31/03/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)
Plusieurs sujets ont intéressé les quotidiens kinois parus à Kinshasa, notamment, la présentation par le gouvernement d’un premier lot de 90 minibus de marque Hyundai pour l’octroi à crédit aux privés; le débat à huis-clos autour du fichier électoral à l’Assemblée nationale, la prorogation du mandat de la Monusco, la réforme des entreprises publiques et les troubles de Lodja.

Autobus

Radio Okapi titre : « Kinshasa : arrivée de 90 minibus à donner à crédit à des transporteurs privés »
L’Association des propriétaires des véhicules affectés au transport en commun (APVECO) va bénéficier de 90 minibus neufs arrivés samedi 29 mars à Kinshasa. Il s’agit d’un premier lot sur les 250 minibus de marque Hyundai achetés par le gouvernement, sur fonds propres, pour les donner à crédit à ces transporteurs. Selon le ministre des Transports et Voies de communication, Justin Kalumba, ce geste s’inscrit dans le programme gouvernemental de lutte contre les vieux bus défectueux de marque Mercedes 207, surnommé «esprit de mort» pour leur mauvais état technique et la propension de leurs conducteurs à commettre des accidents.
Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a lui-même procédé à la réception de ces 90 minibus neufs, d’une capacité de 27 places assises chacun.
Selon le ministre des Transport et Voies de communication, cette expérience avec les transporteurs privés, qui s’ajoute à l’initiative « Transco » déjà opérationnelle, est une première en RDC.
«Aujourd’hui, l’Etat intervient dans le secteur privé. L’Etat apporte l’outil de production aux privés. L’Etat fait en sorte que nous ayons finalement une classe moyenne qui émerge dans ce secteur de transport qui va se professionnaliser. Ça, c’est une innovation», a-t-il avancé.
Justin Kalumba affirme cependant qu’une telle innovation appelle de nouveaux défis.
«Esprit de mort ce n’est pas seulement le véhicule ou l’équipement. C’est aussi le mental des chauffeurs. Et pour ça, je vous annonce que le gouvernement a même déjà payé pour vous, privés, les formateurs des chauffeurs», a-t-il indiqué.
Le prix de vente de ces bus doit encore être discuté entre le gouvernement et l’APVECO. Chaque bénéficiaire devra cependant verser, à la réception du véhicule, au moins 10% du prix d’achat et s’engager à payer le reste graduellement.
Le ministre Kalumba insiste en outre sur le respect du contrat entre l’Etat et ses débiteurs privés.
«Il faut que les choses soient claires. Vous les prenez à crédit. Il ne faut pas faire ou dire comme on a l’habitude de dire que «ya l’Etat eza ofele» [Ce qui est à l’Etat est gratuit]. Non», a-t-il insisté.
Ces bus sont livrés au gouvernement par la Central Motors, représentant de la firme coréenne Hyundai en RDC. La société avait gagné ce marché fin novembre 2013. Hyundai a en outre pris l’engagement d’implanter une usine de montage de ces bus à Kinshasa pour permettre l’accroissement du nombre de bus neufs en circulation.
Dix jours après l’expiration d’un premier moratoire de 45 jours, le gouvernement provincial a accordé aux propriétaires des véhicules roulant à Kinshasa, en particulier ceux des Mercedes 207 «Esprit du mort», un nouveau délai de 45 jours pour se plier au contrôle technique obligatoire.
A la fin de ce moratoire, le 1er mai prochain, aucun véhicule non en ordre ne sera autorisé à circuler.

Il doit y avoir beaucoup de journalistes qui se rendent au boulot en minibus, à en juger par les nombreux commentaires que cette affaire suscite dans la presse.

