09/07/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

10 juillet 2014

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)

La presse de ce jour se consacre essentiellement à commenter trois événements récents, dont deux se sont passés au Congo, à savoir le nomination des membres de la Cour Constitutionnelle et la rencontre entre la CENI et les députés provinciaux de Kinshasa, tandis que le troisième a pour théâtre l’ensemble d’ l’Afrique il s’agit en effet de la façon dont, à Malabo, les dirigeants africains ont franchi une étape supplémentaire pour obtenir l’immunité contre toute poursuite pénale.

Cour constitutionnelle

La Prospérité titre «Cour constitutionnelle: Vunduawe, Luzolo, Banyaku…confirmés !» Toutes les neuf personnalités appelées à animer cette nouvelle juridiction sont désormais connues. Il s’agit de : Banyaku Luape, Jean-Louis Esambo, Mpunga Sungu, Kalonda Kele, Kilomba Landa, Luzolo Bambi Lessa, Luamba Bindu, Vunduawe Te Pemako Félix et Corneille Wasenda. Leur nomination est intervenue, ce lundi 7 juillet, au terme d’une ordonnance signée par le JKK. Les neuf nominés ont été désignés à raison de trois par le Président de la République, trois par le Parlement et, enfin, trois par le Conseil supérieur de la magistrature, rappelle le journal.

A la lecture de cette ordonnance présidentielle, fait remarquer pour sa part Forum des As, cette Cour se veut plutôt « misogyne ». Aucune femme parmi les neuf hauts magistrats nommés. Moralité, la notion de parité hommes-femmes, consacrée par la constitution congolaise, n’a donc pas été prise en compte. «Ni l’institution Président de la République, ni les deux chambres du Parlement, ni le Conseil supérieur de la magistrature n’a cru devoir désigner de femmes dans leurs quotas respectifs. Pourtant, dans son dernier discours, du reste très applaudi, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, le Chef de l’Etat s’était engagé à respecter et à faire respecter la parité », déplore ce quotidien.

Cette question de parité a déjà suscité nombre de messages sur « l’Internet congolais », dans le genre « Il n’y a donc pas de femmes intelligentes au Congo ?». Jusqu’ici, aucune femme n’a encore répondu ce qu’elles pensent probablement : « Si, il y en a… à la naissance. Mais à force de vivre avec les homes du Congo, fatalement, leur niveau baisse ! ».
Du côté de la Majorité, on rappelle « le dernier discours de Joseph Kabila, à l’occasion de la clôture des assises des Concertations nationales, occasion par laquelle le Raïs congolais a demandé que soit réservé 30% de postes à la femme dans chaque institution. Même si dans cette cour il n’y a pas des femmes, ces dernières, sont nombreuses dans l’armée, la police et dans d’autres services de l’intelligence au niveau tant interne qu’externe ».

