23/08/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI

(CongoForum)

En politique congolaise, il faut toujours s’attendre à une reprise des hostilités à l’Est à chaque fois que, durant quelques jours, l’attention s’est trop longtemps focalisée sur les « concertations », donc sur l’illégitimité du pouvoir en place. Plusieurs médias ont annoncé la chute d’obus dans la ville de Goma, le jeudi 22 août 2013. L’offensive des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) contre le M23 soutenu par le Rwanda donc une large place dans les médias internationaux et domine l’actualité des journaux publiés ce matin à Kinshasa. Des sujets comme les concertations nationales, la fibre optique ou les voyages de JKK se voient donc renvoyés au rang des « divers ».

Est / presse internationale

L’on pouvait lire sur le site de RFI, http://www.rfi.fr/afrique/20130822-nord-kivu-ville-goma-visee-tirs-obus : »Des combats ont lieu depuis une semaine entre les forces congolaises et le M23, dans les environs de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce jeudi, la ville de Goma a été touchée par des obus, dont certains auraient été tirés du territoire rwandais, qui ont tué au moins quatre personnes et blessé douze autres, selon un bilan provisoire. Le gouverneur du Nord-Kivu demande une intervention directe de la Monusco, la force des Nations unies déployée dans la région. »

Belga et la RTBF font état de la réaction des autorités congolaises.
La plupart des roquettes tombées jeudi sur la périphérie de la ville de Goma, tuant au moins deux personnes, venaient du Rwanda, a affirmé vendredi le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, à Kinshasa. « Le plus grand nombre de tirs à la roquette provenaient du territoire de la République du Rwanda, plus précisément des localités de Mukamira et de Rugero, dans le district frontalier de Rubavu et de la localité de Mahuku », a affirmé le porte-parole au cours d’une conférence de presse. « Le gouvernement de la RDC attend de son voisin une explication sur ces faits particulièrement graves », a-t-il dit. Des affrontements ont repris mercredi soir au nord de Goma entre le mouvement rebelle congolais M23 et l’armée congolais, provoquant la mort de quatre civils et en blessant une dizaine, selon l’ONU. M. Mende, également ministre des Médias, a affirmé que dix-sept rebelles avaient été tués depuis mercredi et douze capturés.
Le Rwanda avait accusé jeudi l’armée congolaise d’avoir délibérément lancé une roquette sur un village rwandais, sans faire de blessé, dans un communiqué publié par le ministère rwandais de la Défense qui dénonçait « un acte de provocation ». Répliquant à ces accusations, le ministre congolais a affirmé: « c’est le M23 qui a lancé ces bombes au Rwanda pour ensuite accuser l’armée congolaise afin de justifier l’entrée en guerre contre la RDC de ce pays (le Rwanda, ndlr) qui le soutient déjà de manière officieuse ». M. Mende a réaffirmé « que l’initiative de la reprise des hostilités dans la nuit de jeudi à vendredi avait été, bel et bien, le fait des mutins du M23 et de leurs maîtres à penser qui ont lancé une attaque contre les positions des FARDC à Kibati ». « La déstabilisation systématique du Kivu (est de la RDC) et la balkanisation de la RDC reste à l’agenda de certains cercles à Kigali », a-t-il lancé.
es pourparlers entre Kinshasa et le M23 s’étaient ouverts début décembre à Kampala, et sont à présent au point mort. M. Mende a affirmé que ces négociations n’étaient pas interrompues mais « suspendues aux synthèses du médiateur ougandais ». Aucune décision n’a été prise de mettre un terme à la présence du gouvernement congolais à Kampala, a-t-il dit.