L’Observateur note à ce propos : « Soulagement pour les transporteurs privés : 90 bus du gouvernement à Kinshasa ». Après la création de la société du transport en commun Transport au Congo (Transco), le secteur privé vient d’être doté d’une bouée d’oxygène. Les opérateurs de ce secteur vont acquérir 90 bus sur les 250 commandés, de marque Hyundai County à crédit. L’objectif étant de faire disparaître, de manière progressive, dans le circuit du transport en commun, les bus de marque Mercedes 207 communément appelés ” Esprit de mort “. Ils sont progressivement remplacés par ces bus de marque Hyundai, à qui l’on attribue déjà l’appellation « d’Esprit de vie ». L’acquisition de ces engins de 25 places assises, sur fonds propres du gouvernement, constitue une riposte non seulement sémantique, mais aussi réelle au phénomène « Esprit de mort », indique le quotidien. Le Premier ministre Matata Ponyo a précisé qu’ « Esprit de vie » est un programme qui s’étendra sur l’ensemble du pays conformément à la vision du président de la République. Bien qu’étant la capitale, siège des institutions, Kinshasa n’est pas le Congo. C’est l’ensemble du pays qui va bénéficier de ce programme. ” Nous avons donc commandé des bus qui arrivent pour l’ensemble du territoire national, tout comme le programme d’Esprit de vie contre l’Esprit de mort va s’étendre sur l’ensemble de la République “, a assuré le chef du gouvernement qui a lancé un appel aux futurs bénéficiaires de faire montre de bonne gestion, poursuit L’Observateur. La remise officielle de ces bus neufs s’est faite par l’entremise de l’Association des Propriétaires des Véhicules Affectés au Transport en Commun (APVCO).

L’Avenir écrit : « Le gouvernement met à crédit 90 bus Hyundai à la disposition des opérateurs privés ».
Chose promise, chose faite. Mieux, chose réalisée. En effet, la promesse du chef de l’Etat de permettre aux Congolais de circuler dans le confort et la sécurité connaît un début de réalisation avec la remise officielle par le Premier ministre de 90 bus neufs sur les 250 commandés pour le transport en commun, ce samedi 29 mars 2014, au secteur privé, par l’entremise de l’Association des propriétaires des véhicules affectés au transport en commun (APVCO), note L’Avenir.
Le gouvernement a renoué avec des initiatives qui replacent la RDC sur l’orbite de l’émergence et de la création d’une classe moyenne de Congolais, constate Le Potentiel sous le titre: «Amélioration du transport urbain. Un exploit signé Matata ».
Après la création de la société de transport public, Transco, le Premier ministre a commandé 250 bus qu’il met à la disposition des opérateurs privée du secteur par voie de crédit. Un premier lot de 90 minibus a été présenté le week-end à la place du Palais du peuple. C’est un exploit signé Matata Ponyo, quand bien même d’aucuns douteraient encore de l’objectivité devant entourer le choix des bénéficiaires.
La Référence+ rappelle que le scepticisme se lisait encore dans le chef de beaucoup de compatriotes quand le ministre des Transports et voies de communication Kalumba et son collègue des Finances Kitebi procédaient à la signature du contrat d’acquisition de 250 minibus de près de 30 millions Usd en faveur des opérateurs privés du transport en commun ainsi que le protocole d’accord sous forme d’un contrat contraignant sur la construction d’une usine d’assemblage et de montage de minibus en RDC.
C’est du concret désormais. Le transport en commun se civilise de plus en plus, le chômage se résorbe progressivement. Le requiem est donc bien programmé pour les bus 207 qui vont certainement se reconvertir en transporteurs des produits des champs sur le Plateau des Bateke et les villages du Bas-Congo.
(Comme dans le cas de la « bancarisation » qui contournait le phénomène « détournement » sans le réprimer, l’affaire des « esprits de mort » porte la marque de fabrique de Matata : le contournement. En effet, si une relative « bonne santé » macroéconomique tarde à avoir des retombées dans la vie quotidienne de la population, c’est notamment parce que les banques commerciales ne concèdent du crédit qu’à des conditions draconiennes, avec des taux d’intérêt de l‘ordre de 20 %, alors qu’elles-mêmes empruntent à 2 % à la BCC. Elles empêchent ainsi les entrepreneurs d’investir. Il faut donc toute la mauvaise foi de Kengo wa Dondo pour mettre sur le dos du gouvernement un « retard du ‘social’ » qui est entièrement dû à l’avidité du secteur bancaire privé. Matata riposte en faisant, en quelque sorte, du gouvernement la « caisse de crédit professionnel » des transporteurs pour suppléer à la mauvaise volonté du secteur bancaire. Encre une fois, le problème est contourné.
Accessoirement, les prévisions pessimistes de la presse se réalisent, en ce qui concerne les délais – invariablement « derniers » – donnés aux transporteurs pour se mettre en ordre. Le « tout dernier délai » a été comme d’habitude prolongé par un « vraiment tout à fait dernier dernier ». NdlR)