Ua, gouvernance et impunité

Le Phare titre « UA : la gouvernance, passage obligé pour une sortie honorable » et ne cache pas son indignation. Il écrit :
« C’est fait ! Les dirigeants africains ont franchi une étape supplémentaire pour obtenir l’immunité contre toute poursuite pénale. Lors d’une séance à huis clos, les chefs d’Etat africains ont voté à l’unanimité une mesure leur octroyant l’exemption des poursuites judiciaires durant leur mandat. Cependant, cette décision prise le 27 juin lors du 23e sommet de l’Union africaine à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, reste à ratifier. Conséquence : ils deviennent intouchables face à la future Cour africaine de justice et des droits de l’homme (CADH) mise en place pour juger les pires crimes contre leurs propres peuples. Elle ne sera donc pas autorisée à assigner les dirigeants africains et leurs gouvernements.
Cela honore-t-il la mémoire de nombreuses victimes de quelques barbaries des dirigeants inconscients ? Est-ce le signe d’un retour en arrière afin d’étouffer tant de crimes ?
Politiquement et moralement, les observateurs et analystes estiment que c’est une manière de s’opposer à la lutte contre l’impunité et de faire croire à l’opinion publique que les plus hautes autorités politiques – ou du moins, certaines d’entre elles – seraient au-dessus des lois ! Cependant, juridiquement, cette tentative est vaine car immunité ne veut pas dire impunité, en particulier, devant la Cour Pénale Internationale où des chefs d’Etats en fonction sont déjà sous le coup des poursuites ( El Bechir du Soudan et Uhuru Kenyatta du Kenya).
Pour les activistes des droits de l’Homme, il s’agit incontestablement d’une régression dans la lutte contre les crimes et autres violations des lois en Afrique. Que ce soit en RD Congo ou dans d’autres pays du monde, des voix critiques s’élèvent et craignent que les dirigeants restent en poste à l’issue de leur mandat, à travers des fraudes électorales et par là éviter toute plainte. « Tant qu’on est au pouvoir, on a rien à craindre », tel est l’axiome, alors qu’on espérait que la nouvelle Cour africaine de justice débuterait sa mission sans ingérence politique.
Face à la déception que cette décision provoque, car démontrant clairement les présidents africains ont opté plutôt pour eux-mêmes que penser aux générations futures, il s’avère que la meilleure protection à laquelle ils devraient penser est simplement l’amélioration de leur gouvernance. Celle-ci désignant l’ensemble des processus, politiques, lois et institutions affectant la manière dont un pays, une institution, une société, etc., sont dirigés, administrés ou contrôlés. Elle est considérée comme bonne ou équitable lorsque le fonctionnement des mécanismes respecte les droits et les intérêts des parties prenantes, dans un esprit démocratique. Elle encourage la responsabilité financière et renforce la confiance en la qualité de l’administration par le gouvernement et/ou par la direction.
Dès lors qu’il est de plus en plus largement admis qu’il existe un lien entre la bonne gouvernance et le succès des programmes de développement et de réduction de la pauvreté, et que ce lien a accentué, avec le temps, l’exigence de suivi de la qualité de la gouvernance entre les pays et à l’intérieur des pays, nos dirigeants ne devraient pas redouter l’interventionnisme de la CPI et des pays occidentaux s’ils conduisent convenablement leurs gouvernances.
Poursuivre cette option née à Malabo équivaudrait à une « Sainte-Alliance » mafieuse pour éviter de répondre pénalement des pires crimes commis sous leur autorité. Déjà, actuellement très peu d’entre eux sont écoutés par les peuples africains comme ce fut le cas avec des grands leaders tels que Gamal Abdel Nasser, Ahmed Ben Bella, Kwameh Nkrumah, Haïlé Selassié l’Empereur, Ahmed Sekou Touré, Mohamed V, Modibo Keita, Léopold Sedar Senghor, etc… ».

Processus électoral

Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir ! C’est ce contexte délétère qui explique l’attitude d’extrême méfiance qui règne souvent à l’égard de la CENI.

Cela vient d’être illustré par la rencontre Ceni – députés provinciaux de Kinshasa, censée être un « dialogue » et qui a plutôt mal tourné.
Une quarantaine d’élus de la ville province de Kinshasa ont passé toute la journée d’hier mardi 8 juillet 2014 à la Maison des élections, dans la commune de Gombe. Rencontre organisée par Commission Electorale Nationale Indépendante dans le cadre de concertation entre la Ceni et institutions politico-administratives, cette dernière avait pour objectif de vulgariser le calendrier des élections municipales, locales et urbaines publié au mois de mai. Ouverte par le rapporteur de la Ceni, Kalamba Mulamba et Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, cette matinée a permis aux élus de Kinshasa d’être au parfum des différents enjeux électoraux auxquels la République Démocratique du Congo doit faire face.

