03/12/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

3 décembre 2013

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
L’on a l’impression confortable et rassurante de chausser à nouveau de vieilles pantoufles dans lesquelles on se sent à l’aise, même si elles ne paient pas de mine. L’actualité est dominée, dans la presse congolaise, par Kampala à la suite du tête-à-tête Joseph Kabila- Yoweri Museveni et la question du « nouveau gouvernement », parce que la réunion « en fanfare » dans l’Est et les importantes décisions requises par la reconstruction cadrent fort peu avec un « gouvernement d’affaires courantes ».

Pourparlers de Kampala / tête-à-tête Joseph Kabila – Yoweri Museveni
La tournée kivutienne de JKK avait pour but d’exhiber avec toute la force de la propagande la « restauration de l’autorité de l’Etat » dans l’Est. Son tête-à-tête avec Museveni fait craindre qu’une fois de plus la rébellion ne sorte par la porte que pour rentrer par la fenêtre.
Le Potentiel titre « Désarmement des groupes armés : le point de non-retour ! ».
Lors de sa tournée dans le Nord-Kivu et une partie de la Province Orientale, JKK ne s’est pas entouré de circonlocutions. Son message a été plus que clair : c’est le point de non retour en ce qui concerne les groupes armés, locaux ou étrangers. Leur sort est-il d’ores et déjà scellé ? Décidément, leurs jours sont comptés. Qu’il s’agisse de groupes armés locaux ou étrangers, ils doivent faire avec la nouvelle dynamique qui s’est mise en branle dans la partie orientale de la RDC. Ou ils s’alignent sur le gentleman agreement qui met en avant le désarmement, la démobilisation…ou la réinsertion sociale. Ou bien, deuxième possibilité, ces groupes armés se la font conter ailleurs : ils seront désarmés de force. C’est à prendre ou à laisser !
JKK a concentré le gros de son message principalement sur le processus de reconstruction de la partie orientale du pays et le désarmement des groupes armés.
Joseph Kabila accorde un soin particulier à la reconstruction d’une province qui a connu une difficile période de rupture de la paix, des affres de la guerre.Et tout ce que cela comporte de drame humanitaire à travers de centaines de milliers de déplacés, errant ici et là, de destruction des infrastructures routières notamment, etc… A n’en point douter, ils sont de plus en plus nombreux, les groupes armés, locaux, à avoir accepté, sans hésiter, d’adhérer au processus de désarmement. Ils ont suivi la voie de la raison. Dans ses interventions, JKK a fait comprendre à la population l’intérêt qu’il y avait de se désolidariser de ces groupes armés. Le message ne pouvait donc donner lieu à équivoque. En tout cas, pas de demi-ton dans le processus de désarmement des groupes armés qui, jusque-là, avaient pris l’habitude d’écumer les provinces du Nord et du Sud-Kivu ainsi qu’une partie de la Province Orientale.
Pendant longtemps, les groupes armés ont semé désolation et morts au sein des populations civiles. Ils ont fait d’elles des déplacés internes. Avec au bout du compte, un drame humanitaire innommable. Mais cela appartient désormais au passé. Après avoir, en effet, mis en déroute ce mouvement rebelle, « il n’y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe irrégulier que ce soit », avait déclaré le mardi 5 novembre 2013 le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. Kinshasa avait annoncé au même moment que les FARDC allaient lancer « incessamment une offensive contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda et qu’après les FDLR, ce sera les ADF-NALU et la LRA (rebelles ougandais), puis les FNL « burundais » et ensuite les différentes milices congolaises.
Aujourd’hui, une odieuse page est en train d’être tournée, conséquence logique de la défaite que les Forces armées de la RDC ont infligée au désormais ex-M23. Une déroute qui a ouvert de nouveaux horizons aux populations du Nord-Kivu.
L’heure a donc sonné pour que les populations du Nord-Kivu, avec le gouvernement de la République et de toutes les forces vives de la nation, s’apprêtent à écrire et à vivre une nouvelle ère de leur histoire. Une histoire marquée au sceau de la révolution de la modernité.
