07/09/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

7 septembre 2013

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
Réunis en sommet à Kampala le jeudi 5 septembre, les chefs d’Etat des Grands Lacs ont
demandé à la rébellion du M23 et au gouvernement congolais de reprendre les
négociations « dans les trois jours ». En RDC, opposition et majorité émettent des
opinions favorables à la reprise de ces pourparlers. L’autre information saillante du jour
et l’ouverture au Palis du Peuple des travaux des Concertations nationales, avec la
participation de Joseph Kabila Kabange.


Kampala
La classe politique congolaise, écrit Radio Okapi salue la recommandation du VIIème
sommet des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région de Grands Lacs
(CIRGL) appelant le gouvernement congolais et la rébellion du M23 à reprendre dans
trois jours les pourparlers à Kampala et de les finir dans quatorze jours.
Le RCD-KML de Mbusa Nyamwisi, parti d’opposition, voudrait voir les belligérants arrêter
définitivement la guerre pour permettre aux populations du Nord-Kivu de vivre en paix.
Même message du côté du premier parti de la Majorité présidentielle, le PPRD qui
soutient cependant que le vrai problème à résoudre pour avoir une paix durable, c’est
avec le Rwanda. Le député Grégoire Lusenge, son secrétaire général, estime que cette
recommandation de la CIRGL est une bonne chose pour la RDC, dans la mesure où elle
est susceptible d’amener la paix durable dans ce pays: «Ils [gouvernement congolais et
rébellion du M23] sont contraints maintenant par la communauté internationale à
déposer les armes et dialoguer, toutes les deux parties, c’est une bonne chose. Et c’est
une piste de solution qui va aider le Congo à avoir la paix [dans sa partie Est] et à
sécuriser l’ensemble de son territoire.» Il s’est dit satisfait du fait que les participants au
sommet de Kampala ont décidé d’amener les deux parties belligérantes à un dialogue.
«La guerre a des conséquences fâcheuses sur les populations congolaises: ce sont des
femmes et des enfants qui meurent», a déploré ce parlementaire.
Francis Kalombo, député et cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la
démocratie (PPRD) a aussi souhaité voir ces pourparlers entamés depuis le 9 décembre
2012 toucher à leur fin. Il s’est dit favorable à la reprise des négociations, ajoutant que
quelle que soit la guerre qu’on peut faire on finit par se retrouver autour d’une table. «Vu
la souffrance de la population, vu les violences et les traumatismes subis par la
population, nous pensons que privilégier les négociations est une bonne chose», a-t-il
estimé. Le député Kalombo a cependant fait remarquer que le vrai problème à résoudre
pour avoir une paix durable, c’est avec le Rwanda qui se cache derrière le M23: «Nous,
nous n’avons jamais refusé d’aller à Kampala. Je pense que les difficultés viendront du
M23. […] Le M23, c’est le Rwanda. Il continue à nous mettre de bâtons dans les roues. La
préoccupation de certains Congolais qui sont avec le M23, n’est pas leur préoccupation ;
mais celle du Rwanda : `qu’est-ce que le Rwanda, qui nous a soutenus, aura ?`.»
Le gouvernement congolais est satisfait de cet appel lancé par la CIRGL, a indiqué son
porte-parole, Lambert Mende. Ces pourparlers, obtenus par le mouvement rebelle en
contrepartie de son retrait de la ville de Goma qu’il a occupée pendant une dizaine de
jours en novembre 2012, sont au point mort depuis plusieurs mois. Les chefs d’Etat de la
région ont demandé à Kinshasa d’avoir une attitude de retenue mais n’ont pas imposé un
cessez-le-feu comme le redoutaient de nombreux habitants du Nord-Kivu, a fait
remarquer Lambert Mende.
(Remarque judicieuse car, sans cessez-le feu, le M23, à qui l’on interdit aussi les activités
militaires, n’a plus à discuter que la marque du rhum qui lui sera servi pour le « dernier
vere du condamné ». NdlR)

Concertations nationales / Généralités
Les travaux de ces concertations nationales se dérouleront au Palais du peuple et à
l’hôtel Invest. Jusqu’hier vendredi dans la soirée, le secrétariat technique des
concertations nationales remettait les macarons aux participants et invités à ces assises.
Selon le règlement intérieur de ce forum, les travaux doivent s’ouvrir avec le discours
d’orientation générale du chef de l’Etat Joseph Kabila. Près de 700 délégués sont
conviés à ces assises qui se dérouleront, indiquent des sources proches du présidium, sur
deux sites, à savoir Kinshasa pour toutes les matières politiques, sécuritaires et
diplomatiques et Lubumbashi pour les sujets essentiellement sociaux et économiques.
Ces assises auxquelles participeront notamment des représentants de la majorité, de
l’opposition et de la société civile, sont censées créées la cohésion nationale pour mettre
fin à la guerre dans l’Est de la RDC.Les participants débattront autour de cinq
thématiques :
• Gouvernance, démocratie et reformes institutionnelles
• Economie, secteurs productifs et finances publiques
• Désarmement, démobilisation, réintégration sociale ou rapatriement des groupes
armés
• Conflits communautaires, paix et réconciliation nationale
• Décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat
Le grand nombre des délégués recrutés dans les milieux les plus divers, l’étendue très
vastes des sujets, que l’on ne pourra qu’effleurer en un temps limité, la prépondérance
appuyée du pouvoir, en particulier le rôle réservé à JKK et le fait que l’on ait recouru à la
rumeur persistante d’un remaniement ou d’un gouvernement d’union nationale pour
appâter les participants, tout cela montre déjà que les « concertations » ne
ressembleront en rien au « dialogue » initialement promis, qui devait concerner avant
tout le déficit de légitimité non ppas des institutions, mais des titulaires actuels des
fonctions dans celles-ci, résultant des élections du 28/11/11. Il faut rappeler que cellesci
ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral
inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à
en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées
de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en
réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau
des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en
se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des
témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés
par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses
observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives
ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la
présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections
demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force,
de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à
progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une
élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Concertations nationales / Commentaires de la presse
Selon Radio Okapi, Ramazani Shadari, président du groupe parlementaire du parti
présidentiel PPRD, invite l’opposition et la majorité à avoir le même langage. « Nous
voulons que l’opposition et la majorité aient le même langage, le même discours quant à
l’agression, le même discours quant au projet de la balkanisation. C’est ce que nous
voulons obtenir dans les concertations nationales », explique-t-il.
Selon Le Potentiel, « Kabila pourrait surprendre ».
C’est aujourd’hui samedi 7 septembre que s’ouvre, au Palais du peuple, les concertations
nationales, ce forum national initié en décembre 2012 par le chef de l’Etat pour, entre
autres, rétablir davantage la cohésion nationale, « consolider l’unité nationale et mettre
fin aux cycles de violence à l’Est du pays ». L’on est donc parti pour 15 jours de travaux
qui permettront, selon les termes de l’ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant
création, organisation et fonctionnement des concertations nationales, « de réfléchir,
d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte, de tous les voies et
moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et étendre
l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national en vue de mettre fin aux cycles de
violence à l’Est du pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et
d’accélérer le développement du pays dans la paix et la concorde ».
Toutefois, estime Le Potentiel, pour cette journée d’ouverture, c’est Joseph Kabila qui
volera la vedette, car de son discours d’ouverture dépendra tout le reste des travaux. Il
pourrait surprendre en prenant d’importantes décisions, conclut-il.
La Prospérité titre : « Concertations : Kabila s’ouvre, Tshisekedi s’éloigne ! ».
C’est ce matin, en principe, écrit-il, que les portes du Forum sur les Concertations
nationales s’ouvrent au Palais du peuple, à Lingwala. Le décor est déjà planté et tous
les dispositifs ont été mis en place, pour accueillir les participants.
A en croire ce journal, en dépit de l’esprit d’unité recherchée par ce grand Barza, certains
fils de la République seront carrément aux antipodes de ces assises. Aussi, ont-ils choisi
de tourner le dos au Palais du peuple.
Hormis le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne
Tshisekedi, dont la position n’est plus à clarifier, poursuit la consoeur, Vital Kamerhe de
l’UNC brillera aussi par son absence dans ce forum. D’après des sources proches de sa
formation politique, Vital Kamerhe aurait été invité comme personnalité historique à ces
Concertations. Une offre qu’il a catégoriquement déclinée. Et, on comptera notamment
parmi les absents, l’UDPS et Alliés de Samy Badibanga, les FAC/Opposition de Martin
Fayulu et bien d’autres partis et plateformes politiques de l’opposition.
La Référence+ titre : « A un jour de l’ouverture des assises de concertations
nationales : J.P Bemba autorise le Mlc à participer ».
D’après ce journal, c’est le secrétaire général de ce parti politique, en l’occurrence
Thomas Luhaka, qui a fait savoir que son parti a obtenu le quitus du Président national
Jean-Pierre Bemba Gombo pour prendre place aux assises des concertations nationales
qui démarrent ce samedi au Palais du peuple. Pour lui, le Mlc se présente à ces assises
comme un parti valable à l’alternative de la prise du pouvoir et pense que cette tribune
est mieux placée pour faire entendre sa voix.
En l’absence des grosses pointures de l’opposition congolaise, Unc, l’Udps, lesFac et
autres, le Mlc veut s’engager dans les concertations nationales avec un discours qui
rencontre les attentes de la population, note La Réf+.
Radio Okapi titre «Jean-Pierre Bemba appelle les délégués du MLC ‘à dire toutes les
vérités’ »
A la veille du début de ces assises, Jean-Pierre Bemba, président du parti d’opposition
MLC, a demandé aux délégués de sa formation politique à ce forum de « dire aux
animateurs des institutions publiques toutes les vérités en face ». Dans un message lu
par le secrétaire général de son parti, l’opposant, détenu à la Haye par la Cour pénale
internationale (CPI) depuis 2008, a expliqué aux délégués MLC de ne pas aller à ces
concertations « pour participer à un partage équitable et équilibré du pouvoir ». « En ce
moment où le Congo négocie un virage important pour sa reconstruction comme Etat et
sa survie comme nation, j’attends de vous une contribution intellectuelle à la mesure des
enjeux. Il vous faut éviter toute démarche qui amène à la compromission vis-à-vis des
préoccupations fondamentales du peuple congolais qui ne tolèrera aucun acte de
trahison », indique le président du MLC dans son message, affirmant que les
concertations nationales ne sont pas « une Conférence nationale souveraine bis ou un
Sun city bis ».
Presse et documents étrangers
Arrivée de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU
AFP -02/09/13
L’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, est arrivée
dimanche soir à Kinshasa dans le cadre d’une tournée régionale qui la conduira en
République démocratique du Congo, ainsi qu’en Ouganda et au Rwanda voisins, a
constaté un journaliste de l’AFP.
Elle a été accueillie à son arrivée par Martin Kobler, le chef de la Mission de l’ONU pour la
stabilisation de la RDC (Monusco). Elle n’a fait aucune déclaration à sa sortie d’avion.
