Révélations de Diongo sur le calendrier de la CENI

11 juillet 2014

Non classé

Révélations de Diongo sur le calendrier de la CENI

Franck Diongo a livré un véritable scoop dans une interview exclusive accordée à «RD-CONGONEWS». Quoi donc! Le calendrier électoral de l’abbé Apollinaire Malumalu n’a pas reçu la sanction de la plénière de la CENI avant d’être rendu public.

«Il n’existe aucun procès-verbal qui sanctionne l’adoption du calendrier par la plénière de la CENI», affirme l’opposant radical qui cite des sources recoupées au bureau du président de la CENI et de son rapporteur. Diongo met Malumalu et Jean-Pierre Kalamba au défi d’apporter la preuve du contraire. Cette information comporte un caractère si sensible que la rédaction de «RD-CONGONEWS» a pris la précaution de vérifier. Confirmation a été obtenue de manière très formelle auprès des sources proches du cabinet de Malumalu. En fait, le jour de la publication, la plénière en était encore à discuter que Malumalu s’est empressé de présenter à la presse le draft envoyé à la correction. «Des membres de la plénière ont été surpris de se faire inviter à la publication alors qu’ils attendaient le document dans la salle de réunion de la plénière», ont rapporté les sources. Troublant que Malumalu embarque toute une nation dans un document sans base juridique. Ceux qui le faisaient passer pour un moindre mal en comparaison au très théatral Daniel Ngoy Mulunda s’en mordront le doigt. Des sources affirment que le calendrier de Malumalu est entaché des irrégularités de son élaboration jusqu’à sa publication.

Qu’est-ce que vous en savez?
Affirmatif. Il y a même eu pire que les Congolais sont loin d’imaginer. Ce que je vais révéler dans les colonnes de votre journal est très grave. Retenez que le calendrier tel que présenté et publié par l’abbé président de la CENI est un draft, un simple projet qui n’avait pas encore été finalisé.

Le calendrier a été rendu public. Comment ça un simple projet?
La plénière de la CENI n’a pas siégé pour adopter ce calendrier. Il n’existe aucun, alors aucun procès-verbal à la CENI qui sanctionne l’adoption en plénière, organe suprême de la centrale électorale, du calendrier lié à l’organisation des élections lcoales, municipales et urbaines. Donc, le calendrier de l’abbé Apollinaire Malumalu déjà fort controversé ne repose sur aucune base juridique. Des sources me l’ont confirmé avec certitude au bureau du rapporteur et au bureau de Malumalu. Information vraie et vérifiable.

Le moment venu, ne seriez-vous pas contredit par le bureau de la CENI?
Vous êtes un très grand journaliste dans notre pays. Vous savez que Franck Diongo ne peut pas rapporter des informations erronées. Je met le rapporteur Jean Pierre Kalamba au défi de me contredire. Il ne dispose pas d’un PV qui atteste de l’adoption de ce calendrier à la plénière de la CENI. Ce n’est pas maître Umba que j’ai connu quant il était parlementaire qui va me contredire, encore moins Micheline Bile du MLC. Je m’interroge sur le silence de Gustave Omba connu pourtant pour son franc-parler. Qu’ils me disent à quelle date ont-ils signé le PV d’adoption de ce calendrier. J’en profite pour interpeller les présidents des partis politiques qui ont mandaté des délégués à la CENI, notamment Vital Kamerhe et Samy Badibanga.

Pourquoi n’ont-ils pas dénoncé cela?
Quelle conséquence en tirez-vous?
Ce calendrier est un document irrégulier, illégal et illégitime. C’est un simple projet. Il se pose un problème fondamental de son opposabilité.

