19/03/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

(CongoForum)

Nous serons amenés à répéter beaucoup de choses déjà dites hier. Deux sujets – d’ailleurs souvent mélangés – font, comme hier, la Une de tous les journaux en RDC ce mercredi. Le débat sur la révision constitutionnelle ou le « contournement » de l’article 220 pour l’échéance 2016 continue, de même que se poursuit le « suspense » relatif à la réunion de Kingakati. En sortira-t-il du nouveau quant au « Nouveau » Gouvernement de cohésion nationale ? En dehors de cette polémique, quelques nouvelles concernent le secteur de télécoms.

Constitution
Le projet de « contourner l’article 220 » continue à faire l’objet de beaucoup de commentaires, de polémiques et d’exhortations. De méfiance, également. Comment s’en étonner ? Il est extrêmement difficile de faire confiance à la bonne foi d’un pouvoir installé à la suite d’un coup de force après les élections nulles du 28/11/11. Celles-ci ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli, et de multiplier les mesures dilatoires et de diversion telles que les concertations nationales, la promesse d’un nouveau gouvernement, etc…
Forum des As titre «Horizon 2016 : l’impératif d’un animateur MP s’impose».
Il invite l’autorité morale de la Majorité présidentielle, Joseph Kabila, à restructurer sa famille politique dans la perspective de la fin constitutionnelle de son mandat présidentiel en 2016. Selon le quotidien, la question est de savoir qui, dans la famille politique du Chef de l’Etat, joue le rôle d’interface de l’Opposition. Pour le journal, «les faits concourent à une inférence immédiate que la MP, dans sa structuration actuelle, n’a pas de leader politique à même de servir d’interlocuteur avec d’autres familles politiques».
De son côté, Le Phare, sous le titre « Mandats présidentiels : retour à Kasa-Vubu, Lumumba, Tshombe et Mobutu », fait un retour en arrière pour rappeler les mandats présidentiels des feux présidents Kasa-Vubu et Mobutu et Premiers ministres Lumumba et Tshombe. Selon ce journal, la riche histoire congolaise enseigne que le point de départ des conflits de leadership entre ces dirigeants reposait sur le principe de la légitimité des urnes. Par ce rappel, le journal veut démontrer l’origine de « la conclusion unanime d’instaurer dans la constitution le système de l’alternance au pouvoir».
(Il s’agit en fait d’un développement au sujet de cette petite remarque historique que nous faisions hier: l’élection indirecte du Président existait, au Congo en 1960, et elle a mené aux destitutions réciproques de Lumumba par Kasavubu et de Kasavubu par Lumumba. La tradition nationaliste lumumbiste – dont la MP prétend s’inspirer – est de considérer que dans ce contexte, la Primature, résultant d’une élection directe par le peuple souverain, a le pas sur une Présidence conférée par un vote indirect. Le Président ne serait donc, en quelque sorte, plus le Premier des Congolais. En cas de conflit entre présidence et primature, comme en 1960, cela pourrait faire du vilain ! NdlR)
Voici ce texte :
« Qui veut aller loin, ménage sa monture ! Les participants aux négociations politiques inter congolaises de Sun City en Afrique du Sud du 25 février au 19 avril 2002 devraient avoir eu à l’esprit cet adage vieux de deux millénaires. Cela, lorsqu’ils ont mis au point les socles de la future Constitution appelée à régir la République au lendemain de la guerre de l’AFDL et ensuite du RCD déclenchée respectivement en 1997 et en 1998 sous prétextes de revendiquer la nationalité des Banyamulenge et de combattre la menace des FDLR contre la sécurité du Rwanda.
Les conflits de légitimité Kasa-Vubu- Lumumba et Kasa-Vubu-Tshombe
L’histoire riche de ce pays renseigne que le point du départ du conflit entre Joseph KASA-VUBU, et Patrice LUMUMBA, reposait sur le principe de la légitimité des urnes. On sait que la Loi Fondamentale prévoyait l’élection du chef de l’Etat au suffrage indirect, notamment au niveau de deux chambres du Parlement tandis que le Premier Ministre devrait être désigné par la coalition politique majoritaire dans les deux chambres du parlement. Ainsi, les partisans de LUMUMBA se vantaient d’avoir plus de légitimité que le chef de l’Etat du fait que ce dernier avait été élu par eux car majoritaires lors des élections législatives au suffrage universel direct. Et lorsque Joseph KASA-VUBU révoqua Patrice LUMUMBA, les deux chambres du parlement rejetèrent cette révocation par un nouveau vote de confiance au Premier ministre. Le même scénario se produisit en 1965 lorsque l’ordonnance de révocation du Premier ministre Moïse TSHOMBE signée par le chef de l’Etat KASA-VUBU fut rejetée par les deux chambres du parlement où la coalition politique majoritaire était détenue par les partisans du Premier ministre. Ce fut le prétexte dont se saisit six mois plus tard Joseph MOBUTU pour faire son coup d’Etat le 24 novembre de cette année.
