21/08/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MECREDI

(CongoForum)

Les travaux préparatifs des concertations nationales piétinent, tous les journaux parus ce matin dans la capitale congolaise le constatent, mais on est loin de s’accorder sur les causes de cette paralysie. Les journaux donnent également quelques nouvelles du conflit en cours dans les Grands Lacs.

Concertations nationales : le blocage

D’après La Prospérité, qui titre « Concertations nationales : Majorité et Opposition divisées ! », le voile n’est pas encore levé sur la participation des groupes armés, les immunités et le quota des participants aux Concertations nationales prévues à Kinshasa dans les jours à venir. C’est ce qu’on peut affirmer à cette étape de l’expiration du délai imparti aux groupes de contact, soit 72 heures, à dater de samedi 17 août 2013, indique le journal. Le débat est houleux dans la salle de banquet du Palais du peuple.
A propos des points d’achoppement, La Prospérité explique que la MP est convaincue que l’ordonnance créant les concertations nationales offre des garanties nécessaires et suffisantes, tandis que l’opposition pense qu’il faudra, en plus de cette ordonnance, inviter les Nations Unies pour rassurer tout le monde. Entre temps, les jours s’égrènent, avertit le journal qui fait remarquer que bientôt, Kengo et Minaku seront écartelés entre les travaux des concertations et la session budgétaire de septembre 2013 au Parlement, de même que les députés et sénateurs qui sont ‘’concertateurs’’.

L’Avenir titre « Concertations nationales : les travaux préparatoires dans l’impasse ».
Selon lui, la majorité, l’opposition politique et la société civile ne parviennent pas à accorder leurs violons quant à l’immunité des participants, le quota réservé à chaque composante, la sécurité de participants, le caractère opposable à tous des conclusions des assises, etc. Selon ce journal, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat sont interpellés, d’autant que dans leur mission de direction des Concertations nationales, ils doivent prendre toutes les mesures en vue de la bonne tenue et de l’aboutissement heureux de ces assises.

Forum des As titre à la une: « concertations nationales : allures dangereuses ! ».
Ce quotidien note que, jusqu’ici, le lieu et la date des concertations nationales n’est pas la préoccupation majeure des politiciens congolais. Le plus important pour chacun est d’être retenu parmi les participants. C’est donc là que les romains s’empoignèrent, ajoute La Prospérité.
En initiant cette rencontre, Joseph Kabila a eu la volonté de mettre tout sur la table et dialoguer. Dialogue, Certes. Mais avec qui et pour quelle finalité ? C’est encore là, une autre problématique. Sinon la plus importante, selon le journal. Certains répondraient volontiers : « Dialoguer avec tout le monde ». C’est possible s’il faut rester sur le schéma de la représentativité que requiert la démocratie, estime le quotidien. Mais, en même temps impossible si chacune des quatre cent cinquante tribus du pays tient à se faire représenter, prévient le tabloïd. C’est d’autant plus difficile aussi si chaque localité veut faire entendre sa voix au cours de cette rencontre, conclut La Prospérité.

(Il faut toujours se rappeler, à propos de ces concertations, qu’elles résultent de la contestation des élections nulles du 28/11/11[1]. L’enjeu majeur de ces concertations est de savoir si le Pouvoir, mis en place par un coup de force après des élections nulles, réussira à se faire conférer un semblant de légitimité par une « concertation », promise pour régler le contentieux électoral mais qui a fni par concerner tout et son contraire sous le nom fumeux de « cohésion nationale ». Le principal ressort du coup d’état a consisté à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. On a donc constitué un gouvernement – sans doute conçu au départ comme devant avoir une courte durée – qui bien sûr n’est pas soutenu par l’opposition mais qui mécontente aussi beaucoup de monde dans la Majorité dont il est issu. Les « concertations » pourraient être l’occasion d’un remaniement, dit-on, voire d’un gouvernement « d’Union Nationale ». Cela peut attirer opposants et mécontents de la Majorité au nom de la « Loi de ‘Entrecôte ».
Les participants putatifs ont donc des objectifs différents, qui entraînent des blocages eux aussi différenciés.
Certains conditionnent leur participation à des possibilités réelles d’évoquer le « sujet qui fâche » – i.e. l’illégitimité du pouvoir – sans se voir couper la parole et sans être réprimés par la suite. C’est du désir de telles garanties que découlent des suggestions comme une « facilitation » internationale, d’inviter les Nations Unies pour rassurer tout le monde ou encore des garanties d’immunité – contre des aventures comme la condamnation du député MSR Muhindo Nzangi, élu du Nord-Kivu, par la Cour Suprême de Justice.
D’autre part, la « Loi de ‘Entrecôte » entraîne de grandes exigences d’« inclusivité », parce que chacun veut être là pour le partage et que le meilleur moyen pour cela, lorsque l’on n’est pas un parti numériquement important, est de jouer la carte du régionalisme ou de l’ethnisme. Le Congo, pris dans son ensemble, n’a pas d’ethnie dominante, ce qui veut dire aussi que c’est un pays où il n’y a que des minorités. Rien de plus simple, donc, que d’y crier à l’exclusion ethnique ou régionale. NdlR)

