09/06/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI

(CongoForum)
L’actualité est largement dominée par la réponse du gouvernement de la RDC aux déclarations des envoyés spéciaux dans la région des Grands Lacs et quelques autres faits regardant le processus électoral. Cette réponse est bien entendu une fin de non recevoir. Il aurait fallu réagir beaucoup plus tôtdès qu’il s’est avéré que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne aviséeréfléchied’esprit libre et critique devrait considérer comme nulsdonc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simpledes enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularitésqu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partiscar un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraudela corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKKet à d’autres élucubrations pour défendre celletout aussi hypothétiquede Tshisekedi.
Processus électoral

Kinshasa n’est pas resté indifférent à la position affichée la semaine dernière par le groupe d’envoyés spéciaux internationaux dans la région des Grands Lacs lors de leur passage en RDCrapporte Le Potentiel. Et comme toujoursc’est Lambert Mende Omalangaministre des Médias et porte-parole du gouvernementqui s’est chargé de les remettre dans les rangs.
C’est le plus tonitruant d’entre euxl’Américain Russ Feingoldqui a été personnellement visé. Lambert Mende a indiqué dans une déclaration lue le samedi 7 juin 2014 devant la presseque « La République démocratique du Congo est un Etat souverain et pas un pays sous tutelle ». Et Mende de poursuivre : « Il n’est pas admissiblequ’un émissaire étranger se permette de joindre à notre CENI de revoir la nomenclature du cycle électoral en considérant que les élections locales sont moins importantes que les autres ».

Forum des As titre à la Une : « Kinshasa répond à Russ Feingold ! ».
Au cours de son point de presse organisé samedi à Kinshasale porte-parole du gouvernement de la RDCLambert Mendea été formel dans ses propos écrit le quotidien : « La RDC est un Etat souverain et pas un pays sous tutelle. Il n’est pas admissible qu’un émissaire étranger se permette d’enjoindre à notre Céni de revoir la nomenclature du cycle électoral. Les institutions de la RDC ne sont pas sous tutelle des ambassadeurs et Envoyés spéciaux accrédités dans le pays ». « Les conseils se donnent en amontmais lorsqu’une institution s’assume en tant que telleélabore un texte de loiun calendrieret c’est le cas de la CENIles diplomates n’ont plus le droit de venir contester cela ou encore condamner. C’est un acte d’irrespect envers la souveraineté du peuple congolais ». Lambert Mende a ajouté : « La RDC prône des relations de respect mutuel et de vérité avec ses partenaires. Si ce type de relations s’avère impossible avec certains partenairesnous en tirerons les conséquences qui s’imposent ».

La République parle d’un « Bras de fer entre Kinshasa et Washington ». Ce journal note que visiblementle gouvernement congolais affiche sa ferme désapprobation de la tentative de certains diplomates entreprenant de jouer les premiers rôles dans la politique intérieure d’un Etat souverain. « On en vient à croire que toutes ces saillies expriment l’agacement de ce qui ne se satisfont plus de n’être que des émissaires de leurs pays ou organisations internationales en RDC et qui voudraient s’offrir un rôle de proconsuls en RDC »déplore Lambert Mende.

La Prospérité consacre sa manchette aux élections urbainesmunicipales et locales et titre « Malumalu : le calendrier sera bel et bien respecté ! ». Depuis le 7 juin 2014la CENIavec l’abbé Malumalu en têtevient de totaliser une année d’existence. Cet anniversaire a été marqué par le dépôtà l’Assemblée nationaledu rapport annuel. C’est l’abbé Malumalu qui a conduit le samedi dernier la délégation de l’Assemblée plénière de la CENI auprès du bureau de la chambre basse du Parlement pour le dépôt de ce rapport de plus de 116 pages. Malumalucité par ce même journala en outre indiqué que la Ceni attend des deux chambres du Parlementla précision concernant l’option à prendre quant à la mise en œuvre des élections provincialesdes gouverneurs et des sénateurs. Il a aussi rappelé que le calendrier de l’élection partielle de Befaledans la province de l’Equateurétant déjà publiétout sera mis en œuvre afin que cette élection se réalise dans le délai prescrit. Concernant les législatives nationales et la présidentielle 2016la Ceni se prononceradès que possiblesouligne La Prospérité.
