12/07/14/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

12 juillet 2014

Aujourd'hui dans la presse

(CongoForum)
Les journaux se penchent sur un large éventail de sujets, notamment l’augmentation des prix du carburant à la pompe, l’option prise par l’Udps de faire cavalier seul pour la conquête du pouvoir.

Carburant

La Référence+ titre en manchette « Perturbations de la distribution du carburant à Kinshasa : les pétroliers font chanter les gouvernants ».
D’après ce quotidien consœur, la situation est exceptionnelle, médecins, journalistes en reportage, beaucoup de gens en situation d’urgence ne savent pas remplir leurs obligations. Les pétroliers réclament l’augmentation du prix du carburant. Du côté des autorités, c’est le silence. Aucune explication n’est fournie pour justifier cette situation.

Le Potentiel note que la raréfaction volontaire du carburant est l’orage qui annonce l’augmentation du prix du litre à la pompe. Le modus operandi est connu par cœur par les usagers. La surenchère succède à la rareté pour finalement aboutir à une révision à la hausse.
Le confrère signale que jeudi 10 juillet, de longues files d’attente des véhicules étaient agglutinés devant les quelques rares stations-service encore ouvertes. Les pétroliers distributeurs ont ainsi décidé de faire monter la pression d’un cran pour faire plier le gouvernement

Politique

La République titre « Coup dur pour l’opposition : l’Udps ne veut pas d’alliés !».
Selon ce journal, l’UNC de Vital Kamerhe (particulièrement visée), l’Ecide de Martin Fayulu, le Rcd-Kml d’Antipas Mbusa Nyamuisi, l’Udemo de François Nzanga Mobutu, le Mpcr de Jean-Claude Mvuemba et toutes les autres forces politiques et sociales -dont les ONGDH – qui veulent se servir du label Udps pour se positionner par rapport à la fameuse alternance démocratique sont avertis : l’alliance ne se fait que pour des actions de rue et non pour la conquête et le partage du pouvoir dans la perspective de 2016. La Dc d’Eugène Diomi Ndongala perd ses dernières illusions.

La Prospérité annonce « Accréditation des observateurs long terme : La CENI proroge le délai pour les retardataires ».
Devant le constat de l’engouement des personnes demandeurs de l’accréditation comme observateur long terme en ce jour prévu pour la clôture de cette opération, les membres de la plénière présent à Kinshasa ont décidé de prolonger cette opération d’un mois supplémentaire pour permettre à toutes les organisations de la Société Civile désireuse d’observer le processus électoral de faire accréditer leurs mandataires à la CENI comme observateur long terme.

. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir !

CPI
Radio Okapi annonce « CPI: la Chambre d’appel rejette la demande de liberté provisoire de Fidèle Babala »
La Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté vendredi 11 juillet les demandes de liberté provisoire de Fidèle Babala, Aimé Kilolo Musamba et Jean-Jacques Mangenda Kabongo, accusés d’avoir produit de faux documents et de faux témoignages dans le procès de Jean-Pierre Bemba pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Leur demande de liberté provisoire avait déjà été rejetée par la Chambre préliminaire II. Ils avaient ensuite interjeté appel devant la chambre d’appel de la Cour. Au cours d’une audience publique tenue ce vendredi, la juge présidente dans cet appel, Sanji Mmasenono Monageng, a lu un résumé des arrêts, expliquant que la Chambre d’appel avait décidé, à la majorité de ses cinq juges de rejeter les motifs d’appel présentés par les trois suspects, n’ayant pas trouvé d’erreurs manifestes entachant les décisions de la Chambre préliminaire. Quatre personnes sont poursuivies par la CPI dans le cadre de cette affaire. Ils sont poursuivis pour des atteintes présumées à l’administration de la justice dans le contexte de l’affaire qui oppose la procureure, Fatou Bensouda, à l’opposant congolais, Jean-Pierre Bemba Gombo :

le secrétaire général-adjoint du MLC, Fidèle Babala
le conseil principal de Bemba, Aimé Kilolo Musamba
un membre de l’équipe de la défense de Bemba, Jean-Jacques Mangenda Kabongo
un témoin cité à comparaître par la défense, Narcisse Arido
Les quatre suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire Bemba. Ce dernier est jugé pour deux chefs de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre et pillage) prétendument commis en République centrafricaine en 2002 et 2003.