Processus électoral

Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir !
Sous le titre : «Controverse autour du fichier électoral, Malumalu-Okundji : face-à-face à huis clos », Le Phare rapporte que la plénière de l’Assemblée nationale ayant finalement avalisé le texte du député Emery Okundji portant interpellation du président de la CENI Malumalu au sujet de l’audit du fichier électoral, c’est en principe ce lundi 31 mars 2014 que les deux protagonistes devraient « s’affronter » au Palais du peuple.
Mais, pour cette séance hautement sensible et cruciale pour la transparence des résultats, le Bureau de la chambre basse du Parlement a décrété le huis clos. Selon Le Phare cela est interprété par beaucoup comme une stratégie visant à cacher des choses à ceux qui veulent tout savoir sur le corps électoral. (Il est un fait que décréter le « huis clos » lorsque l’on aborde un sujet sensible qui intéresse tout le monde n’est vraiment pas la technique a mieux choisie pour donner une impression de transparence ! NdlR). Le Phare commente :
« Pourquoi a-t-on choisi le débat en circuit fermé pour une « affaire publique » qui concerne l’ensemble de la communauté nationale ? La matière électorale comporterait-elle des détails top secrets à ne pas porter à l’attention de l’électorat ? Le fichier électoral ferait-il partie des secrets d’Etat ou des secrets-défense ? Après tout ce qui était dit en mal sur la CENI au sujet de l’enrôlement des « doublons », des « morts », des « enfants mineurs », des « militaires », des « policiers », des « étrangers » en 2006 et de 2011, c’était l’occasion de rassurer publiquement les futurs candidats et leurs futurs électeurs sur la transparence du fichier électoral.
A ce sujet, le huis clos est interprété par beaucoup comme une stratégie visant à cacher des choses à ceux qui veulent tout savoir sur le corps électoral, facteur déterminant dans la sanction positive ou négative des prétendants aux mandats électifs. Pourtant, lors de ses échanges passés avec les représentants des partis politiques, des confessions religieuses, de la société civile, des médias, des personnes avec handicap et autres, l’abbé Malumalu a laissé l’impression de vouloir présenter, cette fois, un processus électoral où les résultats devraient refléter la vérité des urnes. Pourquoi a-t-on décidé de l’enfermer dans un huis clos qui, au lieu d’apaiser les suspicions, risque de les amplifier ? On rappelle que c’est depuis le 24 mars que le représentant du peuple Okundji a saisi le Bureau de la Chambre basse du Parlement de son souci d’avoir un éclairage sur l’état actuel du fichier électoral.
Il voudrait notamment s’assurer que le corps électoral appelé à départager les candidats aux élections locales, municipales, urbaines, législatives provinciales, sénatoriales, législatives nationales et présidentielle correspond à la taille réelle des citoyens congolais remplissant les conditions de participation au vote. Cet élu du peuple voudrait notamment obtenir des réponses au sujet de la qualité des personnes physiques et morales appelées à auditer le fichier électoral, de l’identité du Serveur Central, du lieu où serait gardé le Serveur de Sauvegarde, du logiciel en charge de la gestion des doublons et de la cartographie électorale, etc.
Ce député national pose en fait des questions de confiance de nature à évacuer toutes les zones d’ombre qui font craindre de nouveaux tripatouillages électoraux ».

Monusco

L’Avenir titre à la Une : « Au Conseil de sécurité. Le mandat de la Monusco prorogé jusqu’en 2015. Mais elle doit préparer une stratégie de retrait clairement définie ».
Le vendredi 28 mars 2014, le Conseil de sécurité a prorogé jusqu’au 31 mars 2015 le mandat de la Monusco et de sa Brigade d’intervention, avec un effectif de 19.815 militaires, 760 observateurs militaires et officiers d’état-major, 391 policiers et 1050 membres d’unités de police constituées.
La résolution 2147 demande au gouvernement de la RDC d’adopter sans retard la feuille de route et le budget des élections avec le soutien logistique de la Monusco afin de faciliter le processus électoral. Elle autorise la Monusco, par l’intermédiaire de la Brigade d’intervention, agissant seule ou avec les FARDC, à mener des offensives ciblées et robustes, en vue d’empêcher l’expansion de tous les groupes armés, de les neutraliser et de les désarmer de façon à contribuer à réduire la menace que constituent les groupes armés pour la restauration de l’autorité de l’Etat et de la sécurité des civils de l’Est de la République démocratique du Congo, poursuit ce journal.