Pour L’AvenirLambert Mendecommentant les propos de Russ Feingold au sujet du calendrier électorala précisé qu’il n’est pas admissible que les partenaires s’égarent à confondre les appuis ponctuels attendus d’eux avec le droit d’usurper la souveraineté du peuple congolais. Il a suggéré aux amis sincères de la RDC de bien vouloir faire bénéficier aux institutions comme la CENI de leurs avis et conseils en amont et de s’abstenir de toute intervention en aval après que celle-ci ait arrêté une décision conformément au pouvoir que lui reconnaissent la Constitution et la loi.
Le Phare constate qu’avec le « Dépôt du rapport annuel de la CENI à l’Assemblée nationale :Malumalu maintient ses options »Aussitôt après les formalités protocolairesl’abbé Malumalu a déclaré que le dépôt de ce rapport est une obligation légale. «Si on peut vous rappeler les datesla cérémonie d’entérinement a eu lieu le 7 juin 2013et le 7 juin 2014nous venons déposer notre rapport annuel »a-t-ilsoulignéavant de préciser que ce rapport comprend trois parties : les activités réalisées et en cours de réalisationle rapport financierles perspectives et les recommandations. Malumalu a ajouté que ce rapport a été précédé par une introduction qui rappelle les leçons que l’on peut tirer des missions d’observation de 2006l’évaluation interne de la CENI en avril 2012les recommandations de l’Assemblée nationale et une brève présentation. Pour le président de la CENIles perspectives sont clairement tracées. Le processus électoral est lancé avec un calendrier des élections urbainesmunicipaleset locales déjà publié et les dates connues.
A une question de la presse sur la dernière déclaration des envoyés spéciaux dans les Grands Lacs qui exigent la publication d’un calendrier globalle prêtre catholique a rétorqué que la publication du calendrier électoral relève des prérogatives de la CENI et qu’il en est ainsi partout dans le monde.
Tout en demandant qu’on respecte la tâche de chacunl’abbé Malumalu a rappelé que la CENI a procédé à des consultations et des rencontres qui ont permis de communiquer les décisions de l’Assemblée plénière à l’opinion. «Si une institution est chargée du calendrierle calendrier est la somme de toutes les contraintes au processus et il n’est pas question de dire qu’on est pour ou contremais plutôt de savoir la faisabilité des électionsétant donné que la Constitution reconnait que seule la CENI assure la régularité des élections»a-t-il affirmé. Il a fait savoir que le premier calendrier sera suivi d’autres calendriers qui concerneront les élections provinciales et sénatorialesles élections présidentiel et législatives nationales.
Le président de la CENi a tenu à faire un distinguo entre la feuille de route qui donne toutes les étapes du processus électoral et le calendrier qui vient définir avec d’amples précisions chaque opérationy compris les dates des scrutins. Et pour ce fairele président de la CENI a indiqué que les préalables sont notamment le budget y afférent et les lois essentielles. La CENIpoursuit-ilavait clairement proposé un certain nombre d’options que seul le législateur peut lever. «Dès que le législateur aura levé une optionla CENI va publier le calendrier global »a-t-il lâché.