Voilà le « ratio legis » sur lequel a reposé le choix des participants aux négociations politiques inter congolaises de Sun City pour inscrire en lettres d’or et soutenir dans la future Constitution de la République le système du suffrage universel direct pour l’élection du chef de l’Etat. Il en fut de même à la Conférence nationale Souveraine.Car, les deux grandes crises politiques de 1960 et 1965 causèrent au pays des dégâts énormes dans tous les domaines de la vie nationale, essentiellement en termes des pertes en vies humaines et en destructions des infrastructures agro-pastorales, énergétiques, industrielles, économiques, financières et autres. Plus jamais cela, ne cessaient de dire tous ceux qui ont pris part à ces négociations politiques inter congolaises et à la CNS.
Trente-deux ans de pouvoir dictatorial…..
En accédant au pouvoir par un coup d’Etat militaire le 24 novembre 1965, Joseph Mobutu va recourir à deux astuces pour distraire l’opinion. Tout d’abord, il v annoncer que les forces armées vont remettre de l’ordre dans le pays pendant cinq ans avant de retourner dans les casernes. Et pour montrer sa bonne foi, il va maintenir les deux chambres du parlement jusqu’en 1967 avant de promulguer une Constitution proclamant l’existence de deux partis politiques. Les partis politiques vont continuer à jouer leur jeu dans toutes les institutions de la République jusqu’à l’avènement d’un mouvement révolutionnaire dénommé le Corps des volontaires de la Révolution ou C.V.R. animé par des jeunes loups couramment appelés les enfants terribles Bana KIN, parmi lesquels Dominique SAKOMBI Inongo, Paul MOHILA, Gaston SENGI Biembe, Paul-Henri KABAYIDI qui occupèrent tour à tour des fonctions stratégiques, notamment dans les organes de sécurité de l’Etat, la diplomatie, la territoriale, des entreprises du Portefeuille.
Voilà comment la démocratie parlementaire a été éliminée sans crier gare. Le régime du MPR-Parti Etat va tout doucement et malignement s’emparer de tous les pouvoirs d’Etat par de multiples et incessantes révisions constitutionnelles jusqu’à instaurer le MPR-Parti Etat, à changer le nom du pays, à imposer aux Congolais de changer leurs prénoms tirés de la Bible pour ceux issus des tribus, à procéder aux nationalisations des entreprises commerciales, industrielles, bancaires, financières, agro-pastorales, bref à déposséder de leurs biens meubles et immeubles tous les étrangers qui avaient choisi le Congo comme leur deuxième patrie.
Pire, toutes les tentatives de raisonner les tenants du régime furent réprimées dans le sang, notamment le massacre des étudiants de l’université Lovanium en 1969, l’exécution des jeunes officiers impliqués dans l’affaire Major Kalume et consorts, et bien d’autres violations des droits de l’homme sans citer les mesures économiques et financières désastreuses qui détruisirent complètement le tissu économique, industriel, agro-pastoral, et autres de la nation congolaise.
Il suffit de relire les rapports des commissions de la Conférence Nationale Souveraine pour évaluer les énormes dégâts causés par ce régime qui a régné pendant trente-deux ans sans partage. D’où la conclusion unanime d’instaurer dans la constitution le système de l’alternance au pouvoir.
Le Royaume du Congo Démocratique ?
La rumeur qui circule depuis le week-end dernier faisant état de l’instauration du suffrage indirect pour élire le chef de l’Etat et cette fois-ci pour un mandat de sept ans ne résiste pas à la moindre critique et de ce fait constitue une mauvaise lecture des principes élémentaires du droit positif. Tout d‘abord, cette rumeur pèche par le fait qu’on ne légifère que pour l’avenir et non pour le passé, d’où le principe sacro-saint selon lequel une loi ne rétroagit jamais. C’est ainsi que par voie de conséquence, les partisans de cette rumeur devraient se rappeler que l’article 220 indique bel et bien les matières non révisables, notamment la durée du mandat du chef de l’Etat et le suffrage universel direct pour son élection.