Mary Robinson « part demain (lundi) à Goma », dans l’est de la RDC, et « rencontrera
notamment les autorités provinciales et la société civile (associations, syndicats,
organisations religieuses…) », a-t-on appris dimanche auprès de la Monusco.
Selon le programme de la tournée, encore provisoire, Mary Robinson reviendra mardi à
Kinshasa, où elle pourrait s’entretenir avec des autorités. Mercredi, l’ex-présidente de
l’Irlande se rendra en Ouganda puis s’envolera pour Kigali, où elle doit arriver vendredi.
Cette visite intervient alors que l’armée et la Monusco ont mené ces derniers jours de
grosses offensives et gagné du terrain contre la rébellion du Mouvement du 23 mars
(M23), principal groupe armé du Nord-Kivu (est). Cette opération a été lancée après que
des obus meurtriers ont frappé le 22 août Goma, la capitale provinciale.
Les rebelles du M23, qui opéraient auparavant dans une précédente rébellion, avaient
signé en 2009 un accord avec Kinshasa pour être intégrés dans l’armée nationale
congolaise. Certaines garanties importantes que leur offrait l’accord n’ayant pas été
respectées, selon eux, ils ont repris les armes.
L’ONU affirme que le M23 est soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, ce que démentent ces
deux pays voisins de la RDC.
Fin novembre, le M23 avait occupé Goma, puis s’en était retiré contre la promesse d’un
dialogue avec Kinshasa. Pour relancer le dialogue, bloqué depuis plusieurs mois à
Kampala, le M23 a dit vendredi s’être retiré de ses positions les plus proches de Goma.
L’armée a pour sa part affirmé qu’il avait plutôt été « défait » militairement.
Mary Robinson est chargée d’accompagner l’application d’un accord-cadre de l’ONU signé
par onze pays africains fin février à Addis Abeba. Par cet accord, les signataires
s’engagent à soutenir les efforts de pacification dans le Nord et le Sud-Kivu, en proie à
une instabilité chronique depuis deux décennies.
L’Afrique du Sud attend l’ordre de l’ONU pour envoyer plus d’artillerie en RDC
(général)
Xinhua – 31/08/2013
L’Afrique du Sud attend l’ordre de l’ONU pour envoyer plus d’artillerie en République
démocratique du Congo (RDC) afin d’y renforcer la mission de paix, a déclaré vendredi
un général sud-africain. L’Afrique du Sud est prête à envoyer plus d’armes dans le pays
si l’ONU le demande, a déclaré le lieutenant général Derrick Mgwebi, qui dirige les
troupes sud-africaines au sein de la mission de paix de la RDC. L’officiel en a profité pour
déconseiller aux rebelles du M23 de reprendre la ville de Goma, capitale de la province
orientale du Nord Kivu.
Goma a été brièvement occupée par les rebelles du M23 à la fin du mois de novembre
2012, avant de se replier dans les collines alentours sous la pression des 11 pays des
Grands lacs. Les 1300 soldats sud-africains participent à la Mission de stabilisation de
l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUSCO) dans le cadre de la Brigade de la
Force d’intervention mandatée par la Résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU.
RDC: le M23 accuse l’ONU de partialité dans le traitement des informations
concernant le maintien de la paix
Xinhua – 01/09/2013
Le Mouvement du 23 mars (M23) a accusé le département en charge des opérations de
maintien de la paix de l’ONU de partialité dans le traitement des informations qui
concernent le M23 dans les combats dans l’est de la République démocratique du Congo
(RDC), a indiqué une lettre ouverte du M23 adressée au Conseil de Sécurité de l’ONU,
dont une copie est parvenue le 31 août à l’Agence Xinhua.
« Le département en charge des opérations de maintien de la paix des Nations unies
s’illustre par une certaine partialité dans le traitement des informations qui concernent
notre mouvement dans les combats nous imposés actuellement par le gouvernement
congolais et son principal allié les Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda
(FDLR), appuyés, et nous le regrettons, par les forces de la MONUSCO », a indiqué
Bertrand Bisimwa, chef du M23, dans la lettre.
« En effet, selon nos informations, le département en charge des opérations de maintien
de la paix tenterait de faire peser sur notre mouvement la responsabilité des tirs d’obus
sur la villes de Goma en RDC et de Gisenyi au Rwanda », a poursuivi la lettre.
D’après le M23, cette guerre, dont la France est le porte-étendard lui est livrée à trois
niveaux principaux, dont celui militaire avec la brigade d’intervention, celui médiatique à
travers des rapports infondés et mensongers de la MONUSCO et celui politique par des
résolutions négatives présentées au Conseil de Sécurité des Nations unies pour
réconforter l’option militariste dans la résolution du conflit en RDC et dans la Région des
Grands-Lacs en général.
Dans un rapport de la MONUSCO parvenu à l’équipe du Mécanisme conjoint élargi de
vérification, le M23 a été accusé de tirer les obus sur le Rwanda et sur la ville de Goma,
ce que le mouvement rebelle dément.
Le M23 exige du gouvernement une reprise des négociations
AFP – 01/09/13
Les rebelles du M23 ont exigé samedi du gouvernement congolais qu’il reprenne dans un
« bref délai » les pourparlers de sortie de crise, menaçant en cas contraire de reprendre
d’anciennes positions qu’ils occupaient dans l’Est de la République démocratique du
Congo (RDC).
« Nous exigeons du gouvernement congolais le retour dans un bref délai à la table de
négociations pour trouver une solution politique à la crise », écrit le président politique du
M23 (Mouvement du 23 Mars), Bertrand Bisimwa, dans un communiqué. « Si le
gouvernement congolais poursuivait l’option militaire au détriment des pourparlers de
Kampala », capitale de l’Ouganda, « nos forces armées se réservent le droit de reprendre le
contrôle » des positions que les Etats de la Conférence internationale sur la région des
Grands Lacs (CIRGL) leur avaient « assignées » le 24 novembre, ajoute-t-il.
Fin novembre, après une offensive-éclair, le M23 s’était emparé de Goma, la capitale de
la province riche en minerais et instable du Nord-Kivu. La CIRGL lui a promis l’ouverture
d’un dialogue avec Kinshasa s’il se retirait à 20 km de la ville, mais la rébellion était
toujours restée aux abords. Quant au dialogue de Kampala, il s’est ouvert en décembre
mais est actuellement au point mort.
L’armée et la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) ont lancé le 23
août une grosse offensive contre le M23. Vendredi, le groupe armé a annoncé un
« cessez-le-feu unilatéral » et son retrait de Kanyarucinya, son poste le plus avancé, à une
dizaine de kilomètres au nord de Goma. Cette décision vise à « créer un climat de paix
favorable » pour un « règlement politique de la crise », selon le communiqué. « Ils ne se sont
pas retirés, ils ont été défaits », a pour sa part affirmé samedi à l’AFP le lieutenant-colonel
Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée au Nord-Kivu. L’armée et les autorités
congolaises ont indiqué à l’AFP avoir repris le contrôle de Kibumba et avoir repoussé le
M23 au-delà de cette localité, située à une trentaine de kilomètres au Nord de Goma.
Vendredi, le ministre de la Communication congolais, Lambert Mende, porte-parole du
gouvernement, avait déclaré que le repli du M23 à lui seul n’était « pas acceptable ». La
« seule solution », avait-il ajouté, est que le M23 cesse d’exister sous sa forme militaire et
que ses membres non combattants « articulent clairement leurs revendications ».
« Vous ne verrez pas Goma »
« Nous n’allons pas inviter le M23 aux concertations nationales », qui doivent s’ouvrir
mercredi 4 septembre à Kinshasa pour dix à quinze jours, avait-il ajouté. Ces
concertations nationales sont le volet politique des efforts, soutenus par la communauté
internationale, pour sortir de la crise. Les autres volets, ainsi que l’ont dit cette semaine
M. Mende et le chef de la Monusco, Martin Kobler, sont l’action militaire contre les
rebelles (qui n’apporte cependant pas de « solution magique », selon M. Kobler), et l’action
diplomatique dans le cadre des pourparlers de Kampala.
Le M23 est actif depuis mai 2012 au Nord-Kivu. Ses hommes revendiquent la pleine
application de l’accord de 2009 qui a régi leur intégration dans l’armée, après qu’ils ont
accepté de quitter une autre rébellion où ils opéraient. Des experts de l’ONU ont accusé
le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23. Kigali et Kampala ont
toujours démenti.
Rwanda : des mouvements militaires signalés à l’extérieur de Gisenyi
RFI – 02/09/2013
Le Rwanda, pointé du doigt par la communauté internationale pour son soutien aux
rebelles du M23, accuse -contrairement à l’ONU- l’armée congolaise d’être à l’origine des
tirs qui ont touché son territoire. Deux obus sont tombés le 29 août sur la ville de Gisenyi
et ont fait un mort. La ministre des Affaires étrangères rwandaise avait alors de nouveau
accusé son voisin d’être à l’origine de ces tirs et avait haussé le ton prévenant que le
Rwanda serait prêt à défendre son territoire. Depuis, des mouvements militaires discrets
ont été signalés à l’extérieur de la ville.
« On est un peu inquiet, mais tout va bien. La situation est calme ». C’est le même
refrain que l’on entend aux quatre coins de la ville de Gisenyi depuis jeudi. Malgré la
chute de deux obus sur la ville, les boutiques n’ont jamais fermé et les activités
continuent normalement. Seul changement notable pour les habitants, des manoeuvres
militaires inhabituelles mais discrètes opérées aux alentours de la ville.
Si à Gisenyi, cette présence rassure, il n’en est pas forcément de même dans les localités
aux alentours. Umulisa, est une habitante de Ruzini, située à environ 15 km au nord de
Gisenyi : « J’habite au bord de la route et c’est là que nous les avons vu passer. On a vu
des armes et des chars de combat que les militaires faisaient descendre vers la
frontière ». Cette femme de ménage raconte que des tanks sont également stationnés
sur le mont Rubavu, colline stratégique qui surplombe la ville de Gisenyi, tout comme
celle de Goma. Depuis, elle raconte que les habitants n’osent plus emprunter ce raccourci
pour rejoindre la ville. Et Umulisa est inquiète : « Cela nous fait peur lorsque les combats
se rapprochent de la frontière. On a peur qu’ils traversent et s’attaquent au Rwanda.
Nous entendons plus les combats que ceux qui sont en ville. Nos affaires sont toujours
emballées ».
Contactée par RFI dimanche, la ministre des Affaires étranfères du Rwanda, Louise
Mushikiwabo, n’a pas souhaité commenter ce renforcement militaire, mais n’a pas
démenti que le Rwanda demeurait en état d’alerte. Elle a également répété que Kigali
était prêt à défendre ses citoyens et son territoire.
