24/03/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)
Au vu des titres de la presse de ce jour, la RDC s’adonne avec passion à son sport favori prendre si systématiquement les choses à l’envers que bientôt plus personne n’en voit plus la tête, ni la queue. La RDC n’est pas confrontée avec une crise de ses institutions, mais avec une crise de légitimité de ceux qui en occupent les postes de commande. Les postes sont occupés par des titulaires qui ne devraient pas y être, la vie politique est gangrenée depuis les élections de 2011 par le refus d’en reconnaître la nullité et par des tentatives pour perpétuer au pouvoir ceux qui s’en sont emparés sans nulle légitimité. En particulier, l’on suppose à Joseph Kabila des envies de « rempiler » en 2016, ce qui lui est interdit par la Constitution. Ni la réunion de Kingakati, ni le discours de Malumalu à Washington n’ont éclairci la situation. En prime, l’on a inauguré à Kin un splendide hôpital où le commun des mortels n’ira pas se faire soigner, les soins courants y coûtant les 2/3 de ce qu’un Congolais gagne en un an !

Processus électoral
Il faut rappeler que de novembre-décembre 2011ont donné les résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considéré comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines, et tirer les conséquences qui s’imposent quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir !
Le Phare évoque la prestation de l’abbé Apollinaire Muholongu Malumalu à Washington sous le titre «Malumalu confirme la pression de 2016». Il s’agit de l’échéance de 2016 qui, selon lui, est dans tous les esprits.
«Au moment où les fidèles de Joseph Kabila cherchaient la voie de sortie dans la ferme présidentielle de Kingakati a la suite du pavé du Pprd Mashala concernant le mandat présidentiel, l’abbé Apollinaire Muholongu Malumalu rappelait a Washington toute l’importance de la question dans un exposé tenu dans la salle de conférences de NED (National Endowment for Democracy). «C’est un impératif de par la Constitution», a-t-il martelé, soulignant au passage la disposition de la loi fondamentale congolaise qui précise que «le corps électoral doit être convoqué quatre-vingt-dix jours avant la fin du mandat du président en fonction».
La question électorale étant à l’ordre du jour, Muholongu Malumalu l’a abordée en questionnant la Charte africaine qui recommande, pour la refondation d’un État, d’articuler «élections, démocratie et gouvernance» parce que si on n’arrive pas à articuler les trois éléments, on court le risque de faire de l’électoralisme en croyant faire des élections.
Quand on parle de gouvernance, a souligné le président de la Ceni, on est obligé d’interroger l’ensemble des mesures du processus, des règles, des organes de décision, de formation, de surveillance qui permettent d’assurer un bon fonctionnement et le contrôle de l’Etat ou des institutions.
Pour la Ceni, on ne peut aborder la question électorale sans être attentif aux éléments ci-après :
1) La première chose, c’est la règle de droit, c’est-à-dire que les élections fonctionnent dans le cadre d’un système électoral sous-tendu par des lois, à commencer par la loi fondamentale, la loi électorale, les lois qui organisent l’administration électorale et les mesures d’application y afférentes.
Faisant un constat à ce sujet, Muholongu Malumalu a relevé le cas des acteurs qui ne lisent pas intégralement les lois, une situation qui peut entraîner le déraillement du débat, tout simplement parce que quand on ne s’imprègne pas de l’ensemble de l’arsenal juridique, on finit par dire uniquement ce que l’on pense alors qu’ici, l’essentiel est d’être sous l’emprise des règles de droit.
2) La deuxième chose, c’est l’exigence des mécanismes dont l’intégrité électorale -ce qu’on appelle la vérité des urnes- est l’objectif ultime parce qu’il est ici question de faire justice au souverain primaire.
