13/05/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI

(CongoForum)
L’actualité est dominée, dans la presse congolaise, par l’audition et l’adoption par l’Assemblée nationale du rapport de la mission parlementaire d’information dépêchée à Brazzaville. Cette copieuse pièce de résistance est à peine saucée d’une cuillérée de commentaires sur les propos de John Kerry et saupoudrée d’une pincée de commentaires économiques.

Kin-Brazza

Pour l’essentiel, la presse de ce jour fait un long commentaire du rapport des députés, voir à l’adresse
http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=41&newsid=198400&Actualiteit=selected pour prendre connaissance du texte intégral de ce rapport.

Le Phare tire« La leçon des expulsions du Congo-Brazza : les relations entre Etats sont régies par les rapports de force ». Il écrit à ce sujet :
«Les relations entre Etats sont régies par les rapports de force » : cette théorie des Relations internationales a été répétée par les députés aussi bien de la Majorité que de l’Opposition lors de la plénière d’hier lundi 12 mai 2014 à l’Assemblée Nationale, consacrée au débat sur le rapport de la commission d’information de la chambre basse du parlement congolais sur l’expulsion massive des RD Congolais de Brazzaville.
Bien avant la lecture de ce rapport qui dévoile les atrocités subies par les RDCongolais dans l’opération « Mbata ya bakolo», le président de ladite commission, le député du groupe parlementaire PPRD, Shadari, a appelé le gouvernement de la RDC à ouvrir l’œil et le bon pour mieux percevoir les mobiles sécuritaires et politiques qui poussent la République du Congo à chasser les ex-Zaïrois comme des chiens galeux.
Tous les députés se sont accordés sur la rupture des relations diplomatiques entre les deux Congo, le rappel de l’ambassadeur de la RDC au Congo-Brazza à Kinshasa et la fermeture des frontières.
Ewanga a mis à nu la faiblesse du gouvernement congolais qui se montre passif face aux massacres perpétrés contre sa diaspora au Congo-Brazza. Pour ce député de l’UNC, la RDC est humiliée par son voisin, parce qu’elle n’a pas d’armée. Il a pointé du doigt les autorités brazzavilloises dans l’assassinat du rebelle Udjani « Etoko ».
Franck Diongo a suggéré la riposte sur le terrain militaire, à l’instar de LD Kabila en 1997, quand les obus de la République du Congo, lors de la guerre opposant Sassou et Lissouba, étaient tombés sur Kinshasa.
Cet élu de Kinshasa a même proposé au gouvernement congolais d’imposer le veto de la RDC comme grand pays francophone pour empêcher que le secrétariat de l’Organisation internationale de la Francophonie ne revienne au candidat de la République du Congo. Clément Kanku a enfoncé le clou en exigeant le gel des avoirs des autorités de la République du Congo se trouvant sur le sol de l’ex-Zaïre.
A la fin du débat, l’Assemblée nationale a décidé de soumettre des recommandations destinées au gouvernement à la prochaine plénière, après avoir adopté le rapport de sa commission d’information sur l’expulsion massive des RD Congolais de Brazzaville ».
L’axe Kinshasa-Brazzaville ne se porte pas bien, affirme Le Potentiel qui titre à la Une « Hypocrisie à Brazzaville, naïveté à Kinshasa ». En effet, constate ce quotidien, le parfait amour n’a jamais existé entre Brazzaville et Kinshasa.
Les autorités de la RDC ont, sans doute portées par la passion, fait preuve d’un ardent désir de bon voisinage, se gardant d’assurer un service minimum. Brazzaville a souvent subi son voisin, sans vraiment le porter à cœur. Aussi a-t-il multiplié des actes qui fâchent. Comme les expulsions en masse des ressortissants de la RDC, suivi du décès dans l’opacité la plus totale du chef rebelle des Enyele, Udjani Mangbama, pourtant présenté comme prisonnier par les autorités du Congo/Brazzaville. Entre les deux rives du fleuve Congo, les accolades et effluves ne sont finalement que la manifestation d’une hypocrisie en face d’une naïveté.
