27/08/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

(CongoForum)

L’Est, avec en particulier la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco), est à l’affiche dans la plupart des journaux parus ce mardi à Kinshasa. Autre sujet en exergue les concertations nationales. A ces deux sujets habituels s’ajoutent quelques détails sur les mésaventures de la fibre optique.

Est

Forum des As estime que est hier lundi, le chef de la Monusco, l’Allemand Martin Kobler, qui se trouve encore à Goma dans le Nord-Kivu et a accordé une interview passée en boucle sur Rfi et qu’il y a vraiment de quoi tomber à la renverse car, l’homme dit des choses qui rendent perplexes, mais qui indiquent peut-être à juste titre les positions de la Communauté internationale sur le dossier casse-tête de l’Est. Pour lui, la paix doit venir de la solution politique, donc des négociations de Kampala là où les Congolais envisageaient l’éradication du M23 par la force comme prescrit dans la Résolution 2098 du Conseil de sécurité. Que non, Kobler, le chef de la Monusco est aux antipodes. Raison pour laquelle il demande aux parties concernées, c’est-à-dire le Gouvernement congolais et les rebelles pro-rwandais du M23 de retrouver le chemin de Kampala et épouse à ce propos à 100% le point de vue de Mary Robinson « je suis tout à fait d’accord avec Mary Robinson. Ce conflit peut être résolu seulement par la politique. (…)Par exemple, les entretiens de Kampala sont en cours.» Ces propos sont gravissimes dans la bouche du chef de la Monusco qui renvoie à Kampala tout en étant conscient qu’avec un mouvement rebelle comme le M23 qui est téléguidé par des puissances étrangères comme le Rwanda et l’Ouganda, la voie politique a montré ses limites.

L’Avenir titre sur les obus qui sont tombés sur la ville de Goma la semaine dernière lors de la reprise des combats entre FARDC et rebelles du M23. Citant le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, le quotidien indique que le plus grand nombre des tirs à la roquette provenaient du territoire de la République du Rwanda, plus précisément des localités de Mukamira et de Rugero dans le district frontalier de Rubavu et de la localité de de Mahuku. Pour l’Avenir, il ne peut que s’agir du crime de guerre au regard du droit international. Une situation qui doit interpeller non seulement les Nations Unies, mais aussi la CPI, commente le quotidien.

ACP rapporte dans son bulletin de ce mardi que Joseph Kabila s’est enquis de la mission en RDC du « Groupe de haut niveau sur les flux financiers en provenance de l’Afrique ».
C’était au cours d’un entretien, lundi, à Kinshasa, avec l’ancien Chef de l’Etat sud-africain, Thabo Mbeki, qui est à la tête de ce panel.
Cette organisation, précise-t-on, est chargée d’étudier les problèmes liés aux flux illicites des capitaux africains vers d’autres continents.

La RDC, d’après Forum des As, est un pays doté d’immenses ressources naturelles qui constituent un atout indéniable pour assurer son développement socio-économique. A condition que ces ressources soient gérées rationnellement de manière à satisfaire les besoins actuels de la population sans compromettre ceux de générations futures. Malgré ces différentes richesses, beaucoup reste à faire dans le domaine de la politique de gestion de l’environnement. Car, à présent, un certain nombre des faiblesses dans le développement durable, dues en partie à une gestion inadéquate du patrimoine écologique et biologique. Le présent rapport de la stratégie nationale de développement durable (SNDD) en cours de validation vise à faire un état des lieux de la situation en RDC dans différents domaines qui touchent au développement, afin de jeter des bases pour l’élaboration de stratégie nationale

L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki doit arriver ce lundi 26 août à Kinshasa à la tête d’une délégation du Groupe de Personnalités de haut niveau contre les Flux financiers illicites (FFI) en provenance de l’Afrique (GPHN). La délégation doit discuter avec les autorités congolaises de l’ampleur et la complexité des flux financiers illicites en provenance de la RDC. Un tête-à-tête est prévu entre l’ex-Président Mbeki et Joseph Kabila, suivi d’une table ronde avec certains membres du gouvernement et des experts, annonce Radio Okapi.