Arrivée en RDC, Mary Robinson met l’accent sur le processus politique à la veille
d’une tournée régionale
UN News Center – 02/09/2013
2 septembre 2013 – L’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands
Lacs, Mary Robinson, est arrivée lundi en République démocratique du Congo (RDC),
première étape d’une mission régionale qu’elle poursuivra tout au long de la semaine aux
côtés d’émissaires de l’ONU, de l’Union Africaine, des États-Unis et de l’Union
Européenne, pour y soutenir des efforts diplomatiques en faveur de la paix. L’ancienne
Présidente de l’Irlande effectuera cette visite conjointement avec le Représentant spécial
du Secrétaire général pour la RDC et Chef de la MONUCO, Martin Kobler, le Représentant
spécial de l’Union Africaine, Boubacar Diarra, l’Envoyé spécial des États-Unis pour la
région des Grands Lacs et la RDC, Russ Feingold, et le Coordonnateur principal de l’Union
européenne pour la région des Grands Lacs, Koen Vervaeke.
Au cours de leur déplacement en RDC, en Ouganda et au Rwanda, qui se fera du 4 au 7
septembre, les Envoyés rencontreront de hauts responsables gouvernementaux et des
représentants des autorités locales, de la communauté internationale et de la société
civile afin de désamorcer de nouvelles hostilités et de dynamiser les efforts politiques à
l’appui de la paix dans la région, notamment au travers du processus de Kampala.
Le 5 septembre, précisément à Kampala, Mary Robinson et les autres émissaires
assisteront à une session extraordinaire de la Conférence Internationale sur la Région
des Grands Lacs (CIRGL), qui portera sur la crise dans l’est de la RDC. L’accent sera mis
sur l’urgence des prochaines étapes de la mise en oeuvre de l’Accord-cadre pour la paix,
la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, signé par 11 pays en février dernier
sous l’égide de l’ONU.
Ce déplacement s’inscrit dans un contexte où les combats s’intensifient dans l’est de la
RDC, faisant payer un lourd tribut aux civils. Cette situation souligne une fois de plus
l’urgence d’une solution politique à la crise qui frappe la RDC et la région depuis trop
longtemps. « Je voudrais tout d’abord présenter mes sincères condoléances aux familles
des dernières victimes de ce conflit et exhorte toutes les parties concernées à cesser
immédiatement les affrontements militaires dans l’est de la RDC et à oeuvrer au
rétablissement de la confiance dans les efforts de paix », a déclaré l’Envoyée spéciale à
son arrivée à Kinshasa dimanche. « La RDC et la région ont besoin de paix, de stabilité et
de développement économique. Cela ne pourra être réalisé qu’en s’attaquant aux causes
profondes du conflit dans le cadre d’un processus politique global. » Avant le début de
cette tournée régionale conjointe, Mary Robinson tiendra des consultations internes avec
les partenaires des Nations Unies en RDC et se rendra à Goma pour exprimer sa
solidarité avec la population civile et les personnels de la MONUSCO.
RDC: la ville frontalière rwandaise de Gisenyi en état d’alerte
AFP – 02/09/2013
L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda
et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre
les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda
et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre
les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
« On est un peu inquiet après ce qui s’est passé ici, mais on a vu que notre armée est là,
et donc on est rassuré », explique James, venu participer au stade de Gisenyi à un
meeting du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir.
Depuis jeudi, les habitants de cette ville plantée au pied des collines verdoyantes sur les
bords du lac Kivu ont constaté des mouvements militaires « inhabituels » mais discrets aux
abords de la cité.
Des blindés, des hommes et du matériel militaire ont été aperçus en train de converger
vers des positions à la frontière avec la RDC, selon les témoignages.
Au pied de la chaîne des volcans, la frontière serpente ici au milieu des terres noires
volcaniques, le long de villages dispersés, dans un inextricable maquis de champs de
bananiers et de forêts d’eucalyptus.
Canon tourné vers la RDC
« J’ai vu cinq tanks et des armes lourdes transportées par de gros camions passer près de
chez moi. J’habite au bord de la route », explique Umulisa, villageoise de Ruzini, à environ
15 km au nord de Gisenyi. « Je n’en avais jamais vu avant. Ils sont partis en direction de
la frontière ».
Cette femme de ménage raconte que des chars sont également postés sur le mont
Rubavu, une colline stratégique qui surplombe Gisenyi, toute comme la ville congolaise
de Goma toute proche, la capitale régionale du Nord-Kivu en guerre. « Nous avons
l’habitude de passer par la colline pour aller travailler à Gisenyi. C’est un raccourci, mais
depuis qu’ils sont là, on n’ose plus y aller », confie-t-elle.
Un char de combat stationne sur la colline en question, le canon tourné vers le territoire
congolais, a constaté dimanche une journaliste de l’AFP. Des véhicules militaires et des
armes lourdes ont également été aperçus dans les environs ces derniers jours.
« D’où nous nous trouvons, nous entendons bien mieux les combats du Congo qu’à
Gisenyi. On a peur que cela puisse arriver jusqu’ici », ajoute Umulisa. « En plus, on se dit
que si les militaires sont ici, ce n’est sûrement pas pour rien… ».
Ces mouvements font suite à la chute de deux obus d’origine indéterminée sur Gisenyi
jeudi qui ont fait un mort, alors que de l’autre côté de la frontière, les combats faisaient
rage au nord de Goma entre l’armée congolaise, appuyée par les casques bleus des
Nations unies, et la rébellion du M23, que Kigali est accusée de soutenir, malgré ses
démentis.
Le Rwanda a vertement réagi, accusant les forces congolaises « d’intensifier leur
bombardement délibéré du territoire rwandais ».
Des bombardements « inacceptables »
Selon Kigali, ce sont au moins dix obus qui sont tombés pour la seule journée de jeudi
sur toute la région de Gisenyi. Et « un total de 34 obus ont été tirés sur le Rwanda au
cours du mois écoulé par les forces de RDC ».
Pour le secrétaire de l’Onu Ban Ki-Moon en revanche, ces tirs non-ciblés sont le fait du
M23. Et l’ONU a fait état « d’informations crédibles et cohérentes » sur un soutien de
l’armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en cours.
Accusé régulièrement depuis octobre 2012 de soutenir le M23, rébellion à majorité
rwandophone, dans l’est de la RDC, le Rwanda a toujours fermement démenti, de même
que Kampala, également accusé.
Pour la ministre rwandaise des Affaires étrangères, le « bombardement incessant du
territoire rwandais est inacceptable, comme il le serait pour quelque nation souveraine
que ce soit. Les civils rwandais sont visés par les forces de RDC ».
« Nous avons exercé de la retenue aussi longtemps que possible mais cette provocation
ne peut plus être tolérée », a-t-elle menacé: « nous n’hésiterons pas à défendre notre
territoire ».
Lundi matin, la situation état parfaitement calme dans Gisenyi, où la population vaquait à
ses occupations, a constaté l’AFP. Boutiques et échoppes étaient ouvertes, et le marché
normalement fréquenté.
Interrogée par l’AFP sur la présence croissante de l’armée rwandaise sur la frontière,
Mme Mushikiwabo n’a pas souhaité commenter, mais n’a pas démenti le fait que le
Rwanda est état d’alerte. « Le Rwanda est préparé à défendre ses citoyens et son
territoire, tout en poursuivant le chemin politico-diplomatique de concert avec la région »,
a-t-elle répété.
L’armée veut attaquer sous peu une position clé du M23
AFP – 02/09/13
L’armée congolaise prévoit d’attaquer « dans un futur proche » une position clé de la
rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) située à une trentaine de kilomètres de
Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris lundi
auprès d’un officier supérieur.
La situation est « calme pour le moment » mais une offensive sur Kibumba est prévue
« dans un futur proche », a déclaré lundi matin à l’AFP, sous couvert d’anonymat, un
officier supérieur de l’armée. Il a ajouté que les positions de l’armée les plus proches de
Kibumba étaient à « plus ou moins deux kilomètres » de cette ville. Des informations
contradictoires avaient circulé, en fin de semaine dernière: l’armée avait affirmé être
entrée dans Kibumba tandis que les rebelles assuraient tenir la ville. Depuis le 23 août,
l’armée et la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) lancent des
attaques contre le M23. Vendredi la rébellion s’était repliée de la ligne de front, alors à
une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Dans un communiqué diffusé dans la nuit de dimanche à lundi, le M23 a accusé le
gouvernement d’avoir « déjà amassé des troupes et des chars de combat, afin d’ouvrir un
nouveau front militaire à Mabenga », localité située à quelque 90 kilomètres au nord de
Goma. Selon une source militaire occidentale, des chars de l’armée ont été déployés
récemment aux abords de Mabenga, au Nord-Ouest de la zone de quelque 700
kilomètres carrés contrôlée par les rebelles. Cette localité présente un intérêt stratégique
car elle coupe la route remontant vers le nord à partir de Rutshuru, grande ville à une
soixantaine de kilomètres au nord de Goma. Les positions du M23 sont concentrées dans
le territoire de Rutshuru, adossé au Rwanda et en Ouganda. Des experts de l’ONU ont
accusé ces deux pays de soutenir les rebelles qui, après une offensive éclair fin 2012
avaient occupé Goma durant une dizaine de jours fin novembre. Le M23 est actif depuis
mai 2012 au Nord-Kivu. Ses hommes réclament la pleine application de l’accord de 2009
qui a régi leur intégration dans l’armée, alors qu’ils opéraient dans une autre rébellion.
Un dialogue de sortie de crise entre Kinshasa et le M23 s’est ouvert à Kampala mais est
désormais au point mort.
Report de la rentrée scolaire à Goma à la suite des récents combats
AFP – 02/09/2013
KINSHASA, 2 septembre 2013 (AFP) – La rentrée scolaire a été retardée lundi d’une
semaine à Goma, à la suite des récents combats ayant opposé l’armée et la Mission de
l’ONU aux rebelles, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on
appris auprès du gouverneur du Nord-Kivu. La rentrée était prévue ce lundi sur
l’ensemble du territoire congolais, « mais on a décidé de reporter la rentrée à Goma (…)
d’une semaine », a déclaré à l’AFP le gouverneur de la province riche et instable du Nord-
Kivu, Julien Paluku, joint par téléphone depuis Kinshasa. Sise à la frontière avec le
Rwanda, Goma est la capitale du Nord-Kivu. Selon M. Paluku, le report de la rentrée
concerne également le territoire de Nyiragongo, qui jouxte Goma et où se sont déroulés
la majeure partie des combats – qui ont repris par intermittence depuis le 14 juillet et fait
plusieurs milliers de déplacés, dont de nombreux enfants. Depuis le 23 août, l’armée et
la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) ont lancé une série
d’attaques sur les positions du M23, qui s’est retiré jusqu’à Kibumba, à une trentaine de
kilomètres de Goma. Cette offensive avait été déclenchée au lendemain de chutes d’obus
meurtrières sur Goma. Les attaques visant Goma ont détruit « trois salles de classes d’une
école du quartier Virunga », selon un rapport du Bureau de l’ONU pour la coordination des
affaires humanitaires (Ocha) daté du 23 août. Quant aux établissements intacts, ils
servent parfois de refuge aux déplacés de guerre. Le report de la rentrée doit aider à
« trouver une solution pour ces déplacés », a expliqué Julien Paluku. D’après lui, les
options seraient un retour dans leur localité d’origine, si la sécurité le permet, ou un
transfert au camp de Mugunga – en périphérie de Goma.