Irez-vous jusqu’à l’attaquer devant la Cour suprême de justice?
Je n’irai pas jusuqu’à saisir la Cour suprême de justice. Je demande au Procureur général de la République de se saisir du dossier d’office. Qu’il ouvre une action contre Malumalu pour violation flagrante de la loi.
La justice reste la voie pour obtenir l’annulation de ce calendrier irrégulier de manière avérée?
Quelle est l’indépendance de cette jsutice? Les instances judiciaires travaillent pour le compte de Joseph Kabila. La justice congolaise est simplement inféodée au régime, à Joseph Kabila. Des cas sont légion pour l’illustrer.
Vous entreprendrez une action à l’Assemblée nationale lors de la prochaine session?
Exactement. Je vais mener des actions politiques, parlementaires. A ce stade, je ne peux dire quelle initiative je vais mettre en oeuvre. J’espère d’Aubin Minaku de l’objectivité pour traiter cette grave question en toute impartialité. En tout état de cause, je ne vois pas quelle faux-fuyant prendra la majorité kabilite à l’Assemblée nationale.
Une coalition anti -Kabila est mise en place. Etonnant de voir que Franck Diongo, le combattant de toujours, n’est pas là aux côtés des autres comme Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Jean Claude Vuemba et Jean Lucien Bussa?
Je donne la chance à mes frères de continuer. Parce que l’essentiel ce n’est pas de commencer. Mais, est-ce que nous sommes sincères dans la démarche. Et combien de temps allons-nous rester dans cette approche. Je viens de vous révéler un fait gravissime. A ce jour, je reste le premier patriote à avoir porté cette information à la connaissance de l’opinion. Mon parti n’est pas représenté à la CENI mais j’ai pourtant accédé à cette information. Que font tous ces partis de l’opposition représentés à la CENI. Allez-y comprendre. Au regard de la nature de mon combat, de mon sens de patriotisme, j’ai décidé d’observer mes camarades de l’opposition. Et on verra dans le moment venu s’il sera nécessaire de se battre ensemble. Je reste encore sceptique, surtout eu égard à mon serment de loyauté à la République, de défendre la vérité. La déclaration de la coalition ne m’a pas convaincu. Si j’avais rallié les autres, je ne l’aurais pas signée.
Qu’est-ce que vous reprochez à cette déclaration?
Cette déclaration épargne la cible principale qui est le Joseph Kabila. Ses signataires ont pris de ne pas insiter sur le départ de Kabila avant 2016. Pour parler de la majorité présidentielle qui conduit le pays à la ruine, ils ont eu recours à des insinuations politiques au contour flou.
Vous reprochez à cette déclaration de recourir à la langue des bois?
Oui, il y a absence d’un franc parlé. Je vous donne un exemple. Ils réclament un dialogue sans en donner l’ordre du jour. L’ordre du jour c’est quoi? C’est le départ de Kabila en contrepartie des garanties qu’il partira sans chercher à plonger le pays dans la guerre. Que vise alors ce dialogue. C’est le partage du pouvoir parce que la classe politique Rd-Congolaise est habituée à des partages du pouvoir. Mes frères n’ont pas clarifié leur position.
Vous craignez que cette voie mène à une transition?
Je ne crains rien. Le fait que mes frères ne sont pas clairs rend la démarche ambigüe. Et cette idée, moi je ne la partage pas. Donc, avec cet élément, je ne le permets pas de marcher ensemble avec eux. Moi et mon parti nous ne partageons pas cette idée d’aller vers une transition car cela va consolider le pouvoir de Kabila qui est partant.
La divergence réside sur le départ de Kabila en 2016?
Il n’y a pas à négocier. En 2016, Kabila doit partir et il partira.
Vous le dites avec beaucoup de conviction après avoir échoué de le battre en 2011. Ne trouvez-vous pas que le rapport de force est en faveur de Kabilaavec la possibilité d’utiliser les moyens de l’Etat?
Le rapport de force est défavorable à Kabila.
Comment ça?
