par Miatudila.
« Tika nyoka, boma Zairois ». D’entree en jeu, reconnaissons que les Congolais de la Rive Droite n’ont pas invente cette abominable motto. Ils l’ont tout simplement adopte et adapte de leurs freres de l’autre rive.
Aujourd’hui, le tsunami de xenophobie dont Brazzaville nous a offert permis la laideur au cours des dernieres semaines, figure parmi la longue liste des symptomes ou mamifestation de la misanthropie, entendue ici comme haine de l’homme qui est different de soi. Parmi les autres manifestation de cette maladie honteuse de notre espece figurant l’intolerance religieuse, la mysogynie, le racisme, la haine des albinos, le nazisme ou nationalisme malsain, le regionalisme, le tribalisme et toutes les autres formes de coterie.
La misanthropie est une affection que les humains, que nous sommes, portent, tous, a des degres divers. Dieu merci, la plupart de temps, la plupart d’entre nous eprouvent simplement un malaise quand nous nous retrouvons devant une personne dont nous ne partageons pas un ou plusieurs caracteristiques physiques, sociales, comportementales ou autres. Helas, certains extremistes, comme les Nazis et les adeptes de Boko Haram, sont tellements allergiques a ces differences qu’ils en arrvivent a concevoir et a mettre en oeuvre des programmes efficaces de genocide.
La misanthropie est une maladie. Car elle nie deux evidences, a savoir que: (I) il n’y a pas deux humains que ne separe aucun point de difference. Chaque etre est unique; (ii) nous sommes Un et ce, malgre nos diversites et nos differences; les uns ne peuvent pas bien vivre ou, du moins, survivre longtemps sans les autres. L’Histoire et depuis quelques annees les sciences de l’Environnement, nous enseignent cette lecon sur notre incontournable solidarite et communaute. Le President Sassou peut, peut-etre, expulser sa Zairoise d’epouse, mais Brazza ne peut certainement pas vivre coupe de Kinshasa.
Hier (il y a une quinzaine d’annees), des troubles, qui avaient eclate, a Brazzaville, entre les Congolais du Nord et ceux du Sud, pousserent des milliers de Brazzavillois a se refugier a Kinshasa. Mon aine, Mbuta Milongo – Paix a son ame – m’a dit qu’il avait eu la vie sauve en passant par Luozi et par Mbanza Ngungu. Les refugies du Congo-Brazzaville, qui vinrent, alors, a Kinshasa, furent accueillis et nourris par les Kinois. La plupart ne durent pas passer des jours dans les camps de refugies etablis par le HCR ou par le Gouvernement de la RCC: ils furent heberges dans des familles kinoises. Et pourtant les Kinois connaissaient tres bien le motto que leurs freres de l’autre rive avaient adopte contre eux: « Tika nyoka, boma Zairois ». Ils savaient aussi que peu avant la chute du Regime de Mobutu, Brazzaville avait dispose des services de securite le long de la frontiere entre les deux Congo et leur avait donne l’ordre de descendre tous les Zairois qui allaient tenter de franchir la frontiere pour passer au Congo Brazzaville, quelque chose que les Europeens ne font pas encore contre les Africains. Ils savaient aussi que Brazzaville avait pris le pretexte de la guerre entre le Nord et son Sud pour lancer, a partir de l’Ambassade de France des « obus perdus » vers Kinshasa et ce, jusqu’a ce que Mze LDK replique avec d’energiques coups de semonce. In illo tempore, l’esprit de solidarite des Zairois et leur hospitalite ont « touche’ les compatriotes du President Sassou Nguesso. Helas, les milliards de metres cubes d’eaux qui sont passes par le Pool Malebo ont eu le temps d’effacer les traces, les souvenirs du geste pose par les Kinois il y a plus de dix ans.
Demain, si des troubles eclatent de nouveau, a Brazzaville, entre les Congolais de Ci et ceux de La, des milliers de Brazzavillois seront obligatoirement pousses a se refugier a Kinshasa. Ces refugies seronts de nouveau, accueillis et nourris par les Kinois et la plupart d’entre eux seront heberges dans des familles kinoises. Car les liens inestructibles qui existent entre de nombreux Kinois et de nombreux Brazzavillois feront comme si le tsunami de xenophobie de 2014 n’avait jamais existe. L’esprit de solidarite des compatriotes de Kasa-Vubu et leur hospitalite « toucheront’ encore les compatriotes de Marien Ngouabi. Et le cycle recommencera.
Mais quelque longue que soit la nuit, le jour finit toujours par se lever.
Miatudila.
PS: Hier, les Zaico furent les plus grandes victimes de la tsunami de misanthropie qui eclata en 1964, sous le Gouvernement de Tschombe. Aujourd’hui, les Zaico, dont je suis, sont les plus grandes victimes de la tsunami de 2014.








15 mai 2014
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