29/10/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

29 octobre 2013

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
La progression des troupes gouvernementales, qui infligent des revers aux rebelles du M23 depuis la reprise des hostilités, alimente les commentaires dans les colonnes des journaux kinois. Beaucoup de ces commentaires ressemblent malheureusement à la proverbiale vente prématurée de la peau de l’ours. D’autre part, il y a une certaines relation dialectique de cette guerre avec la politique intérieure : concertations nationales et gouvernement « de consensus » n’ont-ils pas été présentés comme « nécessaires pour la fin de la guerre à l’Est » ? Et donc, les succès militaires remportés sans eux ne montrent-ils pas leur inutilité ?
Est : la peau de l’ours
Les journaux parus ce mardi à Kinshasa commentent tous la bonne nouvelle des victoires enregistrées par les FARDC, lors des récents combats contre les rebelles du M23. Si certains affirment qu’il reste des objectifs à atteindre comme la récupération des collines de Bunagana, Runyoyi, Muzi et Chanzy, d’autres n’hésitent pas à affirmer que la rébellion est à genoux et en déroute. Avec la tombée de Rumangabo hier, on espère que les tenants de cette seconde thèse auront raison et que ces collines, jugées imprenables, vont également tomber. La rébellion du M23 ne serait alors qu’un lointain cauchemar.
La Référence + annonce « Rumangabo est tombé hier ».
En effet, au 4ème jour de combats intenses, l’armée congolaise poursuivait une progression de plus en plus rapide vers le nord, infligeant revers sur revers au M23. Les rebelles ont délaissé d’autres localités de Rutshuru qu’ils contrôlaient. Il s’agit notamment de Rubare, Kako, Kalengera, Biruma, Tchengerero et Katalé, sur l’axe Goma-Kiwanja. Les FARDC ont mis le cap sur Chengerero, Bunagana et Runyonyi, où le gros des combattants du M23 se sont retranchés, a indiqué le colonel Olivier Hamuli.
L’Observateur relaie des « Echos de guerre au Nord-Kivu ». En moins de trois jours, plusieurs localités sont déjà rentrées dans le giron des forces gouvernementales au terme d’une offensive des FARDC contre les rebelles du M23. Le Gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a confirmé le dimanche, la reprise de Kiwanja. En fait, la localité de Kibumba est un verrou important, où le M23 avait pratiquement amassé l’essentiel de ses équipements militaires.
Forum des As confirme l’information. Dimanche, les FARDC ont fait tomber toutes les places fortes des rebelles comme Rutshuru, Kiwanja et une partie de Kibumba, sauf la colline stratégique de Hewu , en lisière se la frontière rwandaise. Hier, les FARDC ont libéré Hewu et donné l’assaut à la forteresse de Rumangabo qu’ils ont reconquise. Il y avait à Rumangabo, toute l’artillerie lourde des rebelles. C’est là même que les Rwandais avaient installé leur base d’appui au M23.
La Tempête des Tropiques informe qu’ « Après Kiwanja, Rugari, Rumangabo et Rwankuba », les FARDC mettent déjà le cap sur la localité de Bunagana. Bunagana représente un objectif majeur parce que cette localité est le siège de l’autorité de l’Etat chimérique établi par le M23 et ses parrains étrangers. Située sur la frontière commune RDC-Rwanda-Ouganda au Nord-Est du territoire de Rutshuru, la localité de Bunagana est aussi un poste douanier d’importance stratégique pour le M23 qui en dépend largement sur les plans financier et logistique.
La Prospérité, qui s’exclame «Les FARDC s’imposent: M23, c’est fini!», mérite à notre avis la palme de l’optimisme.
Presque toutes les positions du M23 ont été abandonnées lundi, signale La Prospérité qui cite le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler. M. Kobler a soutenu au Conseil de sécurité par vidéo-conférence que « cela marque quasiment la fin militaire du M23 ». «C’est donc après 4 jours d’intenses combats menés à l’arme lourde que les positions du M23 ont été récupérées, les unes après les autres, par les forces loyalistes», rappelle La Prospérité.
