Affaire Munzihirwa

29 octobre 2013

Au fil des jours

Affaire Munzihirwa :
Pourquoi on ne veut pas démasquer les coupables?

L’assassinat de Mgr Munzihirwa demeure encore sans coupables et sans assassins. Le visage de ceux qu’ils l’ont abattu à la place Nyawera ce soir du 29 octobre 1996, personne l’a connu et probablement ne le connaitra jamais. Un voile de silence et de complicité couvre tout cet affaire.
Combien des gens sont impliqués ? Ont-ils un nom ? Ce n’est pas aujourd’hui le moment où il est nécessaire parler ouvertement et dire les noms de ceux qui aveint été les mandataires et de ceux qui ont été les bourreaux ?
Les témoignages que nous avons parlent d’un commando rwandais, qui avait suivi Nkunda et ses amis, et qui avait été envoyé par la présidence du Rwanda avec une unique mission d’entrer à Bukavu et éliminer trois personnes :le gouverneur, l’archevêque et le maire de la ville.
En célébrant le 17 anniversaire de l’assassinat de Munzihirwa nous continuons sans cesse à nous poser pas mal de questions, qui, depuis 17 ans n’ont pas trouvé une réponse. Mais qui a-t-il tué donc Munzihirwa ? Qui a donné par téléphone l’ordre de le tuer ? Et pourquoi on a voulu tué Munzihirwa ? Qu’on lui pouvait reprocher pour l’abattre ? Pourquoi l’Eglise Catholique de Bukavu, dont il était l’Archevêque, n’a jamais, en ces 17 ans, penser à un procès ?
L’affaire Munzihirwa semble plein de mystère. Personne veut s’en endosser la faute. Et tous semblent bien prendre le temps pour
Ces questions et tant d’autres passent dans nos tètes en célébrant ce 17e anniversaire. Toutes questions qui ne trouvent pas une réponses et qui peut être ne trouveront jamais des réponses. Pourquoi ? Fruit de complicités ? Fruit d’indifférence d’une église, qui oublie ses aïeux ? Fruit de quoi alors ?
Je voudrais pouvoir oser donner une réponse, qui n’effacera jamais cet extrême acte de foi et charité que ce « bon pasteur » nous laisse comme héritage. Et qui reste comme acte suprême d’amour pour son peuple et son église.
Aujourd’hui encore je me trouve dans un impasse terrible de doutes et de soupçons qui ne me laissent pas libre de parler et d’intervenir et qui me poussent à crier avec toute ma force : « pourquoi on veut pas démasquer les coupables de cet horrible assassinat ? Pourquoi ? »
L’assassinat de Munzihirwa avait été programmé depuis longtemps et son nom était sur une liste, assez secrète, qui circulait parmi les hautes sphères de la nomenclature des autorités du régime Kagame du Rwanda.
Munzihirwa était devenu une personne gênante car elle avait osé dénoncer auprès de l’opinion internationale les véritables maux qui corrodaient toutes les sociétés de la région des Grands Lacs. Le Rwanda rêvait incessamment à annexer une bonne partie de l’Est de la République Démocratique du Congo, pour s’approprier avant tout des immenses richesses que les Régions du Kivu, du Maniema, du Haut Congo conservaient dans leurs sous-sol. Les lettres et les messages de Mgr. Munzihirwa sont arrivés de partout dans le monde et ont été commentées dans les bureaux des diplomaties du monde entier.
La soi-disant balkanisation du Congo était devenue l’argument principal des accords et désaccords de certaines chancelleries.
Complicité internationale ?
Mgr Munzihirwa était poussé en tout cela par un sens profond de justice et de respect de tout homme. Presque toutes ses interventions soulignent son affalât profond pour la dignité de tout homme, créé à l’image de Dieu.
En tant que Pasteur, mais surtout en tant que homme de foi profonde, il était poussé dans toutes ses intervations, de pouvoir épargner son peuple de toute violence et blessures d’une guerre.
Nous connaissons bien la suite de ce qui est arrivé.
Les soldats rwandais de Nkunda sont entrés à Bukavu et ils l’ont eu sur la route qui le menait dans sa communauté religieuse des Jésuites de l’Alfajiri, et là devant les portail de la Sinelac de Nyawera a été abattu, comme un agneau… Comme cet agneau pascal qui bien nous fait espérer, et qui bien nous annonce des aubes bien différentes.
Proprement comme son Maitre, qui l’avait appelé à sa suite, qui lui avait enseigné à aimer et à servir ses frères et à donner, qui l’avait consacré pasteur et guide… et qui l’avait invité à renoncer à sa propre vie per la donner au service de la communauté.
En ces jours je fait une comparaison avec le Pape François, lui aussi jésuite comme Munzihirwa, lui aussi pasteur de son peuple souffrant et pleurant, lui aussi plein de miséricorde et de pardon.

Mais la question me tourmente toujours : « pourquoi on ne veut pas démasquer les coupables de l’assasinat de Mgr Christophe Munzihirwa, archeveque de Bukavu? » Il est temps de commencer à donner une reponse, car les temoins sont encore là.
@ kakaluigi, le soir de ce 29 octobre 2013
kakaluigi@gmail.com

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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