Encore d’après Le Phare« La Société civile avertit : le consensus électoral (est) incontournable »
« Face à la crise qui s’installe entre partenaires politiques nationaux au sujet du calendrier des élections élaboré par la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI)l’ « Action citoyenne pour les élections démocratiques » (ACED)plate-forme des Organisations de la Société civile en RDCrecommande à la classe politique congolaised’«ouvrir urgemment des consultations internes en vue de construire et de dégager un consensus électoral entre les parties prenantessusceptibles de garantir l’intégrité du processus électoral ». Vendredi 06 juin 2014au siège de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC)l’ACED se dit « extrêmement préoccupée » par la tournure prise par l’opinion publique suite à la publicationpar la CENIdu calendrier électoral des élections urbainesmunicipales et locales le 26 mai 2014. D’oùsa demande à la CENIde réajuster son calendrier et ne présenter que la version complète et globale de tout le cycle électoral et d’autre partde faire preuve de garantir la neutralitél’impartialité et le professionnalisme. La Plate-forme demande aussi au gouvernement de rendre public le chronogramme de mise en place des juridictions devant s’occuper de contentieux électoral au niveau de la base et de finaliser la cartographie des entités territoriales devant constituer les circonscriptions électorales pour les élections urbainesmunicipales et locales. A en croire Jonas TshiombelaCoordonnateur de la NSCC et facilitateur de l’ACEDla décision unilatérale de la CENI porte les germes des conflits aux conséquences multiplesimprévisibleset n’est pas de nature à amener le peuple congolais aux élections apaiséeslibresdémocratiqueset transparentes. Pour l’ACEDle calendrier publié par la CENI ne prend aucunement en compte les observations formulées par les parties prenantes au processus électoralnotamment celles qui recommandent d’organiser en priorité les élections provincialessénatoriales et celles des gouverneurs des provinces. Cet agendaconvient-il de signalern’a pas aussi pris en compte les mandats des sénateurs et Gouverneurs qui sont pourtant largement dépassés ainsi que la problématique de la participation de « nouveaux électeurs » devenus majeurs entre 2011 et 2014à ces élections dont la vocation est de rapprocher la démocratie à la base majoritairement constituée des populations jeunes. Cette attitudeconclut la Société civile« porte un coup dur aux efforts visant à promouvoir et consolider la cohésion nationale prônée par le chef de l’Etat tels qu’ils ressortent des conclusions et recommandations des Concertations nationales ». Relevant par ailleurs l’escamotage des impératifs liés à la maîtrise du découpage territorial devant résulter de la mise en place des villes et du besoin démographique susceptible d’influer sur la répartition des sièges ainsi que la détermination des circonscriptions électoralesl’ACED fait ressortir dans son analyse des données que les 166 millions USD dont disposerait la CENI actuellementsont « largement en deçà des prévisions de l’ordre de 250 millions USD uniquementau titre des opérations sollicitées par la CENI dans sa feuille de route pour l’année 2014 et sans prendre en compte les 27 millions USD des investissements ». Bien plus« rien n’indique dans le calendrier publié les modalités de la mise en place des juridictions devant s’occuper du contentieux électoralquand on sait qu’à ce jour le secteur de la justice accuse un déficit majeuren termes d’infrastructures et du personnel ».
Toutefoisl’ACED demande à toutes les parties prenantes « à la retenue et à privilégier l’intérêt supérieur des populations pour lesquelles elles prétendent parler en permettant aux différentes couches de la population congolaise de s’exprimerlibrement et de se choisir leurs représentants conformément aux standards internationalement reconnus et repris par les instruments internationaux relatifs aux Droits de l’homme ». Toutefoisà la Communauté internationalela plate-forme des organisations de la Société civile recommande de « conditionner l’appui au processus électoral à la publication d’un calendrier électoral global et à la maîtrise des limites des entités territoriales décentralisées ».
L’éditorialiste du Phare titre « Kinshasa – Communauté internationale : le bras de fer ». « C’est le bras de fer entre Kinshasa et la Communauté internationale. Il y a euau départle round des consultations amorcé par Martin Köblerle patron de laMonuscoen direction de la Cenide la classe politique et de la société civileautour du processus électoraldans l’optique de résoudre les divergences d’approche entre partenaires politiques et sociaux. L’initiative a été très critiquée par le Chef de l’Etatqui a déploré l’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays. Comme réponse du berger à la bergèrele panel d’Envoyés spéciaux des Nations Uniesde l’Union Européennede l’Union Africainedes USA et de la Grande-Bretagnes’est déployé pendant une semaine à Kinshasapour faire des observations au Gouvernementà la Cenià la Majorité présidentielleà l’Opposition et à la Société civileau sujet du respect de l’échéance de 2016 pour l’ensemble du nouveau cycle électoralde la non prolongation du mandat du président de la Républiquede la transparence de prochains scrutinsetc.
