M23 ont procédé à des arrestations la semaine dernière dans ce secteur. Un habitant de Kiwanja avait affirmé, sans préciser le nombre, que certaines personnes ont déjà été libérées tandis que d’autres croupissent encore en prison pour des raisons d’enquête. Le 1er juin, les rebelles avaient également arrêté quatre personnes dont un enseignant de l’Institut Jikaze, dans la localité de Kiwanja, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). La rébellion avait cette fois là accusé les personnes arrêtées de collaborer avec les miliciens Maï-Maï.

L’Avenir titre « Emboitant le pas à Jakaya Kikwete, le Nord-Kivu exige des négociations Rwanda-Ouganda-Rebellions respectives ».
Dans une lettre ouverte adressée à Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, les communautés du Nord-Kivu rejoignent la démarche proposée par le président tanzanien Jakaya Kikwete, le premier à avoir demandé publiquement à Kigali et à Kampala de négocier avec leurs rébellions respectives, note ce journal qui estime que «Cette solution est plus avantageuse que toute autre, car elle enlève au Rwanda et à l’Ouganda l’alibi souvent évoqué pour déstabiliser la Rd Congo ». Pour L’Avenir, La communauté internationale doit exercer les pressions nécessaires pour que ces pays ouvrent sans délai les négociations avec leurs propres rébellions et se soumettent au jeu démocratique au même titre que les autres pays africains dont la Rd Congo.

La Prospérité intitule son éditorial « Pression sur Kigali » pour aborder ce même sujet : l’idée lancée par Jakaya Kikwete, le président tanzanien lors du dernier sommet de l’Union africaine, au sujet de la résolution de la crise dans la région des Grands Lacs fait du chemin.
En effet, rappelle ce journal, lors du dernier Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, le président Kikwete avait appelé, à l’instar de la Rdc qui négocie avec le M 23, Kigali et Kampala à faire autant avec leurs opposants armés. Cette proposition, écrit La Prospérité, on se rappelle, avait soulevé un tôlé au pays des Milles collines. Seul un sursaut nationaliste des Fardc (Forces armées de la Rdc) suffisamment équipées peut sauver la Nation de l’inanition.
La Prospérité revient donc à la charge et révèle que dans une lettre ouverte adressée à l’Onu, les communautés du Nord-Kivu interpellent Kagamé et Museveni. Les représentants des communautés du Nord-Kivu à savoir les Hunde, Nande, Hutu et Tutsi vivant à Kinshasa ont envoyé une lettre ouverte à l’Onu, sur la guerre au Nord-Kivu. Ils demandent à l’Onu de faire pression sur le Rwanda et l’Ouganda afin de les amener à suivre le conseil du président tanzanien Jakaya Kikwete qui leur avait demandé de négocier aussi avec leurs rebelles des FDLR pour le Rwanda et des ADF/NALU et la LRA pour l’Ouganda de la même manière qu’on demande à la RDC de le faire avec les rebelles du M23.

La presse de ce matin parle aussi du déploiement et des actions de la Brigade d’intervention sur le terrain, notamment dans la province du Nord-Kivu

Le Potentiel titre « Juvénal Munubo : La Brigade d’intervention ne sera pas la solution à tous les problèmes…»

Au cours d’un échange avec la presse, hier mardi 25 juin à Kinshasa, l’élu de Walikale (Nord-Kivu) appelle le gouvernement à poursuivre les réformes dans le secteur de sécurité. « … Je ne suis pas un pessimiste. Mais penser que la Brigade vient résoudre tous les problèmes, c’est se leurrer. La Brigade sera un appui considérable au gouvernement. C’est une opportunité. Il revient maintenant au gouvernement congolais de s’en saisir… C’est un ouf de soulagement, mais pas une panacée, et c’est le moment où nous devons accélérer le processus de réforme de nos FARDC… », a-t-il estimé. S’agissant de l’action attendue de cette brigade, le député Juvénal Munubo s’exprime en ces termes : « … il faudrait qu’elle se déploie maintenant dans des zones effectivement insécurisées par les groupes armés. Au-delà des FARDC, il faudrait qu’il y ait également une collaboration parfaite entre la Brigade et la Société civile. La Brigade devrait collaborer même avec les leaders locaux pour limiter les dégâts collatéraux…». (…) Dans cette optique, il échelonne la solution à la crise de l’Est : « …il y a une solution à court terme, c’est la Brigade d’intervention, il y a une solution à moyen terme, c’est la réforme de notre secteur de sécurité et la solution à long terme, c’est le dialogue sous régional sincère… ».