Toutefois, note L’Avenir, il a été demandé à la Monusco de préparer une stratégie de retrait clairement définie, y compris pour la Brigade d’intervention. Dans cette optique, les reconfigurations futures de la Monusco et de son mandat seront désormais fonction de l’évolution de la situation sur le terrain et dans le contexte de la mise en œuvre par le Gouvernement de la Rd Congo et tous les autres signataires de l’Accord-cadre, des progrès vers la réalisation des objectifs suivants, conformément aux trois priorités : protection des civils, stabilisation et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

L’Observateur écrit : « Situation sécuritaire dans l’Est de la RDC : La présence de la Monusco prolongée d’une année ».
Le Conseil de sécurité précise que celui de sa brigade d’intervention est prorogé à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni sans préjudice des principes convenus du maintien de la paix.

Pour assurer la stabilité à long terme dans l’Est de la RDC et dans la sous-région des Grands Lacs, le Conseil de sécurité exhorte aux États signataires de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, de continuer de s’acquitter de bonne foi, intégralement et rapidement de leurs engagements.
Et L’Observateur d’ajouter : « En ce qui concerne les groupes armés toujours actifs et réfractaires au processus de paix, notamment les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), les ADF (Alliance des forces démocratiques alliées), la LRA (Armée de résistance du seigneur), les Bakata-Katanga et autres groupes Maï-Maï locaux, le Conseil de sécurité leur enjoint de mettre immédiatement fin à toutes les formes de violence et d’activités déstabilisatrices et que leurs membres soient démobilisés immédiatement et de façon permanente, déposent les armes et démobilisent les enfants qui se trouvent dans leurs rangs ».
Reforme des entreprises publiques

Comment réformer les entreprises publiques constamment exposées à l’insécurité par la hantise de la saisie intempestive de leurs actifs ? Comment les réformer, sans avoir une distinction claire entre leurs biens propres et ceux appartenant à l’Etat, mais mis à leur disposition dans le cadre des missions d’intérêt général ? A la Une et avec le titre : « Entreprises publiques en insécurité : Gouvernement, Louise Munga tire la sonnette d’alerte ! », La Prospérité se pose toutes ces questions et indique que toutes les entreprises publiques transformées en sociétés commerciales sont en difficulté.
Sur le plan financier, les manifestations de cette situation sont notamment : la diminution des capitaux propres, l’augmentation de l’endettement, la progression des charges financières et la diminution de la trésorerie. Toutes ces difficultés placent ces entreprises dans une position de grande vulnérabilité, notamment vis-à-vis de leurs créanciers, écrit le quotidien. Pour tenter d’apporter une solution à ces difficultés, le gouvernement a pris deux options importantes : la mise en œuvre des plans de stabilisation et de redressement, notamment en ce qui concerne les entreprises publiques structurantes, c’est-à-dire, celles qui ont des effets d’entraînement importants sur l’ensemble de l’économie nationale ; l’assainissement des comptes de toutes les entreprises transformées en sociétés commerciales, ajoute La Prospérité.

