Concertations nationales : 17ème forum en 53 ans d’Indépendance !

3 septembre 2013

Actualités

L’Hymne national de la RDC se distingue, dans sa première strophe, par l’appel à union dans l’effort à déployer pour préserver l’Indépendance, dresser nos fronts longtemps courbés et prendre le plus bel élan dans la paix. Ainsi, chantons-nous :

 » Debout Congolais,  » Unis par le sort  » Unis dans l’effort pour l’indépendance.  » Dressons nos fronts, longtemps courbés  » Et pour de bon prenons le plus bel élan,  » Dans la paix « 

Dans le discours d’Indépendance qu’il prononce le 30 juin 1960, le Président Joseph Kasa-Vubu souligne cette exhortation en déclarant :  » …nous ne devons pas oublier que c’est à nous désormais à prendre le relais et à rassembler les matériaux de notre unité nationale, à construire notre nation dans l’union et dans la solidarité « . Dans le sien, le Premier ministre Patrice-Emery Lumumba renchérit :  » La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur (…) Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger « .

Sous leurs mandats respectifs, le maréchal Mobutu Sese Seko et Mzee Laurent-Désiré Kabila ont fait de la consolidation de l’unité nationale et de la préservation de l’intégrité territoriale du Congo le point d’orgue de leur action politique. Le maréchal, dans son dernier discours sous le monopartisme d’Etat, déclare :  » Quelles que soient les lacunes inhérentes à toute œuvre humaine, nous devons reconnaître que grâce à l’idéal qui nous a toujours animés dés l’aube du 24 novembre 1965, nous avons la paix, l’unité nationale, l’intégrité du territoire et la fierté de nous sentir zaïrois « . Tandis que Mzee, en nous léguant le mot d’ordre  » Ne jamais trahir le Congo « , conforte notre foi lorsqu’il souligne dans son message de voeux de Nouvel An 2001 :  » je vous convie, filles et fils du grand Congo démocratique, à une résistance encore plus active et à une lutte, sans merci, contre nos ennemis, jusqu’au jour où nous recouvrerons totalement l’intégrité territoriale, l’indépendance nationale, et la souveraineté internationale de notre pays. Pour atteindre ce noble et légitime objectif, la République Démocratique du Congo a besoin de sa cohésion interne, sans la moindre fissure. Ce dont les anti-régimes, devant le danger que court pourtant la mère patrie, ne veulent nullement comprendre « .

Quant au Président Joseph Kabila Kabange, il saisit toutes les opportunités pour rappeler le devoir sacré de défendre l’Etat et la Nation. Ainsi, termine-t-il son discours sur l’état de la Nation du 15 décembre 2012 par cette exhortation :  » Face à une situation historique qui met la nation en péril, plus qu’une responsabilité, la cohésion nationale s’impose à nous tous : acteurs politiques, société civile, forces de défense et de sécurité et toutes les forces vives de la Nation. La défense de notre cher et beau pays est l’affaire de tous, de même que la préservation de la paix nous concerne tous ».

Capacité de nous prendre en charge

Savons-nous que les Concertations Nationales, convoquées par le Président Joseph Kabila Kabange en concrétisation de son initiative lancée dans le cadre de la Cohésion nationale menacée par l’accentuation de la crise armée au Nord-Kivu, sont la 17ème de la série des Conférences nationales organisées en 53 ans d’Indépendance ? Tenez :

- Sous la Ière République, entre 1960 et 1965, la classe politique congolaise embarque le Peuple tour à tour dans la Conférence de Léopoldville, la Conférence de Tananarive ( Madagascar), la Conférence de Coquilathville (actuelle ville de Mbandaka), le Conclave de l’Université de Lovanium (Université de Kinshasa), les Accords de Kamina (base militaire de Kamina au Katanga) et la Conférence constitutionnelle de Luluabourg (aujourd’hui Kananga), soit 6 forums.

- Sous la IIème République, entre 1965 et 1990, la classe politique n’initie aucune Conférence; il est vrai que le régime du maréchal Mobutu s’installe durablement dans la dictature.