Presse et documents internationaux

Elles s’échappent de l’hôtel et demandent l’asile politique en Croatie

Source: « Pobegle iz hotela, traže azil u HR », vendredi 4 juillet 2014. Trad: Dragan Grcic. http://www.b92.net/sport/rukomet/vesti.php?yyyy=2014&mm=07&dd=04&nav_id=872296

Trois représentantes de la République démocratique du Congo au Championnat du monde féminin junior de handball se sont enfuies de l’hôtel de Đurđevac, près de Koprivnica.
On soupçonne que les joueuses de handball ont fui jeudi matin, car elles ne souhaitaient pas rentrer dans leur pays, où a lieu une guerre civile et où il y a souvent des pillages, des meurtres et des viols.
La police de Koprivnica-Križevac a confirmé vendredi à la radio-télévision croate être à la recherche des jeunes filles disparues. Il s’agit d’une enquête particulière, puisqu’il est question de ressortissants étrangers pour lesquels on présume qu’il y avait un plan et une organisation, pour quitter l’hôtel et quitter la représentation. On suppose que les jeunes filles, âgées de 18, 19 et 20 ans, pourraient introduire une demande d’asile en Croatie ou bien dans un autre pays des environs.

Ce n’est pas la première fois que des sportifs du Congo, ou d’autres pays d’Afrique, s’enfuient au cours d’événements sportifs dans des pays étrangers, particulièrement en Europe, en vue d’obtenir l’asile. Le Championnat mondial junior de handball féminin se tient en Croatie du 28 juin au 13 juillet 2014.

Avignon: “Coup fatal” c’est un coup au cœur
Blog de C. Braeckman – 8 juillet 2014
Leur énergie a fait reculer l’orage et sur la scène du festival d’Avignon, c’est leur foudre à eux qui s’est déchaînée. Empêchée le premier jour à cause de la grève des intermittents, la représentation de « Coup fatal », dans la cour du lycée Saint Joseph suscite une ovation debout, qui se prolonge bien après que la pluie ait repris ses droits sur la ville.
Produit par le KVS, sur une idée de Serge Kakudji et Paul Kertstens, sous la direction artistique d’Alain Platel et la direction musicale de Fabrizio Cassol et Rodriguez Vanguama, « Coup fatal « est un spectacle inclassable. Un concert d’abord, un prodigieux récital de pièces baroques par le contre- ténor Serge Kakudji qui rend à Gluck, Bach, Haendel une force d’émotion, un halo incomparables… Un spectacle, aussi lorsque les musiciens se transforment en danseurs, souples comme des élastiques, remontés comme des ressorts… Une comédie lorsque tous resurgissent fringués comme des sapeurs, ces « personnes élégantes » de Kinshasa ou Brazzaville, avec des chaussures à bout pointu comme on n’en trouve qu’au bord du fleuve Congo, des pièces de vêtements aussi improbables qu’un kilt écossais, un sorte de pagne fait de cravates multicolores, ou la blanche tenue du roi Baudouin (ou serait ce Mobutu ?) frappée de décorations,que Rodriguez Vangama porte avec un sérieux imperturbable, sans oublier un seul instant sa guitare électrique…
Mais bien au-delà des définitions et des différentes séquences, « Coup fatal » est une célébration de la vie, puissante, qui jaillit comme une sève dans un décor minimaliste marqué par des repères connus, drôles ou tragiques, comme les chaises en plastique bleu, héritage du 50eme anniversaire de l’indépendance lorsque chacun ramena chez lui ce « cadeau de Kabila » ou les rideaux composés de douilles et de musiciens, proposés par le plasticien Freddy Tshimba. Ils rappellent discrètement les champs de bataille pas encore apaisés et Serge Kakudji les enlace lorsqu’il chante doucement sa peine…
Mais l’essentiel est ailleurs : avec détermination, les artistes de « Coup fatal » tournent le dos au chagrin, aux drames de leur peuple, à la misère, qui fait cependant partie du décor quotidien. Leur message, c’est la vie, la joie, dans d’autres milieux on appellerait résilience cette formidable capacité de rebondir, de se remettre debout face au ciel incertain….Leurs visages offrent au public d’immenses sourires, des gestes d’accueil, les moments d’humour se succèdent, mais aussi de simples gestes de solidarité envers ceux qui, se traînant au ras du sol, rappellent les blessés de guerre, les mutilés, les mendiants des grandes villes…
Et puis surtout, pièce centrale de cet hymne à la vie, il y a la musique baroque….Des morceaux interprétés avec virtuosité par Serge Kakudji. Le contre-ténor, découvert à Lubumbashi par le KVS, déploie une voix qui donne des frissons, il revisite avec émotion des morceaux aussi connus que le chant d’Orphée en quête d’Eurydice… Mais surtout, il contribue au mariage entre une interprétation superbe, très classique, de morceaux connus en Europe et les instruments de musique africains qui s’emparent de la musique baroque, guitare électrique ou acoustique, xylophone, percussions, et surtout le likembe, devenu électronique pour la circonstance et qui, manié avec virtuosité par Bouton Kalanda ou Silva Makengo, ressemble de loin à une tablette électronique qui aurait du cœur…
Il n’y a pas de réel message dans « Coup Fatal » pas de thème récurrent. Rien d’autre qu’un hymne à la vie, à l’énergie de l’Afrique, un moment de beauté dont la force et l’émotion, curieusement, rejoignent, dans l’esprit, le magnifique texte de Dieudionné Nianguna, interprété par le comédien Etienne Minoungou qui incarne, plus vrai que nature, Mohamed Ali. Un homme qui, à Kinshasa en 1974, vint, contre Foreman, boxer pour l’Afrique, boxer pour la dignité de l’homme noir. Ces coups là aussi sont passés à l’histoire et d’une génération à l’autre, d’un artiste à l’autre, se poursuit ainsi la course relais de l’espérance…