Après avoir rappelé que dans le domaine électoral, il faut considérer les élections comme un cycle complexe dont chaque étape doit être soignée, Apollinaire Malumalu a tenu à préciser que contrairement aux idées reçues, chaque cycle électoral ne commence pas par la période préélectorale mais plutôt par la période post-électorale, parce qu’il faut évaluer, voir quelles sont les réformes à introduire, et voir ce qu’il y a lieu de faire en vue d’aller de l’avant. C’est à la faveur de l’évaluation qu’on peut revoir le cadre juridique, la planification, etc.
Suffrage indirect, élections 2016
S’agissant du processus actuel, Apollinaire Malumalu a tenu à souligner l’importance des arriérés électoraux et de la pression de 2016. Les arriérés électoraux concernent bien sûr les sénateurs, gouverneurs de provinces et députés provinciaux qui sont tous hors mandat mais aussi les élections locales qui n’ont été organisées ni en 2006, ni en 2011.
A ces arriérés, il faut bien sûr ajouter la question de l’heure : les élections de 2016. Muholongu Malumalu a reconnu qu’elles constituent une véritable pression pour la Ceni parce qu’on se retrouve en face d’un impératif constitutionnel. Et il a rappelé à ce sujet que la loi fondamentale engage son institution à convoquer le corps électoral quatre-vingt-dix jours avant la fin du mandat du président en fonction.
Face à ces obligations et pour mieux articuler tout cela, la Ceni a travaillé à une série de diagnostics, de plans opérationnels et a proposé un schéma qui montre qu’on ne peut amener les électeurs trois fois aux urnes sans pouvoir parler de leurs dirigeants de proximité qu’ils doivent élire.
C’est pourquoi la Ceni a pris d’abord la décision de commencer par les élections urbaines, municipales et locales qui sont projetées en mars 2015. Ces élections seront suivies d’une série d’autres scrutins et à ce propos, la Ceni a montré qu’il y a deux possibilités pour les articuler avec 2016. La première est celle qui fait actuellement débat et qui suscite beaucoup de contestations avec l’élection des députés provinciaux au suffrage indirect et la seconde est celle de tout organiser en 2016. Toutes ces consultations devraient se tenir sur base de trois lois spécifiques portant respectivement organisation d’élections urbaines, municipales et locales, organisation d’élections provinciales et sénatoriales, organisation d’élections législatives et présidentielle.
L’élément clé de ces textes, a révélé le président de la Ceni, c’est l’implication de la femme. Les nouveaux projets de loi permettent une compétition de tout le monde et particulièrement de la femme qui bénéficie d’un quota supplémentaire de 30% sur lequel l’opinion attend des précisions concernant la véritable représentation de la femme qui souffre, celle qui a pris la responsabilité financière du foyer en attendant que le mari chômeur retrouve le chemin de l’espoir. Les 30% doivent en effet favoriser l’expression de la voix de nos foyers et nos champs et non constituer une prime aux multiples «bureaux» dont la charge risque d’être désormais assumée par l’Etat-providence.
Au-delà de toutes ces questions auxquelles il faudra bien répondre un jour, Muholongu Malumalu a réaffirmé le souci de la Ceni de crédibiliser absolument les résultats. Et c’est pour atteindre cet objectif que son institution a décidé de recourir à un nouveau système de gestion des résultats basé sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Grâce à ce projet qui permet d’utiliser l’Internet sur l’ensemble du territoire, un code-barre reprenant les résultats sera scanné dans chaque bureau de vote sous les yeux de tout le monde. La Ceni espère ainsi mettre fin à la fraude et aux contestations. Une bataille toujours redoutée quand on sait, comme l’ont relevé des participants lors des exposés du matin, l’absence de neutralité des forces de l’ordre qui favorisent le bourrage des urnes, la non réponse à la question de la fiabilité du serveur et du fichier électoral, le vote des enfants et des personnes décédées, la stratégie de découragement des électeurs obligés de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour pouvoir voter, le brouillard autour du corps électoral, etc.