Fort bien ! Mais alors pourquoi la visite à Museveni et les propos sur les accords qui pourraient être signés avant le 15 décembre. ? C’est ce que L’Avenir veut expliquer sous le titre « Tête-à-tête Kabila-Museveni, vers la clôture des pourparlers de Kampala ».
En rendant visite à son homologue ougandais Yoweri Museveni, Joseph Kabila a voulu, non seulement qu’une date soit trouvée pour boucler les pourparlers de Kampala, mais aussi en même temps, pousser l’Ouganda, conformément à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, à livrer à la RD Congo quelque 1500 rebelles du M23 réfugiés sur son territoire.
A l’issue de cette rencontre, un communiqué a été rendu public. Les deux chefs d’Etat ont convenu que les pourparlers doivent être conclus le plus tôt possible pour permettre le retour de la paix dans la parti Est de la RDC. De même, ils ont convenu de créer les conditions de retour des réfugiés.
L’Observateur rapporte qu’aucune déclaration n’a été faite à la presse après cette rencontre à huis clos. Mais selon certains analystes, cette rencontre qui intervient après la dernière visite de l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Onu pour la région des Grands Lacs Mary Robinson dans les différents pays de la sous-région vise à baliser et à préparer la prochaine rencontre qui devra sanctionner les longues et laborieuses négociations de Kampala entre Kinshasa et le M23.
Le Palmarès signale que la rencontre de Rutshuru entre Joseph Kabila et Mary Robinson aura permis de décrisper la situation et d’obtenir le face-à-face de lundi à Kampala. Les deux Présidents ont également saisi cette occasion pour discuter des voies et moyens permettant de renforcer la coopération entre les deux pays en redynamisant la Commission Mixte Permanente chargée de discuter des questions liées aux infrastructures, à la démarcation de la frontière et au développement.
La Prospérité titre à la Une « Kampala : Kabila et Museveni d’accord ! »
De Goma où il se trouve présentement, note le journal, Joseph Kabila a fait un aller-retour à Entebbe où il s’est entretenu à huis clos avec son homologue Ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. Au centre de leurs échanges, expliqueLa Prospérité, la finalisation des pourparlers entre Kinshasa et le M23. Dans son édito, le même journal se demande si cette rencontre sera décisive. Difficile de le dire pour l’heure, commente le quotidien, estimant qu’on le saura dans les prochains jours.
Pour sa part,La Référence Plus rappelle que le point de blocage des discussions entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23 :Kinshasa refuse de signer un « accord » avec la rébellion du M23, réclamant une déclaration qui reconnaît la défaite du M23.
Le Phare rapporte que selon l’opinion publique congolaise, l’Accord ou la Déclaration de Kampala est sans objet, dès lors que la paix n’a pu être retrouvée qu’au bout du canon.
Aussi, des millions de compatriotes ne comprennent plus rien à rien en voyant des officiels congolais se presser de retourner à Kampala, pour en fait remettre en selle une rébellion qui mérite qu’une chose : être enterrée à jamais, sans fanfare. Le Phare titre, en conséquence : « Accord de Kampala : présumé « mort », le M23 rebondit avec son cahier de charges »
« Qu’il s’agisse d’Accord ou de Déclaration de Kampala, l’inquiétant constat fait par les observateurs après avoir pris connaissance, par voie de presse, du projet de texte élaboré par la facilitation ougandaise est que son contenu pose sérieusement problème. L’on se trouve en effet en face d’un document dont les concepteurs et rédacteurs ne font aucune différence entre un mouvement rebelle militairement anéanti et un gouvernement dont l’armée a gagné la guerre. L’on ne peut que se poser des questions, lorsque l’on note que le M23, en dépit de la perte de tous les territoires qu’il contrôlait au Nord-Kivu, continue d’être traité comme le partenaire incontournable de Kinshasa. Et, à ce titre, le projet d’Accord ou de Déclaration de Kampala reconnaît à ce mouvement rebelle le droit d’être consulté en ce qui concerne l’amnistie, le désarmement, la démobilisation, la réintégration de ses ex-combattants dans l’armée nationale ou leur réinsertion dans la vie sociale, le rapatriement et la réinstallation des réfugiés, le financement des projets de développement spécifiques aux zones post-conflit du Nord-Kivu, la mise en place