Par quel moyen vont-ils faire sauter ces deux principes majeurs contenus dans l’article 220 sans pour autant violer la Constitution ? A moins d’opérer un coup d’Etat ou de vouloir transformer la RDC en un royaume. »
Le Potentiel, pour sa part, accuse les faucons de la Majorité présidentielle (MP) de pousser Kabila à la faute à propos de la révision constitutionnelle. Selon le journal, ceux-ci rivalisent d’ardeur et de génie pour offrir à leur leader l’opportunité de rempiler malgré les restrictions constitutionnelles. «Leur trouvaille, un vrai coup de force en perspective, consiste à modifier le mode de scrutin présidentiel. Dès lors, l’article 220 est vite contourné et la CENI obligée de remettre ses compteurs à zéro», affirme-t-il.
(En réalité, en tant que manœuvre de « contournement du 220 », la trouvaille ne vaut rien du tout. A condition que l’on adopte la « formule Wade » de remise à zéro des compteurs à l’occasion d’une révision du mode de scrutin, JKK pourrait se voir offrir un mandat de plus. Soit. Mais il est aussi question de mandats de sept ans au lieu de cinq. Et l’inamovible article 220 concerne le nombre mais aussi la durée des mandats. Il n’y a donc pas de « contournement du 220 » auquel on continue de se heurter. Selon toute vraisemblance, la « fuite vers RFI » n’était qu’un ballon d’essai, qui venait en même temps que l’interview de Mashala qui évoquait la possibilité d’une pétition populaire pour un 3° mandat de JKK. Tout cela pousse clairement vers un référendum. Juridiquement, cela tient la route. Le Souverain Primaire peut toujours abroger par référendum ce qu’il a accepté par référendum. Mais on peut se poser les plus graves questions sur la compréhensions des votants et la réalité de la liberté de vote. De plus, organiser un référendum, cela ferait un vote de lus, alors que tout cela est en partie justifié par la volonté de diminuer le nombre des grands scrutins pour faire des économies. NdlR)
Enfin, La Prospérité s’interroge « 2016 : agitation ou vrai débat ?».
« En prêtant une oreille attentive aux parloirs qui brument actuellement le ciel politique, l’on est bien tenté de conclure que certains esprits ont parfois des raisons que la raison, elle-même, ignore », ironise ce journal, en se prenant un peu les pieds dans ses métaphores. Pour lui, il s’agit d’un débat bourré de suspicions gratuites autour de la fin du second mandat de Joseph Kabila.
Gouvernement de Cohésion Nationale
L’Avenir titre « Formation du Gouvernement de cohésion nationale : Kabila rencontre la Majorité Présidentielle ce mercredi » et expose la situation et ses enjeux comme suit :
« Face aux enjeux de la formation du Gouvernement de cohésion nationale, le Président de la République Joseph Kabila sera face à une brochette de cadres de sa famille politique ce mercredi.
Annoncé depuis le 23 octobre 2013 par le Chef de l’Etat congolais Joseph Kabila à l’occasion de son discours sur l’état de la Nation, le Gouvernement de cohésion nationale se fait toujours attendre. Et ce, même si l’impatience est perceptible non seulement dans les états-majors politiques, mais aussi au sein de la population congolaise. Des sources concordantes renseignent que le Président de la République démocratique du Congo et Autorité morale de la Majorité présidentielle fera une importante communication concernant ce Gouvernement de cohésion nationale, à sa famille politique, ce mercredi 19 mars 2014, dans sa ferme de Kingakati.
Dans la ville province de Kinshasa, des spéculations les plus folles alimentent les débats au sujet de la nomination par le Chef de l’Etat d’un Gouvernement de cohésion nationale. Il y en a qui accusent l’actuelle Majorité présidentielle de jouer à la prolongation, pendant que l’Opposition a déjà fini ses propres consultations et serait prête à les verser entre les mains d’un potentiel Informateur.
Un Gouvernement de cohésion nationale, de l’avis du Chef de l’Etat et dans le cadre de sa politique d’ouverture, prônée depuis son investiture, comprendra aussi bien des représentants de la Majorité que ceux de l’Opposition et de la Société civile et aura pour missions prioritaires le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’Etat à travers le pays, la consolidation de la cohésion nationale, la poursuite de la reconstruction, l’appui au processus de décentralisation et à l’organisation des élections, et l’amélioration des conditions sociales des populations.
