«DEBARASSONS-NOUS DE TOUTE PEUR ET UNISSONS-NOUS POUR REVENDIQUER NOS DROITS»

4 juillet 2013

Billet du jour

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Province du Sud-Kivu
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Lettre ouverte d’un jeune congolais adressée à ses congénères

«DEBARASSONS-NOUS DE TOUTE PEUR ET UNISSONS-NOUS
POUR REVENDIQUER NOS DROITS»

Chers jeunes,

Permettez-moi de vous adresser cette lettre ouverte pour vous exprimer ce qui me tient à cœur. Qui sommes
nous devenus, aujourd’hui, nous jeunes ? Quel est notre avenir et celui de notre cher pays, la RDC?
Qu’avons-nous fait de ce grand et magnifique cadeau reçu de Dieu et nous légué par nos ancêtres, au plus
grand sacrifice? Que devons nous faire pour changer et améliorer notre sort qui du moins n’est même pas
une fatalité? Que devons nous faire pour changer la situation chaotique dans laquelle se trouve plongé depuis
des décennies, notre pays ? Voilà au tant de question que nous devons nous poser au quotidien.

Chers amis jeunes, filles et garçons,

La République démocratique du Congo, notre pays, attend beaucoup de nous. Nous constituons le gage de
son avenir. D’où l’impérieuse nécessité pour nous de prendre en main toutes nos responsabilités. Nous avons
l’obligation d’agir pour changer le cours de chose dans notre pays. Il est grand temps de passer des jérémiades aux actions concrètes. Nous avons tant pleuré et crier à gauche à droite ; c’en est assez.
N’est ce pas qu’il est dit que «la jeunesse est la sève où l’on fera vivre l’avenir de son pays ? ». Mais hélas,
nous-mêmes, donnons la place aux ennemis de la paix pour venir déstabiliser notre pays en intégrant des
groupes armés à la solde des pays étrangers aux visées expansionnistes. Il est temps de renoncer à des telles
pratiques et de nous vouer au développement de notre pays. Nous sommes considérés aujourd’hui, partout dans le monde comme étant une jeunesse naïve, impuissante, corrompue, sans vision, instrumentalisée, peureuse, tribalisée… une jeunesse qui s’occupe et s’intéressé plus à la musique, à la bière et aux femmes…

Il est grand temps de rompre avec ces pratiques et de nous souder les coudes pour forcer les choses. Nous ne
devons plus continuer à croiser les bras. Nos semblables, longtemps marginalisés par leurs dirigeants ont eu
à faire bouger les choses dans certains pays d’Afrique du nord au travers du désormais célèbre « printemps
arabe ». Nous pouvons donc aussi faire bouger les choses et contraindre nos dirigeants à désormais prendre
au sérieux la jeunesse congolaise. A lui assurer un avenir meilleur : accès à l’éducation de base, accès
équitable à l’emploi. Le chômage dans lequel croupit la quasi-totalité de la jeunesse congolaise est aussi à la
base de son oisiveté et pousse certains d’entre eux à des pratiques peu orthodoxes. Il nous revient donc, nous
même jeunes à forcer les choses et ce par tous les moyens nous reconnus tant par notre constitution que par plusieurs instruments juridiques régionaux et internationaux.

Aujourd’hui dans notre pays, nous sommes 60% de la population active,

de la population qui peut développer son pays, de la population qui a donné le pouvoir aux différentes catégories de politiciens qui nous rongent, qui ne pensent jamais à nous, qui nous négligent, qui ne préparent pas notre avenir, qui pillent notre pays, qui complotent avec les étrangers pour continuer à nous clochardiser, à nous distraire ; bref de nous mettre en embuscade afin que nous puissions demeurer une jeunesse insolvable, sans valeur, sans vision, sans conscience de la vie qu’elle mène, être considérée toujours comme une jeunesse dangereuse par d’autres jeunes du monde.

Pourquoi, nous sommes incapables de nous unir ?