Le Palmarès titre « Instabilité à l’Est : Brigade d’intervention : Ban Ki-moon met la pression ». Le Secrétaire général de l’ONU est décidé de mettre à fond les turbos. Il exerce toute pression requise de sorte qu’au plus tard mi-juillet, la Brigade d’intervention soit opérationnelle. C’est-à-dire qu’elle commence ses premières opérations offensives. Pour le moment, les éléments de cette Brigade déjà présents à Goma, sont lancés en pleine opération de reconnaissance du terrain, mais sont aussi en pleine mission de dissuasion. Toutes les forces négatives sont donc sur le qui-vive. Ban Ki-moon met d’autant plus pression que tout risque d’arriver à l’Est. La situation est de plus en plus volatile. Les unités tanzaniennes ayant débarqué à l’Est, dans le cadre de la Brigade d’intervention sont dans un état d’esprit imprévisible.

« Brosse à reluire »

L’Avenir se penche sur la tournée d’inspection des chantiers de la capitale effectué par le Premier ministre mardi. Il titre : « Ville de Kinshasa. Matata Ponyo en visite d’évaluation des travaux de modernisation des infrastructures ». L’occasion paraissant belle pour glisser un zeste de propagande sur l’inusable thème « Grâce à JKK, les noix de coco ont un lait plus savoureux », le « Moniteur du Joséphisme » nous en administre une belle tranche bien épaisse. Il sied de souligner, précise ce journal, au-delà des assurances reçues quant à la fin des travaux de modernisation de la route des Poids lourds, du boulevard Lumumba et des ouvrages qui y sont construits, Matata Ponyo, qui tient à la matérialisation des instructions du Président de la République, Chef de l’Etat, a invité les entreprises sur le terrain à non seulement doubler d’ardeur, mais aussi à bien exécuter les travaux. Cette énième visite du Chef du Gouvernement prouve à suffisance le souci de l’Exécutif National à matérialiser la vision du Chef de l’Etat, à savoir : la révolution de la modernité, considère L’Avenir.

Politique

La Prospérité titre « Ce jeudi 27 juin 2013, Ceni : l’Assemblée plénière en séance inaugurale ! ».
Visiblement, il n’y aura pas de remise-reprise classique à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) entre l’équipe Malumalu Muholongu et celle de Ngoy Mulunda, croit savoir La Prospérité. A en croire ses sources, c’est ce jeudi 27 juin 2013 que se tient la séance inaugurale de l’Assemblée plénière de la Ceni conformément à l’article 23 septies de la loi organique modifiant et complétant la loi du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la Ceni promulguée par le chef de l’Etat le 19 avril 2013 à Lubumbashi. En effet, selon cet article, l’Assemblée plénière se réunit en séance inaugurale dans les quinze jours qui suivent l’investiture des membres de la Ceni.

Pour sa part, Forum des As note que six mois après l’annonce du président Joseph Kabila, les concertations nationales se font toujours attendre. Selon le confrère, Joseph Kabila serait piégé par la communauté internationale. Cette promesse faite le 15 décembre 2012 devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès tarde toujours à s’accomplir. Pendant ce temps, le M23, fort des richesses qu’il contrôle à Rutshuru, ne semble pas pressé de conclure Kampala.

La Prospérité titre « Opposition : un conclave avant le dialogue ».
Au sujet des perspectives du dialogue devant mettre un terme à la guerre à l’Est de la Rdc, rapporte qu’en prévision de la tenue des concertations nationales annoncées par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et qui se font toujours attendre l’Opposition, elle, ne dort pas sur ses deux lauriers( ???). En tout cas, poursuit ce journal, aucun jour ne passe sans que les leaders de l’Opposition ne se rencontrent, par petits groupes, voire par plate-forme, pour essayer de peaufiner des stratégies, de façon à vider les divergences qui les ont toujours éloignés de la conquête du pouvoir. Ce, pour parler d’un même langage, le moment venu. Voilà pourquoi, il est envisagé un conclave en vue d’harmonisation des vues. C’est le sens des échanges intervenus, la semaine dernière, entre un cadre de l’Ufc et celui du Mlc.

