02/04/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

(CongoForum)

C’est reparti !Parmi les sujets qui dominent l’actualité du jour, on signale une nouvelle invasion de la RDC par des militaires ougandais. La presse continue d’autre part à commenter les démarches en cours au sein de l’opposition pour répondre à la rencontre de la Majorité à Kingakati et en particulier la réunion en Convention à Fatima. Est-il justifié de traiter cela, comme le fait une partie de la presse, de « cacophonie » ? Deux autres sujets encore sont évoqués dans les journaux kinois de ce 2 avril. Il s’agit du rejet à l’Assemblée nationale lundi de l’interpellation initiée par le député Emery Okundji contre le président de la Ceni, et de la situation actuelle de l’application de l’amnistie récemment promulguée.

Guerreet insécurité
Le Potentiel fait état d’une « Nouvelle invasion ougandaise en RDC ».
En effet, au moment où les Nations unies votent pour la poursuite du mandat de leur mission de paix en RDC, des troupes ougandaises sont signalées à nouveau sur les collines de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu. Cette énième invasion augure de mauvaises perspectives quand on sait que c’est de cette manière que naissent les rebellions dans l’Est, mettant en péril la paix et la sécurité non seulement en RDC mais aussi dans les Grands Lacs.
Et Le Potentiel de se demander, que veut Kampala en ce moment précis ? Est-il tenté, comme autrefois Kigali, de faire chanter les Nations unies en étalant sa capacité de nuisance au cas où ses protégés du M23 seraient traduits en justice en RDC ou à la CPI ? Ou alors, comme c’est devenu la coutume, ce serait une provocation pour pousser Kinshasa à la faute et ouvrir un nouveau front qui anéantirait tous les acquis de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ? Le flou artistique est à son comble, constate ce quotidien.
Ni les drones américains, ni la brigade d’intervention de la Monusco, ni la montée en puissance des FARDC, ne parviennent à dissuader les ambitions belliqueuses des voisins orientaux de la RDC, constate La Référence+. Les militaires de l’armée ougandaise ont envahi depuis le 26 mars dernier la réserve des gorilles de Sarambwe, à une centaine de kilomètre au nord de Goma dans le territoire de Rutshuru. Cette information a été livrée par le président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Jules Hakizimwami à l’ouverture, lundi 31 mars, de la session ordinaire de mars 2014 à Goma. Sur place, les militaires ougandais déclarent être venus « sécuriser leurs compatriotes, qui les ont précédés pour faire des champs à Sarambwe ». Pourtant, Sarambwe est une partie du territoire congolais, a déploré M. Hakizimwami.
L’Avenir signale une « Montée de la terreur des FDLR à Rugarama et Kaghando », pillés littéralement entre 23 et 3 heures locales par les FDLR dans la nuit de lundi à mardi 1er avril 2014. Ces rebelles, selon le confrère, seraient venus de leur base de Nyabanira où ils se sont renforcés la semaine dernière.
Le Phare, sous le titre « Kivu-Katanga-Kasaï : ‘triangle de l’insécurité’ », s’efforce de regarder les choses d’un peu plus haut.
« Le « triangle de la mort » est entré dans le lexique congolais avec les Bakata-Katanga, cette force négative interne qui massacre, pille, vole et viole en toute tranquillité, voici plusieurs mois, à la jonction des territoires de Manono, Mitwaba et Pweto. Pas plus tard que le week-end dernier, l’évêque du diocèse de Kilwa Kasenga, Mgr Fulgence Muteba, a redonné de la voix pour en appeler à une intervention d’urgence et musclée des troupes loyalistes, afin de prévenir de nouveaux massacres, pillages et viols au sein des populations civiles dans cette partie de la province du Katanga.