Kinshasa refuse de croire à des sanctions américaines contre le président Kabila

(AFP 09/07/14)

Kinshasa a douté mercredi que les Etats-Unis aient l’intention de geler les avoirs du président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, alors que Washington vient d’élargir le champ de ses sanctions économiques contre la RDC.

« Pourquoi on menacerait le président de geler ses avoirs. Quel acte a-t-il posé ? », s’est interrogé le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, lors d’une conférence de presse à Kinshasa. « A moins de prendre le président [américain Barack] Obama pour [...] un homme emporté qui dit n’importe quoi », va-t-il « prendre une décision parce que l’opposition dit que Kabila a ceci, va faire ceci », a ajouté M. Mende.

Il faisait référence aux griefs de l’opposition congolaise qui soupçonne M. Kabila de vouloir tout faire pour rester au pouvoir au-delà de décembre 2016, alors que cela lui est actuellement interdit par la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

M. Mende répondait à une question en relation avec une tribune récemment publiée sur le site internet du magazine américain Forbes laissant entendre que M. Kabila aurait amassé une fortune de « 15 milliards de dollars au cours de la dernière décennie dans des banques offshore aux Îles Vierges britanniques et ailleurs » et appelant Washington et l’Union européenne à geler ses avoirs.

« C’est un tissu de légendes infamantes », a affirmé M. Mende. « Notre président est l’un des rares chefs d’Etat à ne pas avoir de compte dans ces [paradis fiscaux] où les autres avaient l’habitude » d’en détenir, a ajouté M. Mende. « Si quelqu’un n’a pas 15 milliards, vous pouvez le menacer de geler 15 milliards qui n’existent pas, vous croyez que cela fait de l’effet? » a-t-il également déclaré.

En mai, les Etats-Unis ont exhorté le président Kabila à quitter son poste en 2016 au terme de son second mandat de cinq ans. La Maison Blanche a annoncé mardi avoir élargi le champ d’application d’un décret présidentiel de 2006 permettant de geler les avoirs de « certaines personnes contribuant au conflit » en RDC, pays dont de vastes territoires de l’Est sont ravagés par la guerre depuis vingt ans. Désormais, ces sanctions pourront viser des personnes « responsables ou complices [...] d’actes ou de mesures qui sapent le processus démocratique ou les institutions » de la RDC.

