Le Katanga court un grave danger

23 avril 2014

Au fil des jours

par GODE KALONJI MUK.(mardi 22 avril 2014)

La province fait face à une récurrente situation d’insécurité due aux conflits entre pygmées et Bantous dans le District du Tanganyika et compte à ce jour près de 500.000 déplacés internes.

Le Katanga se trouve en proie aux actions de violents groupes armés qui attaquent et pillent des villages. Des actions qui se sont intensifiées depuis fin 2013, provoquant d’importants déplacements de populations. Ce qui fait que Katanga compte à ce jour près de 500 000 déplacés. Un danger que court la province, selon la communauté humanitaire, par le fait que les humanitaires présents sur place n’ont p as les moyens de faire face à cette situation alarmante.

Difficile cohabitation entre Bantous et Pygmées au Nord-Katanga

Alors que de nombreux efforts sont consentis par le gouvernement congolais et la MONUSCO pour mettre fin à l’activisme des Mayi Mayi, plusieurs territoires du District du Tanganyika sont le théâtre d’un conflit intercommunautaire opposant Pygmées et Bantous. L’intensification de ces dissensions s’accompagnant d’actes de violences inquiète de plus en plus. A en croire le Bulletin humanitaire de mars 2014 de Ocha, fin mai 2013, des Mayi Mayi Bakata Katanga “ ont attaqué puis incendié Lwela et Nsange, deux localités voisines situées sur l’axe Kiambi – Nyunzu, dans le territoire de Manono. Plusieurs violations graves des droits de l’homme ont été commises lors de ces attaques.

A Lwela, 18 femmes enceintes et un enfant ont été brulés vifs par ces combattants et environ 200 maisons ont été incendiées. Selon des sources humanitaires dans la zone, cette attaque avait ciblé particulièrement les Pygmées pour les “ punir “ de leur appartenance à des groupes d’autodéfense. Mais plusieurs autres habitants bantous de ces localités avaient été également blessés par balles et flèches, signale Och. D’autres sources affirment que la détérioration du climat entre ces deux communautés remonte aux différentes sensibilisations en 2012 qui demandaient aux peuples autochtones de sortir de la brousse pour bénéficier des mêmes services sociaux que les Bantous.

Selon les acteurs de protection, le message transmis aurait été mal compris et a par ce fait poussé les Pygmées à commettre des abus notamment des viols de femmes bantoues. Pour les Pygmées, ces actes étaient considérés comme étant leurs « droits “ jadis bafoués par les Bantous, étant donné que ces derniers épousaient les femmes pygmées et jamais l’inverse.

Le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies indique dans son bulletin que la recrudescence de ce conflit intercommunautaire dans le District du Tanganyika est aussi exacerbée par l’absence de l’Etat dans plusieurs localités affectées ainsi que par l’absence du mécanisme de gestion durable de ce conflit. Ce dernier continue à accentuer la pauvreté des ménages avec la fragilisation des moyens de subsistance, le dysfonctionnement des services sociaux de base et les multiples attaques des Mayi Mayi.

Confusion totale

Depuis les incidents de Lwela et Nsange, des Pygmées de Manono et d’autres zones se sont mobilisés et se sont armés de flèches pour combattre les Mayi-Mayi. Selon leurs propres déclarations, c’est une manière pour eux de se défendre. Des attaques et contre-attaques entre Mayi-Mayi “ Bakata Katanga “et groupes d’autodéfense des pygmées se sont succédées dans ce territoire, s’accompagnant de viols, meurtres, tortures, vols, pillages et incendies de maisons. Sur le terrain, chaque partie se justifie et rejette la responsabilité du conflit sur l’autre.

Les Pygmées arguent le besoin de défendre leur communauté face aux agressions, accusant les populations bantoues de les dénoncer auprès des Mayi Mayi comme informateurs des Forces armées de la RDC (FARDC). De leur côté, les Bantous reprochent aux Pygmées de les attaquer et de violer leurs femmes.

Ampleurs inquiétantes

En février 2014 et en vue de préparer une riposte contre les Pygmées, les Bantous se constituent en groupe d’autodéfense basé à Kasanga Nyemba, à 150 km à l’ouest de Kalemie. Le 8 mars, ils ont lancé une chasse à l’homme dans le village Polo, Groupement Kasanga Nyemba, sur l’axe Kalemie – Nyunzu, territoire de Kalemie. D’après les acteurs de protection, plusieurs incidents ont été signalés notamment des tueries ainsi que des viols de femmes et bébés. Ce même groupe a attaqué le 10 mars les villages Luboyi et Nkunda, dans le Groupement Fatuma, sur l’axe Kalemie – Moba où 40 femmes pygmées ont été enlevées, des maisons incendiées, des biens pillés et des meurtres commis en majorité sur des femmes et des enfants.

Conséquences humanitaires énormes

D’après une mission du cluster protection du 15 mars sur l’axe Kalemie-Moba, environ 17 200 personnes dans les sites spontanés de déplacés de Kambilo, Kyayo et Machini à moins de 100 km de Kalemie, se sont à nouveau déplacés vers d’autres villages suite à ce conflit. Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a, en outre, identifié plus de 2.600 nouveaux déplacés dans les sites spontanés de Mulange rail, Mulange village, Musenge et Kambilo, village situés à environs 65 km de Kalemie. Ces personnes sont venues du territoire de Manono et d’autre Groupements du territoire de Kalemie, depuis fin 20 13 .
GODE KALONJI MUK.

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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