A Bruxelles, un communiqué de presse du SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement donne le point de vue de Didier Reynders à propos de la reprise des combats autour de Goma en RDC.
Didier Reynders, qui était encore la semaine dernière en République Démocratique du Congo, a pris connaissance avec inquiétude des dernières informations qui lui parviennent sur la reprise des combats autour de Goma, dans l’Est de la RDC. En effet, depuis ce mercredi, les rebelles du M23 ont relancé l’offensive, en envoyant des tirs d’obus dont certains ont atterri dans la ville de Goma.
Lors de sa visite à Kinshasa, le Ministre avait rencontré le nouveau responsable de la MONUSCO Martin Kobler et le Général Dos Santos Cruz, Force Commander. Tous deux se sont montrés disposés à engager les troupes de la MONUSCO afin de protéger la population locale. Didier Reynders espère dès lors que la MONUSCO réagira rapidement, afin de neutraliser au plus vite la capacité de nuisance et d’attaque du M23 sur une ville aussi densément peuplée que Goma.

Est / médias congolais

L’Avenir écrit en manchette « Reprise des combats à Kibati : les Fardc de nouveau agressives et les militaires rwandais et le M23 en débandade »
Une fois de plus, des combats ont repris depuis mercredi 21 août 2013 dans le groupement de Kibati, après un long moment d’accalmie, opposant les Fardc aux rebelles du M23, soutenus comme toujours par les Rwanda, note ce journal. 12 rebelles capturés parmi lesquels des sujets rwandais et plusieurs armes récupérées par les forces loyalistes tandis que Goma a été touchée par quatre obus tirés à partir du Rwanda. Preuve de plus que la Rdc combat plutôt contre le Rwanda que le M23, fait savoir le journal.

Pour La Prospérité, le M23 et, avec lui, le Rwanda, ont lancé, depuis le 21 dernier, à travers la reprise des hostilités aux abords de Goma, un véritable ballon d’essai en direction de Martin Kobler, le nouveau patron de la MONUSCO. Le 22 août dernier, la capitale de la province du Nord-Kivu a été visée par une pluie d’obus, principalement vers les quartiers Virunga et Birere. En provenance du Rwanda, une bombe a tué, sur le champ, 3 enfants ainsi que leur mère, à Munigi à une dizaine de Kilomètres du centre-ville de Goma. Une autre a détruit, littéralement, l’école Anglicane, causant la mort d’une personne. Le bilan à ce stade fait état de 5 morts.
La Prospérité, en conséquence, titre : « Kigali viole l’Accord-cadre : Goma bombardé, la Brigade défiée ! » et fait savoir que la capitale provinciale du Nord-Kivu a été visée par une pluie d’obus hier, principalement vers les quartiers Virunga et Birere. « En provenance du Rwanda, une bombe a tué, sur le champ, 3 enfants ainsi que leur mère, à Munigi, à une dizaine de km du centre-ville de Goma. C’est le moment ou jamais, pense-t-on, pour la Brigade d’intervention de se faire signaler, note ce journal.

Par ailleurs, se basant sur ces sources, le journal affirme que des unités de l’armée régulière rwandaise, venues en renfort au M23, auraient été aperçues au front. Ce qui constitue, au vu et au su de tout le monde, y compris de la Monusco et de Mary Robinson, une violation flagrante de l’Accord-Cadre signé, le 24 février 2013, à Addis-Abeba. Mais, comme le ridicule ne tue pas, c’est Kigali, par la voix de son ministre de la Défense, James Kabarebe, qui accuse les Forces armées de la RDC (FARDC) d’avoir bombardé le territoire rwandais, indique La Prospérité. Selon le quotidien, un calme précaire a été observé jeudi dans l’après-midi, à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.
Selon La Prospérité, le M23 et, avec lui, le Rwanda, ont lancé, depuis le mercredi dernier, à travers la reprise des hostilités aux abords de Goma, un véritable ballon d’essai en direction de Martin Kobler, le nouveau patron de la Monusco.