Preuve à ce jour, l’armée n’est pas prête à défendre Kabila. A ce jour, la population est la plus grande opposition farouche à Kabila et à son régime à cause de la mauvaise gouvernance. A ce jour, la communauté internationale avec en tête les Américains ne veut plus de Kabila. L’Union Européenne aussi. Ce qui reste à Kabila, c’est de négocier une sortie honorable en 2016. Quand on associe la dynamique interne à la determination de la communauté internationale, il ne reste aucune chance à Kabila. Moi, je ne laisserai pas Kabila conduire mon pays à la ruine. N’oubliez pas que j’ai sacrifié toute ma jeunesse à me battre pour ce pays. Dans les années 90, j’étais le dernier prisonnier du Maréchal Mobutu. J’ai été libéré le 17 mai à l’avènement de l’AFDL. Mzée a tenté une nouvelle dictature, nous l’avions combattu. J’ai été arrêté encore par Mzée. C’est Roberto Gareton qui m’a fait libérer. Et plusieurs fois arrêtés par Kabila fils. Cela signifie que j’ai une vision pour la RD-Congo. Il sera injuste de ma part de baisser les bras par rapport aux valeurs et principes auxquelles nous sommes attachés.
Joseph Kabila a fait une démonstration de force lors de la célébration de la fête de l’indépendance. Une façon de dire qu’il reste en place?
Il faut lire le jour et son message. Il y a une dynamique internationale et locale. Kabila n’aura pas des muscles pour résister face à un peuple qu’il n’a fait que paupériser depuis plus de dix ans. Encore une erreur grave de la part de Kabila, cette démonstration de force. Comme le jour où Kabila s’est permis de faire des leçons à la communauté internationale via les diplomates accrédités à Kinshasa. Il s’en est suivi des réactions davantage fermes jusqu’au livre d’Hillary Clinton paru il y a peu de temps. Au niveau interne, le désaveu est massif au regard de l’ignorance des besoins réels des Congolais et le désespoir grandissan suite à des promesses non tenues. Donc, défilé avec des armes sophistiquées n’effraie nullement personne, sinon l’ancien président ukrainien n’aurait pas quitté le pouvoir. Tout comme Mouamar Kadhafi. Vous avez pris acte de la mise en place de la Cour Constitutionnelle?
Beaucoup d’irrégularités ont émaillé la désignation de trois premiers membres de la Cour constitutionnelle au delà de la valeur intrinsèque des personnalités désignées. Savez-vous que nous n’avons jamais voté un nouveau règlement intérieur pour le Congrès. En droit parlementaire, on ne peut pas ramener un règlement intérieur à une nouvelle législature. Donc, la convocation du congrès qui avait abouti à la nomination de ces
trois délégués du parlement est illégale. Par ailleurs, le Sénat n’a plus de légitimité. Grave encore, la plénière de l’Assemblée nationale n’a pas exercé ses compétences sur cette question, la plénière n’a engagé aucun débat à ce sujet. Il n’a même pas été question d’une désignation mais plutôt d’un plébiscite. Une nomination en clair. Cela risque d’hypothéquer la crédibilité de la haute cour où les personnes nommées auront un devoir de recevabilité envers la personne qui les ont nommé.

Un dernier mot?
Comme c’est le jour de l’indépendance, je voudrais seulement dire qu’après cinquante quatre ans d’indépendance de la Rd-Congo, le grand Congo est toujours à genoux. La classe politique Rd-Congolaise a trahi la Rd-Congo et les Rd-Congolais, la majorité comme l’opposition. Nous avons combattu de quatre vingt dix jusqu’à ce jour, nous n’avons pas été à la hauteur d’imposer une alternance démocratique. C’est le déficit d’une vision stratégique et le manque de maturité politique, l’absence d’un engagement patriotique pour l’intérêt du pays. Malgré nos richesses, la RD-Congo ne décolle toujours pas et sa population ne même pas prête à bénéficier de ses richesses. L’indépendance de la Rd-Congo est à la fois à reconquérir et à reconstruire. Toutes les conditions de faillite sont réunies et on cherche un liquidateur. Heureusement que le droit public international n’a pas prévu les institutions de liquidation

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

Voir tous les articles de kakaluigi

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez vous Poster un commentaire

carrosserieautopro |
ThinkBlog |
Dipersés... fRaNce aMéRIqUe... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | madame dousse
| Les diplomes du club
| blog de jiji22