(A propos de la déclaration de Mr. Kobler, au moment de rédiger la présente RP, nous n’avions connaissance que de la version anglaise de sa déclaration à l’ONU. Force est de constater que dans ce texte officiel, le M23 est « weakened », affaibli, et non « fini ». NdlR)
L’Avenir rapporte « Après la reprise de Rumangabo, l’objectif pour les FARDC est de récupérer Bunagana, Runyinyi, Mbuzi et Chanzu »,
Ce journal note que la base militaire de Rumangabo est tombée lundi entre les mains des vaillants soldats des FARDC qui ont en même temps récupéré d’importants stocks d’armes et munitions de guerre. Le M23 a tout abandonné derrière lui, pris de panique après avoir essuyé d’importantes pertes en hommes.
AfricaNews rapporte les propos du chef d’Etat-major des Forces terrestres des FARDC, le général Olenga. « J’ai reçu l’ordre de récupérer ce que j’ai récupéré, l’offensive va continuer car le M23, en débandade, fuie le camp militaire de Rumangabo ». Le Général Olenga a affirmé que l’armée régulière est déterminée à défendre l’intégrité territoriale jusqu’au bout car, le M23 est appelé carrément à disparaître.
Le Palmarès cite le Gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku : « L’offensive des FARDC doit se poursuivre. La question des négociations, du retour à Kampala, moi, je ne suis pas d’accord. Il y a eu trop de morts. Les rebelles doivent déposer les armes ».
Le Phare nous apprend qu’après la reprise de la cité de Kiwanja par les FARDC, plusieurs combattants du M23 ont commencé à déposer leurs armes et à se rendre dans les bases de la MONUSCO, dans le territoire du Rutshuru. La MONUSCO s’est par ailleurs réjouie de cette décision. Elle a félicité les jeunes d’avoir pris cette décision et a encouragé d’autres jeunes qui sont encore en brousse à se rendre dans ses bases et à en finir avec la guerre.
Le Potentiel renchérit « Kinshasa appelle également les rebelles du M23 à se rendre ». Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, a appelé lundi, les rebelles du M23 à se rendre. « Nous appelons à des redditions volontaires, au désarmement des rebelles », a-t-il affirmé.
Voici l’essentiel de son reportage : « Des larmes de joie de la population ont été versées devant Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu, et Martin Kobler, patron de la MONUSCO, à Kiwanja et Rutshuru, quelques heures après la reprise de ces localités entre les mains des rebelles du M23. Les deux localités sont déclarées sans armes et exemptées de taxes de l’Etat jusqu’à la fin de cette année, a indiqué Julien Paluku.
Enfin, l’espoir. Les bruits de canons et détonations se sont véritablement éloignés de deux cités meurtries du territoire de Rutshuru. Seules les douilles éparpillées a même le sol témoignent du drame qui venait de s’y produire. Elles décrivent, à elles seules, la tragédie de l’une des rébellions les plus contestées de l’histoire.
Le quartier général politique du M23 est totalement pris par les forces régulières. Un meeting populaire y a été organisé hier lundi 28 octobre au matin par le gouverneur Julien Paluku, en présence du représentant spécial du secrétaire géneral des Nations unies, Martin Köbler. La ville est déclarée sans armes, les taxes y sont suspendues jusqu’à la fin de l’année, avec une nouvelle police et une nouvelle administration.
La montée en puissance des forces armées de la RDC n’est plus à démontrer. Depuis trois jours, l’armée congolaise a récupéré des mains du M23 le chef-lieu du territoire de Rutshuru, la cité de Kiwanja, la base militaire de Rumangabo, une dizaine d’agglomérations et ce, à la grande satisfaction des populations autochtones.