d’une police de proximité dans les localités libérées par les FARDC, l’indemnisation de ses cadres politiques et militaires pour leurs biens pillés ou spoliés, son projet de mutation en parti politique, etc. A peu de choses près, Kampala s’apprête à reproduire le cahier de charges du M23, tel que consigné dans l’Accord du 23 mars 2009, avec cette curieuse singularité que le gouvernement congolais avait à sa charge un tas d’obligations à remplir, alors que le CNDP s’en tirait avec presque zéro obligation. Bref, après la signature de l’Accord ou de la Déclaration de Kampala, au lieu de disparaître, le M23 va au contraire survivre à sa défaite militaire et attendre tranquillement l’exécution, par le gouvernement congolais, de nouveaux engagements lui assignés dans le cadre de ce nouveau deal politique. Aussi, chaque fois qu’un officiel congolais confirme la conclusion imminente des négociations de Kampala avec la rébellion du M23, cela plonge des millions de Congolaises et Congolais dans la peur. Le cauchemar de l’Accord du 23 mars 2009 avec le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), le tristement célèbre ancêtre du M23, est loin de quitter les esprits ».
Gouvernement
Le Potentiel soulève un autre problème. C’est fort bien de se livrer à quelques exhibitions de musculation patriotique à propos de la « restauration de l’autorité de l’Etat » et de parler reconstruction, mais ce sont là des choses qui réclament l’autorité d’un gouvernement de plein droit, lequel se fait toujours attendre ! D’où ce titre du Potentiel: « La reconstruction de l’Est pose problème ».
C’est avec un gouvernement, réputé démissionnaire, que JKK compte mettre en œuvre le plan de reconstruction des territoires sinistrés de l’Est. A Goma, le gouvernement a levé, le dimanche 1er décembre 2013, les grandes lignes de ce programme, sans pour autant définir le cadre de sa réalisation. Dans ces conditions et avec un gouvernement limité dans son action, la reconstruction risque de se révéler un vœu pieux. En attendant que JKK concrétise sa promesse faite devant le Congrès, à la clôture des concertations nationales, le gouvernement Matata est bien là. Même si sur papier il n’expédie que les affaires courantes, c’est avec cette même équipe que le président de la République a confié, depuis Goma, la charge de la reconstruction des territoires sinistrés de l’Est du pays, particulièrement ceux de la province martyre du Nord-Kivu.
Que l’annonce de l’exécution d’un tel projet soit faite devant un gouvernement réputé démissionnaire appelle analyse et commentaires. Si c’est l’équipe actuelle, il se pose un problème du respect des textes et du mode de fonctionnement de l’Etat. A moins que l’expression « expédier les affaires courantes » décidée par le Premier ministre Matata ait une acception particulière en RDC. Dès lors, le gouvernement actuel pourrait exécuter le court terme et laisser la suite au gouvernement de cohésion nationale. Tout est brumeux.
Faut-il cesser ou continuer à croire à la formation d’un gouvernement de cohésion nationale ? Plus d’eau a coulé sous le pont depuis le discours du chef de l’Etat devant le Parlement réuni en Congrès. Au point que l’opinion nationale se perd en conjectures. Le mystère qui plane sur cette promesse est total, alors qu’il était censé poser les jalons du ciment national et baliser l’avenir en termes de lutte contre les divisions et autres frustrations d’ordre tribalo-ethnique dont les ennemis de la République font une récupération politique, pis encore, politicienne. Plus JKK prend son temps, plus le gouvernement attendu passe pour une chimère. Les pessimistes n’hésitent pas à parler d’un trou noir dans lequel le pays pourrait plonger, si l’on n’y prenait garde. L’analyse part de la note circulaire du Premier ministre datée du 24 octobre 2013. Par cette lettre, Matata Ponyo Mapon instruisait son cabinet de s’abstenir de poser des actes de gestion. Aux termes de cette correspondance, l’objectif de la démarche du chef du gouvernement visait à préparer dans la sérénité la prochaine remise-reprise entre les entrants et les sortants. Comme quoi, depuis le 24 octobre 2013, les ministres actuels sont censés expédier les affaires. Sous d’autres cieux et, en d’autres temps, le gouvernement Matata devrait être réputé démissionnaire. Avec cette différence que, dans le cas d’espèce, le gouvernement pourrait être immergé, sauf sa tête.