Mais en attendant une occasion devant permettre à Malumalu de rassurer toutes les parties sur ces matières sensibles, le président de la Ceni s’est attaché à rassurer l’auditoire en annonçant qu’il est en pourparlers avec les confessions religieuses pour la constitution d’une Commission d’intégrité et de médiation. Cette commission ainsi que toutes les mesures déjà mises en chantier devraient déboucher sur trois résultats:
1. Des élections crédibles et transparentes
2. Un environnement politique qui respecte les règles de droit
3. Un système de gestion des résultats qui mette tout le monde devant ses responsabilités
Un débat inachevé
L’exposé du président de la Ceni a donné lieu à un débat vif qui a malheureusement tourné court à cause de la passion et, surtout, de la colère de certains participants venus manifestement exprimer leur ras-le-bol au sujet de ce qui se passe au Congo, un pays dont ils doutent qu’il mérite encore de porter le qualificatif de «Démocratique».
Depuis le matin, on sentait monter leur colère à la lumière des questions posées à d’autres intervenants et qui exprimaient pour l’essentiel la désolation de la diaspora d’Amérique de voir un pays qui dispose d’autant de potentialités végéter depuis des années et poursuivre une inexplicable descente aux enfers au moment où les autres pays du continent vont de l’avant. Ce qui a fait dire à un intervenant que les élections au Congo n’apportent pas le bonheur. Car en 2006, elles ont accouché de deux jumeaux : la guerre à Kinshasa et le CNDP de Nkundabatware et en 2011, elles ont donné naissance à un deuxième monstre, le M23 de Bosco Ntanganda. On connaît les ramifications de ces deux organisations avec les pilleurs de nos ressources naturelles et les planificateurs de la balkanisation de la RDCongo.
Qu’à cela ne tienne ! En dépit de la passion ambiante, Apollinaire Malumalu s’est prêté à quelques questions du public avant qu’un incident ne vienne interrompre la rencontre:
Q. il y a eu plus de mille morts à Kinshasa au terme d’une guerre à l’arme lourde dans la capitale congolaise au cours de laquelle quinze ambassadeurs se sont retrouvés coincés à la résidence de JP.Bemba. Vous revenez aujourd’hui avec un déficit de confiance parce que vous êtes l’objet d’une pétition au pays et vous vous référez à l’article 70 de la Constitution qui dit que le président de la République reste en fonction jusqu’à l’élection de son successeur, une manière de nous dire qu’on peut aller jusqu’en 2020. Question : pourquoi, en votre qualité de serviteur de Dieu, ne démissionnez-vous pas ?
Q.Vous parlez du respect des lois mais dans le schéma que vous proposez avec le suffrage indirect, vous induisez la révision constitutionnelle. Cela relève-t-il de vos prérogatives ?
Dans ses réponses, Malumalu a affirmé qu’il n’a en aucun cas évoqué la révision de la Constitution. Et de préciser : dans tout ce que la Ceni a fait comme consultations concernant sa feuille de route, elle a toujours indiqué que les élections auront lieu en 2016. Elle n’a planifié aucune élection qui va au-del=0 de 2016. En deuxième lieu, elle a toujours indiqué qu’elle n’est concernée en rien par l’article 220. Cela veut dire qu’elle ne sera jamais parmi les partisans qui prétendent qu’on peut changer les articles non révisables.
En troisième lieu, quand vous parlez de déficit de confiance, ça m’étonne. Moi, j’anime des débats à Kinshasa avec tout le monde (déjà quinze débats au total avec notamment les partis politique, la Société civile, les patrons des médias, les organisations féminines etc) et je n’ai rien entendu de tout ça.
Vous évoquez la loi. Une pétition qui n’est fondée sur aucun article de la loi, en quoi ça concerne la CENI, parce que pour que ça concerne la Ceni, il faut que cette pétition ait un fondement juridique dans la loi. C’est bien de penser que quand on veut intimider, les gens vont se laisser intimider. Je pense que vous vous trompez lourdement. La Ceni est une institution indépendante qui ne recevra d’intimidation de qui que ce soit. Elle fera son travail qui est celui d’organisation des élections. Vous devez comprendre cela. La loi définit les conditions de démission et c’est lorsque celles-ci seront réunies que vous pourrez me demander de démissionner.