C’est dans ce cadre que Julien Paluku et Martin Köbler, respectivement gouverneur du Nord-Kivu et représentant spécial du SG des Nations unies se sont rendus à Kiwanja et Rutshuru pour réarmer moralement la population qui, 18 mois durant, était prise en otage par les rebelle du M23. Un convoi qui rassure lorsqu’on a constaté qu’il s’agissait bel et bien de l’armée régulière, « notre armée », s’écriaient les habitants, imbibés de larmes qui coulaient de joie. Une journée historique. Un habitant raconte que même les chèvres qui s’étaient cachées sont enfin sorties de brousse. La terreur du M23 est passée, mais le traumatisme demeure. Que des Congolais y ont perdu de vies…
Grande satisfaction. Liesse totale suivie des larmes de joie qui coulaient suite aux souffrances atroces auxquelles le peuple a été soumis dans cette partie du pays. « Les hommes en provenance du Rwanda sont sans pitié, ils tuaient tous les jours », pouvait-on entendre de certaines bouches qui n’attendent pas l’ouverture des enquêtes pour témoigner des atrocités vécues dans la zone.
Des pauvres populations qui se sont vues libérer par la synergie FARDC-MONUSCO peuvent enfin croire à leur gouvernement. Dire ce qu’ils ressentent et exiger des comptes des rebelles. Devant cette foule rassemblée à Rutshuru-centre, Julien Paluku salue la résistance patriotique nationale qui a caractérisé ce peuple fort et uni dans son sort.
Le gouverneur transmet le message de compassion du président Joseph Kabila ainsi que celui de soutien aux actions des FARDC appuyées par la brigade d’intervention de la MONUSCO. Il formule également les condoléances du peuple nord-kivutien aux familles des civiles et militaires qui ont perdu les leurs sur le champ d’honneur comme dans n’importe quelle circonstance de guerre.
Puis un message de compassion aux casques bleus qui ont perdu un soldat tanzanien à Kiwanja lors de derniers affrontements avant d’inviter la population à s’abstenir de toute attitude de règlement de compte et de triomphalisme. Il déclare en outre, le territoire de Rutshuru, « territoire sans armes » où seules les forces de la Police nationale congolaise (PNC), des FARDC et de la MONUSCO sont autorisées à détenir des armes.Pour alléger le poids de la souffrance aux operateurs économiques de la région longtemps martyrisés par le M23, Julien Paluku a annoncé que le territoire jadis occupé était déclaré « sans taxes, ni impôt jusqu’au 31 décembre 2013 ».
Il a annoncé la réinstallation dans les 48 heures de l’administrateur de territoire, d’un nouveau commandement de la police et la nomination d’un nouveau chef de cité de Kiwanja. C’est ainsi qu’il a demandé à tous ceux qui détiennent encore des armes de les déposer auprès de la MONUSCO ou des bases FARDC. Des mesures salvatrices que Julien Paluku a annoncées devant une foule compacte et en présence de Matin Kobler, le chef de la MONUSCO… Séance tenante, le gouverneur du Nord-Kivu a annoncé la chute de la base militaire de Rumangabo et la récupération des stocks importants d’armes et munitions de guerre. Le M23 a tout abandonné derrière lui, pris de panique et après avoir essuyé d’importantes pertes en hommes. Pour le gouverneur, le chef de l’Etat tient à la récupération dans le meilleur délai de Bunagana, Runyonyi, Mbuzi, Chanzu et toutes les localités jadis sous occupation des forces de l’agression.
Avec cette victoire nationale, l’ensemble du territoire de Nyiragongo ainsi que 95% du territoire de Rutshuru sont désormais entre les mains des forces régulières ».
Le Potentiel affirme en outre que «la RDC diligente une enquête sur deux fosses communes» découvertes près de Kibumba…
Le ministère de la Défense de la RD Congo a annoncé dimanche 27 octobre 2013 à Kinshasa la mise en place d’une commission chargée d’enquêter sur cette affaire. Selon le journal, «cette commission devra se rendre dans ce secteur afin de fixer l’opinion tant nationale qu’internationale sur cette découverte macabre».
L’Avenir pour sa part émet des réserves et dit qu’il ne faut pas vite « crier victoire ». Au-delà des succès engrangés, il serait prématuré de crier déjà victoire. Le Rwanda, peu soucieux de lâcher ses alliés congolais et de perdre l’accès au Nord-Kivu, pourrait être tenté de jouer le tout pour le tout et de franchir la frontière en dépit de la pression internationale. L’Ouganda, dont la neutralité est de plus en plus sujette à caution, pourrait permettre l’ouverture d’un nouveau front, plus au Nord où un certain « M18 » aurait déjà fait son apparition, avertit le journal.