Tout se complique au regard de la nouvelle mission que le JKK vient de confier à Matata et, pourquoi pas à son équipe. C’est ce qui ressort du compte rendu de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres, tenu le dimanche 1er décembre 2013 à Goma. Joseph Kabila a chargé Matata Ponyo de coordonner la mise en œuvre du Programme minimum d’urgence pour la consolidation de la paix et la reconstruction des territoires de la province du Nord-Kivu libérées. Intitulé Programme spécial de reconstruction des territoires affectés par les conflits armés (PSR-TCA), en cours d’élaboration, ce programme devait intégrer tous les besoins pour la consolidation de la paix et la reconstruction de l’Est de la RDC en dégageant les actions à court terme. Compte tenu de l’urgence et du caractère particulièrement sinistré des territoires libérés par les FARDC, ce programme couvre neuf secteurs, à savoir « Questions humanitaires et accompagnement des femmes et des enfants victimes directs des conflits armés ; Enseignement primaire, secondaire et professionnel ; Santé ; Agriculture et développement rural ; Infrastructures et voiries routières ; Eau et électricité ; Economie, commerce, emploi ; Jeunesse, sport, culture et arts ; Réconciliation et cohabitation pacifique des communautés ».
Cela pose, encore une fois la question de la curieuse « réduction aux affaires courantes » du gouvernement Matata Ponyo. Rappelons l’intéressante analyse d’un juriste congolais cité en son temps par Le Congolais : « Un juriste consulté par Congo indépendant bondit littéralement de sa chaise : «Sans vouloir m’avancer sur le fond du dossier, un gouvernement n’est pas chargé d’expédier les affaires courantes simplement parce que le chef de l’Etat l’a décrété. Il y a un préalable : la démission du chef du gouvernement. Je constate que le Premier ministre Matata Ponyo n’a jamais remis sa démission au président de la République. Par conséquent, son équipe reste de plein exercice. Il est par conséquent erroné de considérer que le ministre Shelo Lushima a violé son incompétence ratione temporis». Pour ce juriste, la révocation de ce membre du gouvernement est «sans fondement» au motif que la faute invoquée n’est pas prouvée…en droit » http://www.lecongolais.cd/gouvernement-matata-le-ministre-shelo-vire-une-revocation-discutable/

Tout cela ramène, ben sûr, à la question du nouveau gouvernement qui se fait attendre, et à la question de savoir s’il sera avec ou sans Matata. C. Braeckman, constatait, dans un article du 19/11/2013, que Matata est « un Premier Ministre plébiscité par le bas, contesté par le haut… »
Ceux que l’écrivain Yoka appelle les « en bas d’en bas » sont unanimes : « laissez encore un peu de temps au Premier Ministre Matata Mponyo pour qu’il continue à travailler…Voyez, en 19 mois, tout ce qu’il a réalisé… ». «Mais ceux d’en haut » comptent les jours, attendent avec impatience que le président Kabila sorte de son mutisme et annonce, enfin, la composition du « gouvernement de cohésion nationale », un vaste paquebot sur lequel tous, membres de la majorité présidentielle, opposants ralliés à la bonne cause, quelques membres de la société civile, et bien d’autres encore, espèrent trouver enfin une place au soleil. « Soleil », ici, se lit bien entendu « Entrecôte ».