Le corridor de l’insécurité, parti du Nord-Kivu, en passant par le Sud-Kivu et le Nord-Katanga, semble progresser vers le centre du pays, plus précisément à Kananga, au Kasaï Occidental. Un ancien gouverneur de cette province, député national de son état, a dernièrement lancé un cri de détresse, au nom des populations civiles kasaïennes, victimes de massacres et vols de leurs biens de valeur chaque nuit, suite à la présence massive d’éléments incontrôlés armés. Une question d’actualité a été déposée à cet effet sur la table du Bureau de l’Assemblée Nationale, à l’intention du ministre de la Défense. Des notables de cette province résidant à Kinshasa ont repris à leur compte son alerte, et promis de sortir une déclaration commune exigeant des explications aux autorités provinciales et nationales. Mais, depuis plus d’une semaine, leur prise de position se fait toujours attendre, pour des raisons inexpliquées. A l’allure où le triangle de l’insécurité est en train de s’élargir, il y a lieu de craindre qu’il ne s’étende au-delà des deux Kasaï, pour toucher les provinces de l’Ouest (Equateur, Bandundu, Kinshasa, Bas-Congo). L’objectif des ennemis de la paix et de la stabilité du grand Congo ne serait-il pas de le rendre ingouvernable, de manière à obtenir, sans trop forcer, sa balkanisation tant recherchée et difficile à matérialiser à partir des mouvements rebelles pro-ougandais et rwandais ?
Mais qui sont les compatriotes, parmi les décideurs politiques, qui cautionnent les actes des forces négatives internes et externes ? Les défaites militaires à répétition des FARDC au Nord-Kivu avaient révélé à tous, les complicités internes qui empêchaient les troupes loyalistes de signer de hauts faits d’armes. Dès que les « traitres » avaient été mis hors d’état de nuire, la voie du succès était largement ouverte aux concitoyens sous le drapeau, avec en prime la montée en première ligne du regretté colonel Mamadou, promu général à titre posthume. Le « nettoyage à sec » opéré dans les rangs du M23 d’abord et de l’ADF-Nalu ensuite au Nord-Kivu a montré que le Nord-Katanga ne devrait pas végéter dans l’absence de paix, compte tenu de la faible puissance de feu des forces négatives, toutes tendances confondues.
Or, depuis que les Bakata-Katanga se sont signalés au Nord-Katanga, les autorités civiles et militaires qui devaient organiser la riposte afin de les neutraliser, donnent l’impression de les ménager, pour des raisons obscures. Alors que l’Etat dispose de tous les moyens militaires nécessaires à l’éradication de cette force négative, celle-ci ressurgit après chaque tentative de liquidation, pour faire davantage mal aux civils non armés dans les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto.
Qui profite de la situation d’anarchie que tente d’instaurer ces combattants le plus souvent dotés d’armes blanches rudimentaires et de fusils de chasse ? Ces insurgés jouiraient-ils d’un statut spécial, comme c’est le cas du M23 et des FDLR au Nord-Kivu, dont la traque était assortie de plusieurs préalables, consignés dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et les « Déclarations » de Nairobi. S’agissant du M23 par exemple, en dépit de sa déroute militaire d’octobre 2013 face aux FARDC, ces rebelles sont couverts par une loi d’amnistie, un engagement du gouvernement congolais de les indemniser pour leurs biens saisis ou pillés (par qui et où ?) et les rapatrier, désarmer, démobiliser dans le cadre d’un mécanisme concerté de réinsertion sociale.
Le flottement que l’on note dans la chasse aux Bakata-Katanga, pourtant publiquement annoncée par la Monusco voici plusieurs semaines, dans le cadre de son appui aux FARDC, pousse à se demander si ce temps mort n’est volontairement pas entretenu. Apparemment, des forces occultes s’activeraient pour leur permettre de recruter suffisamment de combattants et de s’équiper militairement en vue de s’imposer comme un redoutable mouvement rebelle, et brandir, le moment venu, leur cahier de charges au pouvoir en place à Kinshasa et à la communauté internationale. C’est cette perspective de légalisation planifiée d’une rébellion qui fait penser que les Bakata-Katanga ne frappent pas au hasard. Leur agenda caché procèderait d’une planification au niveau d’officines du mal ».
(C’est le genre de circonstances où l’on n’est pas loin de la paranoïa, des « agendas cachés » et des « théories du complot ». Les « officines du mal » pourraient fort bien ne pas être si loin que ça ! Si l’on tient compte de ce que la vie politique congolaise est gangrenée depuis plus de deux ans par le refus obstiné du pouvoir de reconnaître que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. Puis la scène a été longuement occupée par deux manœuvres de diversion : l’affaire du M23, dont il ne faut pas oublier qu’elle a été déclenchée depuis Kinshasa par l’annonce de l’arrestation imminente de Bosco Ntaganda et ses suites, dont les pourparlers de Kamala, etc… d’une part, et la saga des Concertations Nationales suivies du feuilleton « nouveau gouvernement », d’autre part. La formation d’un « gouvernement de cohésion nationale », tant qu’elle est annoncée, mais non réalisée, tient en haleine tous ceux qui, dans la MP et chez les « concertateurs » de l’opposition espèrent être ministres – ça fait du monde ! – mais il pourrait y avoir un méchant déferlement de mécontentement quand le gouvernement sera publié car cela fera fatalement beaucoup plus de mécontents que d’heureux.