Le Potentiel estime, concernant les affirmations du Département d’Etat américain qui a indiqué qu’il dispose des « preuves d’une intensification des tensions ethniques à Goma », que Washington dédouane Kigali.
Que Washington ramène la crise de l’Est de la RDC, avec le regain des tensions autour de Goma, sur une base ethnique alors que rien de tel ne l’atteste sur le terrain, il y a bien anguille sous roche, souligne ce journal.
Pour lui, désormais, tout est clair comme l’eau de la roche. Les Etats-Unis analysent le conflit de l’Est suivant un prisme qui disculpe le régime de Kigali. Ils viennent de prouver, sans sourciller et noir sur blanc, que le Rwanda passe pour la « prunelle » de leurs yeux, méritant tous les soutiens et jouissant de leur protection tous azimuts.

L’Avenir titre à la Une « La Monusco se dédouane », en soulignant en sous-titre que Kinshasa est face à ses responsabilités.
Pour ce quotidien, l’attitude qu’affiche la Monusco dans la guerre de l’Est de la RDC prouve à suffisance que ce n’est pas de ce côté-là que l’on devra attendre la sortie de l’auberge.
Kinshasa devra tirer toutes les leçons qui s’imposent, en actionnant la machine du front avec les vaillantes FARDC et celle des Concertations nationales tant la rentrée parlementaire interviendra dans 21 jours.

Le Phare se demande « Et si les Congolais se trompaient de cible… ».
Ce quotidien, qui fait état de l’hostilité de la population du Nord-Kivu contre la Monusco, soutient qu’il règne dans les esprits de beaucoup une confusion des rôles, tant et si bien que l’on en arrive à exiger de la Monusco et de la Brigade d’intervention de remplir des obligations qui dépassent le cadre de leur mission de protection des populations civiles et de lutte, ordonnée et coordonnée, contre les forces négatives.
Aussi faut-il déplorer des actes de nature à distraire voire démoraliser les troupes onusiennes et à les détourner de la vraie cible.

La République est formel : « La Monusco est en panne ».
Pour ce journal, la SADC a pris le relais pour tenter de sauver l’intégrité du territoire congolais. C’est la quintessence de la tripartite de Luanda où un accord de coopération militaire devant permettre la formation des forces de sécurité congolaises a été signé entre la RDC, l’Angola et l’Afrique du sud. Cette entente, souligne la consoeur, intervient au moment où la Monusco peine à se dédouaner de l’opprobre qui la couvre à la suite de l’attaque délibérée des soldats rwandais contre les populations civiles de la ville martyre de Goma.

Des accrochages, dit Radio Okapi, ont été signalés lundi 26 août après-midi entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 précisément autour de la zone communément appelée «Trois Antennes », à Kibati, à environ 20 kms au nord de Goma dans le territoire de Nyiragongo. Pourtant dimanche, une relative accalmie était observée dans cette dans la zone des combats. L’armée affirme que la situation est sous contrôle. Les rebelles du M23 ont tenté ce lundi après-midi de contourner les positions des FARDC. Il s’en est suivi un échange de tirs avec les forces loyalistes, a affirmé le porte-parole des FARDC au Nord-Kivu, Olivier Hamuli. Les rebelles ont fui, a-t-il poursuivi, sans préciser dans quelle direction.

Le ministre de l’Intérieur et Décentralisation, Richard Muyej Mangez, a exprimé hier sur Radio Okapi la volonté du gouvernement de mettre fin aux difficultés qu’éprouvent les populations du Nord-Kivu, en proie des conflits armés depuis près de deux décennies. «Les souffrances des populations du Nord Kivu ont trop duré. Elles doivent maintenant prendre fin», a-t-il déclaré au cours d’une mission gouvernementale à Goma. La délégation gouvernementale est allée compatir avec la population de Goma, victime des obus lancés par les rebelles du M23 et l’armée rwandaise, selon des sources gouvernementales.