C’est ici que certains observateurs ne comprennent pas le pourquoi des pressions exercées sur le Chef de l’Etat, pendant que la Constitution ne prévoit pas un délai pendant lequel on peut nommer un Gouvernement. D’autant que la nomination de ce dernier est du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat. Lui seul connaît les raisons du retard et sait à quelle date il va rendre public ce Gouvernement attendu de tout le monde.
Une chose est certaine est que ce Gouvernement de cohésion nationale sera là, étant donné que c’est une promesse ferme du chef de l’Etat. En décembre 2012, Joseph Kabila avait annoncé la tenue des Concertations nationales. Les gens s’impatientaient quant à ce. Finalement, ces assises se sont tenues six mois plus tard. Au même moment, des sources crédibles, nous apprenons la convocation imminente, soit ce mercredi 19 mars 2014 dans la ferme présidentielle de Kingakati, d’une réunion importante de la Majorité présidentielle au cours de laquelle son Autorité morale fera une importante communication.
Cela paraît tout normal quand on sait que la Majorité présidentielle est une majorité de coalition, avant toute prise de décision importante, l’Autorité morale de la MP, Joseph Kabila Kabange, a toujours réuni ses troupes dans sa ferme de Kingakati pour mettre les points sur les i. Prévue dimanche dernier à Kingakati, la réunion était reportée à ce mercredi 19 mars 2014.
Nous apprenons que la prochaine réunion de Kingakati fait planer le suspense, alors que Kabila, seul maître à bord, connaît quel personnage trônera à la Primature. Va-t-il opter pour la continuité en reconduisant l’actuel Premier ministre équipe en fonction de ses performances ou va-t-il nommer un autre chef du gouvernement capable de réaliser les recommandations des Concertations nationales ? C’est lui seul qui peut répondre à cette interrogation.
Toutefois, ni Joseph Kabila, ni son conseiller juridique n’ont pas intérêt à relire la Constitution de la République, en son article 78, qui fixe les règles de jeu. Cet article stipule noir sur blanc ce qui suit : « Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la Majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement », indique l’alinéa 1 qui ajoute : « Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition ».
Mais voilà que selon des sources crédibles, l’Opposition dite « républicaine » de Léon Kengo, celle qui a pris part aux Concertations nationales réclame aussi la Primature. Ayant déjà bouclé ses consultations, cette aile de l’Opposition congolaise aurait même déposé sa liste des Primaturables. Et les noms qui sont proposés font rire et provoquent plusieurs commentaires dans tous les sens. Certains estiment clairement que ce conglomérat n’a aucun mérite pour rafler la Primature, pendant qu’il existe une Majorité clairement identifiée.
Faut-il faire cadeau à l’Opposition au nom de la cohésion nationale en violation de la Constitution ? Devrait-on solidariser avec une Opposition à la recherche d’une situation propice à un climat de collusion nationale en vue de mieux saper les avancées actuelles ? La réponse est non ! Et la Majorité seule a l’initiative, à l’Opposition d’accepter les ministères qui lui seront alloués.
C’est à tort que certains analystes affirment que les deux partis politiques sont exclus dans la course dans la composition du Gouvernement de cohésion nationale. Mais ils oublient vite que l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), de même que l’Union de la nation congolaise (UNC) sont présents dans les Institutions de la République, notamment au Parlement et à la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Quoi de plus normal qu’ils soient aussi consultés pour répondre à la nature du Gouvernement à composer, celui que l’on veut de cohésion nationale ».
Le Potentiel : titre« La MP à Kingakati : le compte à rebours »
« C’est finalement demain jeudi que les députés et sénateurs de la Majorité présidentielle se retrouvent à Kingakati autour du chef de l’Etat. Quant à l’ordre du jour, personne n’en maitrise le secret. Ce qui alimente de plus la chronique dans la ville haute. Le déclic sur des questions brûlantes de l’actualité, telles que la formation du gouvernement de cohésion nationale, viendrait-il alors de Kingakati ? Difficile à dire.
La rencontre de Kingakati entre le chef de l’Etat, autorité morale de la MP, et les députés et sénateurs de sa famille politique est finalement, rassure des sources internes de la MP, fixée au jeudi 20 mars 2014. La réunion est cruciale, car elle est censée lever le bouclier sur des grandes questions d’actualité, comme la formation du gouvernement de cohésion nationale ou la feuille de route de la CENI. Evidemment, personne, même dans les rangs de la Majorité, ne maîtrise exactement le contenu de cette rencontre. Seul le chef de l’Etat, autorité morale de la MP, en sait quelque chose. Sans doute, la réunion servira de rappel des troupes en vue de se préparer aux enjeux qui pointent à l’horizon. Et le plus urgent d’entre tous, c’est bien entendu la formation du gouvernement, dit de la cohésion nationale, promis par le chef de l’Etat au terme des concertations nationales.