Mary RobinsonMartin KöblerBoubacar DiarraKoen VervaekeRussFeingold ont soutenu ne s’être pas mêlés des affaires internes congolais mais plutôt d’avoir offert leurs bons offices à un Etat en butte à un processus électoral de tous les dangersdans le cadre de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité de l’Onu et des recommandations de l’Accord-Cadre d’Addis Abeba. Ainsiune démarche qui paraissait normale à WashingtonParisBruxelles et Londres ne l’était pas du tout à Kinshasa. C’est dans ce climat de tension continue que l’on a enregistréle dernier week-endune énième sortie médiatique de Lambert Mendeporte-parole du Gouvernement et ministre chargé des Médiasdes Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté. Comme on s’y attendaitil est revenu à la charge pour réaffirmer l’indépendance de la RDC dans la gestion des questions strictement internestel le processus électoral de 2014 à 2016. Il convient de noter que dans leur majoriténos compatriotes ont pris acte du discours de fermeté développé par cette autorité congolaise. Dans le contexte actuel où les Congolais sont chassés de partout et traités comme des apatridesoù la dignité nationale est mise à rude à épreuve et où la souveraineté nationale est contestée à travers des propos et actes de certaines personnalités étrangères qui donnent l’impression de gérer un « protectorat »l’on se demande si le pays a les moyens de soutenir un bras de fer avec des adversaires visiblement en position de force. Dans un Etat où la souveraineté est souvent sujette à cautionen raison de la mainmise du monde extérieur sur ses leviers politiquesdiplomatiquessécuritaireséconomiquesfinancierssociaux et culturelsles citoyens ont appris à se résigner devant les « dictées » en provenance des capitales occidentales. Tout en saluant le langage de fermeté tenu par Lambert Mende à l’égard des maîtres de notre planètenos compatriotes voudraient voir le gouvernement donner un contenu consistant à la souveraineté nationale.
D’aucuns pensent que l’un des moyens de nous affirmer comme peuple souverain et indépendant devrait consister à nous assumersans assistance extérieurepour la défense de notre intégrité territorialeface aux forces négatives internes et externes qui ont pris en otagedepuis deux décenniescertaines contrées du territoire national. Il est paradoxal de clamer notre indépendance et de nous appuyer encorepour une durée indéterminéesur les casques bleus de la Monusco et les éléments de la Brigade International pour assurer la sécurité des personnes et des biens au Nord-Kivu.
C’est difficile pour nous de « vivre » réellement indépendants si en plus de nos faiblesses militairesnous devons attendre de l’extérieur les solutions à nos déficits financiers et économiquesen infrastructures de baseen produits alimentairesen structures scolaires et sanitairesen équipements et intrants agricolesen télécommunicationsen transportsen eau potable et électricitéen emploisen investissements diversetc. Il nous faut en fait reconstruire réellement le Congode manière à en faire un pole de développement en Afrique et un partenaire digne d’être respecté de l’autre côté de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique. La RDCongo devrait effectivement s’engager dans la voie de la stabilité politiqueéconomiquefinancière et sociale pour espérer attendre de l’extérieur le respect de son peuplede ses institutions et de ses animateurs. C’est le lieu de tirer les leçons de ce qui arriveafin qu’à l’avenirl’on réunisse les conditions minimales de l’affirmation de notre auto-déterminationafin d’empêcher les autres de « s’inviter » dans nos problèmes internes. S’agissant du bras de fer actuel avec la communauté internationaleon se demande jusqu’où va-t-il être poussésans craindre le retour de la manivelle. »
(Il est opportun de rappelerà propos de tout cecique depuis 2011 on a les meilleurs raisons de faire preuve de la plus grande méfiance à propos des élections. Celles de 2011 avaient été organiséestout comme celles de 2006en faisant voter un « corps électoral inconnu »faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ontpar-dessus le marchéété entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats quien réalitésont encore inconnus . Toute autorité prétendue ne relève plus que de la forcede l’intimidationd’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progressercomme si de rien n’étaitdans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumaluprincipal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la populationa été remis à la Présidence de la CENIce qui promet encore de beaux jours à l’avenir ! NdlR)
Reddition des FDLR
(Si l’on évite de faire à leur sujet de grandes phrases et des considérations superfluesle problème des FDLR est simple : ils se rendentd’accordmais où peut-on les fourrer ? Les Congolais aimeraient évidemment beaucoup qu’ils rentrent dans leur pays d’originemais sont aussi forcés d’admettre que les livrer à Kagamequi vient de se dire prêt à « tuer en plein jour » ses opposants est une solutioon qu’on ne saurait leur imposer. Alors ? NdlR)
L’Avenirqui s’intéresse au désarmement volontaire des FDLRnote « Désarmement volontaire des Fdrl. Kinshasa met la pression sur Kigali ». De retour de Goma et de Kanyabayonga où il a prêté main forte aux préposés en charge de la mise en œuvre de l’opération de désarmement volontaire de la force négative FDLRLambert Mende a appelé la communauté internationale à jouer de toute son influence pour faciliter le retour volontaire des FDLRqui ne demandent maintenant que de retourner dans leur paysle Rwanda.