Pour le reste, je vous rappelle que la Constitution donne à la Ceni les prérogatives de veiller à la régularité du processus électoral. Et quand elle fait des propositions sur la réforme électorale, elle ne se substitue à aucune institution. Et pour que ses propositions aboutissent, l’article 218 de la Constitution est claire : c’est soit qu’il y a 100.000 signatures des citoyens, soit que c’est le président de la République, soit que c’est l’une de deux chambres qui propose. Et il y a toute une procédure y afférente. Et encore faut-il que les deux chambres réunies en jugent de l’opportunité. Ne faites donc pas croire que la Ceni est là pour changer la Constitution. Elle est là pour faire des propositions qui concernent la réforme électorale.
Alors qu’on attendait la seconde vague des questions, la séance a été interrompue à la suite de l’intervention d’un participant qui tenait absolument à crier haut et fort la responsabilité du président de l’ex-CEI dans la mort des Congolais. «Vous êtes un sanguinaire», criait-il au moment où on l’évacuait de la salle.
Une tentative désespérée d’en appeler au devoir de mémoire au sujet de deux guerres de Kinshasa, de l’amplification des massacres à l’Est avec le CNDP, le M23 et la nébuleuse Maï-Maï dont l’action sur le terrain ne cesse d’alimenter le fleuve de sang qui arrose nos villes et villages. Mais, question à un franc tout de même; qui a porté les armes à Kinshasa et qui confère la respectabilité au CNDP et au M23, et pour quels résultats. C’est sur cet incident que la séance a pris brutalement fin ».
Forum des As annonce que « la Nouvelle société civile congolaise largue des observateurs électoraux ».
Selon ce journal, la NSCC, qui a besoin de 100 observateurs électoraux pour la ville de Kinshasa, vient de larguer le premier groupe de personnes formées sur les modules de la sensibilisation, de l’éducation civique et de l’observation électorale à long terme. Ces brevetés ont entre autres pour missions de former d’autres personnes pour des questions liées aux élections, précise-t-il.
Le Phare annonce, de son côté « Quarante cinq observateurs électoraux de la NSCC à la disposition de Kinshasa »
Environ quarante cinq membres de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) ont reçu des brevets d’observateur électoral après leur participation à une formation de quarante cinq jours sur la sensibilisation, l’éducation civique et l’observation électorale à long terme, organisée par la mission électorale de la NSCC. Cette cérémonie de remise des brevets par les membres de la coordination aux lauréats s’est déroulée le samedi 22 mars 2014, au siège social de l’organisation dans la commune de Kasa-vubu.
Le coordonateur national de la NSCC, Jonas Tshombela, à cette occasion, expliqué l’importance de cette formation qui vise la préparation de la population à s’impliquer, s’engager et s’approprier le processus électoral car l’observation électorale est un processus de longue haleine et non une action du jour des élections uniquement comme on le croit en RDC. A travers cette action, a-t-il précisé, la Nouvelle Société Civile Congolaise veut par son programme (formation des observateurs électoraux), accompagner les électeurs dans l’éducation civique et le reste du processus électoral qui peut nécessiter la présence de la société civile afin d’assurer le bon déroulement des échéances. Jonas Tshombela a également précisé que cette démarche vise aussi à aider l’administration en charge de l’organisation des élections à mieux faire son travail. Le Secrétaire exécutif national de la NSCC, Liévin Labu, a pour sa part martelé que cette formation en prévision des échéances électorales et la relance de la campagn e d’éducation civique et observation électorale, est importante car elle contribue à la crédibilisation des élections.Les lauréats à leur tour, ont par l’entremise de leur porte-parole, Clarisse Luzizila, exprimé leur attachement et leur gratitude à tous les membres de la coordination en général et au coordonateur national en particulier pour tous les efforts fournis en vue de la réussite de cette formation. Ils ont également réitéré leur soutien à la mission électorale de la NSCC en remettant un cadeau d’un téléviseur pour marquer de leur empreinte, l’émergence de ladite formation.