Est

Le Potentiel nous fournit une transition élégante entre les deux sujets.

Pour Le Potentiel, en effet, « Kampala plombe les concertations nationales .
Ce journal se pose la question de savoir pourquoi les concertations nationales, annoncées depuis décembre 2012 par le chef de l’Etat, tardent à se concrétiser, malgré la désignation du présidium et la mise en place du comité préparatoire et autres structures y afférentes ? Au journal de répondre : ce forum national est plombé par le dénouement, heureux ou malheureux (c’est selon) des pourparlers entamés à Kampala entre le gouvernement et le M23.
« En clair, la dynamique interne imprimée à ces rencontres, au nom du retour de la paix pour l’une et de la cohésion nationale pour l’autre, bute à ce que les grands de ce monde ont comme agenda sur la RDC. Quid ?
Initiative de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), les pourparlers de la capitale ougandaise piétinent de l’absence de rapprochement entre les cahiers de charges des protagonistes. Après plusieurs rencontres, ceux-ci ont campé sur leurs positions respectives au point où, la médiation ougandaise éprouve toutes les peines du monde pour obtenir des concessions de part et d’autre de manière à faire avancer les négociations et aboutir à un dénouement qui satisfasse tout le monde.
Huit mois plus tard, le dialogue est au point mort. Tout ce que l’on pourrait retenir comme avancées (sic) à ce jour, c’est juste quelques moutures – il en y aurait déjà deux- sur lesquelles la médiation ougandaise serait en train de s’activer pour tenter de trouver un terrain d’entente. Les points d’achoppement seraient, entre autres, la question de souveraineté de la RDC sur laquelle la partie gouvernementale n’entend pas transiger, l’exigence du M23 d’être insérée dans toutes les institutions de la République de même que le droit qu’il s’adjuge de gouverner les territoires sous son contrôle pendant cinq ans renouvelables.
C’est dans ce contexte de statu quo qu’est intervenue le 26 juin 2013 l’Ordonnance portant organisation et fonctionnement des concertations nationales annoncées au moment où s’ouvraient les pourparlers de Kampala. L’objectif de ce forum, aux termes de l’Ordonnance présidentielle, est de sauvegarder la cohésion nationale face à l’agression.
Toutefois, l’initiative elle-même ainsi que les termes de référence des concertations nationales ont tout de suite fait l’objet de contestation dans la classe politique, voire dans l’opinion publique. Chacun y est allé de son interprétation à telle enseigne que des signes de blocage, sinon d’enlisement n’ont pas tardé à se manifester. La polémique sémantique a tourné autour d’un cadre sans exclusive, d’échanges devant aboutir à un partage de pouvoir au finish, à une transition qui favoriserait la révision de la Constitution, etc.
Pour contourner tous ces points de blocage, il a été recouru à l’implication du président Sassou Nguesso, du fait qu’il est accepté par toutes les parties congolaises. Là encore, l’unanimité n’a pu être dégagée sur la qualification de son intervention. Là où les uns parlent de facilitation, les autres préfèrent médiation. Dans un document officiel, la terminologie accompagnement, aurait pris le dessus sur les autres expressions.
Un ballet diplomatique a été constaté ces dernières semaines à Brazzaville où Majorité et Opposition ont défilé. Bien plus, un éventuel rapprochement entre le président de la République Joseph Kabila et le président de l’UDPS a même été projeté. Cela devant être préparé, au préalable, par un tête-à-tête Etienne Tshisekedi-Denis Sassou Nguesso qui, à la dernière minute, a avorté pour des raisons non e ncore élucidées. Au finish, le temps passe et rien ne vient rassurer quant à la tenue effective de ce forum.
Voilà que, aux dernières nouvelles, il nous revient que les chefs d’Etat de la CIRGL auraient convenu d’accélérer le processus de Kampala et d’y mettre un terme avant d’organiser les concertations nationales. Ce serait, renseignent des sources diplomatiques, consécutif aux recommandations du dernier sommet de la SADC.
Il s’agirait, en réalité, d’impliquer le M23 dans la dynamique des concertations nationales qui passeraient, aux yeux de beaucoup d’observateurs, plus déterminantes au motif qu’elles pourraient vider toutes les questions liées à la légitimité du pouvoir et déboucher sur la réconciliation nationale, socle de la cohésion nationale.
C’est dans cet ordre d’idées que les mêmes sources, généralement bien informées, ont laissé entendre que le président de la République aurait effectué le déplacement de la capitale ougandaise pour la concrétisation de cette démarche qui démontre, une fois de plus, qu’elle est encore loin l’époque où les Congolais réglaient leurs problèmes sans recourir à la communauté internationale.
En attendant, il faudrait avouer que la tenue effective des concertations nationales est plombée par l’issue des pourparlers mis sur mode urgence ».