Il y a lieu de rappeler que la rencontre de Kingakati entre Joseph Kabila et les parlementaires de la MP est convoquée près de six mois après la clôture des concertations nationales. Après avoir pris son temps dans la formation d’un gouvernement de cohésion nationale, Joseph Kabila a trouvé que le moment était venu de prendre langue avec les députés et sénateurs de sa famille politique. Peut-on dès lors espérer à un changement de cap à Kingakati ? Certainement. Car Kingakati, ce coin reculé dans la périphérie Est de la vile de Kinshasa, est le symbole d’un grand laboratoire de la Majorité où le chef de l’Etat se réfugie généralement chaque fois qu’il s’agit détrancher sur un sujet de haute portée politique. Sans doute, au terme de la réunion de Kingakati, des lignes bougeront dans le projet de formation du gouvernement de cohésion nationale.
En attendant la convocation du bureau politique de la MP, qui devait sûrement suivre la rencontre des députés et sénateurs, des analystes prédisent un net déclic dans l’évolution de certains dossiers, laissés jusque-là en suspens.
Dans le contexte politique actuel, la Majorité ne peut rien entreprendre sans l’adhésion de ses parlementaires. Et le chef de l’Etat, non plus, ne peut pas s’engager sur une voie sans au préalable requérir le soutien de ses députés et sénateurs. De ce point de vue, la rencontre de Kingakati se justifie à tout point de vue. Il y a certainement quelque chose qui se prépare au sein de la MP ; un grand coup politique où les parlementaires seront au centre des opérations.
A Kingakati, le chef de l’Etat, autorité morale de la MP, voudrait déjà les conditionner pour qu’ils soient prêts le moment venu. Serait-ce déjà le signe annonciateur de la révision constitutionnelle qui accapare de plus en plus les esprits au sein de la MP ? On n’est pas loin d’une telle réalité.
Néanmoins, pour l’instant, tous les regards sont rivés sur Kingakati où le chef de l’Etat parle aux députés et sénateurs de la MP ce jeudi – loin des regards et des spéculations du centre de ville ».
Télécoms et Transports
L’Agence Ecofin annonce que « Tryphon Kin-Kiey Mulumba a reçu la charte de gestion du .cd ».
Le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Pt-Ntic), Tryphon Kin-Kiey Mulumba, a reçu officiellement la charte de gestion du .cd ce 13 mars. Le document, qui est le premier du genre dans le secteur des télécommunications, a été élaboré par une commission ad hoc instituée en novembre 2013 pour résoudre les problèmes autour du nom de domaine nationale. Selon Laurent Ntumba, le président de cette commission, la charte permettra à la communauté des internautes d’évoluer en toute sécurité dans le domaine .cd.
Dès réception de cette charte, Tryphon Kin-Kiey Mulumba a appelé toutes les institutions et entreprises nationales à utiliser ce nom de domaine et d’abandonner les adresses étrangères qui n’honorent pas la République démocratique du Congo. Le ministre a indiqué qu’un arrêté dévoilant toutes les nouvelles dispositions opposables dans le cadre de l’utilisation du .cd sera bientôt signé.
Le ministre de Pt-Ntic a aussi exhortée la commission ad hoc à mettre tout en œuvre afin de lui proposer, pour signature, les statuts de la structure qui sera chargée de la gestion du .cd. Ces statuts devront intégrer l’identification administrative et technique des responsables de la gestion du nom de domaine national afin que les pannes que le pays a connues en fin d’année dernière ne surviennent plus.

Malheureusement, la même agence publie en même temps une analyse intitulée « Pour la Cour suprême, le régulateur ne doit pas fixer les coûts des appels » concernant une autre affaire qui a tourné bien moins en faveur du même Tryphon.
Répondant à une requête du ministère congolais en charge des Télécommunications, la Cour suprême de la RD Congo a indiqué le 13 mars dernier qu’il n’appartient pas à l’Autorité de régulation la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) de définir les coûts de la minute d’appel dans le pays.