L’Avenir note que le rapport de la mission d’information parlementaire dépêchée à Brazzaville en République du Congo, pour s’imprégner de la situation d’expulsions massives des Congolais de la RDC, a été adopté lundi 12 mai 2014 à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Il n’y a pas eu de voix contre, ni d’abstention, chose rare dans les us et coutumes parlementaires du pays. Le rapport recommande notamment la fermeture provisoire de la frontière, la saisine des instances internationales compétentes par la voie diplomatique notamment la CPI et la Cour africaine des droits de l’homme, le rappel de l’ambassadeur de la RDC à Brazzaville pour consultation, le renforcement du contrôle et la surveillance le long des frontières communes, la mise en œuvre du principe de la réciprocité, etc.L’Avenir relève également un autre point soulevé dans le rapport :le climat d’hostilité et de haine contre les ressortissants congolais de la République Démocratique du Congo à Brazzaville. L’Avenir indique que ce climat s’est manifesté notamment à travers la déclaration xénophobe du Général Ndenge, Chef de la Police congolaise à la télévision, appelant aux massacres de tout Congolais de la RD Congo vivant sur leur sol.
La Référence + souligne qu’au cours du débat sur le fond du rapport, « les députés ont fait le constat général de l’humiliation du pays par le petit Congo ».
Beaucoup d’intervenants, surtout de la majorité, ont appelé à la rupture de la coopération, à la fermeture de la frontière commune avec Brazzaville. Tandis que d’autres députés en appellent au renforcement des moyens de prise en charge des expulsés et de la diplomatie pour faire respecter la convention tripartite relative à l’établissement e t au déplacement des personnes et de leurs biens signée entre la RDC, l’Angola et le Congo/Brazzaville.
L’Objectif rapporte que la ministre du Genre, Famille et Enfant, « Geneviève Inagosi plaide pour une enquête internationale ». Mme Inagosi qui a effectué une descente sur les sites abritant les Congolais expulsés de la République du Congo, a indiqué que selon les statistiques les femmes et les enfants constituent le nombre le plus élevé des refoulés.
Elle a révélé qu’une cellule a été mise en place sous la coordination du Président de la République pour assainir les sites et offrir des conditions beaucoup plus humaines à nos compatriotes.
Forum des As titre « Quatre ressortissants de la RDC déposés vivants à la Morgue de Brazza ».
Il s’intéresse au rapport des députés de la RDC sur l’expulsion de leurs compatriotes du Congo Brazzaville. Ce journal qui publie l’intégralité de ce rapport rapporte que la police de la République du Congo a conduit quatre ressortissants de la RDC agonisants à la morgue alors qu’ils étaient encore vivants.
En remettany ce rapport, note le quotidien, « le président de ladite mission, le député Emmanuel Ramazani Shadari n� ��a pas manqué de relever le manque d’intérêt, mieux encore l’indifférence de leurs collègues du Congo d’en face » au dossier de ces expulsions.
Ladite commission a également formulé des recommandations à l’endroit du Gouvernement de la RDC. Parmi ces recommandations, Forum des As cite notamment la saisie par voie diplomatique des instances internationales compétentes, notamment la Cour pénale internationale et la Cour africaine des Droits de l’homme aux fins d’obtenir la condamnation du Congo-Brazzaville et d’indemnisation des victimes de l’opération « Mbata ya bakolo » pour crime contre l’humanité et violation des droits de l’homme.
La Prospérité, qui met également ce même sujet à la Une, rapporte que la colère était lisible sur les visages des députés nationaux qui ont pris d’assaut, le lundi 12 mai 2014, la tribune de l’Assemblée nationale, après l’audition du rapport de la mission parlementaire d’information relative à la situation des expulsions massives des Congolais de la RDC du Congo-Brazzaville. Aubin Minaku a usé de toute sa sagesse et de son autorité pour empêcher le débordement. Qu’à cela ne tienne, certains élus ne se sont pas empêchés d’appeler à des réactions fermes de Kinshasa. Quant à la mission, elle a proposé treize recommandations majeures, entre autres, la mise en œuvre de principe de la réciprocité prévu par la convention liant les deux Etats sur l’établissement et la circulation des personnes et des biens, signée le 3 décembre 1999. La Prospérité insiste sur les recommandations de la commission parlementaire. Les députés recommandent également l’amélioration des conditions de transport des expulsés de Brazzaville à Kinshasa et du Beach Ngobila aux sites d’hébergement ; l’organisation du départ volontaire des expulsés dans leurs familles à Kinshasa ou dans leurs provinces respectives, en associant les Gouverneurs de provinces ; l’organisation de la réinsertion des expulsés dans la société congolaise.