Le même journal titre encore« Processus électoral 2013-2016 : l’ECC invite la CENI à commencer par les élections locales » (ECC signifie « Eglise du Christ a Congo ».Il s’agit du regroupement des chrétiens appartenant à diverses dénominations protestantes. NdlR)
Le Phare, toujours, annonce que « la MP opte pour une consultation référendaire » , à propos de l’élection au suffrage indirect des députés provinciaux et de la parité Homme-Femme.
Dans une déclaration signée par son Secrétaire général, Aubin Minaku, la Majorité présidentielle a dévoilé sa position sur certaines questions brûlantes de l’heure.
La famille politique de Joseph Kabila soutient la proposition de la Ceni, sur l’élection au second degré des députés provinciaux, estimant qu’elle est la plus réaliste vu les contraintes budgétaires du pays. Toutefois, elle dit prendre en compte les inquiétudes exprimées quant au risque de corruption que compte un tel mode d’élection en RDC, pensant les résoudre en renforçant l’arsenal législatif, réglementaire et structurel de lutte contre la corruption. Toutefois, estime ce journal, la Majorité semble entretenir le flou quant à la présentation ou pas de la candidature de son autorité morale à la prochaine présidentielle. Le passage relatif à ce sujet, que voici, n’est en effet pas des plus limpides : « Les sujets relatifs aux candidatures pour le prochain cycle électoral de 2016 ont été déclarés purement et simplement hors contexte, étant donné que le Président et Sa Majorité ont reçu en 2011 le pouvoir de vouloir et de faire sur l’arène institutionnel de la RDC pendant cinq ans. En 2014, ils sont encore pleinement occupés à assumer les tâches relatives à ce mandat qui leur a été confié par le peuple souverain et qui court encore. Toute insistance à ce sujet relève de la distraction ».
Forum des As estime que « Joseph Kabila doit réorganiser la Majorité présidentielle ». Selon le journal, le « Raïs » Joseph Kabila, en sa qualité d’Autorité morale de la Majorité présidentielle, a sifflé la fin de la récréation au sein de sa famille politique qu’il a réunie à Kingakati. Pour FdA, néanmoins, se limiter seulement à siffler la fin de la récréation serait de nature à accréditer l’adage selon lequel « chasser le naturel, il revient au galop ». «Ainsi, la première chose à faire, après le recadrage intervenu à la ferme de Kingakati et pour éviter que la Majorité ne continue à évoluer en ordre dispersé, estiment les observateurs, le Raïs doit réorganiser sa famille politique de manière à ce qu’elle soit plus cohérente avec un animateur qui peut parler au nom du « Chef » et non sur base des équations individuelles et même des humeurs», conclut-il.
Nouveau gouvernement
La Prospérité titre en manchette «Après Kingakati, Matata : l’ultime bataille de succession engagée ».
« Le président de la République a réitéré son engagement à donner corps aux résolutions pertinentes des concertations nationales. Telle est la substance du 8ème et dernier point de la déclaration de la Majorité présidentielle faite en marge de la rencontre de Kingakati ».
Il ne serait plus question pour le chef de l’Etat que de mettre la dernière main à ce dossier avant d’officialiser le nom du nouveau Premier ministre appelé à coiffer la tête du gouvernement de cohésion nationale dont l’investiture interviendra au cours de cette session ordinaire du parlement. D’où, la levée des boucliers dans les états-majors des partis politiques.
Inaugurations
A côté de ce salmigondis politique, la presse rend largement compte de l’inauguration par Joseph Kabila de deux ouvrages dans le secteur de la santé : l’hôpital du Cinquantenaire et l’Institut national pilote d’enseignement des sciences de la santé, INPSS.