(Voilà soudain que la « concertation nationale », promise il y a plus de six mois pour régler la question des élections frauduleuses se voit assigner pour fin de « mettre un terme à la guerre à l’Est de la Rdc ». Il faut, pour comprendre ce qui se trame, remonter à l’origine de tous les maux : les élections frauduleuses de novembre 2011, dont les résultats ont été très discutés. C’est alors que les commentaires négatifs tombaient de partout, que JKK a brusquement décidé un retournement des alliances. De fin 2008 à fin 2011, la thèse officielle était que le Rwanda était un allié, que tous les ennuis venaient du FDLR et que Ntaganda était indispensable à la paix. Subitement, le Rwanda devenait un ennemi et il fallait arrêter Bosco Ntaganda. Cela prenait dans le sens du poil l’opinion congolaise et la communauté internationale. Mais il ne pouvait échapper à personne que cela allait rallumer la guerre, d’autant plus qu’au lieu d’arrêter Ntaganda par surprise, on annonça à grand bruit l’intention de le faire. Le bandit n’a bien sûr pas attendu les gendarmes ! Comment ne pas en retirer l’impression que le pétard qui a éclaté à Goma a été allumé volontairement et en connaissance de cause par le pouvoir, en vue, précisément, de créer la psychose d’urgence nationale dont il s’est efforcé, ensuite de profiter. Il lui devenait facile de prétendre que « l’opposition tient le même langage que le M23 ».

Pour gérer ce climat d’urgence, un gouvernement fut mis en place sous l’habituelle étiquette de « technicien ». Mais, le Congolais cultivant volontiers l’hyperbole, l’on parla des « jeunes technocrates surdoués ». Il est probable qu’au départ il en avait pour environ six mois. La « crise de l’Est » s’est prolongée plus que prévu, du fait d’une très large internationalisation – CIRGL, SADC, ONU – qui n’avait sans doute pas été intégralement prévue au départ. Pour les besoins intérieurs, les négociations de Kampala, jamais réellement commencées et conçues pour ne mener nulle part, suffisaient.

La RDC a désormais une assemblée où la majorité « MP sans R » est assez différente de l’ancienne Majorité AMP : elle est beaucoup plus inconsistante et polymorphe. Dans de nombreuses circonscriptions, les membres de la MP se concurrençaient entre eux parce que la MP est une coalition basée uniquement sur la préférence pour JKK à la Présidence.

La composition du gouvernement est perçue par maint politicien comme devant servir, non à mettre the right man in the right place, mais à récompenser le meilleur colleur d’affiches. Autrement dit, à récompenser les meilleurs agents électoraux de JKK, même si pour être eux-mêmes élus ils sont passés par la très petite porte. Bien entendu, ils ont tous fraudé, mais ils étaient si nombreux à le faire que, les fraudes s’annulant, il n’est pas exclu qu’à certains endroits les voix des électeurs aient pu se faire entendre. Si un portefeuille ministériel est attribué sur base de performances publicitaires, et soumises en sus à des dosages par partis, régions et ethnies, il ne faut pas s’étonner que le résultat n’ait rien d’éblouissant.

Or, quand les « grands machins » – CIRGL, SADC, ONU – se mêlent de quelque chose, ils vous font perdre un mois aussi aisément que l’on croque un biscuit. L’on n’avait pas prévu non plus, sans doute, que Ntaganda aurait suffisamment peur de ses propres mandants pour se réfugier à la CPI. Le gouvernement provisoire a donc duré. Cela fatigue notamment au PPRD et JKK a eu la mauvaise surprise de découvrir que les premiers ennemis de son Premier ministre Augustin Matata Ponyo se recrutaient dans la majorité, et dans sa propre famille politique. Tous vouent une inimitié profonde à Matata jusqu’à conspirer pour son départ mais les uns et les autres pour des raisons diverses. Il y a les caciques qui ne ne sont pas toujours remis de la frustration de voir la Primature échapper au PPRD, donné pour le prétendant naturel au poste avec sa «majorité mosaïque» de 150 sièges à l’Assemblée nationale. Eux travaillent pour recomposition du gouvernement.

De l’autre côté, des « jeunes turcs » face à un Matata pas prompt à la pratique des prébendes caractéristiques de la classe politique congolaise.