Le M23 est actif depuis mai 2012 au Nord-Kivu. Ses hommes réclament la pleine
application de l’accord de 2009 qui a régi leur intégration dans l’armée, alors qu’ils
opéraient dans une autre rébellion. Un dialogue de sortie de crise entre Kinshasa et le
M23 s’est ouvert à Kampala mais est désormais au point mort.
Mary Robinson à Goma
Colette Braeckman – Le Soir -03/09/2013
Vers la paix, après les canons Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la
région des Grands Lacs, Mary Robinson, en compagnie d’autres « envoyés spéciaux »,
l’Américain Russ Feingold et le Belge Koen Vervaeke représentant l’Union européenne, a
–enfin- découvert la réalité de Goma : une ville meurtrie par les bombes, envahie par les
déplacés de guerre, exaspérée par la reprise des combats, même si l’armée régulière,
assistée par les forces onusiennes a réussi à faire reculer les rebelles au-delà des collines
stratégiques de Kibati d’où ils menaçaient la capitale du Nord Kivu. L’ancienne présidente
d’Irlande découvrira aussi que, malgré l’angoisse et les incertitudes qui persistent, le
climat de Goma a changé en une semaine. Voici huit jours encore, des véhicules onusiens
étaient caillassés par la population qui estimait que les Casques bleus ne faisaient pas
leur travail, beaucoup doutaient de la détermination de Kinshasa et les autorités avaient
le plus grand mal à empêcher que la détestation du M23 dégénère en réactions hostiles
aux Tutsis congolais. Depuis lors, même s’ils sont fragiles, les succès enregistrés sur le
terrain ont fait évoluer les sentiments : chacun a pu constater que les forces onusiennes
s’étaient engagées avec détermination, non seulement les Sud Africains et les Tanzaniens
qui comptent déjà un mort et plusieurs blessés, mais aussi les autres contingents,
mobilisés par le « force commander » le général brésilien Cruz qui a lui-même suivi les
opérations sur le terrain. A l’égard de l’armée congolaise aussi, les perceptions évoluent :
les motards apportent aux soldats des bidons d’eau potable, des vivres sont envoyées au
front par des civils, renforçant les rations fournies par la Monusco, une amélioration bien
accueillie par des hommes qui, jusqu’à présent devaient se débrouiller avec une poignée
de haricots non cuits ! En outre, les autorités congolaises ont tout fait pour éviter les
dérapages et déjouer d’éventuelles provocations : le ministre congolais de l’Intérieur
Richard Mueij, dépêché à Goma, a convoqué motards, taximen, étudiants, société civile,
opérateurs économiques pour leur recommander de s’abstenir de tout acte hostile aux
Tutsis et recommander le sang froid. A Goma, Mary Robinson et ses collègues devraient
évoquer la possibilité d’une résolution politique de la crise, ainsi que le recommande M.
Ban Ki-Moon. Aux yeux du représentant de la Monusco à Goma, le Hondurien Virgilio
Torrès, offensive militaire et négociations politiques ne sont pas contradictoires : « les
Nations unies ne sont pas ici pour éradiquer le M23, pour humilier l’une des parties.
Certes, nous voulons que le M23 rende les armes, mais que par la suite il faut que ses
revendications politiques soient examinées. Il ne faut pas fermer la porte au dialogue…
»Pour Virgilio Torrés, une victoire sur le M23 ne serait qu’une étape : « notre mandat est
clair : après les mutins du M23, nous attaquerons les combattants hutus des FDLR, puis
les rebelles ougandais des ADF et les divers groupes de Mai Mai, entre autres les «
Kifwafwa » et les « Raia Mutomboki ». Eux aussi seront désarmés et ensuite pourra
commencer la reconstruction du Nord Kivu : nous voulons que les pays voisins Ouganda
et surtout Rwanda comprennent, in fine, que la paix est plus rentable que la guerre… »
Du côté congolais aussi, malgré l’enlisement des négociations de Kampala entre le M23
et le gouvernement, qui durent depuis novembre -et dont Kinshasa paie la facture- des
propositions politiques sont sur la table : « nos offres ne sont pas négligeables » assure
François Mwamba, l’un des négociateurs congolais, issu de l’opposition. Suggérant des
compensations économiques qui seraient accordées aux gourmands voisins, il consent à
préciser « nous avons compris que l’on ne pouvait être heureux et riche tout seul… » Vat-
on vers une exploitation commune du pétrole du lac Albert, du gaz méthane du lac
Kivu, des minerais de la province ? Les soldats rebelles, jusqu’au grade de lieutenants,
pourraient ils tout de même être réintégrés dans l’armée congolaise ? François Mwamba
refuse d’en dire plus, mais les « concertations nationales » qui s’ouvriront à Kinshasa le 5
septembre prochain pourraient être le cadre « national » où les revendications des
rebelles, portant entre autres sur la gouvernance et demandant un plan Marshall pour le
Kivu pMary Robinson à Goma, enfin…entendues…Sauf si les radicaux, à Goma, au Rw
Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary
Robinson, en compagnie d’autres « envoyés spéciaux », l’Américain Russ Feingold et le
Belge Koen Vervaeke représentant l’Union européenne, a –enfin- découvert la réalité de
Goma : une ville meurtrie par les bombes, envahie par les déplacés de guerre, exaspérée
par la reprise des combats, même si l’armée régulière, assistée par les forces onusiennes
a réussi à faire reculer les rebelles au-delà des collines stratégiques de Kibati d’où ils
menaçaient la capitale du Nord Kivu. L’ancienne présidente d’Irlande découvrira aussi
que, malgré l’angoisse et les incertitudes qui persistent, le climat de Goma a changé en
une semaine. Voici huit jours encore, des véhicules onusiens étaient caillassés par la
population qui estimait que les Casques bleus ne faisaient pas leur travail, beaucoup
doutaient de la détermination de Kinshasa et les autorités avaient le plus grand mal à
empêcher que la détestation du M23 dégénère en réactions hostiles aux Tutsis congolais.
Depuis lors, même s’ils sont fragiles, les succès enregistrés sur le terrain ont fait évoluer
les sentiments : chacun a pu constater que les forces onusiennes s’étaient engagées avec
détermination, non seulement les Sud Africains et les Tanzaniens qui comptent déjà un
mort et plusieurs blessés, mais aussi les autres contingents, mobilisés par le « force
commander » le général brésilien Cruz qui a lui-même suivi les opérations sur le terrain.
A l’égard de l’armée congolaise aussi, les perceptions évoluent : les motards apportent
aux soldats des bidons d’eau potable, des vivres sont envoyées au front par des civils,
renforçant les rations fournies par la Monusco, une amélioration bien accueillie par des
hommes qui, jusqu’à présent devaient se débrouiller avec une poignée de haricots non
cuits ! En outre, les autorités congolaises ont tout fait pour éviter les dérapages et
déjouer d’éventuelles provocations : le ministre congolais de l’Intérieur Richard Mueij,
dépêché à Goma, a convoqué motards, taximen, étudiants, société civile, opérateurs
économiques pour leur recommander de s’abstenir de tout acte hostile aux Tutsis et
recommander le sang froid.
A Goma, Mary Robinson et ses collègues devraient évoquer la possibilité d’une résolution
politique de la crise, ainsi que le recommande M. Ban Ki-Moon. Aux yeux du représentant
de la Monusco à Goma, le Hondurien Virgilio Torrès, offensive militaire et négociations
politiques ne sont pas contradictoires : « les Nations unies ne sont pas ici pour éradiquer
le M23, pour humilier l’une des parties. Certes, nous voulons que le M23 rende les
armes, mais que par la suite il faut que ses revendications politiques soient examinées. Il
ne faut pas fermer la porte au dialogue… »Pour Virgilio Torrés, une victoire sur le M23 ne
serait qu’une étape : « notre mandat est clair : après les mutins du M23, nous
attaquerons les combattants hutus des FDLR, puis les rebelles ougandais des ADF et les
divers groupes de Mai Mai, entre autres les « Kifwafwa » et les « Raia Mutomboki ». Eux
aussi seront désarmés et ensuite pourra commencer la reconstruction du Nord Kivu :
nous voulons que les pays voisins Ouganda et surtout Rwanda comprennent, in fine, que
la paix est plus rentable que la guerre… »
Du côté congolais aussi, malgré l’enlisement des négociations de Kampala entre le M23
et le gouvernement, qui durent depuis novembre -et dont Kinshasa paie la facture- des
propositions politiques sont sur la table : « nos offres ne sont pas négligeables » assure
François Mwamba, l’un des négociateurs congolais, issu de l’opposition. Suggérant des
compensations économiques qui seraient accordées aux gourmands voisins, il consent à
préciser « nous avons compris que l’on ne pouvait être heureux et riche tout seul… » Vat-
on vers une exploitation commune du pétrole du lac Albert, du gaz méthane du lac
Kivu, des minerais de la province ? Les soldats rebelles, jusqu’au grade de lieutenants,
pourraient ils tout de même être réintégrés dans l’armée congolaise ? François Mwamba
refuse d’en dire plus, mais les « concertations nationales » qui s’ouvriront à Kinshasa le 5
septembre prochain pourraient être le cadre « national » où les revendications des
rebelles, portant entre autres sur la gouvernance et demandant un plan Marshall pour le
Kivu pourront être entendues…Sauf si les radicaux, à Goma, au Rwanda, à Kinhasa
l’emportent, c’est peut-être à coups de canon que la voie politique aura été rouverte…
Mary Robinson: « Je serai directe avec Kigali. »
VOA – 03/09/2013
L’émissaire spéciale des Nations Unies pour la région des Grands Lacs se promet d’être
“directe” avec Kigali, quant aux preuves du soutien rwandais aux rebelles du M23 en
RDC. Mary Robinson espère aussi que les récents succès militaires face aux rebelles
offriront une chance de trouver une solution politique à la crise.
Mary Robinson est arrivée lundi à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans le
cadre d’une tournée dans la région. Sa visite fait suite à presque 2 semaines de combats
entre les FARDC et le M23, non loin de la ville. Elle doit participer le 5 septembre à
Kampala au sommet de la CIRGL, où les leaders de la région discutent du conflit en RDC.
Le Rwanda continue de démentir tout soutien au M23, mais Mme Robinson assure
qu’elle est prête à aborder franchement la question avec les leaders de ce pays: « Je ne
dis pas une chose à Goma, et une autre au Rwanda. Je dis de dures vérités,
particulièrement à ceux qui doivent entendre de telles vérités directement. Et je suis
prête à parler très franchement, tout en maintenant le dialogue avec le Rwanda, parce
que c’est mon rôle, ma responsabilité. »
Pour le groupe d’experts des Nations-Unies, le Rwanda a des liens militaires avec les
rebelles congolais, et les Etats-Unis ont eux-mêmes appelé Kigali à mettre fin à tout
soutien au M23 – malgré ses démentis.