Conformément à l’Organisation pour l’Harmonisation Africaine des Droits d’Affaires (Ohada), le Gouvernement va examiner et mettra à profit toutes ces propositions, en vue d’une protection plus accrue, écrit de son côté L’Avenir qui titre à sa une : « Pour se conformer au droit Ohada. Louise Munga s’investit dans la protection des biens de l’Etat et des entreprises publiques ». Le journal rappelle qu’un atelier sur « la protection des biens et droits des personnes morales de droit public et des entreprises publiques » s’est tenu à Kinshasa. Il a réuni les membres du Gouvernement, les responsables des entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, le monde scientifique, les experts de l’Ohada et ceux du Comité de pilotage pour la réforme des entreprises publiques (Copirep).
Le Phare, qui titre « Le gouvernement Matata décidé à protéger le patrimoine des entreprises publiques » y va d’un article énergique. Il constate que « Les biens meubles et immeubles appartenant à l’Etat congolais, et qui témoignaient de sa prospérité de l’époque, sont livrés depuis des décennies et même aujourd’hui, à des vagues successives de spoliation sous différents régimes au pouvoir. Gérés comme des biens sans maître, quelquefois sous le vocable des biens abandonnés, ces immeubles et autres biens meubles disparaissent dangereusement un à un de son riche patrimoine hérité de la colonisation, du règlement du contentieux belgo-congolais et de la dissolution de certaines sociétés paraétatiques. L’Etat est appauvri scandaleusement avec la complicité de ses fonctionnaires véreux, et par la volonté de certaines autorités publiques qui avaient distribué ces biens comme des cacahuètes ou qui les avaient revendus à vil prix au détriment du trésor public ».
Et il estime que la ministre compétente, « Louise Munga sonne le réveil »
« Révolté par cette politique de prédation qui a causé tant des préjudices et affaibli l’Etat de ses moyens, le gouvernement Matata a décidé de remettre de l’ordre dans la gestion de ces biens dont heureusement, les opérations d’identification et d’inventaire lancées depuis janvier 2014, se poursuivent dans les provinces. Une façon de dire que plus rien ne sera comme auparavant.
Cette situation ne pouvait laisser indifférente, la ministre du Portefeuille. C’est d’ailleurs à son initiative que le ministère du Portefeuille s’est engagé avec l’appui de la Banque mondiale et du secrétariat permanent de l’Ohada, à s’attaquer à la dilapidation à grande échelle qui a plus affecté le patrimoine des entreprises publiques sous sa tutelle administrative. L’exécutif a pris le courage de convoquer en deux jours d’ateliers, du 28 au 29 mars 2014, au Fleuve Congo Hôtel, des experts venus de divers horizons et de plusieurs services de l’Etat et des institutions d’enseignement universitaire, pour diagnostiquer le mal, le circonscrire et lui prescrire une thérapeutique de choc, afin d’arrêter cette prédation du patrimoine des entreprises publiques en cours de transformation en sociétés commerciales. Et ce, conformément au droit Ohada.

Au moment où son ministère poursuit la réforme du portefeuille de l’Etat, Louise Munga note que ce processus ne peut se réaliser que si les entreprises publiques évoluent dans un climat apaisé, loin des turbulences et autres actions déstabilisatrices visant la dilapidation de leur patrimoine. Elle a alors évoqué les difficultés auxquelles ces entreprises sont confrontées sur le plan financier et qui les placent dans une position de grande vulnérabilité à la suite de leur endettement élevé, et leur patrimoine exposé au risque des saisies judiciaires. Ce qui pour elle, serait préjudiciable pour toute la communauté, compte tenu du fait que d’une part ces entreprises fournissent pour la plupart, des services d’intérêt public et que d’autre part, leur patrimoine appartient à la collectivité publique.

Elle s’est alors réjouie de constater que le droit Ohada pose les principes d’un régime protecteur des biens de l’Etat et du patrimoine des entreprises publiques que le législateur congolais doit clarifier dans un texte de droit interne. Voilà pourquoi elle a convié les experts à formuler des recommandations s’appuyant sur l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées et voies d’exécution de l’Ohada, précisant les personnes morales et physiques pouvant bénéficier de l’immunité d’exécution, et indiquant la liste des biens et droits insaisissables.
Deux options prises par le gouvernement ont à son avis, permis la mise en place des plans de stabilisation et de redressement, concernant les entreprises publiques structurantes ayant des effets d’entraînement importants sur l’ensemble de l’économie nationale. L’autre option est l’assainissement des comptes de toutes les entreprises publiques transformées en sociétés commerciales.

Sur 788 immeubles de l’Etat à Kinshasa, 46 ont été spoliés

Par une forte tonalité, le ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, s’est dit surtout indigné par les pertes des immeubles de l’Etat. En effet, après le recensement de 2004, 46 unités de logement sur 788, à Kinshasa, ont pris d’autres destinations. Et de relever que dans la plupart des cas, les prédateurs utilisent des faux documents obtenus grâce à la complicité des agents de l’Etat. Dans d’autres cas, ces faussaires obtiennent même des jugements iniques condamnant la RDC par défaut devant les cours et tribunaux. Pire, certains jugements ont été rendus avec une certaine complaisance alors qu’il s’agit pour lui, des questions importantes qui affectent le patrimoine immobilier et foncier de l’Etat et partant de la vie de la nation. A ce sujet, Fridolin Kasweshi Musoka a évoqué le cas d’une dame qui revendiquait la propriété d’une parcelle contigüe à l’Hôpital de Kintambo, sur base d’une ordonnance signée par feu le président Mobutu et qui par la suite, s’est révélée fausse.