Du point de vue du pouvoir, une chute ou un remaniement profond du gouvernement ne doivent pas avoir lieu avant que l’on en ait fini avec la « concertation nationale ». L’idéal serait bien sûr qu’elle connaisse le même sort que Kampala : l’évanouissement progressif dans le néant des projets inaccomplis. A tout le moins, il faut qu’elle se tienne de manière suffisamment contrôlée, pour ne mener à aucun changement autre que cosmétique, ce qui pourrait consister, par exemple,en un remaniement ministériel. Le véritable partage de l’entrecôte aura donc lieu plus tard que prévu, au cours de l’opération « silence dans les rangs », fallacieusement présentée comme « concertation nationale ».

Il n’est pas inintéressant d’observer l’évolution du vocabulaire en la matière. Au Nouvel An, JKK avait évoqué dans son message un « dialogue national ». Celui-ci est ensuite devenu une « concertation » au singulier. L’on parle aujourd’hui de « concertations » au pluriel. Cela fait penser à une évolution d’une idée de « mise à plat de tous les problèmes » à une forme de « dialogue » où il y aurait un interlocuteur nettement « dominant », ayant devant lui des interlocuteurs dispersés.

Les attaques de « séparatistes katangais », les« conspirations à la gomme » style Mukandi ou Yangambi, comme les « alertes aux milices » pourraient très bien être liés au « dialogue national », en ce sens que le pouvoir ne disposait plus de la menace de l’Est pour créer un réflexe d’union nationale. Il lui faut une autre menace pour justifier sa fermeture à un vrai dialogue et il faut que la guerre continue, arce qu’elle rapporte. Le seul tort du Potentiel est d’avoir si bien enfourché le cheval de la « balkanisation » qu’il ne parvient plus à décoller du sens premier de ce terme : morcellement territorial. Or, les guerres de l’ex-Yougoslavie n’ont pas amené le morcellement ; elles l’ont suivi. Et l’indépendance du Sud-Soudan n’est qu’un dernier épisode, extrêmement tardif, de la décolonisation. Le prolongement de la situation de guerre à l’Est n’est pas lié à des rivalités pour conquérir des territoires, mais à la nécessité de maintenir un climat de terreur pour en permettre l’exploitation au plus bas prix.

Ce qui serait sans aucun doute le problème crucial du « dialogue », c’est le manque de légitimité d’un pouvoir issu d’élections sans nulle crédibilité. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.

Le pouvoir en place a déjà donné des signes évidents de sa volonté d’abuser de sa prépondérance. Il est manifeste que des expressions sonores comme « cohésion nationale » ou « respect de l’ordre constitutionnel» signifient en réalité « reconnaissance du pouvoir établi » et « acceptation des ‘résultats électoraux’ de 2011 ».

Il y a en RDC une crise liée, non aux institutions, mais à ceux qui en occupent les postes à responsabilité. Et cela, tout simplement, parce que la Constitution repose sur l’idée que lesdits postes auront des titulaires désignés par des élections honnêtes, et qu’elles ne l’ont pas été. Mais précisément, dans le vocabulaire de la Majorité, « pas de crise institutionnelle » veut dire « pas de remise en question de la mascarade électorale ».

Un « dialogue » qui ne se baserait pas sur l’acceptation de la réalité, à savoir que les élections de 2011 ont été NULLES, qu’il n’y aura JAMAIS de résultats électoraux acceptable sans recensement national et sans une CENI dépolitisée ne sera jamais qu’un achat à grand spectacle, par la distribution de postes lucratifs, de complices supplémentaires pour ce coup d’état.

Les distorsions du langage ne sont cependant pas le privilège du camp gouvernemental. Si celui-ci parle de « l’ordre institutionnel » ou « constitutionnel » pour défendre ses postes usurpés, pour une partie de l’Opposition « vérité des urnes » se prononce « Tshisekedi président » alors que RIEN ne peut sortir d’une élection NULLE. Proclamer la victoire d’un candidat, quel qu’il soit, c’est tenter le même coup de force que l’on reproche à JKK, à ceci près que, ne disposant pas comme lui de la force, on ne tombe pas dans le crime, mais dans le ridicule.

Une autre partie de l’opposition acceptera sans doute un « replâtrage » par application de la « Loi de l’Entrecôte ». C’est précisément en vue de cette « distribution » qu’il n’y a pas encore eu de remaniement gouvernemental. Elle n’aura lieu que lorsqu’on aura besoin de postes à distribuer.