(Certes, l’on peut comprendre l’enthousiasme patriotique et il n’y a pas de mal à se faire plaisir en lançant quelques coups de clairon. Ceci dit, on n’en aura fini avec le M23 quand le dernier de ses membres aura trouvé, devant le peloton d’exécution, la mort qu’il a méritée. D’autre part, il faut être conséquent avec son propre discours : si le M23 n’est qu’un instrument du Rwanda, la clé de la paix n’est pas à Rumangabo. Elle est à Kigali, et il faudra aller l’y chercher avec des blindés. NdlR)
Est / Institutions internationales
Deux journaux,Le Phare etle Potentiel, se montrent plus particulièrement sensibles aux aspects internationaux de cette guerre.
Le Phare rapporte que « l’ONU, l’Union européenne et les USA ont appelé Kinshasa et le M23 à reprendre les pourparlers », mais le gouvernement congolais, qui a répété à plusieurs reprises sa volonté d’anéantir le M23, ne donne pas l’impression de vouloir s’arrêter en si bon chemin. Du fait de la progression des troupes gouvernementales, le M23 ne contrôle désormais plus que quelques centaines de kilomètres carrés limitrophes de l’Ouganda et du Rwanda, deux pays que l’ONU et Kinshasa accusent régulièrement- malgré les démentis des intéressés- de soutenir les rebelles.
Le Potentiel n’est pas tendre vis-à-vis de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs) qu’il perçoit comme un marché de dupes, tout ayant été planifié pour la partition de la RDC.
Créée en décembre 2006 au terme de la signature du Pacte de sécurité, de stabilité et de développement dans la région des Grands Lacs, la CIRGL peine à imposer sa marque. Le récent échec des pourparlers de Kampala entre Kinshasa et le M23 a jeté un discrédit sur cette organisation, où se côtoient la victime (RDC) et ses principaux bourreaux (Rwanda et Ouganda). A Kinshasa, la CIRGL passe de plus en plus pour un marché de dupes où le dindon de la farce se trouve bien être la RDC.
(L’hypocrisie – qui, en diplomatie s’appelle « subtilité » et est perçue comme une qualité – impose de ne faire la guerre qu’en proclamant sans cesse son amour de la paix. Chacun savait, dès l’origine, que les pourparlers de Kampala ne pouvaient aboutir, les positions des parties en présence étant inconciliables. Par contre, toutes deux avaient intérêt une suspension des hostilités. Le M23, pour cacher son incapacité, malgré ses rodomontades, à décoller de frontière Est, et le pouvoir de Kin, pour réformer son armée et régler ses problèmes post-électoraux. NdlR)
La guerre de l’Est et la politique intérieure
Forum des As estime que, à Kinshasa, les bonnes nouvelles du front changent la donne politique.
Les choses vont vite… très vite même, selon ce journal qui estime que la contre-offensive foudroyante des FARDC va influer sur les manœuvres politiques post-Concertations.
«Ironie de l’agenda ? Coup de pouce du destin ? Simple coïncidence ?», s’interroge le journal, faisant remarquer que «les FARDC ont fait bouger les lignes avant l’avènement du Gouvernement dont précisément la mission était celle-là ». Toujours est-il que, c’est à un Gouvernement en quasi affaires courantes que revient la palme de reconquête des territoires occupés, conclut Forum des As.