A ce sujet, Le Phare titre « Ceni – députés provinciaux : dialogue des sourds »
« Dans son allocution d’ouverture, le rapporteur adjoint a indiqué que cette matinée d’échanges avait pour objectif spécifique d’éclairer les députés provinciaux sur les options proposées par la Ceni pour le calendrier électoral.
Prenant la parole à son tour, Roger Nsingi, président de l’Assemblée provinciale, a déclaré que la tenue de cette matinée tombait à pic, étant donné que les députés provinciaux n’étaient pas d’accord avec ledit calendrier. Le rejet des propositions de la Ceni concerne plus le mode du scrutin qu’elle propose pour les élections de députés provinciaux, à savoir le suffrage indirect.
Après les différentes allocutions d’ouverture, les députés ont suivi l’exposé de Corneille Nanga, Secrétaire exécutif national adjoint de la CENI, au cours duquel il a expliqué le déroulement et les modes du suffrage à appliquer. Corneille Nanga a, en outre, parlé de l’harmonisation, de la stabilisation et de la fiabilisations du fichier électoral. Il a terminé son adresse en donnant les exigences, les défis majeurs à relever ainsi que l’apport de chaque partie prenante dans ce cycle électoral.
Pour mettre fin aux arriérés des deux précédents cycles de 2006 et 2011, la Ceni a décidé d’organiser les différents scrutins dont certains, selon les différentes options, devront à tout prix être indirects notamment : les élections des députés provinciaux, des sénateurs, des gouverneurs et des vice-gouverneurs qui devront être élus par les conseillers des communes, secteurs, chefferies.
Sur ce point, les députés s’en sont pris à la Ceni. Pour eux comme l’a déclaré Roger Nsingi ainsi que d’autres députés, en organisant les scrutins au suffrage indirect : la Commission Electorale Nationale Indépendante cherche à violer les droits de vote de la population, alors que le pays est en plein processus démocratique.
Les élus de Kinshasa ont martelé que les options présentées par Ceni voudraient donner un coup de pouce aux élus de la majorité et à ceux qui auront beaucoup d’argents pour remporter le plus de voix. Pour résoudre cette équation, ils ont suggéré à la Ceni l’organisation d’un scrutin où les élections provinciales seront couplées avec une autre même les urbaines.
Répondant aux préoccupations des députés, les délégués de la Ceni ont déclaré tout haut que c’est sans intérêt, ni mauvaise intention que ces propositions ont été faites. C’est suite à une analyse claire et nette des réalités congolaises que ces options ont été suggérées. Quant à l’accouplement (pas d’affolement ! Il faut lire « le couplage » ! NdlR) , la Ceni a déclaré que techniquement, cela n’est pas possible pour plusieurs raisons notamment, les candidats et circonscriptions électoraux totalement différents, le déploiement des kits électoraux, les fonds non disponibles, etc… ».

7/7.cd est plus énergique encore et titre « Les élus provinciaux de Kinshasa disent non à la CENI »

« Les élus provinciaux de Kinshasa, avec à leur tête Roger Nsingi, ont dit non à l’élection des députés provinciaux au suffrage indirect comme proposé par la commission électorale nationale indépendante dans sa feuille de route déposée à l’assemblée nationale.

Ils l’ont fait savoir lors du cadre des concertations entre leur institution et la commission électorale nationale indépendante. L’une des options contenue dans la feuille de route de la CENI voudrait que les députés provinciaux soient élus au suffrage indirect mais nous nous refusons ça, a insisté Roger Nsingi, le président de l’organe délibérant de Kinshasa. Le désaccord a été total entre nous et les responsables de la centrale électorale, a-t-il ajouté. Pour lui, la commission électorale nationale indépendante doit revenir à l’ancienne formule. Je propose à la CENI de retirer cette proposition à l’assemblée nationale, tranche le cadre Mlc.

Les députés provinciaux de Kinshasa considèrent que le vote au suffrage indirect va étouffer la jeune démocratie congolaise. ‘‘Au cas où la Ceni s’entêtait, le vote sera biaisé ’’, a déploré le président de l’assemblée provinciale de Kinshasa. En réaction, le rapporteur de la Ceni, Jean Pierre Kalamba a rappelé que les deux options contenues dans la feuille de route déposée à l’assemblée nationale, ne sont que des propositions techniques et qu’il revient aux députés nationaux de se décider au regard de toutes les contraintes matérielles, logistiques et financières évoquées dans le document. Il a précisé que l’élection présidentielle aura lieu en 2016. Une manière pour lui de rassurer les sceptiques et rappeler à l’ordre les partisans du report ».

De son côté, L’Avenir revient sur le discours prononcé par le président de l’Assemblée nationale à la 40ème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Évoquant la question de la révision constitutionnelle, ainsi que la problématique 2016, selon le journal, Aubin Minaku n’a pas usé de la langue de bois pour une fois de plus clarifier la position de la Majorité au pouvoir. « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision. Touche pas à ma constitution est un discours anticonstitutionnel », soutient-il

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© CongoForum, le mercredi 9 juillet 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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