D’autres émissaires étrangers dont ceux de l’Union africaine Boubacar Diarra, et des
Etats-Unis Russ Feingold, doivent se joindre à Mme Robinson, lors de sa tournée qui
inclue une étape au Rwanda.
Le « recyclage » des combattants en RDC
IRIN – 02/09/2013
GOMA, 2 septembre 2013 (IRIN) – Le M23, qui affronte actuellement l’armée de la
République démocratique du Congo (RDC) et les forces des Nations Unies près de Goma,
la capitale du Nord-Kivu, n’est que l’un des plus de 30 groupes armés opérants dans l’est
du pays. Tous ces mouvements doivent constamment reconstituer leurs effectifs,
amaigris par les pertes dues à des blessures ou des désertions. Aucune affiliation passée
à une autre milice ne représente un obstacle au recrutement.
Après un an au service des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR),
basées en RDC, Céléstin Kabeya*, ancien combattant de 19 ans, a peur de rentrer chez
lui. Il dit qu’il serait à nouveau recruté de force dans l’une des trois milices qui sévissent
dans la région.
M. Kabeya a dit à IRIN qu’il avait été obligé de joindre les FDLR en 2012 lorsqu’une
patrouille était passée dans la ferme de sa famille, sur le territoire de Rutshuru, dans le
Nord-Kivu.
« Ils m’ont d’abord demandé de les aider à transporter de l’eau, puis ils m’ont demandé
leur chemin. Je leur ai montré la direction et ils m’ont dit de ne pas rentrer. Ils ne m’ont
donné aucune formation militaire. Ils m’ont juste remis une mitraillette », a-t-il expliqué.
M. Kabeya a ajouté qu’ils étaient sept Congolais dans une unité des FDLR d’environ 50
combattants — exilés rwandais pour la plupart — dont quatre étaient des enfants soldats.
Non rémunérés, ils survivaient uniquement grâce au pillage.
« L’idée de rentrer chez moi m’inquiète. J’ai peur de rentrer, car il y a trois groupes
[armés] là-bas. Je serais encore recruté de force. J’envisage de chercher un proche à
Goma chez qui vivre », a-t-il dit. Les groupes opérants dans sa région d’origine sont les
FDLR, les Forces de défense congolaise (FDC) et l’Alliance des patriotes pour un Congo
libre et souverain (APCLS).
Pris dans l’engrenage
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, il n’est pas rare de rejoindre
successivement plusieurs milices différentes ou d’être « recyclé » dans d’autres groupes
armés.
Rufin Kapiamba*, ancien combattant de 21 ans, a dit qu’il s’était engagé volontairement
dans la Nduma Defence of Congo (NDC/Sheka) pour se venger des FDLR, dont il avait vu
des membres décapiter son oncle près de Pinga, dans le Nord-Kivu. Il a intégré un
détachement de 52 combattants, dont un tiers étaient des enfants.
Selon ses dires, Sheka Ntaberi, le chef du groupe, aurait d’abord intégré les FDLR avant
de créer sa propre milice. Les deux groupes armés ont tout d’abord coexisté
pacifiquement sur un territoire regorgeant de richesses minières avant de s’opposer sur
le contrôle des ressources naturelles.
« Lorsque nous capturions des [combattants des] FDLR, nous les tuions en leur coupant
la tête. J’avais peur de faire ça. Les enfants les tuaient par balle. Ils n’étaient pas prêts
pour leur couper la tête », a dit M. Kapiamba.
Il a tenté de déserter quatre fois, en vain. « Mes deux amis se sont fait tuer [en essayant
de s’échapper] », a-t-il dit en tirant sur son T-shirt détendu pour montrer sa cicatrice
d’une blessure par balle juste sous la clavicule.
M. Kapiamba a fini par être capturé par l’APCLS lors d’échauffourées pour le contrôle
d’une mine d’or. Sa connaissance de première main de la NDC/Sheka lui a valu d’être
intégré à la milice en tant qu’officier de renseignement, ce qui lui a probablement sauvé
la vie. Il s’est échappé un mois plus tard et a parcouru plus de 30 km pour se rendre à
Kitchanga, où il s’est livré à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC
(MONUSCO).
Il est actuellement en train de suivre le processus de démobilisation au centre de
désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement et réinstallation (DDRRR) de la
MONUSCO à Goma.
Il sera cependant difficile pour M. Kapiamba de réintégrer la vie civile. Il veut terminer
les deux années d’école secondaire qui lui manquent et vivre avec sa soeur à Goma. Or il
n’a d’autres possessions que les vêtements civils qu’il porte.
Lorsqu’il faisait partie des groupes armés, M. Kapiamba était payé entre 15 et 20 dollars
tous les quelques mois. Il était chargé de tenir des postes de contrôle et d’imposer des «
taxes » aux personnes qui se rendaient sur les marchés — 200 francs congolais (0,21
dollar), ou des denrées alimentaires — pour les remettre à ses supérieurs. Ses chances
sont maigres de retrouver une source de revenus en tant que civil.
Démobilisation et intégration
Pendant près de dix ans, des programmes de désarmement, démobilisation et
réintégration (DDR) ont été mis en oeuvre en RDC, à commencer par le programme de
désarmement et réinsertion communautaire (DRC) en Ituri, qui a débuté en 2002. Ces
programmes aidaient d’anciens combattants à réintégrer la vie civile par le biais de
prestations en espèces ou en nature (en leur offrant des vélos ou des formations
professionnelles, par exemple). Des dizaines de milliers d’anciens combattants au moins
ont bénéficié d’un programme national de DDR.
Une autre stratégie consistait à intégrer les anciens rebelles aux services de sécurité. La
Commission nationale pour le DDR a été créée en 2003. L’année suivante, après la
signature d’un accord de paix par dix groupes armés, « 330 000 combattants étaient
estimés pouvoir bénéficier » du programme de transition vers la vie civile, selon le
rapport d’avril de Small Arms Survey (SAS).
Le programme a été étendu à 22 autres groupes armés après la signature d’une autre
série d’accords de paix en 2008. Pourtant, « malgré la hausse du nombre de groupes
armés pouvant bénéficier du DDR, le nombre de combattants ayant participé aux
programmes de DDR menés par le gouvernement était moins élevé que prévu », est-il
écrit dans le rapport. « Ceci s’explique par le choix du gouvernement de la RDC d’intégrer
directement ces 22 groupes armés (soit environ 20 000 combattants) à l’armée et à la
police nationales. »
Le programme national de DDR a pris fin en septembre 2011. Selon les analystes, ces
deux processus — à savoir le DDR et l’intégration dans les FARDC — ont eu des résultats
mitigés. Cependant, avec l’application récente du mandat offensif des Nations Unies de «
neutraliser » les groupes armés dans les Kivu, des milliers de combattants pourraient
bientôt quitter les rangs des rebelles — par défaite ou défection — sans disposer d’aucun
autre moyen de subsistance.
Federico Borello, de la sous-commission sénatoriale américaine des affaires africaines, a
dit dans une réunion d’information en avril qu’il était « impératif de concevoir et mettre
en oeuvre un nouveau programme de DDR [...] et d’offrir des solutions alternatives pour
le retour à la vie civile, telles que des projets de construction de routes ou d’autres
opportunités professionnelles ».
Ceux qui opteraient pour une intégration au sein des FARDC « devraient être formés puis
déployés dans des unités militaires à travers le pays ; ils ne devraient pas rester dans
des unités opérant dans une zone où ils agissaient en tant que groupes armés », a-t-il
précisé.
Par le passé, de telles propositions d’écarter les groupes armés de leur zone d’opération
avaient rencontré une forte résistance, car elles empêchaient les milices de continuer à
percevoir des rentes après avoir intégré les FARDC.
Selon M. Borello, une telle initiative d’intégration devrait également s’assurer que « les
responsables de violations graves [des droits de l'homme] n’intègrent pas l’armée, mais
soient arrêtés et poursuivis en justice ».
Perte d’attrait de l’intégration
Selon un rapport récent du Rift Valley Institute (RVI), le groupe Maï-Maï Yakutumba est
sur le point d’être intégré aux FARDC, bien que cette stratégie d’intégration soit
considérée comme étant loin d’être favorable.
« L’aspect unilatéral de l’intégration militaire des groupes rebelles a été un échec »,
estime le rapport, et il ne résout pas « le problème de l’impunité pour les chefs rebelles
soupçonnés de crimes graves ». Selon un analyste basé à Goma, qui a souhaité garder
l’anonymat, l’expérience de l’intégration du Congrès national pour la défense du peuple
(CNDP), un groupe armé qui serait soutenu par le Rwanda, a entaché la conception que
le gouvernement se fait de l’intégration. Un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec le
CNDP prévoyait l’intégration du mouvement au sein des FARDC. Cependant, en 2012,
d’anciens membres du CNDP avaient affirmé que le gouvernement avait manqué à ses
obligations en ne leur accordant pas le grade prévu au sein de l’armée et en ne leur
versant pas leur salaire. Ce différend avait conduit à la création de la milice du M23, qui
tire son nom de l’accord de paix de 2009. « Le [gouvernement de la] RDC ne veut pas
intégrer les groupes armés à l’armée. La communauté internationale fait pression en ce
sens, mais les Congolais ne le veulent pas », a dit l’analyste de Goma à IRIN.
Selon ce même analyste, l’objectif de l’intégration était de démanteler la structure de
commandement des groupes armés, mais la précipitation de Kinshasa lui a valu la
suspicion des anciens hauts gradés du CNDP. « Il aurait été mieux d’agir
progressivement. De le faire subtilement. D’envoyer quelques [officiers du CNDP] à
l’étranger pour être formés, d’en redéployer certains à Kinshasa [la capitale]. De faire
quelque chose comme ça. »
En réalité, l’intégration en RDC a réuni des groupes armés entiers dans une seule et
même unité des FARDC. La distribution d’uniformes des FARDC aux anciens rebelles
devient ainsi essentiellement un camouflage pour l’absence d’autorité du gouvernement.
L’instabilité pour la sécurité
Le Rwanda, soutien présumé du M23, peut, grâce à cette force alliée à sa disposition,
déstabiliser la région, a dit l’analyste de Goma. Ce que le pays n’hésite pas à faire «
chaque fois que la situation s’améliore [dans les Kivu] ».
Selon cet analyste, la stabilité dans les Kivu est vue comme une plus grande menace
contre la sécurité du Rwanda que l’instabilité, qui permet au Rwanda d’exercer son
influence sur la région.
A cause du cycle de violence dans les Kivu, un nombre incalculable de jeunes hommes
sont exposés au recrutement, volontaire ou non, par les milices et passent ensuite
fréquemment d’un groupe armé à l’autre.
Un ancien combattant de 22 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, a dit avoir rejoint
volontairement un groupe armé après avoir été témoin du viol de sa soeur et de sa mère
par des combattants Maï-Maï affiliés au CNDP. Il a ensuite passé quatre ans à servir au
sein de groupes armés — d’abord les FDLR, puis les Nyatura, une milice hutu. Il prévoit
maintenant d’échapper au « recyclage » dans un autre groupe armé.