Forum des As titre : « Kigali frappe au cœur de Goma: cinq personnes tuées par bombes ». Ce journal reprend la réaction de Kinshasa qui rejette ces accusations gratuites et exige de Kigali, des explications claires de la présence de ses troupes régulières sur le territoire congolais. Tandis qu’à Goma, les propos de James Kaberebe ont davantage excité la colère de la population autochtone.
Pour Forum des As, les faits paraissent bien clairs. James Kabarebe ferait mieux de bien habiller ce qui parait être un mensonge d’Etat, car comment comprendre que des bombes des FARDC pour déstabiliser le Rwanda, changent brusquement de trajectoire pour tuer à Goma. Le patron de la Défense rwandaise ne dit rien à ce propos.

Parmi les commentaires congolais, il faut épingler celui du Blog de Cheik Fita, que voici. Quand on y prête attention, on se rendra compte que c’est depuis octobre 1996 que la population de Goma vit sous le bruit des bottes et le crépitement des armes, à part quelques courtes trêves.

Que faut-il pour que la paix revienne enfin et pour longtemps dans cette partie de la république?

Si au plan extérieur, le Rwanda de Kagame est responsable des guerres à répétitions à l’est de la RD Congo, par ses visées hégémoniques et sa propension au pillage des ressources congolaises, au niveau national on observe une certaine agitation politique, claironnée par les médias officiels congolais.

Cela serait-il la solution?

Non.

C’est de notoriété publique et limpide comme l’eau de roche, au niveau congolais, le mal a un nom: l’aventurisme, l’imposture et l’incompétence au sommet de l’état. A ces trois gangrènes, une quatrième est venue s’y greffer: l’illégitimité suite au hold-up électoral du 28 novembre 2011.
(L’auteur fait allusion à la situation résultant des élections du 28/11/11. Elles ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)
La république est sous la botte d’animateurs dans lesquels le peuple ne se reconnaît pas: de la base au sommet.

Nous l’avons dit et redit depuis des années: le pouvoir du peuple a été confisqué par une clique d’individus. Illustration:

- Plus d’un quart de siècle sans des élus locaux. Les dernières élections communales avaient eu lieu sous Mobutu, en 1986!

- Des députés provinciaux sans légitimité car ayant épuisé leurs mandats

- Des gouverneurs sans légitimité car issus de parlements provinciaux eux-mêmes sans légitimité.

- Des sénateurs sans légitimité car issus aussi de parlements provinciaux qui auraient dû déjà disparaître. Lors de son dernier passage au sénat belge, nous avions interviewé monsieur Kengo à ce sujet, il l’avait reconnu: voir la vidéo: http://youtu.be/1_LtToVEKrg )

- Des députés issus d’un suffrage frauduleux.

- Un gouvernement issu d’un parlement engendré par un hold-up électoral.

- Un président sortant qui se maintient suite au bourrage des urnes, grâce à une commission électorale complaisante, et après avoir tripatouillé la constitution.

Avec des animateurs dans lesquels le peuple se reconnaîtrait, la guerre à l’est aurait-elle pris fin? Oui.

Le peuple étant la plus grande armée d’une nation, plus la population se reconnaîtra en ses dirigeants, plus elle collaborera avec eux dans tous les domaines: sécurité, renseignement, initiatives, production économique…

A contrario, moins le peuple se reconnaîtra en ses dirigeants, plus ceux-ci auront du mal à piloter ce grand navire qu’est une nation.

Au jour d’aujourd’hui, ce qui nourrit la guerre à l’est de la RD Congo, c’est l’absence de légitimité à la tête du pays, doublée d ‘une désarticulation totale de l’appareil de l’Etat.

Et toutes les agitations qu’on observe ici et là pour soit-disant obtenir une certaine « cohésion » de la nation ne sont qu’une fuite en avant.

Un mal se combat à la racine. La racine du naufrage de l’état congolais a un nom : l’illégitimité. Illégitimité s’entendant par -des individus qui parlent et décident au nom des autres sans en avoir mandat, des individus engageant le présent et l’avenir de millions de Congolais-. Les uns, par cupidité, pour leurs petits intérêts, pour leurs positionnements pour leur survie, les autres, dans la hantise et la peur de ce qui leur adviendrait une fois hors du « pouvoir. »

C’est de ceci dont sont victimes nos compatriotes de l’Est de la RD Congo et de Goma en particulier.