L’obstination des uns et la vénalité des autres empêcheront une remise en question fondamentale des « élections à corps électoral inconnu » et permettront une soi-disant « concertation » qui n’aboutira qu’à un statu quo, c’est-à-dire au maintien de la même situation pour les élections de 2016. NdlR)

Santé

L’Avenir titre « Lutte contre le sida en Rdc. Le directeur Pays de l’Onusida interpelle les Etats africains sur le non-respect des engagements pris ».
Le directeur pays de l’Onusida en République démocratique du Congo a dit regretter le non-respect des engagements internationaux que prennent les pays membres de l’Onu, notamment la République démocratique du Congo afin de booster le secteur de la Santé. Il l’avait exprimé lors de l’ouverture de la première table -ronde de la deuxième Conférence nationale sur le Vih/Sida, qui se tient à Lubumbashi au Katanga.
Cette table-ronde évaluait les interventions de chaque partenaire évoluant au côté de la Rdc dans la lutte contre le Sida. Y compris aussi le gouvernement congolais lui-même par son ministre de la Santé publique, devrait se justifier devant ses partenaires. Cet exercice qui se tenait pour des raisons de transparence dans la gestion de la maladie, avait pour thème : « La gouvernance dans la riposte face au Vih/Sida en Rdc ».
S’expliquant devant l’assistance, le Directeur Pays de l’Onusida, le docteur Sakho, a déploré le fait que les recommandations d’Abuja, obligeant aux Etats africains d’allouer 15% de leur budget à la santé, ne sont pas toujours respectées. Ceci freine, a-t-il déclaré, la lutte contre le Sida en Rdc et dans tous les autres pays où les gouvernements trainent les pieds. Ce qui passe pour un manque de volonté politique dans le pays.
Autres problèmes qui bloque l’avancée de la lutte contre le Sida en Rdc, le Dr. Sakho, qui n’avait pas gardé sa langue en poche, a déploré la non application du Plan stratégique national ou encore le non alignement des intervenants dans la politique nationale. Alors que ce Plan est fondamental si pas, une boussole pour tout exercice relatif au sida.
« Nous devrions avoir un seul plan de travail qui implique de tous les intervenants et toutes les provinces de la Rdc », a plaidé Dr. Sakho de nationalité sénégalaise. Il a aussi sollicité à l’Etat congolais de mettre en place un seul service de monitoring et d’évaluation, qui aura pour rôle de contrôler toutes les actions liées au Sida, aussi les interventions des partenaires au développement. Ce qui permettra au pays et à ses partenaires d’avoir les mêmes données sur la pandémie et de parler le même langage.
Comme c’est le cas pour plusieurs autres intervenants, Dr. Sakho a estimé qu’il faut redynamiser le Conseil national multisectoriel de lutte contre le Sida (Cnmls), présidé par le chef de l’Etat. « Nous devrions maintenant passer à l’action. Il y a eu beaucoup de discours, et des bonnes idées, il faut maintenant agir », a-t-il lancé à l’assistance, dans laquelle se trouvait le ministre de la Santé, des experts, responsables des structures de santé et aussi des professeurs.
Le représentant du Fonds mondial, un des grands partenaires de la Rdc en matière de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué qu’une enveloppe de 130 millions pourra être mis-en à la disposition de la Rdc. Cependant, a-t-il précisé, les interventions de sa structure ne se feront que dans le cadre du Ccn et de la bonne gouvernance. Cette bonne gouvernance doit se faire dans la séparation des coordinations techniques afin d’éviter l’amalgame que l’on constate dans la coordination des interventions de partenaires. Ce même problème a été décrié par le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Conscient de tous ces défis, le ministre de la Santé a rassuré ses partenaires sur l’implication de son gouvernement qui alloue déjà une ligne budgétaire à la lutte contre le Sida. Ce qu’il ne faisait pas avant. C’est un progrès qu’il faut encourager. Cette implication du gouvernement répond à une inquiétude des partenaires qui reprochaient à l’Etat congolais de ne pas financer la lutte. Maintenant que les choses vont prendre une autre tournure, le ministre de la Santé a exhorté l’assistance, chacun en ce qui le concerne, à emboiter le pas au gouvernement. Parce que, souligne-t-il, le leadership dans la lutte contre le Sida doit être intériorisé par tous. « Ce n’est pas l’affaire du ministre de la Santé seul. C’est tout le monde », a exhorté le ministre congolais de la Santé, avant d’appeler tous les partenaires à s’aligner derrière le Plan tracé par l’Etat. Les ministères de Transport, du Plan, des Affaires étrangères… se trouvaient aussi dans le panel des intervenants. La deuxième journée de la conférence avait commencé avec une autre série d’exposés, suivie des questions et réponses. Selon le programme, les travaux en atelier commenceront aujourd’hui et de là, sortiront des recommandations, qui seront suivies par une cellule qui aura pour rôle de veiller à leur application.