Or, toute vague de mécontentement rsque d’ouvrir le couvercle de la boîte de Pandore où se trouve la question de la nullité des scrutins de 2011 et le fait que toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait, dont le principal ressort consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Cela pourrait rendre une troisième diversion utile et désirable pour le pouvoir… Or, hier, un journal – et un seul – a annoncé que le suspense concernant le gouvernement de cohésion nationale était fini. Le Palmarès titrait en manchette«le nouveau Premier ministre a été notifié hier» ? Dans cet article, ce quotidien de Kinshasa écrivait, sans donner le nom de la personne choisie, que le choix du nouveau Premier ministre était irrévocable. L’intéressé avait été officiellement notifié la veille. «Il n’est pas un technocrate comme Matata», continuait le journal ; avant de conclure qu’il s’agissait plutôt d’un pur produit de la politique. Une nouvelle donnée le 1° avril par un seul journal, sans donner le nom du nouveau locataire de la Primature et tout ceci, alors que le pays attend la mise en place de ce gouvernement annoncé depuis cinq mois, cela avait de tels airs de « poisson d’avril » que nous n’en avons pas fait mention. Si, dans les jours qui viennent, la nouvelle devait malgré tout être confirmée, nous saurions pourquoi il a paru urgent de sonner une fois de plus l’alerte aux frontières. NdlR)

Parlement / CENI /Processus électoral
Les élections de 2011 – axquelles on se voit toujours contraint de revenir – avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir ! Des Parlementaires, membres de l’Opposition, ont prétendu interpemer le « curé de campagne électorale ».
Concernant l’audit du fichier électoral, La Prospérité titre à la Une : « La CENI poursuit sa course : Fayulu et Okundji ratent la tête de Malu Malu ! ».
Ce journal note que les deux initiatives majeures mises en œuvre pour interpeller le président de la Ceni (la pétition du député Martin Fayulu encore en cours et l’interpellation d’Emery Okundji rejeté lundi) n’ont pas réussi à faire ni démissionner Malu Malu ni même à le faire venir à l’assemblée nationale pour s’expliquer. D’où ces questions de La Prospérité: « Malu Malu est-il immunisé ? ». Manifestement, la pétition achoppée de Martin Fayulu et l’interpellation manquée d’Emery Okundji ne suffiront nullement à arrêter la détermination de l’Abbé Malumalu et de la Ceni d’aller jusqu’au bout de la mission qui leur a été confiée notamment, celle d’organiser, dans le temps et dans l’espace, les élections démocratiques en RDC, écrit le journal.
« Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’Abbé Apollinaire Malu Malu ne sera pas interpellé à l’Assemblée nationale. Les députés nationaux ont rejeté lundi 31 mars cette requête initiée par le député de l’opposition, Emery Ukundji, à l’issue de d’une plénière qui s’est tenue à huis clos.
Selon l’initiateur de cette interpellation, la chambre basse a estimé que « cette démarche est anticonstitutionnelle et pense qu’elle ne peut pas contrôler la Commission électorale parce qu’elle est indépendante. »

Ce fait a soulevé l’ire et l’ironie de l’ asbl APRODEC qui, dans un communiqué, écrit que « MALU MALU répond uniquement aux questions de parlementaires belges !!! ».
En voici le texte :
« La Commission électorale nationale indépendante de la République Démocratique du Congo n’aurait donc pas de compte à rendre ni devant la représentation nationale ni devant le Peuple congolais dans son ensemble ? Ne serait ce pas le comble pour une « institution d’appui à la démocratie  » ?
Le président de la CENI peut uniquement répondre à des questions de parlementaires belges comme il a fait le 21 janvier 2014 mais ne doit pas le faire lorsqu’il s’agit des Députés congolais !!!