La Haut commissaire-adjointe de l’Onu aux droits de l’homme, Flavia Pansieri, se dit préoccupée par la situation qui prévaut à Goma où des obus sont tombés en fin de semaine dernière lors de la reprise des combats entre FARDC et rebelles du M23 à Kibati (Nord-Kivu). En visite à Bunia le dimanche 25 août, elle a également appelé à la fin des attaques contre les populations civiles. « On est très préoccupé par ce qui vient de se passer à Goma. Les attaques sur la population civile sont inacceptables. Il faut absolument les arrêter », a déclaré Flavia Pansieri, d’après Radio Okapi.

Selon Radio Okapi, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont affronté le week-end dernier une coalition de groupes armés dirigés par le chef milicien Yakutumba dans la région montagneuse de Rurambwe. Des sources militaires indiquent que deux miliciens ont été tués. Quatre militaires ont également été blessés au cours des combats. Plusieurs dizaines de familles qui ont fui ces combats sont descendues des montagnes pour trouver refuge dans la cité de Mboko.Un témoin rapporte que les affrontements ont commencé le samedi 24 août dans l’après-midi. La milice de Yakutumba aurait attaqué plusieurs positions des FARDC avant de déloger les militaires.

L’agence Belga et Radio Okapi font état d’une « une incursion de militaires ougandais dans le district de l’Ituri »

Plus de 300 militaires ougandais occupent depuis dimanche la localité congolaise de Sisi, en province Orientale (nord-est de la République démocratique du Congo), après avoir réclamé le déplacement d’une barrière douanière proche de la frontière entre les deux pays, a rapporté mardi la radio onusienne Okapi, citant des sources locales.

Selon la société civile de Mahagi, des soldats ougandais ont débarqué dans cette localité congolaise dimanche vers 18h00 locales (même HB) avec deux chars de combat. Cette organisation citoyenne a dénoncé cette incursion et demandé au gouvernement de Kinshasa de sécuriser les frontières du pays dans cette zone. « Ils ont fait leur incursion avec deux chars de combats et des armes lourdes. La barrière de la localité de Sisi a été tamponnée par des chars des Ougandais qui avaient donné un ultimatum de 48 heures pour que la partie congolaise puisse enlever cette barrière qui, pour eux, constitue une provocation. Ils sont allés à Sisi, c’est en pleine RDC », a indiqué le secrétaire de la société civile, Jacques Unyuti, cité par Radio Okapi, parrainée par l’ONU.

Ces militaires ougandais avaient, selon lui, lancé 48 heures plus tôt un ultimatum aux services douaniers congolais pour qu’ils enlèvent la barrière de Sisi. La tension montait depuis deux mois à la frontière congolo-ougandaise à Mahagi, dans le district de l’Ituri. En juin dernier, les autorités congolaises avaient déplacé la barrière douanière congolaise d’Assina de 400 mètres, la rapprochant de la frontière. Elles affirmaient vouloir ainsi lutter contre la fraude douanière. Accusant la RDC d’avoir violé la frontière, l’armée ougandaise a déployé des militaires dans le secteur. Les autorités du district ougandais de Zombo, frontalier du territoire de Mahagi, avaient donné aux autorités congolaises jusqu’au 23 août pour replacer ce poste frontière à sa position initiale.

Le Coordonnateur Humanitaire, les agences humanitaires des Nations Unies et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont dans un communiqué de presse condamné avec fermeté la mort de civils innocents, victimes de frappes militaires lors des affrontements qui ont opposé l’armée congolaise (FARDC) au groupe rebelle du M23. «Je condamne toutes les attaques ayant causé des morts et des blessés parmi la population civile, et je rappelle à toutes les parties au conflit que les attaques indiscriminées ou délibérés contre les civils constituent des crimes de guerre», a affirmé le Coordonnateur Humanitaire des Nations Unies en RDC, Monsieur Moustapha Soumaré, cité par Forum des As.