Est-ce humain de se servir de cette tragédie pour s’enrichir et se cramponner au pouvoir? »

Divers

Le Potentiel note « Fibre optique : deux firmes chinoises s’empoignent ».
Alors que le lancement de la fibre optique bat encore de l’aile, une autre facette de ce projet vient d’être mise à nu du fait de l’implication indue du ministère des PT et NTIC. Ce dernier arrache et accumule des signatures d’accords dans l’ignorance totale de la SCPT.
C’est la Direction de gestion de la dette publique (DGDP) qui a découvert le pot aux roses. Dans un mémo au ministre des PT et NTIC, elle s’oppose totalement au montage financier de l’accord que ce dernier a conclu avec ZTE sur le projet de réseau d’information national à large bande de la RDC, lequel accord met en difficulté la firme Huawei qui travaille déjà avec le PT et NTIC.
La DGDP en réclame la relecture. Pour l’instant, la bataille entre les deux équipementiers chinois s’annonce âpre, chacun cherchant à s’assurer le contrôle de la fibre optique.

L’Agence congolaise de presse annonce que Joseph Kabila a assisté le 22 août au National sports stadium de Harare, au Zimbabwe, à la cérémonie de prestation de serment du président Robert-Gabriel Mugabe (Zanu-PF), vainqueur de l’élection présidentielle du 31 juillet 2013, pour un nouveau mandat de cinq ans. C’est dans un stade plein à craquer et auréolé aux couleurs du Zanu-PF que le président Robert Mugabe a prêté serment, la main sur la bible, devant un haut magistrat. Il a juré « obéissance » à la Constitution de son pays, avant d’exprimer sa détermination de s’opposer à tous ceux qui oseront enfreindre aux lois de la République, de même qu’il s’est dit déterminé à protéger le peuple zimbabwéen et à diriger son pays selon ses capacités physiques et intellectuelles.

La Tempête des Tropiques nous informe que le Présidium des concertations nationales a reçu, le 21 août, les délégués de la société civile au Palais du peuple, siège du Parlement de la République. Au cours de cette rencontre, Léon Kengo wa Dondo et Aubin Minaku, tous deux co-présidents des concertations nationales, ont promis de répondre ce 22 août aux préoccupations de cette composante dont les représentants avaient claqué, la veille, la porte du groupe de contact.

L’Agence congolaise de presse annonce aussi à ses nombreux lecteurs la mort de Monsieur Emmanuel Kipolongo Mukambilwa, ancien directeur général de la Radio télévision nationale congolaise (Rtnc). Il est également signalé la disparition tragique de Monsieur Eddy Angulu, ancien ambassadeur de la République démocratique du Congo en France de 2001 à 2005 puis ancien ministre de l’Environnement sous Mzee Kabila.

L’Avenir parle de la situation des droits de l’Homme en RDC et titre : « L’émissaire onusienne Flavia Pansieri ce jeudi à Kinshasa ».
La Haut – Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’Homme, Flavia Pansieri est arrivé jeudi en RDC. Le but principal de sa mission est d’évaluer la situation des droits de l’homme dans l’Est de la RDC. Elle va clôturer sa visite le 28 août prochain après s’être entretenue avec les journalistes congolais.
Ce journal annonce qu’elle s’entretiendra avec des membres du Gouvernement de la République, des hauts responsables des forces de sécurité et du système judiciaire, des parlementaires ainsi qu’avec des représentants de la Société civile et des différentes agences des Nations Unies œuvrant dans le domaine des droits de l’homme.
Selon L’Avenir, l’émissaire onusienne abordera également la question de la lutte contre l’impunité et de la protection des populations civiles, notamme nt dans le cadre de la coopération entre les Nations Unies, les autorités congolaises et les ONG. A cet égard, elle visitera les territoires de Masisi et Mambasa, « où elle portera une attention toute particulière aux efforts visant à lutter contre les violences sexuelles ».

© CongoForum, le vendredi 23 août 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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