Considérant les réticences du régime de Kinshasa à faire la transparence au sujet de l’audit du fichier électoral l’APRODEC asbl invite les membres de l’opposition congolaise a demander – en sollicitant au besoin l’intervention des parlementaires belges qui ont récemment marqués leur intérêt pour le processus électoral en RDC en auditionnant l’abbé MALU MALU au mois de janvier – directement à la société belge ZETES qui était chargée du nettoyage du fichier électoral de leur transmettre son rapport final sur cette opération. SA ZETES Da Vinci Science Park Rue de Strasbourg 3. B- 1130 BRUXELLES »
Amnistie
Forum de As titre la Une : « Le dossier des « amnistiables », retarde le gouvernement ».
Il note que les Congolais ont entamé depuis mardi 1er avril, le second trimestre de l’année 2014. Dans le paysage politique du pays, rien de majeur ne se profile. Les débats sur la formation d’un gouvernement de cohésion nationale annoncée depuis octobre 2013, ont baissé d’ardeur. Manifestement, l’opinion ne s’y intéresse que très peu. Certains analystes estimant que la formation d’un nouvel exécutif est subséquente à l’application de la loi d’amnistie pour faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques, soutient ce quotidien.
Dans ses pages intérieures, le journal fait un peu de pédagogie au sujet de l’application à ce jour de la loi d’amnistie. Il rappelle à l’intention du public la procédure d’application d’une telle loi laissant entendre qu’elle prend habituellement toujours un de peu de temps.
« Dans l’entendement du commun des mortels kinois, par exemple, les bénéficiaires de cette disposition relèveraient du secret du Gouvernement. Pourtant, il s’agit d’une démarche administrative individuelle et non collective. En d’autres termes, tout bénéficiaire potentiel de la loi d’amnistie doit personnellement adresser sa requête au ministère de Justice qui a qualité de l’examiner en profondeur. Ce rappel, plus qu’une précision, est très importante dans la mesure où elle apporte des éléments de réponse aux responsables de l’ex-M23 qui, il y a quelques jours, ont dénoncé l’arrestation de certains de leurs membres de retour au pays », explique Forum des As.
Grand messe euro/africaine à Bruxelles
Dans son titre, « Paix et sécurité, investissements en Afrique. L’UE et l’UA autour d’une table ce mercredi à Bruxelles », L’Avenir annonce la tenue ce mercredi 2 avril 2014 à Bruxelles du 4ème sommet de l’Union européenne et de l’Union africaine. Cette rencontre réunira les dirigeants africains et ceux de l’UE, ainsi que les hauts responsables des institutions de l’UE et de l’Union africaine autour du thème : « investir dans les personnes, pour la prospérité et pour la paix ».
A ce sujet, il écrit que cette grande messe va donner l’occasion aux participants de passer en revue la situation sécuritaire dans plusieurs pays africains en proie à des guerres. C’est le cas notamment de la République centrafricaine où les autorités peinent à sécuriser le pays et où l’Union européenne a commencé le déploiement de sa force, poursuit le quotidien. Pour L’Avenir, il s’agira aussi du Soudan du Sud où une rébellion menace d’ébranler les autorités de Djuba sans oublier la République démocratique du Congo qui, avec le soutien de la Brigade d’intervention des Nations Unies doit bouter hors du territoire les derniers rebelles des ADF qui ne veulent pas déposer les armes, ainsi que les FDLR qui s’illustrent par des tueries et autres crimes contre l’humanité.
Opposition / Cacophonie ?
Le Guide s’intéresse à la convention de l’opposition qui, à l’en croire, tourne à la cacophonie. Alors qu’ils ont commencé leur convention le 31 mars 2014, les opposants politiques congolais sont comme poursuivis par le syndrome de la tour de Babel, fait remarquer ce journal. Déjà fragilisée dans son ensemble, l’opposition aile Kamerhe-Fayulu n’a plus parlé le même langage à l’ouverture des travaux de sa convention. En un mot, la cacophonie était au rendez-vous, les assises ont viré à des attaques individuelles des participants qui ont oublié l’essentiel, le combat politique.
L’Objectif souligne que le RCD/KML a tout simplement choisi de claquer la porte de ce forum de Fatima, déplorant une « désorganisation » manifeste des travaux. Pour ce journal, il y a des traîtres à bord du bateau de l’Opposition qui font les travaux de sape. Ces taupes sont connues et le moment venu, ils seront dévoilés au grand jour.