« Brazza : après Kengo, rien n’a changé » constate Jacques Kimpozo dans les colonnes du Phare
« Après le ministre des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda, le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, était la seconde personnalité de haut rang de la RDCongo à être dépêché à Brazzaville par Joseph Kabila, avec un message spécial pour son homologue de l’autre rive du fleuve Congo, Denis Sassou Nguesso. Les deux déplacements avaient trait au dossier du refoulement désordonné des RDCongolais de Brazzaville et Pointe Noire et à l’examen des voies et moyens de mettre un terme aux dérapages dont sont victimes les ressortissants de la RDCongo.
Le constat à faire après la mission de Léon Kengo est que rien n’a changé. Non seulement des bateaux-charters continuent de débarquer, chaque jour, en moyenne 4.000 refoulés au beach de Kinshasa, mais aussi les traitements inhumains et dégradants entourant leur rapatriement forcé n’ont pas cessé. Tout se passe comme si les autorités du Congo/Brazzaville ne prennent en compte aucune requête de leurs homologues de Kinshasa.
Le principal enseignement à tirer des expulsions du Congo /Brazzaville et de l’Angola, est que les dirigeants du Congo/Kinshasa et leurs citoyens devraient réfléchir sérieusement aux stratégies de leur auto-prise en charge. La chasse aux originaires de la RDCongo dans les pays voisins devrait constituer une urgente interpellation pour les gouvernants comme les gouvernés au sujet de l’attitude de rejet qui s’observe chez les peuples et gestionnaires des Etats voisins.
La question de fond est celle de savoir pourquoi les populations congolaises se ruent vers le Congo/Brazzaville et l’Angola. L’une des réponses à cette interrogation est que notre pays connaît un développement à plusieurs vitesses. Pour ne prendre que les « 5 chantiers de la République » et la « Révolution de la Modernité », ces deux plans de développement, dont le mérite est de pousser le grand Congo vers l’émergence, pèchent malheureusement par leur limitation aux grandes villes.
Les populations des campagnes congolaises sont jusque-là tenues à l’écart des infrastructures modernes (routes, barrages hydroélectriques, usines de production d’eau potable, ports, aéroports, hôpitaux, écoles, marché), des progrès technologiques de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, de nouvelles technologies de l’information et de la communication, du marché de l’emploi, du système bancaire, etc. Elles n’ont que deux pistes de sorties pour quitter ce qu’elles considèrent comme l’ « enfer » : venir à Kinshasa grossir les rangs des chômeurs ou traverser la frontière.
L’affaire du renvoi massif et sauvage des Congolais vers leur mère patrie devrait être mise à profit pour repenser les programmes nationaux de développement, de manière =3� créer, dans l’arrière-pays, des conditions de vie de nature à fixer les autochtones dans leurs milieux. Si les milieux ruraux congolais sont desservis en eau potable, électricité, routes de desserte agricole, écoles, universités, instituts supérieurs, hôpitaux, usines de fabrication de savon, d’huile de palme, d’allumettes, marchés modernes, ports, chemins de fer et aéroports modernes, banques, petites et moyennes entreprises…les Congolais n’iraient plus se faire humilier à Brazzaville, Pointe Noire, Luanda ou ailleurs. Heureux chez eux, dans un pays réellement plus beau que celui d’avant 1960, ils ne chercheraient pas à courir le monde, à la recherche d’un bonheur insaisissable. C’est le lieu de capitaliser la mésaventure des refoulés pour construire un avenir meilleur et sécurisant pour tous, sur la terre de nos ancêtres ».
Elections / Constitution
Dans ses colonnes, Forum des As revient sur la visite de John Kerry à Kinshasa. Il estime que l’opposition instrumentalise le secrétaire d’Etat américain.Selon le quotidien, les opposants ont déformé les déclarations de John Kerry à Kinshasa. Détail digne d’intérêt, cet article n’est pas « produit dans la maison » mais signé par un Arsène CELLER Analyste politique qui a tout l’air d’être un pseudonyme.
« L’aliénation mentale que Patrice Emery Lumumba déplorait dans le chef de la classe politique de l’époque pré et post électorale semble avoir la peau dure. Alors que les Congolais de l’époque, et même les révolutionnaires des années Perestroïka, croyaient pouvoir imprimer à leur nation une marche fondée sur leurs cultures et pour le bien-être des Congolais, l’on constate qu’à ce jour, la pensée et les actes de l’homme politique congolais, qui se prétend « leader « , ne s’arriment qu’aux vues et pensées de l’étranger. D’autres diraient plus clairement  » du blanc « . La dernière visite, à Kinshasa, du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a de nouveau révélé cette aliénation volontaire qui a fini par trahir la cabale de certains lobbies internationaux qui cornaquent des acteurs politiques à l’intérieur du pays ».