« Je retourne à Nyamilima [dans le Nord-Kivu] pour aider ma mère à la ferme », a-t-il dit
à IRIN. « Les FARDC contrôlent la zone, mais si [les groupes armés] reviennent, je
m’échapperai en civil. »
Faux départ pour les consultations nationales en RDC
RFI – 04/09/2013
En RDC, les consultations nationales qui devaient s’ouvrir ce mercredi ont été repoussées
au samedi 7 septembre. Raison invoquée : un problème d’agenda pour le chef de l’Etat.
Au même moment se tient en effet à Kampala un sommet extraordinaire de la
Conférence internationale de la région des Grands Lacs, auquel Joseph Kabila doit
participer. Il s’agit donc d’attendre son retour pour ouvrir les concertations. Après les
élections contestées de novembre 2011, ces discussions sont censées relancer le
dialogue politique dans le pays. Mais à quelques jours du coup d’envoi, l’opposition ne
parvient pas à s’accorder sur sa participation, et apparaît plus divisée que jamais.
Il y a quelques jours encore, trois grands groupes parlementaires d’opposition
annonçaient dans une déclaration commune leur refus de ces concertations. Mais depuis,
le bloc s’est largement fissuré, avec des divisions au sein même des partis.
À l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, principal parti d’opposition) par
exemple, le boycott semblait entériné ; mais ce mardi 3 septembre, à l’issue d’une
rencontre avec le président du Sénat, certains parlementaires ont annoncé leur volonté
de participer. Selon plusieurs sources, ils seraient une vingtaine, les deux tiers du
groupe.
C’est « une imposture », dénonce Samy Badibanga, leur chef de file à l’Assemblée, qui
juge ces assises contre-productives, non conformes aux recommandations de l’ONU.
Dans cette affaire, il se voit désavoué. Désaveu aussi pour Etienne Tshisekedi, le chef du
parti qui refuse de prendre part à la vie institutionnelle du pays.
Quant au Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième parti d’opposition, malgré
des annonces contradictoires, il sera finalement présent aux forum national, assure
Thomas Luhaka, secrétaire général du parti. Ce dernier affirme avoir obtenu des gages
de la part des organisateurs. Par exemple, la nomination de Denis Sassou Nguesso dans
le rôle de facilitateur. Des garanties jugées cependant insuffisantes par l’Union pour la
nation congolaise de Vital Kamerhe. L’ex-président de l’Assemblée nationale devrait
figurer parmi les grands absents de ces concertations.
Le parti de Bemba annonce sa participation aux concertations
AFP – 03/09/13
Le Mouvement de libération du Congo (MLC), deuxième parti d’opposition parlementaire en
République démocratique du Congo, a annoncé mardi qu’il participerait aux concertations
nationales devant s’ouvrir mercredi, démentant l’intention de les boycotter qui lui était prêtée.
« Nous sommes pour (les concertations nationales). La confusion vient du fait que Jean-Lucien
Bussa, un ancien membre du parti, a fait une déclaration allant dans le sens contraire », a
déclaré mardi à l’AFP Thomas Luhaka, secrétaire général du parti de Jean-Pierre Bemba,
aujourd’hui détenu et jugé à la Cour pénale internationale (CPI).
M. Bussa avait signé samedi au nom du « groupe parlementaire MLC et alliés » une déclaration
d’opposants qui rejettent le cadre des concertations. Ils le jugent non conforme aux
recommandations de l’ONU et regrettent notamment que les groupes armés qui déstabilisent
le pays ne soient pas conviés aux discussions.
Deux députés ont aussi paraphé la déclaration en se disant du « MLC ». « Mais il n’y a pas deux
branches du MLC », qui compte 27 députés sur 500, a insisté M. Luhaka. Jean-Lucien Bussa
« a été radié après avoir contesté une décision de Jean-Pierre Bemba, et ses actes et
déclarations n’engagent plus le parti », a-t-il ajouté.
Le président congolais Joseph Kabila, réélu en 2011 dans des circonstances contestées, avait
promis pour début 2013 des concertations pour mettre fin à la crise politique, sociale et
sécuritaire. Fin juin, il a signé une ordonnance précisant qu’elles porteraient sur la
gouvernance, l’économie, le désarmement des groupes armés, les conflits communautaires et
la décentralisation. Les échanges doivent durer une quinzaine de jours. Les états-généraux se
dérouleront à Kinshasa, la capitale, à Lubumbashi, la deuxième ville du pays et capitale de la
province riche et instable du Katanga (sud-est) d’où est originaire M. Kabila, ainsi qu’à
Kisangani, la capitale de la Province Orientale (nord-est).
Augustin Kikukama, secrétaire général du M17 en RDC
RFI – 03/09/2013
«Nous étions d’accord pour participer à cette concertation à condition que ce ne soit pas du
prêt-à-porter. L’ordonnance qui la convoque pose problème, parce qu’on ne peut pas
convoquer les gens pour venir trouver une solution et leur imposer une conduite à tenir. C’est
à dire un bureau et une méthodologie de travail.»
En République Démocratique du Congo, les concertations nationales doivent débuter ce
mercredi 4 septembre. Promises par le chef de l’Etat Joseph Kabila et organisées par les
présidents des deux chambres du Parlement, ces états généraux se dérouleront pendant une
quinzaine de jours à Kinshasa, mais aussi à Lubumbashi au Katanga et Kisangani dans la
province orientale. A l’ordre du jour, des discussions sur les questions de gouvernance, de
développement, le désarmement des groupes armés, les conflits intercommunautaires ou
encore la décentralisation.
Après les élections contestées de novembre 2011, ces concertations sont censées relancer le
dialogue politique dans le pays, mais les principaux partis d’opposition, l’UDPS, le MLC et
l’UNC entre autres, ont décidé de boycotter. Le boycott, c’est également la position prise par
le M17, le Mouvement du 17 mai 1997, date de la prise de pouvoir de Kabila père. Les
explications du secrétaire général du M17, Augustin Kikukama.
La population reste inquiète à Goma malgré le recul des rebelles
AFP – 03/09/2013
A Goma, la principale ville de l’est de la République démocratique du Congo, la
population reste inquiète après une semaine de combats entre l’armée et le M23, même
si le recul des rebelles permet à la ville de souffler un peu. Du 23 au 30 août, l’armée et
la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo
(Monusco) ont lancé une série d’offensives musclées contre le Mouvement du 23 Mars
(M23), parvenant à le déloger des collines d’où il menaçait Goma, et à repousser les
rebelles jusqu’à Kibumba, à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale provinciale
du Nord-Kivu. « Je suis rassuré », dit Olivier Bienda, menuisier, jugeant que la ville est
désormais hors de portée des rebelles. « Je suis allé à Kanyarucinya hier », précise-t-il
parlant de sa localité d’origine, à 7 kilomètres au nord de Goma et où se trouvait il y a
peu la ligne de front. « Je suis même allé vers les Trois Antennes », colline où ont eu lieu
de violents combats, « j’ai vu des morts du M23″. Il se dit rasséréné par l’équipement et
la progression de l’armée et prévoit de retourner chez lui très prochainement. Le
souvenir de la chute de Goma, fin 2012, et de sa brève occupation par le M23 à l’issue
d’une offensive éclair menée de Kibumba reste cependant bien présent dans la
population. Si malgré la pluie les boutiques sont ouvertes et les rues bondées, la retenue
est de mise pour les habitants traumatisés. Pendant les derniers combats, plusieurs obus
sont tombés sur Goma et ses alentours, faisant 13 morts, selon les autorités.
La rentrée scolaire retardée
u collège « Institut Monseigneur Masimango », un des deux bâtiments a été touché par un
obus qui n’a laissé qu’un seul mur debout, criblé d’impacts. L’explosion a tué une fillette
et blessé deux personnes, raconte Eugène Mutabazi, directeur adjoint de l’école, devant
les décombres. La rentrée scolaire qui devait avoir lieu lundi a été retardée d’une
semaine. Mais pour M. Mutabazi, elle semble compromise: « Les salles de classe encore
debout (…) risquent de s’effondrer sur les enfants, car elles ont été endommagées, il y a
des fissures un peu partout ». De plus, des déplacés dorment la nuit dans l’école, ce qui
peut « peut poser des problèmes sanitaires pour les enfants ». « Nous avons un peu peur de
la situation actuelle », « il ne faut pas que les enfants aillent à l’école maintenant », estime
Lupao, mère de quatre enfants, panier de haricots sous le bras, du côté de l’aéroport.
« Ce n’est pas grave, ils rattraperont (le retard des cours) lors des congés de Noël ».
Au marché de Majengo, les étals côté rue sont remplis, alors que ceux plus au fond
restent désespérément vides. La ligne de front au nord de la ville coupe en effet une
route d’approvisionnement importante. « Beaucoup de marchandises ne passent plus »,
témoigne un habitant, au bord d’une route boueuse. « Peu de gens m’apportent des
habits », confirme une couturière dans sa petite boutique en bois. « Beaucoup de
commerçants n’ont plus d’argent. »
Un peu plus loin, Joseph, un étudiant en bâtiment de 18 ans, s’inquiète du renforcement
militaire discret qu’a opéré le Rwanda voisin le long de sa frontière avec la RDC depuis
jeudi. Ce pays est accusé par l’ONU de soutenir le M23, ce que Kigali a toujours démenti.
Le président rwandais Paul « Kagame a mis des militaires. Nous avons peur car lorsque le
Rwanda combat avec le M23 contre les FARDC (l’armée congolaise), c’est nous qui
souffrons », dit-il. « Le gouvernement congolais devrait renforcer ses militaires pour qu’ils
puissent combattre », « le M23 a reculé mais il est toujours au Congo. »
Le M23 prié d’arrêter « toute activité militaire » en RDC
Le Monde.fr | 05.09.2013
Deux exigences ont été formulées jeudi par les chefs d’Etats de la région des Grands
Lacs, à l’issue du sommet de Kampala, la capitale de l’Ouganda. D’abord, ces derniers
ont sommé la rébellion congolaise du M23 d’arrêter « toute activité militaire et cesser la
guerre et les menaces de renverser le gouvernement légal de République démocratique
du Congo ». Ensuite, les onze chefs d’Etat présents ont exigé que les négociations entre le
M23 et la République démocratique du Congo (RDC) reprenenne « dans les trois jours ».
Le dialogue, suspendu depuis mai, devra être « conclu dans une période maximale de
quatorze jours », précise le communiqué final du sommet. Une requête à laquelle a
accédée le M23. Jeudi soir, son président, Bertrand Bisimwa, a déclaré que la rébellion
était « prête » à reprendre les pourparlers avec Kinshasa.