Jeune Afrique nous informe de ce que la société civile du Nord-Kivu a dépêché, du 17 au 25 août, une mission de plaidoyer à Washington pour exprimer le ras-le-bol de la population de Goma face à la persistance de l’insécurité dans la partie est de la RDC. Conduite par Me Omar Kavota, son vice-président et porte-parole, la délégation a rencontré, le 20 août, Chris Coons, le président de la sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain pour l’Afrique. Avant d’être reçu le lendemain au département d’État et le jour suivant, par les membres du bureau Afrique de la Maison blanche et par quelques ONG américaines.

Alors que l’UE invite les groupes armés actifs dans l’est de la RDC à « déposer les armes », écrit Jeune Afrique, Me Omar Kavota, vice-président et porte-parole de la société civile (un regroupement d’ONG) du Nord-Kivu, de retour d’une mission de plaidoyer à Washington, appelle la brigade d’intervention de la Monusco à « poursuivre » l’offensive contre les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) et demande l’ouverture d’une « enquête mixte » sur la mort, le 24 août, de deux manifestants anti-Monusco dans la ville de Goma (…) L’Union européenne a affirmé, le 26 août, soutenir « les initiatives de la Monusco en vue d’assurer la protection des civils, y compris le déploiement de la brigade d’intervention internationale au Nord-Kivu », condamnant en même temps la reprise des combats autour de Goma. L’UE a également insisté sur « le besoin urgent pour le M23 et les groupes armés de déposer les armes ».

« Nous condamnons les actions du M-23, qui ont engendré la mort de civils, des attaques contre la mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), et des déplacements importants de population », a déclaré la porte-parole adjointe du Département d’Etat américain, Marie Harf.Les Etats-Unis sont également préoccupés par les rapports de bombardements de part et d’autre de la frontière rwandaise, y compris par des compte-rendu crédibles de l’ONU selon lesquels le M-23 a tiré depuis le territoire rwandais, a annoncé Mme Harf. »Nous appelons le M-23 à cesser immédiatement les hostilités, déposer leurs armes et se dissoudre, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-elle dit. Mme Harf a également exprimé des préoccupations au sujet des tensions inter-ethniques de plus en plus alarmantes à Goma, une ville dans l’est de la RDC, et a appelé toutes les parties à éviter toute action qui pourrait exacerber les tensions.

Le Monde (FR) écrit que « Les tensions en RDC font craindre un conflit ouvert entre casques bleus et rebelles du M23 » et semble donc craindre que qu’en RDC on aurait plutôt tendance à espérer.
« Voilà une escalade militaire et politique qui peine à dire son nom, tant ses acteurs semblent nombreux. Dans les environs de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), des combats impliquent à nouveau l’armée régulière congolaise, les rebelles du M23, mais aussi les casques bleus des Nations unies, sur fond de man½uvres régionales. Le Rwanda, soutien du M23, dit avoir été visé par des tirs congolais. Les Nations unies, de leur côté, affirment que ces tirs ont été effectués par le M23. Pendant ce temps, la population de Goma s’en prend violemment aux casques bleus. Cette complexité n’a rien de chaotique.

C’est une épreuve de force qui est à l’½uvre dans l’est du Congo, où le M23 est engagé dans des affrontements avec les troupes congolaises, les Forces armées de RDC (FARDC), désormais appuyées par la Monusco, la mission des Nations unies. Les casques bleus ont déjà fait usage de leur artillerie et de leurs hélicoptères pour contribuer à éloigner le M23 de quelques kilomètres de la ville de Goma, proche de la frontière rwandaise. En novembre, les casques bleus avaient échoué à empêcher la prise de la ville par le M23. Cette fois, une brigade d’intervention spécialement créée est destinée à protéger plus efficacement la capitale du Nord-Kivu (est de la RDC) et son million d’habitants.