La réponse de la communauté internationale est à lire dans Le Potentiel« Neutralisation des FDLR : Russ Feingold promet l’activation du plan B ».
Dans les pages intérieures de ce journalon peut lire : « Les Etats-Unis sont déterminés à venir à bout des rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Dans une conférence de pressetenue jeudi dernier à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis en RDCRuss Feingoldenvoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs et la RDCa lancé une dernière mise en garde à ceux des FDLRencore réticents à se rendre ».
Pour Le Phare « Les FDLR divisent le Congo profond ».
Si la matérialisationpar les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) de leur engagement de déposer les armes et d’être relocalisés en dehors du Nord-Kivu et du Sud-Kivuen territoire congolaisest chaleureusement accueillie par le gouvernement congolais et laMonuscotel n’est pas le cas pour les citoyens du Congo profond. C’est le tollé aussi bien à l’Estau Nordau Sudà l’Ouest qu’au Centre du paysoù l’on déclare indésirable cette force négative étrangèremême désarmée.
Mêmes les autochtones du Nord-Kivu et du Sud-Kivuqui auraient dû en principe se sentir soulagésaprès avoir vécu vingt années d’insécurité sous la botte de ces rebellesprotestent. Un peu partout dans l’arrière-paysl’on s’étonne de constater que ces « guerriers » de carrièreau lieu d’être renvoyés dans leur pays d’origine ou un autre en Afriqueen AsieEuropeen Amérique ou en Océanie sont maintenus sur le territoire congolais.
Des observateurs pensent que l’on a fait la part belle au Rwandaqui a toujours exigé la délocalisation des FDLR loin de sa frontière et qui voit ainsi s’éloigner la menace d’invasion de son territoire et de déstabilisation de ses institutions. Le danger reste par contre permanent pour la RDCongodont neuf sur onze provinces partagent une frontière commune avec un ou plusieurs Etats voisins. En effeten dehors du Kasaï Oriental et du Maniematoutes les autres sont frontalières avec les pays limitrophes. C’est notamment le cas du Bas-Congo avec l’Angola et la République du Congode Kinshasa avec le Congo/Brazzavilledu Bandundu avec l’Angolade l’Equateur avec le Congo/Brazzaville et la République Centrafricainede la Province Orientale avec le Sud-Soudan et l’Ougandadu Kasaï Occidental avec l’Angoladu Katanga avec la Tanzanie et la Zambie. Citée comme l’une des provinces d’accueil des FDLRl’Equateur présente la particularité de « côtoyer » le Centrafriqueun « non-Etat » où la « Seleka » ou les « Anti-Balaka » et d’autres groupes armés peuvent servir de sources d’approvisionnement des FDLR en armes et munitions. Le choix de cette province paraitaux yeux de beaucoupcomme une grosse erreur de la part des autorités congolaises.
Au stade actuelaucune province congolaise ne peut se sentir en sécurité avec sur ses terres ces rebelles rwandaisparmi lesquels se recrutentaux dires de Kigalides génocidaires. Empêtrée dans ses problèmes avec les miliciens MbororoHemaLendu et autresla Province Orientale est encore trop fragile pour héberger les FDLR. En plusils seraient vite tentés de retourner au Nord-Kivu. Avec ses Mai-Mai et autres Bakata-Katangale Katanga prendrait un gros risque comme terre d’accueil de ces coupeurs de têtes dont la culture de la machette les a précédés dans cette partie du pays. Au cœur du Maniemales FDLR redeviendraient rapidement incontrôlables et pourraient retrouversans trop forcerleurs forteresses du Sud-Kivu.