Divers

Le Phare titre sur la crise au parti du Sénateur Jean-Pierre Bemba, « Ça chauffe au Mlc au sujet des affaires Kabwelulu, Gouvernorat de l’Equateur et Ceni ».
Il annonce par ailleurs que « Kambinga, Babala et Bussa s’expliquent devant la Commission de discipline. Tandis que, ajoute ce journal, Thomas Luhaka est en consultation à la Haye auprès de Jean-Pierre Bemba ». Manifestement clos au niveau de l’Assemblée nationale, après les sorties médiatiques d’Aubin Minaku, président du bureau de cette institution, explique Le Phare, des députés de l’opposition et de Germain Kambinga lui-même, accusé d’avoir touché des pots de vin en vue du retrait de la motion de défiance contre le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, ce dossier est loin de l’être au niveau de son parti, le Mouvement de libération du Congo (Mlc).

Le Phare titre aussi: « Le patrimoine de la police nationale spolié ».
Selon ce journal, 75 % des sites affectés par l’Etat n’ont aucun de titre de propriété.

Au sujet du Festival international du rire de Kinshasa, L’Avenir annonce « Plus de dix humoristes étrangers déjà à Kinshasa. Festival Toseka rassure la tenue de sa 2ème édition »,. Pour cette édition, relève ce journal, le nombre d’artistes est passé de 12 à 24. Avec une part importante réservée aux talents locaux tels qu’Esobe, Erick Kashala, Kadiombo, Saïsaï, Dauphin, Commandant Ngi, qui n’ont pas manqué le rendez-vous d’hier mardi à l’Hôtel Memling pour cette présentation devant la presse. Ajouter à cela, de jeunes humoristes congolais en atelier de formation et d’échange avec au volant Omar Defunzu du Gabon.

L’agence Belga annonce « La Belgolaise acquittée sur toute la ligne par le tribunal correctionnel »

La Belgolaise et la Banque Centrale du Congo (BCC) qui étaient poursuivies pour faux, usage de faux, blanchiment et abus de confiance ont été acquittées par le tribunal correctionnel de Bruxelles, annoncent mercredi L’Echo et La Dernière Heure. Les soupçons de faux, usage de faux et blanchiment portaient sur une série d’ordres de transferts entre la Miba (Minière de Bakwanga), la Belgolaise et la BCC. Il était question de prélèvement sur les comptes de la Miba « pour efforts de guerre » avec achats d’armes destinées à la rébellion. Le parquet suspectait la Belgolaise d’avoir commis des actes de blanchiment dans le cadre de ces achats d’armes. L’affaire vient de se clôturer sur un acquittement. « La renommée de la banque a été salie alors qu’il s’agissait d’une des meilleures banques présente en Afrique », a réagi Me Pierre Buyle, l’un des avocats de la Belgolaise. L’ancien ministre congolais des Affaires étrangères, Charles Otoko, a également été acquitté pour le volet financier de ce dossier. Il a par contre été condamné pour l’enlèvement, en avril 2004 à Bruxelles, d’un employé de la Miba. Le tribunal, tout en reconnaissant que le délai raisonnable avait été dépassé, a condamné M. Otoko et les trois kidnappeurs à 10.000 euros de dommages et intérêts.

L’on trouvera d’autre par sur CongoForum les derniers développements de l’
Affaire Firmin Yangambi: Plaintes adressées au Procureur Général de la République de la RD Congo pour faux et usage de faux commis par des hauts magistrats et tentative d’enlèvement d’un greffier et de vol du dossier par des inconnus.

© CongoForum, le mercredi 26 juin 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

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