Dans le premier camp, on se fonde sur le bilan du Premier ministre sortant (maîtrise du cadre macroéconomique, du taux de change, de l’inflation et autres) pour conclure qu’il devrait rempiler. Les artisans de cette thèse se recrutent aussi bien au sein du PPRD que dans la famille politique. Il jouit aussi du soutien qu’on apporte généralement aux « élèves modèles » du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Donc, outre les deux blocs qui s’affrontent au sein de la Majorité présidentielle, il y a également une composante internationale qui met la main à la pâte. Mais, les partisans du départ de Matata Ponyo soutiennent qu’il n’est pas suffisamment fort politiquement pour faire face aux échéances, surtout pour l’horizon 2016. En fait, indique-t-on dans le second camp, comme technocrate, Augustin Matata ne peut pas se mouiller suffisamment sur le terrain au profit du Raïs. Ce, alors que le pays entre dans une séquence hyper politique. Ensuite, avance-t-on dans ce camp, pour des raisons de cohésion nationale, le Premier ministre devrait provenir de l’Ouest, géopolitique oblige. Ce qui voudrait donc dire, en termes clairs, que le temps serait déjà révolu pour le maintien du Premier ministre Augustin Matata. Voilà donc la bataille qui se déroule actuellement au sein même de la Majorité présidentielle.
Les hypothéses – l’on devrait presque dire « les paris » – sur la prochaine Primature foisonnent dans la presse et encore davantage sur les blogs ou « l’Internet congolais ». Mais comment mettre en balance et pondérer des faits aussi différents que « MATATA demeure sans nul doute le favori de la haute finance internationale » (01/12/2013 sur KongoTimes) et des calculs d’apothicaire sur des dosages partisans, régionaux, ethniques ou tribaux dans une majorité inconsistante et multicolore ? On en arrive facilement à avoir « tout faux avec de vrais arguments », à être spécieux et approximatif, aussi réel qu’une partie d’échecs par correspondance dont un coup aurait été égaré, impossible de conclure sur une architecture aussi décalée …
Si d’aventure, un ou des ministres « sortants » ou, mieux, Matata et l’ensemble de son gouvernement contestaient leur « mise en affaires courantes » sur les bases citées plus haut, l’on assisterait à un joli spectacle de surréalisme juridique.
Car, il ne faut pas l’oublier, non seulement ce serait un affrontement Président/ Gouvernement, mais les deux antagonistes n’auraient qu’une légitimité douteuse, l’un comme l’autre étant mis en place après les élections nulles du 28/11/11. Celles-ci ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.

La RDC risquerait de quitter la piste en faisant un joli tonneau dans le potopoto…

Santé, société et économie

Le Phare titre « SIDA : 70% des Congolais ignorent leur statut sérologique ! ».
Le Dr Patrick Kanku, chef du département VIH/Sida à Sanru (Soins de santé primaire en milieu rural), a animé une conférence de presse, le vendredi 29 novembre 2013 au siège de l’ECC à Gombe, afin de décliner l’appui de son organisation aux efforts du ministère de la Santé dans la lutte contre le sida en RD Congo. En marge de la Journée Mondiale du Sida 2013(JMS), ce médecin a conclu, à l’issue de cette adresse, que les résultats de cette lutte au niveau national sont encore loin d’être atteints. «…D’où notre exhortation à plus d’engagement et plus de responsabilité partagée pour un Congo sans sida. Oui, c’est possible avec l’effort de tous ! » a-t-il clamé. En effet, a révélé le médecin, plus d’un million de personnes sont séropositives en RDC. « Notre pays affiche donc une séroprévalence moyenne de 1,1% chez les adultes d’après le Programme national de lutte contre le sida(PNLS)… » a-t-il appuyé, avant d’ajouter que selon le rapport d’activités sur la riposte au VIH/Sida en RDC, 70% de la population sexuellement active ne connait pas son statut sérologique. Dans le lot : les jeunes, les professionnels de sexe, etc., alors que cette connaissance du statut sérologique par l’individu est la porte d’entrée de la prise en charge. Concernant le thème international « Zéro nouvelle infection, zéro stigmatisation et zéro décès lié au VIH/sida » qui court depuis 2011 et qui va accompagner la communauté internationale jusqu’en 2015, Dr Patrick Kanku a fait noter qu’au niveau local, à travers la campagne « Plus d’engagement et plus de responsabilité partagée pour un Congo sans sida », l’objectif est d’accélérer la riposte nationale au VIH et au sida en focalisant les efforts sur la prévention, l’accès des PVV au traitement antirétroviral ainsi que le respect des droits des personnes vivant avec le VIH et personnes affectées.