(Ce thème de la « cacophonie » ou de la « désunion » de l’opposition est récurrent dans la presse de Kinshasa. Elle est, par exemple, abondamment revenue hier sur le débat concernant la révision de la constitution. Certains journaux relayaient le refus du MLC, deuxième force de l’opposition au parlement, de voir la constitution être révisée. D’autres journaux rapportaient cette même position exprimée cette fois par la Coalition « Sauvons la RDC » réunie depuis lundi dans une convention politique de trois jours à Kinshasa. Les leaders de la Coalition «se préparent à affronter la majorité», écrivait La Tempête des tropiques, précisant que «Vital Kamerhe, Christopher Ngoy et Martin Fayulu s’engagent dans une démarche notamment pour éviter la révision constitutionnelle pouvant conduire le pays dans une mouvance unique du genre MPR de triste mémoire». Le Phare renchérissait : «la Coalition Sauvons la RDC apprête sa réplique contre Kingakati», faisant allusion à la récente réunion de la majorité dirigée par Joseph Kabila dans la périphérie Est de Kinshasa. L’Avenir, par contre indiquait que «Le démon de la division hante l’opposition» et citait le cas de Steve Mbikayi, qui «reste opposé non seulement à l’opposition républicaine dont l’autorité morale est Léon Kengo et le porte-parole Lisanga Bonganga, mais aussi à la convention Sauvons le Congo proche de Martin Fayulu, parce qu’il n’y a pas consensus entre eux.»
L’opposition congolaise, d’après nous, ne mérite guère le reproche qui lui est sans cesse adressé d’être « désunie ». Car l’opposition ne se définit que par le fait de ne pas partager les vues du gouvernement et du président. Or, on peut fort bien avoir des raisons diamétralement opposées pour ne pas les aimer ! C’est donc un peu par abus de langage que l’on parle d’UNE opposition. Quand, comme c’est le cas dans la plupart des pays d’Europe, le gouvernement est centriste, l’opposition « rassemble », dans un singulier abusif, l’extrême droite et l’extrême gauche, c’est-à-dire des fascistes et des communistes qui se détestent cordialement et qu’il n’est pas rare de voir se battre. Certes, partout dans le monde et donc aussi en RDC, il serait tactiquement recommandable que, sur de grands thèmes, comme la défense de la démocratie, l’opposition réussisse à unir ses voix. Mais c’est une union qui doit être construite au cas par cas, non une donnée préexistante, dont on puisse parler comme si l’opposition était « naturellement » unie !
L’opposition congolaise ne fait donc pas tache, au sein du club des oppositions du monde, par sa désunion. C’est au contraire la Majorité qui fait figure de conglomérat hybride et polymorphe, puisqu’elle n’est en rien rassemblée par le soutien à un quelconque programme politique gouvernemental clair. Au contraire, elle se payerait volontiers la peau du PM actuel, pour prendre sa place. Elle n’est unie (en principe) que par sa fidélité (affirmée, mais… faut voir…) à la personne de Joseph Kabila. NdlR)
Economie

L’Agence Ecofin annonce que « Armadale Capital veut à présent une licence minière sur l’or de Mpokoto ».
Armadale Capital Plc, listé sur AIM, a annoncé le 31 mars être au point pour soumettre, prochainement, une demande de licence minière sur le projet aurifère Mpokoto en RD Congo. «L’introduction de la demande de licence minière et l’obtention d’une étude de cadrage positive sont cruciales pour traduire dans les faits nos objectifs stratégiques et révéler le potentiel de ce projet aurifère low-capex et low-opex très attractif au plan commercial », a commenté Justin Lewis, Directeur d’Armadale. Selon la compagnie d’investissement, qui se focalise sur les ressources naturelles en Afrique, le gouvernement de la RDC mettrait six mois pour traiter sa demande de licence. Cependant, elle se réjouit d’avoir obtenu déjà l’étude de cadrage définitive et entend continuer à développer le projet durant cette période. Le projet Mpokoto se situe dans la partie ouest de la province du Katanga et recèle 11,2 Mt de ressources à 1,42g/t d’or avec, en plus, un objectif d’exploration de 10 à 15 Mt à près de 1,5g/t d’or.

© CongoForum, le mercredi 2 avril 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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