Forum des As titre « Débordement de la guerre du M23 : le président tanzanien Jakaya Kikwete expulse 6.000 illégaux Rwandais ».
Il indique que ce sont donc des immigrés illégaux, dont la plupart sont là depuis des années qui ne se préoccupent pas de régulariser leur situation auprès des autorités du pays. Alors qu’en réalité, elle concerne tous les expatriés vivant en Tanzanie sans document légal, donc en situation irrégulière. A Kigali, on accuse la Tanzanie d’avoir expulsé même des Rwandais légalement installés au pays. Mais, le Rwanda soutient qu’il ne va pas répliquer en renvoyant les Tanzaniens qui vivent aussi illégalement sur son territoire et qui sont tout aussi nombreux mais qu’il se réserve le droit de saisir la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est dont les deux pays font partie et qui impose une procédure pour les cas d’expulsions massives.

Selon Radio Okapi, reprise par Le Potentiel et citant des sources dans la citée de Kiliba située à environ 27 km de la ville d’Uvira, « Un groupe de Rwandais chassés de la République de Tanzanie ont introduit sur le territoire congolais plus de mille six cent cinquante quatre vaches (1654) et qui sont actuellement bloquées dans un site de la localité de Kigongo, à 7 Km au sud de la cité d’Uvira dans la province du Sud-Kivu. » Ces troupeaux appartiendraient à des éleveurs rwandais expulsés récemment de la Tanzanie et ont traversé la frontière congolo-burundaise de Kiliba en direction de la province du Katanga.
Toutes ces vaches se trouvaient jusque mardi à midi (heure locale) au site du marché de Kigongo, au sud de la cité d’Uvira. Pour atteindre le Katanga, ils devraient passer par le territoire de Fizi.
Selon Radio Okapi, les vachers rwandais ont déclaré à M. Kijanda Lulege, le chef de cellule de la production animale d’Uvira, que leurs titres de propriété sur ces animaux avaient été déchirés par des éléments Maï-Maï dans la localité de Makobola, alors qu’ils s’apprêtaient à traverser le territoire de Fizi. D’autres sources sur place à Kigongo ont indiqué que des combats signalés le week-end dernier entre un groupe de miliciens et les FARDC auraient arrêté la progression de ces troupeaux vers Fizi. Il y a deux semaines, des vachers parmi lesquels des Congolais et des étrangers s’étaient présentés à son bureau pour déclarer leurs troupeaux, a déclaré Kijanda Lulege. Il s’agissait «d’éleveurs connus » de la Rusizi en transhumance à Kigongo, a-t-il ajouté sans donner plus de détails.

Selon des informations obtenues par Le Potentiel « Le M23 impose une quittance d’« effort de guerre » aux ménages de Rutshuru »
Le mouvement rebelle du 23 Mars (M23) imposerait à la population une « taxe » pour « effort de guerre » sur le territoire de Rutshuru. Le porte-parole civil du M23, Amani Kabacha a démenti cette information par téléphone. Selon lui, il s’agirait de « supputations, et si ce n’est pas des supputations, alors ce sont des imaginations, juste pour essayer un peu de nuire ».

© CongoForum, le mercredi 21 août 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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