LE RWANDA ET L’OUGANDA POINTÉS DU DOIGT
Durant ces quatorze jours, « les forces belligérantes sur le terrain sont exhortées à
exercer le maximum de retenue pour que les pourparlers soient rapidement conclus ». Le
sommet demande également à la nouvelle « brigade d’intervention [de l'ONU] d’excercer
sans relâche une pression sur le M23 et toutes les autres ‘forces négatives’ », terme qui
désigne les groupes armés qui pullulent dans l’est de la RDC, notamment la rébellion
rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cette nouvelle brigade de l’ONU, dont le mandat est d’éradiquer les groupes rebelles
actifs dans l’est de la RDC, a épaulé l’armée congolaise à la fin d’août pour déloger le
M23 de Goma, capitale du Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda. La RDC et l’ONU
accusent le Rwanda de soutenir militairement le M23, mais le pays concerné dément
formellement. L’Ouganda, hôte du sommet, est également soupçonné d’aider les
rebelles.
C’est la septième fois depuis juillet 2012 que les chefs d’Etat de la région des Grands
Lacs se réunissent pour tenter de trouver une solution à la crise persistante dans l’est de
la RDC, sans succès notable jusqu’ici. A chaque reprise des affrontements, le M23 et
Kinshasa se renvoient systématiquement la responsabilité des combats.
Ouverture à Kampala d’un sommet consacré au conflit en RDC
RFI – 05/09/2013
Les chefs d’Etats des pays des Grands Lacs sont réunis ce jeudi 5 septembre à Kampala
en Ouganda pour un sommet consacré au conflit qui oppose l’armée congolaise aux
rebelles du M23 en République démocratique du Congo. Les 11 pays signataires de
l’accord-cadre d’Addis-Abeba en février dernier participent à ces discussions tout comme
Mary Robinson, l’émissaire spéciale des Nations unies.
Une délégation internationale a quitté Kinshasa mercredi soir pour Kampala. A sa tête,
Mary Robinson, l’émissaire spéciale des Nations unies dans les Grands Lacs. Elle est
accompagnée de Martin Kobler, le chef de la Monusco, du représentant spécial de l’Union
africaine, Boubacar Diarra. Seront également présents, les émissaires des Etats-Unis et
de l’Union européenne dans la région, Russ Feingolg et Koen Vervaeke. L’objectif de cette
rencontre est d’adresser un message fort aux pays de la région : pas question de se
contenter d’une victoire militaire contre le M23. Pour parvenir à une paix durable, il est
urgent de relancer le processus politique et que tous les pays respectent les
engagements pris à Addis-Abeba.
Négociations difficiles
Les autorités congolaises sont arrivées à Kampala en position de force et décidées à
obtenir un désarmement des rebelles. Le M23 est très affaibli. Et le Rwanda, de nouveau
accusé par l’ONU de soutenir les rebelles, subit de très fortes pressions de la part de la
communauté internationale. Pourtant un accord est loin d’être acquis. Se mettre à la
table des négociations avec le M23 pour fixer les conditions d’un désarmement est
difficilement envisageable pour Joseph Kabila. Son opinion interne y est opposée et il
prendrait le risque d’apparaître affaibli alors que doivent s’ouvrir samedi à Kinshasa des
concertations nationales attendues depuis des mois. Quant au Rwanda, malgré son
isolement, rien n’indique qu’il soit prêt à signer l’arrêt de mort du M23. Par ailleurs, la
Monusco a évoqué mercredi la possibilité de nouvelles « actions » contre le M23, alors
qu’une pause est observée dans les combats qui opposent cette rébellion à l’armée
congolaise.
Sommet sur la RDC à Kampala
BBC – 05/09/2013
A Kampala, les gouvernants de la région des Grands Lacs se réunissent pour un sommet
d’urgence sur l’Est de la République Démocratique du Congo, où, au cours des dernières
semaines, les affrontements ont repris entre les Forces Armées de la République
Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23.
La Brigade d’intervention de l’ONU a apporté son appui dans les combats, afin de chasser
le M23 de Goma et de ses environs, dans la province du Nord-Kivu. Mary Robinson,
l’envoyée spéciale du Secrétaire Général des Nations unies pour la région des Grands
Lacs, s’est récemment rendue à Goma où elle a appelé à la reprise des pourparlers de
Kampala. Les deux parties ont commencé des négociations de paix sous l’égide de
l’Ouganda, qui les appelle à un cessez-le-feu.
Les relations entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda voisin, accusé de
soutenir le M23, sont tendues. Le groupe rebelle mène régulièrement des actions
militaires contre le gouvernement de la RDC dans le Nord-Kivu.
Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Kampala souhaitent que les pourparlers
entre Kinshasa et le M23, actuellement au point mort, reprennent dès la clôture de ce
sommet d’urgence. Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union
Africaine, des représentants de l’Union Européenne et des Etats-Unis devraient être
présents à la réunion de ce jeudi.
A Kampala, le gouvernement de RDC et le M23 sommés de reprendre leurs
discussions
RFI :5 septembre 2013.
Les médiateurs du processus de paix entamé en République démocratique du Congo ont
donné trois jours au gouvernement et aux rebelles du M23 pour reprendre leurs
discussions. Un texte allant dans ce sens a été signé ce jeudi 5 septembre par les chefs
d’État des Grands Lacs à l’issue de leur sommet de Kampala.
Il faut parvenir à un accord au plus vite, réclament en substance les chefs d’État des
Grands Lacs à l’issue du sommet de Kampala. Le texte signé ce jeudi 5 septembre
impose non seulement une reprise des négociations, mais il fixe en plus un calendrier
très serré : une conclusion devra être trouvée dans une période de 14 jours. Il exige
également que le M23 « cesse toute activité militaire » et ses menaces de renverser le
gouvernement congolais.
C’est une victoire politique pour l’émissaire des Nations unies Mary Robinson. Ces
derniers jours, elle n’a cessé de répéter que malgré l’intervention des casques bleus pour
repousser les rebelles hors de portée de Goma, l’option militaire ne devait pas l’emporter
à l’Est du Congo.
Une issue incertaine
Pourtant, l’issue de ces négociations reste très incertaine. Sera-t-il question par exemple
d’une intégration politique et militaire du M23 dans l’armée et l’administration, comme le
souhaitent les rebelles ? Ou encore d’une amnistie ? Beaucoup en doutent alors que le
M23 est affaibli et que le président Joseph Kabila va devoir affronter une opinion publique
très hostile à toute idée de discussion avec les rebelles.
De son côté, le président du M23, Bertrand Bisiwma, joint depuis Kinshasa, a assuré que
le mouvement rebelle était prêt à reprendre les discussions. « Notre délégation est déjà
sur place à Kampala. Elle est prête à négocier avec Kinshasa immédiatement », a-t-il
déclaré à l’AFP.
L’Ouganda appelle à reprendre les négociations pour mettre fin aux combats en
RDC
Xinhua – 05/09/2013
L’Ouganda a appelé jeudi le gouvernement de la RDC et les rebelles du M23 à reprendre
les négociations afin de mettre un terme aux combats dans l’est de la République
démocratique du Congo (RDC).
« L’Ouganda continue à penser que la conclusion de ces négociations devrait arrêter les
combats à court terme et apporter une contribution positive aux consultations nationales
dans le pays », a indiqué le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa, lors
de l’ouverture d’une réunion des chefs de la diplomatie des pays des Grands Lacs sur la
situation dans l’est de la RDC, jeudi à Kampala. « Le fait que nous nous réunissons
aujourd’hui ici un mois après notre réunion à Nairobi montre la gravité et l’urgence de la
situation dans l’est de la RDC », a-t-il relevé. L’Ouganda a joué le rôle de médiateur
depuis décembre 2012 en faveur des pourparlers entre le gouvernement de Kinshasa et
le M23.
A la rencontre ministérielle ont pris part les représentants de 11 pays réunis dans la
Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL), une plateforme
régionale de paix et de sécurité. En tant que président de la CIRCL, l’Ouganda a
convoqué cette réunion après l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC
où a repris le conflit armé entre l’armée congolaise et le M23, laquelle précède un
sommet d’urgence régional. Le sommet d’urgence de Kampala vise à aider à trouver une
solution durable au conflit en RDC, qui a poussé des centaines de milliers de personnes à
fuir leur pays natal. M. Kutesa a fait remarquer que la Brigade d’intervention de la
Mission des Nations Unies pour la stabilité en RDC (MONUSCO) avait commencé ses
opérations visant à éliminer les groupes rebelles dans l’est de la RDC. La Brigade
d’intervention de l’ONU doit bénéficier du soutien « pour ramener la paix dans l’est de la
RDC », a-t-il souligné, « c’est notre espoir que son pleine opéralisation permettra de faire
face globalement les éléments négatifs dans la RDC ».
Les dirigeants régionaux qui sont arrivés dans la capitale ougandaise jeudi devaient se
rencontrer dans la nuit du même jour pour examiner les recommandations des ministres
sur la crise de la RDC.
L’armée rwandaise aux portes de Goma
Afrik.com : 05/09/2013
Le Rwanda aurait renforcé sa présence militaire à la frontière avec la République
démocratique du Congo. Des habitants de la localité de Gisenyi y aurait constaté des
mouvements inhabituels de militaires mais discrets autour. Le Rwanda transformerait-t-il
ses menaces en actes ? Fin août, on se souvient tous qu’àprès les tirs d’obus à sa
frontière avec la République démocratique du Congo tuant une rwandaise et son bébé,
Kigali a immédiatement riposté, accusant les soldats congolais d’en être à l’origine,
évoquant un « acte de provocation et injustifié ». Les Forces armées de la RDC « ont tiré
délibérément une roquette de 107 mm dans le village de Bugu », avait indiqué dans un
communiqué le ministère de la Défense du Rwanda. « Cette provocation ne peut plus
être tolérée. Nous n’hésiterons pas à défendre notre territoire », avait pour sa part
déclaré la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo. A quelques
mètres de Goma- Est ce pour la défense donc du territoire rwandais que des habitants de
la localité de Gisenyi, frontalière entre les deux pays, ont constaté des « mouvements de
militaires rwandais inhabituels mais discrets » ? Selon Radio Okapi, ces derniers ont
aperçu des blindés, du matériel militaire et des hommes en train de converger vers des
positions à la frontière avec la RDC. Cette habitante du village de Ruzini, situé à 15km au
nord de Gisenyi, témoigne : « J’ai vu cinq tanks et des armes lourdes transportées par de
gros camions passer près de chez moi. J’habite au bord de la route. Je n’en avais jamais
vu avant. Ils sont partis en direction de la frontière ». Même son de cloche pour cette
habitante du Mont Rabuvu, une colline stratégique qui surplombe Gisenyi : « Nous avons
l’habitude de passer par la colline pour aller travailler à Gisenyi. C’est un raccourci, mais
depuis qu’ils sont là, on n’ose plus y aller ». Cette source contactée par Afrik.com va
même plus loin, affirmant que les militaires rwandais à la grande barrière de Goma sont
visibles à quelques mètres de la localité, capitale de la province du nord-Kivu. « Ils sont
vêtus d’uniformes de la police pour se camoufler mais sont en réalité des commandos ».