- Sous la Ière Phase de la Transition intervenue entre 1990 et 1997, la classe politique rentre dans le cycle des conférences nationales successivement avec les Accords du Palais de Marbre I, les Accords du Palais de Marbre II, la Conférence nationale souveraine, le Conclave Politique de Kinshasa, les Accords du Palais du Peuple, les Négociations du Palais du Peuple et les Concertations de la Cité de l’Oua (aujourd’hui Union africaine) : soit 7 forums, sans parler des Négociations de Mbanza-Ngungu et des Négociations de Gbadolite entre le Mpr fait-privé et l’Udps.

- Sous la 2ème Phase de la Transition intervenue entre 1997 et 2001 et sous la 3ème Phase de la Transition entre 2001 et 2003, la Classe politique organise le Dialogue intercongolais I, II et III, successivement à Addis-Abeba, Sun City et Pretoria, soit 3 forums.

Toutes ces Conférences s’assignent les mêmes objectifs : réconciliation nationale, nouvel ordre institutionnel dans le but d’améliorer la gouvernance politique, économique et sociale ainsi que élections. Toutes instaurent une Transition.

Des 16 forums précédant aujourd’hui le 17ème, 12 se tiennent au pays, 4 à l’étranger. Tous connaissent une implication directe ou indirecte remarquable des acteurs internationaux et des acteurs étrangers.

On peut déduire que si nous en sommes à la 17ème Conférence nationale au travers des Concertations nationales, c’est que les 16 conférences précédentes auront échoué !

La question, dès lors, est de savoir pourquoi, depuis 1960, nous allons d’échec en échec ! La réponse est simple : le pays s’est créé la profession de  » faiseur des crises « .

Ainsi, de façon cyclique, apparaît la race des faiseurs des crises réfractaires à l’instauration d’une démocratie véritable. Pour elle, politique rime avec partage du pouvoir.

Résultat : même si par la force des choses une Conférence institue un Gouvernement d’union nationale au nom du partage équitable et équilibré du pouvoir, cette race s’y oppose parce que n’y trouvant pas un poste. Lorsqu’un poste lui est offert, elle persiste dans la résistance sous prétexte qu’il ne lui plaît pas. Et lorsque le poste est censé lui plaire, elle trouve une raison pour ne pas l’occuper. Juste pour justifier son exclusion !

Le peuple – qui se révèle finalement la première, la principale et l’unique victime des faiseurs des crises – est appelé à se prendre en charge en se mobilisant pour les Concertations Nationales qui doivent être la dernière des 17 Conférences nationales organisées en 53 ans au pays. D’autant plus que si ce dialogue est réellement considéré comme national, il revient aux Congolais de se réunir eux-mêmes, en plus au pays, pour qu’au terme des assises ils soient en mesure de présenter à la Communauté internationale le plan congolais de sortie de la crise des Grands Lacs; les autres questions étant secondaires par rapport à la menace avérée de balkanisation du pays !

C’est alors que la Communauté internationale réalisera notre capacité de nous prendre en charge en vue de bâtir un pays plus beau qu’avant, mais dans la paix, comme le souligne l’Hymne national dans la deuxième strophe :

 » Ô peuple ardent

 » Par le labeur

 » Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant

 » Dans la paix « 

17 forums en 53 ans d’Indépendance, ça suffit !

La priorité des priorités étant alors de sauver la RDC de la menace de balkanisation, inverser l’ordre normal des choses ou créer la confusion autour des objectifs des Concertations nationales n’est ni plus, ni moins que la caution donnée aux ennemis de notre pays de parachever leur oeuvre. C’est la preuve que nous donnons nous-mêmes au Monde de notre incapacité de sortir du maternage.

A la classe politique qui se bat et se débat autour de ces assises, nous disons : 17 forums en 53 ans d’Indépendance, ça suffit !

Avec une moyenne d’une conférence nationale remettant tous les trois ans l’ordre institutionnel issu des urnes ou des négociations, nous ne saurons jamais construire dans la durée un Etat qui soit réellement démocratique aux plans politique, économique et social.

 » Pierre qui roule n’amasse pas mousse « , dit l’adage.

Or, la RDCongo se peut la pierre angulaire de l’essor politique, économique et social de l’Afrique. Il revient à sa classe politique de rouler d’abord pour le Congo…

Omer Nsongo die Lema

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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