Au nombre de ses pistes de solution, le ministre des ITPR cite l’identification des immeubles, appartements et villas du domaine privé de l’Etat, le transfert du domaine privé au domaine public de certains immeubles en état de délabrement ou menacés de spoliation. Et afin de leur assurer une protection, Fridolin Kasweshi préconise le renforcement des mesures de protection des espaces publics, l’organisation des inventaires réguliers des immeubles de l’Etat, la révision de la législation, des poursuites judiciaires contre les spoliateurs et autres prédateurs, ainsi que des sanctions administratives sévères à l’encontre des agents de l’Etat à divers niveaux reconnus complices .
A la cérémonie de clôture, voici les quelques recommandations qui ont retenu l’attention du ministre du Portefeuille : organiser un cadre juridique relatif au domaine public de l’Etat, rechercher des sources de financement des entreprises publiques, envisager une décote de la dette sociale pour les entreprises dont la dette sociale est exorbitante, finaliser l’assainissement des états financiers des entreprises transformées et convertir ou capitaliser les dettes sociales dues au personnel par la création d’actions.
Signalons que trois avant-projets de loi élaborés par les panélistes, portent pour le premier, détermination des biens du domaine public de l’Etat qui ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée, et pour le détermination des personnes morales bénéficiaires de l’immunité d’exécution ».

Sankuru

Radio Okapi titre « Troubles à Lodja: l’administrateur du territoire suspendu et traduit en justice »
L’administrateur du territoire de Lodja est suspendu de ses fonctions et remplacé par le commissaire du district de Sankuru. Trois autres personnes mises à la disposition de la justice sont transférées à Mbuji-Mayi. Pendant ce temps, le commandement de la police à Lodja change de mains. Ainsi en a décidé dimanche 30 mars à Lodja le conseil provincial de sécurité du Kasaï-Oriental, quatre jours après les troubles qui ont fait un mort, des blessés et plusieurs dégâts matériels dans cette cité.
D’après les premiers éléments des enquêtes menées sur place, l’administrateur du territoire, Sylvain Kankolongo, est impliqué dans les troubles qui ont secoué la cité de Lodja du 25 au 26 mars. Il est suspendu de ses fonctions, «jusqu’à nouvel ordre». En attendant, le commissaire de district de Sankuru qui se trouve à Lusambo est, rappelé à Lodja pour le remplacer.
Une autre mesure prise par le conseil provincial de sécurité porte sur la suspension de toutes les activités de deux mutualités: l’Union des ressortissants de Katako Kombe et de Lubefu (Unikalu) et la Notabilité rénovée de Lodja (Norelo). Les présidents de ces deux mutualités sont en justice, où ils sont poursuivis pour leur implication dans les échauffourées du mardi dernier à Lodja.
Aucune réunion de ces mutualités ne peut se tenir. Selon les enquêteurs, ces mouvements véhiculent des messages qui ne favorisent pas la paix.
Le président des conducteurs de taxi-motos est aussi poursuivi pour avoir saisi une moto sans qualité ni droit, ce qui constitue le fait déclencheur de toute la tension, déclare le ministre provincial de l’Intérieur, Hippolyte Mutombo.
A cause des insuffisances dans le commandement de la police sur terrain, le commandant district de la police à Lodja «perd son poste », a indiqué, Hippolyte Mutombo, sans dévoiler le nom de son remplaçant.
L’administrateur, les deux leaders de mutualités et celui des motards, qui sont mis à la disposition de la justice, ont été transférés depuis dimanche à Mbuji-Mayi.
Les autres membres du conseil de sécurité sont rentrés sur Mbuji-Mayi. Tandis que le ministre provincial de l’Intérieur, les policiers venus de la capitale provinciale restent à Lodja pour le suivi de toutes ces mesures.
Mardi 25 mars dernier, les affrontements entre les jeunes des quartiers Okita Ndeke et Lokenye avait fait un mort, trois blessés (deux policiers et l’administrateur du territoire) et entraîné la destruction de trente-quatre bâtiments.
Une dette contractée par un chauffeur de taxi-moto du quartier Lokenye auprès du leader de ceux d’Okita Ndeke serait à la base de ces incidents, qui ont duré deux jours.

© CongoForum, le lundi 31 mars 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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