(On constate, comme dans le conte d’Andersen, que « L’Empereur est tout nu » ! Et le côté gênant de cette histoire est qu’en effet, en dix mois de temps, on est parvenu à accréditer l’idée que les concertations avaient pour but la paix à ‘Est. Ce qui est un mensonge pur et simple. Le « dialogue national » a été promis un an après des élections truquées, mais aussi por… ne pas parler de ces élections. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. C’est alors que les commentaires négatifs tombaient de partout au sujet de ces résultats électoraux très discutés, que JKK a brusquement décidé un retournement des alliances. De fin 2008 à fin 2011, la thèse officielle était que le Rwanda était un allié, que tous les ennuis venaient du FDLR et que Ntaganda était indispensable à la paix. Subitement, le Rwanda devenait un ennemi et il fallait arrêter Bosco Ntaganda. Cela prenait dans le sens du poil l’opinion congolaise et la communauté internationale. Mais il ne pouvait échapper à personne que cela allait rallumer la guerre, d’autant plus qu’au lieu d’arrêter Ntaganda par surprise, on annonça à grand bruit l’intention de le faire. Le bandit n’a bien sûr pas attendu les gendarmes ! Comment ne pas en retirer l’impression que le pétard qui a éclaté à Goma a été allumé volontairement et en connaissance de cause par le pouvoir, en vue, précisément, de créer la psychose d’urgence nationale dont il s’est efforcé, ensuite de profiter. Il lui devenait facile de prétendre que « l’opposition tient le même langage que le M23 ». Goma et Kampala ont été deux aspects d’une opération visant à gagner du temps. La « crise de l’Est » s’est prolongée plus que prévu, du fait d’une très large internationalisation – CIRGL, SADC, ONU – qui n’avait sans doute pas été intégralement prévue au départ. Gagner du temps peut être chose salutaire, d’autant plus que la « rébellion », étroitement dépendante du Rwanda et de l’Ouganda, s’est montrée incapable, malgré une résistance tout au plus « symbolique » des FARDC, de décoller de la frontière Est. Mais ce temps a été mis uniquement à profit pour attendre que des troupes étrangères viennent rendre la défense du Congo, pas pour mobiliser et dynamiser des forces congolaises. Pour les besoins intérieurs, les négociations de Kampala, jamais réellement commencées et conçues pour ne mener nulle part, suffisaient.
Elles ont permis d’éroder et de diviser l’opposition au hold-up électoral autour d’une promesse de « dialogue » et expliquent sans doute la longévité du gouvernement Matata. Du point de vue du pouvoir, une chute ou un remaniement profond du gouvernement ne doivent pas avoir lieu avant que l’on en ait fini avec la « concertation nationale ». L’idéal serait bien sûr qu’elle connaisse le même sort que Kampala : l’évanouissement progressif dans le néant des projets inaccomplis. A tout le moins, il faut qu’elle se tienne de manière suffisamment contrôlée, pour ne mener à aucun changement autre que cosmétique, ce qui pourrait consister, par exemple, en un remaniement ministériel. Le véritable partage de l’entrecôte aura donc lieu plus tard que prévu, au cours de l’opération « silence dans les rangs » fallacieusement présentée comme « concertation nationale ».
Il n’est pas inintéressant d’observer l’évolution du vocabulaire en la matière. Au Nouvel An, JKK avait évoqué dans son message un « dialogue national ». Celui-ci est ensuite devenu une « concertation » au singulier. L’on parle aujourd’hui de « concertations » au pluriel. Cela fait penser à une évolution d’une idée de « mise à plat de tous les problèmes » à une forme de « dialogue » où il y aurait un interlocuteur nettement « dominant », ayant devant lui des interlocuteurs dispersés.
Les attaques de « séparatistes katangais », les« conspirations à la gomme » style Mukandi ou Yangambi, comme les « alertes aux milices » pourraient très bien être liés au « dialogue national », en ce sens que le pouvoir ne dispose plus de la menace de l’Est pour créer un réflexe d’union nationale. Il lui faut une autre menace pour justifier sa fermeture à un vrai dialogue.
Ce qui serait sans aucun doute le problème crucial du « dialogue », c’est le manque de légitimité d’un pouvoir issu d’élections sans nulle crédibilité. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.
Le pouvoir en place a déjà donné des signes évidents de sa volonté d’abuser de sa prépondérance. Il est manifeste que des expressions sonores comme « cohésion nationale » ou « respect de l’ordre constitutionnel » signifient en réalité « reconnaissance du pouvoir établi » et « acceptation des ‘résultats électoraux’ de 2011 ».