Le gouverneur Julien Paluku dénonce « un Rwanda en état de guerre. »
L’ONU s’en mêle d’un autre côté, Kigali n’a pas démenti le renforment de la présence
militaire du Rwanda dans la région. La ministre des Affaires étrangères s’est seulement
contentée de dire que son pays son trouvait en état d’alerte. Que doit-on comprendre ?
Le Rwanda se préparerait-il donc à enrter officiellement en guerre contre la RDC ? En
tous cas, la Mission de l’Onu en République démocratique du Congo (Monsuco) a, elle,
pointé du doigt les rebelles du M23 en confrontation avec l’armée congolaise dans l’est
du pays, les accusant d’avoir provoqué les tirs d’obus en direction du territoire rwandais.
Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki moon avait même contacté Paul Kagamé le chef
d’Etat rwandais, condamnant « en particulier les tirs non ciblés émanant du M23 qui ont
causé des morts, des blessés et des dégâts matériels parmi la population civile à l’est de
la RDC et dans les zones frontalières au Rwanda, de même que parmi les casques bleus
». Il faut dire que Kigali est agacé par l’institution qu’il accuse de ne pas être neutre dans
son arbitrage entre les différents protagonistes du conflit. Kigali n’a en effet toujours pas
digiré que l’Onu accuse l’armée rwandaise de soutenir la rébellion et de s’être infiltrée
dans l’est de la RDC. Allégations d’ailleurs que La chef de la diplomatie du Rwanda avait
immédiatement démenti sur son compte Twitter : « Non, les troupes rwandaises ne sont
pas en République démocratique du Congo (pour le moment) ». Un (pour le moment) dit
d’un ton ironique par la ministre des Affaires étrangères dans un premier temps. Tout
montre que la plaisanterie a assez duré car le Rwanda semble avoir véritablement
transformé ses menaces en actes.
Sommet de Kampala : les présidents exigent la reprise des négociations entre
Kinshasa et le M23
Jeune Afrique – 06/09/2013
Réunis à Kampala pour un sommet extraordinaire, les chefs d’État de la région des
Grands Lacs ont appelé, jeudi, la rébellion congolaise du M23 à cesser toute activité
militaire dans l’est de la RDC et de reprendre « dans trois jours » les pourparlers avec
Kinshasa.
Deux décisions sont tombées, jeudi 5 septembre, à l’issue du Sommet extraordinaire de
Kampala. Les 11 chefs d’État de la région des Grands Lacs ou leurs représentants ont
exigé que le Mouvement du 23-Mars (M23) cesse « toute activité militaire » et reprenne
« dans les trois jours » des négociations avec le gouvernement congolais.
Suspendus depuis mai, les pourparlers de Kampala entre Kinshasa et les rebelles
« devront être conclues dans une période maximum de 14 jours », précise le communiqué
final du sommet.
Durant ces 14 jours, « les forces belligérantes sur le terrain sont exhortées à exercer le
maximum de retenue pour que les pourparlers soient rapidement conclus », selon le texte.
Le M23 « devra mettre un terme à toute activité militaire et cesser la guerre et les
menaces de renverser le gouvernement légal de République démocratique du Congo »
(RDC), ont décidé les chefs d’État.
« Notre délégation est déjà sur place à Kampala. Elle est prête à négocier avec Kinshasa
immédiatement », a réagi le président du M23, Bertrand Bisimwa, joint depuis Kinshasa
par l’AFP.
« Brigade d’intervention »
Le sommet de la CIRGL invite également la nouvelle « Brigade d’intervention (de l’ONU) à
excercer sans relâche une pression sur le M23 et toutes les autres ‘forces négatives’ « 
Une série d’entretiens bilatéraux a eu lieu entre le Congolais Joseph Kabila et le Rwandais
Paul Kagamé, en début d’après-midi, en marge du sommet dont l’ouverture a été
retardée. Mais, Kinshasa a ensuite tenu à préciser que les deux présidents s’étaient
« rencontrés avec tous les chefs d’État » et de gouvernement présents à la Conférence.
« Cette rencontre n’a pas eu lieu en aparté », a insisté le directeur de la presse
présidentielle de la RDC, André Ngwej Katot.
Le président rwandais s’est parallèlement entretenu avec son homologue tanzanien
Jakaya Kikwete, dont le pays est aux commandes de la Brigade d’intervention onusienne.
Les deux chefs d’État « se sont entretenus en tête à tête pendant un peu plus d’une
heure », selon la présidence tanzanienne.
Les deux hommes ont récemment échangé des propos très agressifs et des menaces à
peine voilées, après que le président tanzanien a conseillé au Rwanda de négocier avec
les FDLR. Un affront pour Kigali qui exclut tout dialogue avec ce mouvement, le
considérant comme formé d’anciens miliciens responsables du génocide de 1994 au
Rwanda.
Hôte du sommet organisé au complexe hôtelier de Munyonyo, dans les faubourgs de
Kampala, au bord du lac Victoria, le président Yoweri Museveni a également rencontré
plusieurs présidents séparément.
Kampala «apparaît comme le sommet de la dernière chance» pour la RDC
Interview de Thierry Vircoulon (ICG) par Olivier Rogez sur RFI1 – 06/09/2013
Après les récents combats dans le Nord-Kivu entre le M23 d’un côté, les forces
congolaises et l’ONU de l’autre, les chefs d’Etat de la région des Grands Lacs se
réunissent ce jeudi 5 septembre à Kampala. Kinshasa veut obtenir le désarmement du
M23. Un objectif qui n’est pas celui du Rwanda. Va-ton vers un compromis ou un clash ?
L’éclairage de Thierry Vircoulon, directeur pour l’Afrique centrale de l’International Crisis
Group.
Après les récentes victoires des forces congolaises et de la brigade d’intervention contre
le M23 au Nord-Kivu, Kinshasa arrive en position de force au sommet des chefs d’Etat de
la conférence internationale des Grands Lacs qui s’ouvre ce jeudi. Pensez-vous que
Kinshasa puisse doubler sa victoire sur le terrain par une victoire diplomatique ?
Thierry Vircoulon : C’est possible. Le gouvernement congolais arrive à Kampala avec un
certain nombre de soutiens. Il y a eu bien sûr les avancées de l’armée congolaise sur le
terrain,et Ban Ki-moon a reconnu que les bombardements sur le territoire rwandais
étaient le fait du M23 et non des Forces armées de RDC (FARDC).
Il y a également une déclaration des Affaires étrangères américaines qui dit détenir
des preuves du soutien du Rwanda aux groupes rebelles. J’étais la semaine dernière à
l’Union africaine. La réunion du Conseil de paix et de sécurité se tenait au moment où il y
avait des combats dans l’Est. Le conseil a condamné unanimement le M23. Donc on peut
dire que même du côté des Africains, Kinshasa bénéficie d’un grand soutien.
Mais il n’est pas évident que ces soutiens diplomatiques seront suffisants à Kampala,
parce que ce qui se profile, c’est que ce sommet apparaît un peu comme le sommet de la
dernière chance.
Il s’agit de trouver une formule pour relancer les négociations avec le M23. Or, négocier
avec le M23, pour Kinshasa ce n’est pas une position confortable et on pourrait même
dire que le président Kabila aurait beaucoup à perdre à reprendre les négociations.
Au plan interne, l’opinion publique au Nord-Kivu est chauffée à blanc. Et puis l’image
politique, toujours en interne, du président Kabila, ne sera pas très bonne, s’il annonce
une reprise des pourparlers avec le M23 au moment où il doit lancer un grand dialogue
national.
Kinshasa réclame le désarmement du M23 et il a pour cela l’appui d’une partie de la
communauté internationale et notamment de Mary Robinson, l’envoyée spéciale de l’Onu
pour les Grands Lacs. Le M23 a-t-il les moyens de s’opposer à cette double volonté de lui
imposer un désarmement ?
Le M23 a perdu beaucoup, si ce n’est toute sa crédibilité dans les récents combats. Mais
il ne peut y avoir de désarmement que dans deux cas de figure. S’il y a un accord à
Kampala entre le M23 et le gouvernement congolais, mais dans ce cas ça voudrait dire
un désarmement en échange de quelque chose. Et ce que réclame le M23, c’est sa
réintégration dans les forces armées congolaises, ce qui me paraît assez compromis.
L’autre cas de figure c’est un désarmement forcé. Donc cela veut dire une reprise des
combats au Nord-Kivu et éventuellement une épreuve de force avec le Rwanda.
Pensez-vous que Paul Kagame, accusé par l’Onu de soutenir le mouvement rebelle, va
prendre le risque de poursuivre ce soutien, voire même d’augmenter son soutien ?
Je crois que Kigali est en train de s’entêter dans une politique de soutien au M23 et a
envoyé un certain nombre de signaux indiquant qu’il était prêt à l’épreuve de force.
Kagame pourrait-il prendre le risque d’une confrontation généralisée, qui verrait ses
hommes affronter les casques bleus de l’Onu ?
Je ne pense pas qu’on puisse se retrouver dans cette situation. En ce qui concerne le
Rwanda on est en train de jouer au poker, et de parier sur le fait que les Nations unies,
finalement, reculeront. Mais je crois qu’il y a aussi un jeu régional qu’il ne faut pas perdre
de vue. Il y a eu une montée de tension entre le Rwanda et la Tanzanie.
La Brigade d’intervention est composée de casques bleus, mais de casques bleus qui
viennent de Tanzanie, du Malawi et d’Afrique du Sud, et par conséquent pour bien
comprendre le jeu, il faut suivre les relations entre Kigali et les capitales africaines. Il y a
des questions de leadership africain qui sont en train de se régler ou qui pourraient se
régler sur le terrain au Nord-Kivu.
Concernant justement, plus précisément le Nord-Kivu, quelles seraient les concessions
faites à Paul Kagame qui le pousseraient à relâcher la pression ?
Ce qui paraît essentiel c’est d’une part le sort du M23 – pour le maintien duquel il faudrait
trouver une solution pérenne -, et puis également la question des Forces démocratiques
pour la libération du Rwanda (FDLR) – donc des anciens génocidaires qui forment un
groupe armé dans les Kivus – doit être traitée
A cette problématique des FDLR, les Nations unies – Mary Robinson – répondent que c’est
justement le rôle de la Brigade d’intervention que de neutraliser tous les groupes armés.
Pour le moment, la Brigade d’intervention n’a pas dit clairement quelles étaient ses cibles
ni ses priorités. Or des groupes armés dans les Kivus, il y en a plus de 40. La question
est de savoir si elle a, oui ou non, l’intention de traiter les FDLR. Parce que pour le
moment, sa première cible semble être le M23.
Alors je crois qu’il y a une possibilité de marchandage diplomatique entre le M23 et les
FDLR, mais il est nécessaire que les Nations unies soient plus explicites sur leurs cibles,
quand ils parlent de neutraliser les groupes armés. C’est une formulation beaucoup trop
vaste. Il doit y avoir un ordre de priorité dans les cibles.
© CongoForum, le samedi 7 septembre 201

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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