La Cour suprême remettait ainsi au ministère en charge des Télécommunications son avis consultatif sur l’interprétation des articles 8 (d) de la loi cadre N°013/2002 du 16 octobre 2012 sur les télécommunications en République démocratique du Congo et 3 (e) de la loi N°014/2002 du 16 octobre 2002 portant création de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo. En octobre 2013, l’ARPTC avait défini une nouvelle tarification pour les deux prochaines années. Le prix d’un appel entre deux réseaux de télécommunications avait été fixé à 0,037 USD pour la période allant de 2013 à 2014; à 0,034 USD pour l’année 2014-2015 et à 0,031 USD pour l’année 2015-2016. Une décision qui avait courroucé certains opérateurs du pays. D’autres comme Africell, qui pratiquaient les prix bas, avaient estimé que cette définition des prix tuait la concurrence et empêchait le consommateur d’opérer le choix en fonction de son pouvoir d’achat. L’interconnexion avait d’ailleurs été refusée à ce dernier en raison de ses prix très réduits.
Selon la Cour suprême, « le sens des articles 8 (d) de la loi cadre N°013/2002 du 16 octobre 2012 sur les télécommunications en République démocratique du Congo et 3 (e) de la loi N°014/2002 du 16 octobre 2002 portant création de l’autorité de la poste et des télécommunications du Congo est que l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications se limite à la définition des principes d’interconnexion et de tarification ». « Définir les principes de tarification ne signifie nullement fixer un tarif quelconque mais, fixer les mécanismes technico-commerciaux sur lesquels devrait se fonder la fixation des tarifs par les opérateurs », précise la Cour suprême. Pour cette instance judiciaire, la fixation des prix est régie par le décret-loi du 20 mars 1961 tel que modifié et complété par l’ordonnance N°83/026 du 12 septembre 1983 sur les prix qui prône la liberté des prix. L’article 2 de cette dernière loi stipule que « les prix de vente des produits et services sont librement fixé par ceux qui en font l’offre, en se conformant au présent décret-loi et à ses mesures d’exécution. Ils ne sont pas soumis à l’homologation préalable mais doivent, après qu’il est été fixés, être communiqués, avec tout le dossier y afférant, au commissaire d’Etat (ministre) ayant l’économie nationale dans ses attributions, pour un contrôle à postériori ».
Après cet avis de la Cour suprême sur l’interprétation des textes de loi, il est fort probable que les prix d’appels fixés par le régulateur soient annulés.
Le Phare annonce qu’à« Kinshasa/Lemba : un taxi-bus 207 fait de nouvelles victimes »
Parti du rond-point Ngaba vers l’Intendance, parking donnant accès à l’Université de Kinshasa, il s’est renversé au niveau de l’arrêt Elimo Santu. Le drame s’est produit le lundi 17 2014 aux environs de 19 heures. Bilan de l’accident : plusieurs blessés dont une femme qui aurait perdu sa vie sur place à la suite d’une blessure ayant mis ses intestins à découvert. Selon les témoins de l’événement, le taxi-bus 207, communément appelé esprit de mort par la population kinoise, roulait à vive allure avec sa portière ouverte, sans respect du code de la route. Le chauffeur a fait un mauvais dépassement qui a provoqué son renversement. C’est ainsi qu’une femme s’est retrouvée projetée sur la voie publique.
« Quant au chauffeur et son receveur, ils se sont volatilisés dans la nature laissant le véhicule au solde de la population qui s’est lancée à sa destruction afin de le mettre hors d’usage. Expliquant son acte de vandalisme, cette population se défend en pointant un doigt accusateur sur les autorités. Selon elle, si ce véhicule est récupéré par les éléments de la police de circulation routière, il va se retrouver dans un bref délai sur la voie publique sans pour autant que les victimes soient indemnisées. Le simple paiement d’une amende au niveau du bureau suffira pour que le propriétaire remette le véhicule en circulation.
Il faut aussi signaler que l’Etat congolais a déjà engagé un bras de fer contre ces taxis-bus de type 207 afin de les rendre conformes aux normes. Cela étant, en dehors du contrôle technique amorcé par l’autorité urbaine, il est souhaitable d’évaluer aussi la capacité des conducteurs.
La plupart de ces conducteurs n’ont suivi aucune formation en matière du code de la route. Et de manière miraculeuse, ils se retrouvent en possession d’un permis de conducteur. D’autres sans permis de conduire se lancent sans inquiétude sur la voie publique et échappent aux contrôles. Donc, un assainissement à tous les niveaux peut réduire sensiblement le nombre d’accidents à travers la ville de Kinshasa ».
© CongoForum, le mercredi 19 mars 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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