Il y a en RDC une crise liée, non aux institutions, mais à ceux qui en occupent les postes à responsabilité. Et cela, tout simplement, parce que la Constitution repose sur l’idée que lesdits postes auront des titulaires désignés par des élections honnêtes, et qu’elles ne l’ont pas été. Mais précisément, dans le vocabulaire de la Majorité, « pas de crise institutionnelle » veut dire « pas de remise en question de la mascarade électorale ».
Un « dialogue » qui ne se baserait pas sur l’acceptation de la réalité, à savoir que les élections de 2011 ont été NULLES, qu’il n’y aura JAMAIS de résultats électoraux acceptable sans recensement national et sans une CENI dépolitisée ne sera jamais qu’un achat à grand spectacle, par la distribution de postes lucratifs, de complices supplémentaires pour ce coup d’état dont le principal ressort consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli
Les distorsions du langage ne sont cependant pas le privilège du camp gouvernemental. Si celui-ci parle de « l’ordre institutionnel » ou « constitutionnel » pour défendre ses postes usurpés, pour une partie de l’Opposition « vérité des urnes » se prononce « Tshisekedi président » alors que RIEN ne peut sortir d’une élection NULLE. Proclamer la victoire d’un candidat, quel qu’il soit, c’est tenter le même coup de force que l’on reproche à JKK, à ceci près que, ne disposant pas comme lui de la force, on ne tombe pas dans le crime, mais dans le ridicule.
Une autre partie de l’opposition acceptera sans doute un « replâtrage » par application de la « Loi de l’Entrecôte ». L’obstination des uns et la vénalité des autres empêcheront une remise en question fondamentale des « élections à corps électoral inconnu » et permettront une soi-disant « concertation » qui n’aboutira qu’à un statu quo, c’est-à-dire au maintien de la même situation pour les élections de 2016. NdlR)
Economie

L’Agence Ecofin annonce que « Perenco mènera une campagne de forage sur quatre champs offshore jusqu’en mars 2014 »
La compagnie pétrolière franco-britannique Perenco a annoncé, le 25 octobre, que sa campagne de forage entamée en avril 2013 sur quatre champs pétrolifères au large des côtes de la RD Congo se poursuivra jusqu’en mars 2014. «La campagne de forage a été engagée sur quatre champs pétrolifères. Il s’agit de la relance d’un puits existant qui n’a jamais été mis en production sur le champ de Lubi, de deux puits de développement sur le champ de Liboa, d’un puits d’évaluation et d’une injection d’eau sur le gisement de Tshiala et d’un puits d’exploration sur le champ de Moko», a indiqué la compagnie dans un communiqué.
Basée à Londres, Perenco avait déclaré en juin 2012 que le volume du pétrole extrait de ses champs en production en RD Congo a atteint 28 000 barils par jour.

Selon la même agence, « Le ministre Congolais des Postes, télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT-Ntic), Tryphon Kin- Kiey Mulumba démantèle un 3ème réseau de trafiquants d’appels »
Ecofin affirme que Kin-Kiey Miulumba, vient de démanteler un nouveau réseau de trafiquants d’appels téléphoniques. Le 21 octobre 2013, des personnes spécialisées dans la conversion des appels internationaux sortants et entrants en RD Congo, en appels locaux, ont été interpellées, toujours dans la commune de Ngaliema. Par ce nouveau coup de filet, le patron des TIC démontre sa volonté de lutter contre les malfrats qui, au quotidien, dérobent plusieurs millions de francs au Trésor public congolais.
Dans le cadre de cette affaire, deux personnes seraient activement recherchées par les services nationaux de renseignements. Il s’agit d’Alexandre Saikosy et Yannick Goule. Interpellées il y a peu par le ministre des PT-NTIC sur leurs responsabilités dans la fraude téléphonique qui perdure dans le pays, très peu de sociétés de télécommunications ont montré de l’entrain pour barrer la route à ces malversations. Seul Airtel s’est engagé à collaborer avec les autorités pour assainir la situation.

© CongoForum, le mardi 29 octobre 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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