L’essentiel des affrontements ou des échanges de tirs de mortier (ou de chars) a lieu à une quinzaine de kilomètres, dans une zone comprise entre Munigi et Kibati. Les deux camps, traditionnellement, dissimulent leurs pertes et exagèrent considérablement celles de l’ennemi. Des sources médicales, citées par Associated Press, avancent qu’un nombre important de blessés et de morts se trouveraient dans les hôpitaux de Goma ».

Concertations

La Prospérité titre « Clément Kanku insiste sur la vigilance de l’Opposition aux concertations ! ».
L’opposant Clément Kanku refuse de donner « un chèque en blanc à Joseph Kabila » au sujet des concertations nationales. Le président du Mouvement pour le renouveau invite l’opposition à la vigilance. Pour Clément Kanku, le dialogue est, certes, nécessaire pour atteindre la cohésion nationale mais, affirme-t-il, il ne doit pas se traduire en une quelconque « compromission ».
La ligne rouge à ne pas dépasser, souligne l’opposant cité par le journal, est de faire échec à toute tentative de révision constitutionnelle. Au sujet de la tenue des Concertations nationales, Clément Kanku exhorte les opposants à ne pas céder sur les acquis du comité préparatoire, en s’assurant de garde-fous, pour que les choses se passent telles que convenues au Palais du peuple. Revenant sur le consensus admis comme mode de décision, il appelle ses pairs de l’opposition à placer des garde-fous, pour ne pas se retrouver dans un marché des dupes. « Cette Majorité nous a montré à plusieurs reprises qu’elle avait plus d’un tour de passe dans ses manches », a-t-il prévenu.
Au sujet de l’opposabilité de décision, écrit encore le journal, le président du MR soutient que cette question est d’autant plus essentielle que cela va du suivi des recommandations et résolutions de ces assises. Le seul moyen, pense-t-il, de garantir le sérieux de ces travaux, c’est l’opposabilité et l’engagement du Chef de l’Etat à faire appliquer les résolutions ou recommandations par les institutions de la République.

Dans son éditorial, « Septembre de tous les rendez-vous », Forum des As revient également sur les concertations nationales.
Trois événements majeurs accrochent l’attention des Congolais. Il s’agit de la rentrée scolaire 2013, de l’ouverture de la session budgétaire du Parlement et des concertations nationales. Si pour les deux premiers rendez-vous, les dates sont connues (le 2 septembre pour la nouvelle année scolaire 2013-2014 et le 15 du même mois pour sénateurs et députés nationaux), l’énigme demeure entière pour les Concertations nationales.
Si on peut, à la limite, connaître le nombre de participants et les quotas (provisoires ?) pour chaque composante, le suspense demeure entier sur la date d’ouverture de cette rencontre. Dans les rues de la capitale congolaise, certains ironisent pour comparer ce grand rendez-vous national avec l’avènement de Jésus. On n’en connaît ni l’heure ni le jour ni les circonstances. Entre-temps, dans Kinshasa profond, l’intérêt semble céder la place au désintéressement. Nombreux sont des Kinois qui n’accordent plus la moindre attention à cette rencontre nationale. Attitude légitime ? Allégorie de la caverne ? A chacun son jugement.
Quoi qu’il en soit, certains analystes estiment qu’on devrait appuyer sur l’accélérateur pour libérer l’opinion publique, depuis peu otage de ces concertations nationales. Après que le groupe de contact a finalisé son rapport la semaine dernière, plus d’un observateur a cru que la convocation des travaux devrait avoir lieu le week-end dernier. D’autres, par contre, ont pensé que le chrono serait mis en marche en ce début de semaine. Malheureusement, jusqu’hier lundi 26 août, un silence radio a été observé du côté du présidium desdites concertations. Rien donc n’a fuité. Et, on continue à attendre. Une attente assortie d’électrochoc. La commotion est ainsi entretenue par la diversité d’analyses qui anticipent même l’issue de cette rencontre. Que va-t-il se passer effectivement ? Requiem pour les institutions actuelles ? Table rase pour un nouvel ordre institutionnel ? Intégration des membres des groupes armés dans les institutions du pays ? Tout se dit.
Entretemps, la dernière conférence de presse du Gouvernement, a levé un pan du voile. Lambert Mende n’est donc pas allée avec le dos de la cuillère. A une question de la presse qui voulait lui tirer les vers du nez, le ministre des médias n’a pas mordu.  » Les seigneurs de guerre ne participeront pas aux concertations nationales « , a répondu  » l’homme au verbe facile « . Bientôt, c’est la fin du mois en cours. Exactement dans quatre jours. Mais, l’on ne voit rien profiler à l’horizon. Doit-on vite soutenir la thèse d’un blocage à quelque niveau ? Existe-t-il encore des préalables à remplir avant la convocation effective des travaux ?, s’interroge ce journal pour conclure l’édito.