(S’il ne faut pas écouter les étrangers, surtout s’ils sont blancs – bonjour, le racisme ! – on s’explique mal pourquoi, à plus de dix jours de distance, il faut faire une exégèse de ce qu’un de ces étrangers si tristement pâles a dit. NdlR)
« On en veut pour preuve la persistance de la déformation des déclarations de John Kery à Kinshasa. Pire encore, certains médias et certains acteurs politiques congolais en sont arrivés jusqu’à lui attribuer des propos qu’il n’a jamais tenus ni face à la presse à Kinshasa ni face à ses interlocuteurs congolais, en commençant par le Président Joseph Kabila avec qui il ne s’est entretenu que pendant une dizaine de minutes ».
(Nous ignorons d’où sort ce minutage des entretiens JK-JKK, mais une chose est claire : plus l’entretien a été court, plus les texte a dû être bref… et donc considérablement différent des longues exégèses de Lambert Mende… ou d’Arsène Celler. NdlR)
« Le cas le plus frappant de cette manipulation communicationnelle et celui de RFI qui, en deux éditions successives de son journal parlé qui avait suivi le séjour de Kerry à Kinshasa, avait attribué les mêmes propos à ce dernier, puis à Ross Feingold, Envoyé spécial du Président Obama dans la région des Grands Lacs.
La  » radio mondiale  » avait, en effet, attribué à John Kerry des déclarations selon lesquelles il aurait signifié à Joseph Kabila, sur un ton d’injonction, de ne pas toucher à la Constitution et de quitter le pouvoir en 2016. Quelques heures plus tard, après réaction des officiels congolais, RFI reviendra sur la même affaire pour attribuer, cette fois-ci, ces mêmes propos à Ross Feingold, ajoutant même que celui-ci les aurait tenus à l’endroit de quelques convives, et non des journalistes, dans les jardins de l’Ambassadeur des USA en RDC ».
(Qu’y a-t-il de surprenant à ce que Kerry et Feingold, membres de la même administration et parlant de la même affaire, aient tenu des propos semblables ? Car RFI ne s’est pas fatiguée outre mesure et a puisé à la grosse louche dans une considérable « tartine » mise en circulation par le Secrétariat d’Etat américain. Ce document comprend plusieurs déclarations et entretiens, notamment le texte de la conférence de presse de Kerry à Kinshasa et un entretien avec Feingold. Et ce dernier, en effet, met un peu moins de rubans diplomatiques autour de l’affirmation que Kabila ne doit pas se représenter en 2016. Il y a donc bien eu deux Américains disant des choses presque semblables et RFI n’a rien inventé ! Contrairement à ce qu’élucubre Arsène il n’y adonc eu ni « bidonnage médiatique » ni « manipulation , voire machination », visant à entretenir la tension politique à Kinshasa NdlR)
Arsène nous explique sa « machination » de la façon suivante « Il y a quelques mois, le noyau radical de l’opposition avait mené une campagne dite  » touche pas à mon 220  » sous prétexte de réagir contre un projet de modification de cette article afin d’aménager au Président Joseph Kabila, la possibilité de briguer un troisième mandat. En fin de compte, il n’en fut rien, mais la campagne prit une autre forme.
Cette fois-ci, les mêmes meneurs de la campagne sur l’article 220 de la Constitution vont lancer une autre bataille, toujours sur des rumeurs. Jusqu’à ce jour, en effet, l’opposition s’escrime contre des intentions qu’elle attribue elle-même à la majorité qui, selon elle, cherche à  » contourner  » la constitution pour le même objectif.
La réunion de Kabila avec les leaders de la Majorité à Kingakati et le mini-congrès du PPRD à Mbandaka ont été exploités pour tenter d’asseoir des  » intentions » et des rumeurs comme des faits. Mais, dans les deux cas, les démentis ont été apportés, même si la rumeur continue de courir. On se souvient, pourtant, que dans son discours d’ouverture des Concertations nationales, le Chef de l’Etat avait clairement affirmé qu’il entendait respecter la Constitution, faisant certainement allusion aux procès d’intention qui étaient alors faits sur ce forum que l’on disait réuni justement pour modifier la Constitution. Et à la fin de ces assises, rien n’en fut.