Le dossier des FDLR a été traitéà l’image de ceux du pétroledes contrats miniersde l’eau du bassin du fleuve Congo actuellement convoitée par les Etats riverains du Lac Tchadà l’insu du Parlement (Sénat et Assemblée Nationale). En conséquenceles sénateurs et les députéscomme le commun des Congolaisse trouvent devant le fait accompli. Les autochtones du Congo profond ont été également ignorésalors que leur avis aurait dû compter dans le processus de relocalisation de ces rebelles rwandais à l’intérieur du pays.
Il leur est imposésans avoir été consultésune cohabitation avec une communauté à problèmesqui n’a jamais vécu en harmonie avec leurs compatriotes du Nord et du Sud-Kivu. Compte tenu de sa sensibilitéla question aurait pu être discutée dans les deux chambres du Parlement et même soumise à l’appréciation des villageois congolais appelés à partager leur existence avec euxpour une durée indéterminée. Un débat national et des échanges sectoriels auraient sans doute permis soit de dégager un consensussoit de former une opinion entièrement hostile à ces « étrangers »dont devraient tenir compte les décideurs politiques. L’effet de surprise produit actuellement dans les villes et villages des provinces congolaises va avoir pour résultatl’accroissement du sentiment de rejet à l’égard des membres d’une force négative étrangère qui n’a jamais bonne presse chez nous. L’hostilité des Congolais à l’égard des FDLR tient notamment au fait qu’ils sont considérés comme le « fond de commerce » ayant permis au Rwanda d’instrumentaliserdepuis 20 ansdes mouvements rebelles contre notre paysde piller nos ressources naturellesde détruire nos infrastructures de base à l’Estbref de retarder notre développement de plusieurs décennies. Le sentiment général est que la stratégie de relocalisation des FDLR en territoire congolais risque de créer plus de problèmes de divers ordres aux Congolais que d’en résoudre ».
Pétrole des Virunga
Le Potentiel titre : « Pétrole du parc des Virunga : Kinshasa hésite ».
Kinshasa ne donne pas l’air de s’opposer à une exploitation du pétrole dans la concession du parc national des Virungas’inquiète le tabloïd qui estime plutôt que la RDC devrait faire face à une forte pression internationale qui le pousse à renier le contrat signé avec la Britannique Soco. « Pour l’instantle gouvernement vient de commander une étude environnementale stratégique auprès d’un cabinet international. MaisCrispin Atama Tabeministre des Hydrocarburesprévient : au cas oùle potentiel pétrolier s’avérait importantKinshasa est prêt à se lancer dans la production »note ce journal. « Les activités pétrolières seraient une grande menace pour le parc. Il est pourtant un formidable atout de développement durable pour les populations locales. Pour le démontrernous avons récemment fait évaluer la valeur économique de ses écosystèmes. Elle a été estimée à 489 millions de dollars (plus de 38 millions d’euros) par an. Ce chiffre pourrait grimper à 11 milliard de dollars (plus de 855 millions d’euros) par ansi la région devient stable et que le Parc est bien géré »souligne par ailleurs Le Potentiel.
Signe que la communauté internationale continue à accroître la pression que le pétrole ne soit pas exploité dans le parc des VirungaL’Observateur titre : « La vice-présidente du Parlement allemandMme Claudia Roth à Kinshasa pour la protection du parc national des Virunga ».
La députée allemande a exprimé son soutien aux intérêts légitimes du peuple congolais à utiliser ses ressources naturelles et ses matières premières pour le développement du pays. Elle a fait savoir qu’il y a quelques semaines elle et ses collègues des groupes parlementaires CDU /CSU et FDP ont introduit au Bundestagle Parlement allemand une motion visant à empêcher la destruction de l’écosystème du parc national des Virungarapporte ce journal.

.

© CongoForumle lundi 9 juin 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22