Pour moi je crois que c’est parce que, nous sommes manipulés par de politiciens de nos tribus, nous sommes égoïstes, sans conscience, incapables de revendiquer nos droits et de parler un même langage. Tout ceci à cause de la peur extrême qui nous caractérise. Débarrassons-nous de notre peur et nous serons en mesure de bien revendiquer nos droits.
Un droit on ne le négocie pas, on l’arrache. Battons pour recouvrer tous nos droits, principalement ceux
d’accès à l’éducation et à l’emploi. Battons nous pour bénéficier aussi des revenus issus de nos scandaleuses
ressources minières. Ces ressources et richesses congolaises sont pour nous toutes congolaises et tous congolais. Ce n’est pas une exclusivité de ceux qui nous gouvernent par défis. Débarrassons de cette peur de mourir, car chaque être humain est appelé à mourir un jour.
Ne mourrons nous pas de cette terrible et redoutable pandémie, le sida et tant d’autres maladies ?

Il est grand temps d’appuyer sur l’accélérateur pour que les choses changent positivement au Congo. Il en est de nos responsabilités patriotiques et historiques. Si nous ne faisons rien pour notre pays, nous en répondrons tôt ou tard devant nos progénitures.
Ayons comme modèle, la jeunesse allemande. Après les différentes guerres que la jeunesse allemande a été
victime de toute sorte, manque d’emploi c’est-à-dire le chômage exagéré, comme le notre aujourd’hui, le
mouvement de jeune qui a eu une très grande importance dans le premier tiers de siècle. Ce mouvement, qui
s’opposait avec force au monde des adultes embourgeoisé, cherchait à retrouver le contact avec la nature et à
vivre une nouvelle existence communautaire. Avec ses chants, ses randonnés et ses jeux de camps
romantiques, il est parvenu à séduire des millions de jeunes. C’est dans ce mouvement où on a aujourd’hui
les mouvements écologiques, alternatifs et pacifiques.
Mais pour nous, nos mouvements des jeunes sont, des mouvements de manipulations, des tribalismes, qui se
manifestent lors des arrivées des différents politiciens, des hommes politiques, des certains leaders
communautaires, parce qu’on sait qu’ils nous donneront la bière et enfin une petite somme pour le transport,
appelé « Qui mange ». Et pourtant ces mouvements des jeunes doivent être le mouvement des réflexions sur
notre vie quotidienne, notre avenir, de conscientisation pour le changement durable, etc.

« Malheur à un homme qui ne pourra pas mieux faire que son père » dit-on, quelle histoire donnerons-nous à nos successeurs ?

Et pourtant la jeunesse des années 89-90 nous a laissé la marche vers la démocratie et de
nous montrer comment dire non, le 16 février 1992, les chrétiens ont accepté de mourir à cause de l’avenir
ce pays, de l’amélioration des conditions de vie de Congolais jadis Zaïrois. Comment nous défendrons les
sangs des mères, sœurs, frères, filles et fils de la République Démocratique du Congo, qui ont cimenté
l’indépendance, la démocratie de ce pauvre pays ?

Qui défendra les bravoures de Patrice Emery Lumumba,
Mzee Laurent Désiré Kabila, Mgr Munzihirwa, d’heureuse mémoire, Pascal Kabungulu, de nos amis jeunes
Serges Maheshe Kasole, Didace Namujimbo, Koko Bruno, Franck Kinkie, Floribert Chebeya, Pascal
Banzana, de nos mères enterrées vivantes à KASIKA, de nos compatriotes massacrés à Kanyola, Makobola,
Nindja, Kiwanja, Rutshuru…le sang de plus de sept millions de congolais innocemment massacrés par les
troupes rwandaises, ougandaises, burundaises lors de toutes ces guerres à répétition qui continuent à sévir
dans notre pays.
Nous devons parler un même langage pour bien défendre nos droits légitimes et de dire non lorsque rien ne marche, au lieu d’être toujours clochardisé par nos différents leaders politiques ou les autorités politiques, car nous sommes devenus leurs marches pieds. Nous devons briser la peur pour dire tout haut ceux que les autres disent tout bas, car le Congo, c’est notre pays que nous devons toujours protéger. Le Congo est à nous, c’est notre propriété, nous n’aurons pas un autre pays en dehors de ce Congo.
L’avenir de la République Démocratique du Congo, c’est notre crédo que nous devons à tout prix de construire, si non nous allons continuer à pleurnicher et nous devons continuer à étudier, à faire des années d’études et nous ne serons jamais utilisés et ils continueront à nous piétiner.

Débarrassons-nous de la peur et levons nous comme un seul homme pour revendiquer nos droits. Jeunes,
ensemble et sans peur, nous pouvons.
A bon entendeur, …
Fait à Bukavu, le 24 juin 2013

Battiston LAISI
Jeune Congolais

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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