Au contraire, même ceux qui avaient boycotté les Concertations nationales se sont accrochés à certaines recommandations pour exiger que le Président de la République tienne parole quant à leur exécution. C’est le cas, notamment, de la recommandation sur l’amnistie.
Le séjour de John Kerry aura ainsi servi de tremplin pour me rebondissement d’une campagne politique sans autre fondement que la course au pouvoir, alors qu’il reste encore un peu plus de deux années avant les échéances électorales pendant que le processus de 2011 attend d’être parachevé.
Ironie du sort, les mêmes compétiteurs à la magistrature suprême, manifestement pressés, multiplient des initiatives qui n’auraient pour finalité que de contrarier toute possibilité de respect des délais électoraux auxquels ils tiennent bec et ongles. En effet, en menant une campagne pour l’évincement de l’Abbé Malu Malu des commandes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le noyau dur de l’opposition perd de vue que cela entraînerait la chute de l’ensemble du bureau, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles tractations pour combler le vide. Ceux qui connaissent ce genre de tractations en RDC comprennent vite qu’il va falloir investir du temps, ce qui entraînerait le dépassement des délais électoraux constitutionnels. Ainsi donc, en croyant avoir trouvé une ouverture pour relancer son combat pour la conquête du pouvoir, l’opposition travaille contre ses propres intérêts. Pendant ce temps, les milieux diplomatiques observent avec désolation ces contradictions et se posent des questions quant à l’émergence d’un leadership à même de rassurer quant à l’avenir de la RDC… »
(Si l’on tient compte de ce que les « signes inquiétants » auxquels ont réagi certains opposants congolais comportent tout de même un livre d’Evariste Boshab, les initiatives de Claude Mashala favorable à un déverrouillage de l’article 220 via un référendum populaire, diverses déclarations de personnalités de la MP… C’est tout de même nettement plus qu’une « rumeur », à la suite de laquelle la majorité au pouvoir est soupçonnée de vouloir modifier la constitution pour permettre à Joseph Kabila, actuellement chef de l’Etat à la faveur d’un coup d’état « en douceur » qui lui a permis en 2011 de faire entériner des « résultats » que tout le monde sait frauduleux, de se maintenir encore au pouvoir à l’issue de son second mandat en 2016.
Car tout remonte au fait qu’en 2011 on n’a pas appliqué le principe simple et logique que « une élection qui n’est pas impeccable est nulle ». Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d� =9état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir ! NdlR)

Economie… et comique involontaire

D’après l’Agence Ecofin « African Potash va pouvoir démarrer l’exploration du Lac Dinga ».
African Potash Ltd, compagnie d’exploration listée sur AIM, croit avoir réuni les conditions financières et techniques pour démarrer le programme de forage de la première phase du projet de potasse du Lac Dinga. Elle a sécurisé globalement 2 millions $, a-t-elle annoncé le 12 mai, soit 1,7 million $, levé par placement sous condition, pour financer le programme d’exploration, et un contrat d’apport logistique et de gestion valorisé à 0,3 million $. Le programme d’exploration devrait démarrer au troisième trimestre 2014 avec deux forages prévus pour, au plus tard, septembre 2014. Les fonds levés, conjugués à l’engagement de la compagnie Hedgestone Advisory (Pty) Ltd de Paul Quirk, un poids lourd de l’industrie minière en RDC, conforte la capacité de la compagnie à « déployer rapidement notre plan d’exploration 2014 et à commencer à déterminer le potentiel du projet Lac Dinga », a expliqué Edward Marlow, CEO d’African Potash. Le projet Lac Dinga est situé dans une région à fort potentiel de gisement de potasse de classe mondiale et est contigu au projet Sintoukola qui recèlerait 573Mt à 20,92% K2O de ressources mesurées et indiquées de sylvinite.

Tout le problème est que la nouvelle donnée par Ecofin comme concernant la RDC, et même reprise imperturbablement comme telle par Mediacongo concerne en réalité un lac de la région du Kouilou au Congo Brazzaville et non du Kwilu au Congo-Kin. Etait-ce vraiment le moment de faire ce genre de gaffe !

© CongoForum, le mardi 13 mai 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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