« Encore un rêve depuis 1954 sous l’administration belge, l’hôpital du Cinquantenaire est désormais une réalité », rapporte Le Potentiel.
Deux nouveaux édifices viennent de s’ajouter à la concrétisation de la Révolution de la modernité. Cette fois-ci dans le secteur de la santé. Il s’agit de deux ouvrages : l’hôpital du Cinquantenaire et l’Institut national pilote d’enseignement des sciences de la santé, INPSS, (ex Institut d’enseignement médical de Kinshasa). Pour Le Potentiel, c’est un pas de géant.
Il est désormais loisible aux jeunes Congolais désireux de se former dans le domaine de la santé d’apprendre à quelques encablures de leurs habitations respectives au lieu de franchir des milliers de kilomètres, fait remarquer Le Potentiel en soulignant que cette infrastructure, l’INPSS, constitue une promesse du chef de l’Etat Josep h Kabila qui tient à faire de la RDC un creuset du savoir.
Le Guide signale dans le même registre qu’à l’occasion de l’inauguration de l’hôpital du Cinquantenaire, le ministre de la Santé, Félix Kabange, a déclaré que cette formation médiale n’a rien à envier aux autres cliniques dans la sous-région d’Afrique centrale. Il est doté des derniers équipements et technologies de pointe en matière des soins de santé.Construite sur instruction de Joseph Kabila, qui est déterminé de mettre fin aux nombreux voyages à l’étranger des Congolais pour raison de santé, cet hôpital offre des prix à la portée des bourses de nombreux Congolais, si l’on s’en tient à la qualité des soins attendus. La consultation revient à 20 000 Fc pour le médecin généraliste et de 25 000 Fc pour le spécialiste.
L’Observateur indique que le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, a appelé la population de Kinshasa à garder jalousement ce bijou mis à sa disposition. « Nous devons assurer sa maintenance et son entretien. Il est donc de notre devoir de participer au maintien de la qualité de cet hôpital. J’appelle donc le kinois à éviter de poser des actes qui le tirent vers le bas », a dit le gouverneur de la ville de Kinshasa.
La Référence+, qui titre : « Joseph Kabila : les actes de l’immortalité », gagne haut la main pour aujourd’hui le prix « Brose à Reluire » récompensant le lèche-cul auteur de la manchette la plus dégoulinante de flagornerie. Ce journal souligne que « le président de la République a compris que l’important dans la vie d’un politique n’est pas de rester ou de quitter le pouvoir, mais de graver la mémoire de ses œuvres dans l’imaginaire collectif ».
Le Phare écrit aussi sur « L’Hôpital du Cinquantenaire enfin inauguré par Joseph Kabila » et énumère complaisamment les caractéristique de l’Hôpital qui, construit sur une superficie de plus 40.000 m2, dispose de :
- plus de 500 lits ;
- cinq salles d’opérations simultanées (avec possibilité de chirurgie cardiaque) ;
- un caisson d’oxygène hyperbare de 12 places ;
- un scanner de 64 barrettes ;
- une Imagerie par Raisonnante Magnétique, IRM ;
- des appareils d’endoscopie pour les explorations internes, une unité de dialyse ainsi que plusieurs services spécialisés ;
- un système de télésurveillance ;
- un système anti-incendie;
- un réservoir de stockage d’eau de 400 m3 ;
- Une unité de production d’eau chaude avec un raccordement de 6.945,41 m de conduite d’eau chaude et froide ;
- Une unité de production de gaz médicaux (oxygène et protoxyde d’azote) ;
- Une station de traitement des eaux usées d’une capacité de 18 m3 par jour ;
- Une climatisation centrale avec 636 splits.
«L’alimentation électrique est assurée via un poste de sectionnement Moyenne tension au départ de deux lignes de 20 KV vers une cabine contenant cinq transformateurs pour une puissance installée de 4.390 KVA avec 44 armoires de distribution . Le centre énergétique est doté de deux groupes électrogènes de secours de 810 KVA chacun et d’une batterie de 90 cellules photovoltaïques d’une puissance totale de 15.3 KW susceptible de prendre en charge à tout moment avec une grande autonomie de production de l’eau chaude et des gaz médicaux ».