L’Agence Ecofin annonce que « Airtel lance un service de santé par mobile »
L’opérateur indien de téléphonie mobile Airtel vient de lancer un nouveau service en République démocratique du Congo. Il s’agit de son Airtel Santé Info, un service de santé par mobile qui permet aux abonnés d’obtenir des informations sur leur état de santé et même des soins appropriés à partir de leur téléphone portable. L’innovation a été rendue possible grâce au partenariat signé entre Airtel et l’association Action médecin conseil (AMC). Un centre d’appels a été dédié à ce service où des médecins se relaient dans la journée afin d’offrir, par mobile, les premiers conseils en soins de santé aux consommateurs. Opérationnel depuis le 21 novembre 2013, le service dont le coût n’a pas encore été divulgué est gratuit pour un mois. D’après Cheikh Sart, le directeur marketing de Airtel, « cette offre lancée avec le concours de l’association Action médecin conseil marque une grande révolution dans le secteur des télécommunications en République démocratique du Congo (…). Airtel donne à travers ce service, une dimension purement sociale aux Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) afin de contribuer à la santé pour tous ».
La même Agence Ecofin commente le fait que « le gouverneur de la Province Orientale taxe la bière en provenance de l’Ouganda »
150%. C’est la hausse qu’a connu la bière importée de l’Ouganda vers le la Province Orientale de la République démocratique du Congo. Les brasseurs de la région d’Ituri, ont manifesté leur opposition à cette mesure de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) en bloquant les routes d’accès au poste frontière de Mahagi durant toute la journée du mercredi. Du côté des douaniers on se défend en arguant une mesure ordonnée par le gouverneur de la province orientale Jean Bamanisa. Ce dernier assume sa décision et s’explique par le biais d’une lettre ouverte où il indique que la mesure est destinée à la protection de la bière locale produite par la Bralima. Une bière qui, à l’en croire, serait victime de la concurrence déloyale de ses homologues ougandais. «Quand vous allez avec un produit dans d’autres pays, ils ont leurs réglementations douanières et tout le monde doit s’y conformer. Les taux d’entrée doivent être appliqués et les commerçants doivent les payer. Cela est applicable dans tous les pays. Ici, on a fait peut-être exception pendant longtemps » explique-t-il avant d’inviter les commerçants au respect du tarif douanier en vigueur. Un appel qui aura été entendu, puisque le trafic douanier a repris au poste frontière ; signe de ce que le nouveau tarif de 10 dollars la bière au lieu des 4 précédemment en vigueur aura été adopté bon gré, mal gré…
Divers
Radio Okapi annonce que les drones de ‘ONU, pour la surveillance de la zone frontalière à l‘Est, sont en service depuis hier.
La Prospérité s’intéresse aux suites des échauffourées qui ont émaillé l’entrée en fonction du nouveau secrétaire permanent du Palu. Le journal révèle que le secrétaire général du parti, Antoine Gizenga, a signé une décision portant « exclusion définitive suivie des poursuites judiciaires » à l’encontre de Kawanda et de trois autres membres du parti, cités comme instigateurs de ces violences à la base d’un décès et plusieurs blessés graves au siège du parti. Parallèlement, écrit encore la Prospérité, Laure- Marie Kawanda a signé un communiqué de presse annonçant son départ du parti, sollicitant, par ricochet, l’intervention des autorités judiciaires et des Organisations de droits de l’homme afin qu’une enquête minutieuse et objective soit diligentée afin d’établir les responsabilités et sanctionner les auteurs du trouble.

© CongoForum, le mardi 3 décembre 2013

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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