Dans une interview accordée à une chaîne de radio de la place, nous dit La Prospérité, Angèle Makombo [Présidente Nationale de la Ligue de Démocrates Congolais, LIDEC en sigle, membre de ce groupe de contact] a fait savoir que les travaux du groupe de contact consistaient à examiner et à amender le règlement intérieur ainsi que de revisiter les thématiques arrêtées pour les concertations nationales. «C’était un travail conséquent et exhaustif que nous avons abattu. Nous avons pu retoucher tous les 27 articles du règlement intérieur. Nous les avons également examinés, enrichis, avant de les adopter», a-t-elle souligné.

D’après Le Potentiel, la Société civile environnementale et agrorurale (SOCEARUCO) confirme sa présence aux prochaines concertations nationales à la hauteur de 20 délégués. Nonobstant son absence au comité préparatoire, cette structure affirme qu’elle demeure « incontournable au sein de la Société civile congolaise »

(Si l’on part de l’idée que le pouvoir cherche en fait à enliser les concertations, septembre risque en effet d’être un mois difficile à passer. En effet, la rentrée parlementaire, rendant indisponibles nombre d’interlocuteurs politiques, va entraîner un report d’une durée considérable, cependant que l’opinion publique est toujours nerveuse à la rentrée des classes dont le coût pour les familles est fort élevé.
D’autre part, les prises de position dont l’on fait état représentent, sous des dehors belliqueux, des courbes rentrantes : tout le monde se bouscule pour « en être », par ce que l’on s’attend à une distribution de portefeuilles ministériels et si l’on se montre très ombrageux pour refser une réforme de la Constitution, celle-ci concernera tout au plus les élections de 2016, ce qui revient à dire que l’on accepte les « résultats » de celles de 2011, et que l’on compte d’ailleurs confier le soin de veiller à l’application des résultats de la concertation au Président et au Parlement issu desdites élections, alors que les cocertations étaent au départ supposées répondre à leur contestation. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)

Fibre optique

D’après l’Agence Ecofin « Airtel et Tigo doutent des compétences de la SCPT pour la fibre optique » .
Depuis que la fibre optique est opérationnelle en RD Congo, Vodacom est la seule entreprise de téléphonie mobile qui a déjà signé un contrat d’utilisation avec la Société Commerciale des Postes et Télécommunications (SCPT). Les autres estiment que la SCPT n’a pas les compétences techniques pour assurer une exploitation satisfaisante de cette infrastructure. Airtel et Tigo, par exemple, se méfient de la qualité du câble de la fibre optique. Les deux opérateurs estiment que cette infrastructure a été mal posée entre Muanda et Kinshasa. L’autre point qui freine l’arrimage des opérateurs télécoms à la fibre optique, c’est son prix jugé « exorbitant ». 250 000 dollars US par mois pour un débit internet de 155 MB.

D’après Le Potentiel, en Zambie comme en Tanzanie, deux pays frontaliers de la RDC, le prix pour cette même capacité, sur une distance similaire, varie entre 15 000 et 25 000 dollars américains, soit dix fois moins cher. Airtel et Tigo se disent prêtes à souscrire à la fibre optique, malgré ses limites, si la SCPT accepte entre 40 000 et 45 000 dollars américains par mois.

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© CongoForum, le mardi 27 août 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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