Mais cela s’accompagne d’un article intitulé « Non à un nouvel «éléphant blanc» ! »
« La joie se lisait sur les visages de tous les officiels réunis le samedi 22 mars 2014 à « Koweit City », à l’occasion de l’inauguration de l’Hôpital du Cinquantenaire. Tous les intervenants ont pris l’engagement d’épargner à cet ouvrage le sort généralement réservé aux « éléphants blancs ». Les observateurs ont pris acte.
Les paris à tenir pour le futur, hormis celui de la maintenance, sont ceux de la qualité des soins, de la qualification du personnel, de la fiabilité des équipements, de l’accessibilité de soins au commun de Congolais, de l’arrêt effectif de la saignée du trésor public à travers des transferts médicaux à l’étranger.
En ce qui concerne le respect des normes internationales en matière de prise en charge des malades, cela va se vérifier au fur et à mesure des consultations, de l’administration des soins, de la nature des actes chirurgicaux, etc. D’aucuns pensent que le ministre de la Santé est allé vite en besogne en proclamant qu’aux taux de 20.000 Fc (plus de 20 dollars Usd) pour la consultation par un généraliste et de 25.000 Fc ( plus de 25 dollars) pour la consultation par un spécialiste, l’Hôpital du Cinquantenaire était ouvert aux Congolais de toutes les catégories sociales. Ils n’ont pas tort, ces millions de Congolais qui vivent avec moins d’un dollar par jour et qui s’estiment exclus des fichiers de cette formation médicale, en raison de leur pouvoir d’achat quasi nul. Car les 20.000 ou 25.000 Fc représentent la facture du traitement complet du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la grippe, de la bronchite… au dispensaire des religieuses catholiques ou des « Salutistes » du quartier, où sont dispensés les « soins de santé primaires ». Et lorsqu’on s’adresse à la guérisseuse ou au guérisseur traditionnel ou directement au pharmacien du coin, c’est moitié prix. Il y a des concitoyens tellement démunis – et ils constitu e nt malheureusement l’écrasante majorité – qu’ils ne seront jamais tentés de mettre leurs pieds à «Koweit City» pour « gaspiller » 20.000 ou 25.000 Fc rien que pour une consultation, sans le moindre soin.
Ne nous voilons pas la face pour affirmer que l’Hôpital du Cinquantenaire n’est pas à la portée des gagne-petit. Il est d’ores et déjà sélectif, financièrement.
Quant à l’ambition qu’affiche l’Etat congolais de faire du transfert des malades congolais à l’étranger l’exception, elle est accueillie avec beaucoup de scepticisme. Dans ce pays où il n’est pas facile de cacher la vérité, on va finir par savoir, très vite, si les « VIP » et leurs familles ont réellement tourné la page des soins en Afrique du Sud, en Belgique, en Suisse, en France, en Inde, etc. Si les évacuations médicales en dehors du pays, parfois avec mort subite dans les avions ne s’arrêtent pas, on peut dès lors croire que la cérémonie de samedi comporte beaucoup de dessous de cartes.
On peut craindre un taux de fréquentation très faible pour l’Hôpital du Cinquantenaire si les tarifs de consultation des malades restent ceux annoncés par le ministre de la Santé et si les « VIP » et leurs familles continuent de tromper toute la Nation, en préférant se faire soigner à l’étranger, aux frais du Trésor public. Le pays aura investi 100 millions de dollars dans un authentique « Eléphant blanc », si celui reste inaccessible aux Congolais d’en-bas à cause de leur précarité financière et si les épouses des décideurs politiques et mandataires publics n’arrêtent pas d’aller accoucher dans les cliniques américaines, sud-africaines, canadiennes, européennes et indiennes. Au regard de l’échantillon des formations médicales haut de gamme présentes à Kinshasa, en principe la spirale des évacuations médicales à l’étranger aurait dû fléchir. Or, tel n’est pas le cas. La mentalité congolaise, surtout dans la société bourgeoise, est fondée sur la méfiance à l’égard du système national de santé. La crédibilité de ce bijou va se jouer sur des paramètres plus subjectifs qu’objectifs. Si les ministères du Budget et des Finances ne jouent pas la carte de la transparence, l’opinion publique aura du mal à croire que les transferts médicaux à l’extérieur relèvent désormais de l’exception.
La Seconde République a légué au pays plusieurs « éléphants blancs », à savoir des investissements onéreux de prestige, sans lendemain. On peut citer, au hasard, l’Echangeur de Limete, l’ex-CCIZ (Centre de Commerce International du Zaïre), la Cité historique du Parti à N’Sele, le Domaine Agro-Industriel et Présidentiel de N’Sele (DAIPN), la Sosider (Société Sidérurgique de Maluku) pour la ville de Kinshasa, l’Aéroport International de Gbadolite pour la province de l’Equateur, la Sucrière de Lotokila en Province Orientale, la Sucrière de Mushi-Pentane au Bandundu, la Cimenterie Nationale de Kimpese dans le Bas-Congo, etc.
Aujourd’hui, le « Wall Street » congolais qui devait avoir pour pôle d’attraction l’ex-CCIZ a été transformé en hôtel, après plusieurs années d’abandon. La Cité historique de N’Sele, avec sa stèle, sa piscine olympique, ses salles de congrès et de conférences, ses pavillons de luxe, son stade de football ressemble à un musée désaffecté. Non loin de là, le DAIPN, que l’on peut confondre facilement à une ferme du Moyen-Age, tente de renaître de ses cendres, sur fond d’un nouvel investissement.
L’ex-Zaïre avait raté, dans les années ’80, l’occasion d’abriter une des industries lourdes de référence en Afrique. Mais, en lieu et place des barres d’acier qui devraient sortir de ses fonderies, sérieusement attaquées par la rouille, la Sosider héberge présentement des herbes sauvages. Son personnel ploie aujourd’hui sous près de deux cents mois sans salaires. L’Echangeur de Limete, après avoir englouti des millions de dollars et n’avoir jamais abrité la plus « haute tour du monde » appelée à détrôner la Tour Eiffel, a trouvé une utilité originale : la réception des kermesses et concerts en plein air.
Ne pouvant drainer aucun trafic international, sinon les vols réservés aux « invités » du maréchal Mobutu, l’aéroport de Gbadolite n’est plus que ruine alors qu’une telle piste aurait pu être construite à Bunia, Beni, Butembo, Goma, Bukavu, Kindu, Mbuji-Mayi ou Matadi, qui ont toujours connu une forte fréquentation d’aéronefs. Beaucoup de bruits avaient été faits autour des sucrières de Lotokila et Mushi-Pentane mais, au finish, le tout s’était arrêté aux juteuses commissions partagées entre initiés. Après quelques années de fonctionnement difficile, la CINAT a fini par mettre la clé sous le paillasson. Ses usines ont cessé de vomir, depuis des lustres, des sacs de ciment, un des produits stratégiques pour la reconstruction de la République Démocratique du Congo ».

(Alors qu’Obama peine aux Etats-Unis à faire sortir ce pays de l’âge de pierre en instaurant une couverture minimale d’assurance de soins de santé pour tous, et que les Européens reculent dans ce domaine, un beau titre à « l’immortalité » serait d’instaurer au Congo ce qui devrait exister partout, puisqu’il s’agit de respecter un droit élémentaire de l’Homme, qui est celui de vivre : la gratuité des soins de santé.A 20.000 ou 25.000 Fc rien que pour une consultation, un Congolais devra travailler six ou neuf mois pour po u voir se l’offrir ! NdlR)

© CongoForum, le lundi 24 mars 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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