Michaëlle Jean veut défendre une francophonie plurielle
Blog de C. Braeckman – 11 juillet 2014
Dissimulant avec élégance la fatigue du décalage horaire, Michaëlle Jean est engagée dans une course de fond qui l’a menée à Tournai où elle a rencontré Rudi Demotte, et à Bruxelles où elle a été reçue par Dider Reynders : l’ex gouverneur général du Canada est en piste pour, en novembre prochain, remplacer le Sénégalais Abdou Diouf à la tête de la Francophonie. D’ici là, elle aura affaire à un concurrent de taille : l’ancien président du Burundi, Pierre Buyoya, qui espère pouvoir compter sur les suffrages des pays d’Afrique centrale et sur une sorte de tradition non écrite au sein de la francophonie, qui consiste à confier le poste de secrétaire général à un ancien chef d’Etat doté de créances démocratiques. La France assurant plus de 70% du budget de l’organisation, sa voix est généralement prépondérante : elle pourrait soutenir Buyoya, mais le nom de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë est également prononcé.
Petite, vive, dotée d’un charisme évident, moins légère qu’il n’y paraît, Michaëlle Jean ne manque pas d’atouts : cette ancienne journaliste de Radio Canada est le symbole même de cette francophonie plurielle, riche de sa diversité, qu’elle entend défendre. Née à Port au Prince en 1957, sa jeunesse a été imprégnée de l’esprit de résistance de son peuple : son oncle était l’écrivain René Depestre, son père dirigeait le collège Saint Michel, d’où sortirent de très nombreux intellectuels haïtiens qui, lorsque s’instaura la dictature de Duvallier, choisirent l’exil pour, entre autres, devenir enseignants et médecins dans les pays d’Afrique nouvellement indépendants (dont le Congo…)
Michaëlle Jean aime rappeler que la lutte pour l’indépendance de Haïti a inspiré tous les mouvements panafricanistes et que ces liens transatlantiques sont loin d’avoir disparu.
Ses parents, eux, se souvenant de lointains ancêtres venus d’Acadie, optent pour l’exil au Canada. A 16 ans déjà, la jeune Haïtienne s’investit dans le combat social et travaillera dix ans auprès de femmes en difficulté, dans un réseau qui créera 150 refuges d’urgence pour femmes victimes de violences. « J’ai toujours voulu associer la pratique et le travail intellectuel » assure celle qui, après des études en littérature comparée à l’université de Montréal, se fait ensuite connaître comme journaliste à Radio Canada et à CBC Télévision où elle produit de nombreux documentaires.
En 2005, la jeune femme qui, entre-temps, a épousé le cinéaste et philosophe français Jean-Daniel Lafond doit renoncer à la nationalité française, acquise par alliance, pour devenir le symbole même de l’intégration multiculturelle : elle est nommée au poste de 27eme gouverneur général du Canada, où elle représente la Couronne d’Angleterre, ce qui lui permet de nouer de nombreuses relations internationales, entre autres en Afrique. Mais Haïti reste cher à son cœur et, le 12 janvier 2010, elle est l’une des premières à être prévenue du tremblement de terre qui dévaste l’île . « Les communications avec Port au Prince étant très difficiles, mon bureau se transforme alors en centrale téléphonique d’où s’échangent les informations et les initiatives de secours. » En quatre jours, les forces armées canadiennes réussissent à envoyer deux hôpitaux de campagne entièrement montés, qui soigneront plus de 10.000 blessés. A propos de sa patrie d’origine, Michaëlle Jean n’aime pas utiliser le terme « résilience », qui pour elle signifie « transiger avec la souffrance ». Ce qu’elle aime chez les Haïtiens, c’est « la capacité de composer avec le chaos, la faculté de résistance de ces gens sinistrés qui, dans la pire des situations, organisaient des cuisines collectives, élargissaient les familles à des enfants qui avaient tout perdu, puisaient en eux mêmes la capacité de s’auto organiser, tout en demeurant attachés à la courtoisie de l’accueil, dans la plus pure des traditions africaines… »
Après sa charge au sommet de l’Etat, Michaëlle Jean devient envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti et aussi chancelière de l’Université d’Ottawa, qui représente, avec ses 40. 000 étudiants, la plus grande université bilingue français-anglais. Là aussi, elle tisse des liens, engage des partenariats avec des pays africains comme le Bénin, le Sénégal, le Togo et découvre l’immense capital de sympathie dont jouit Haïti : « à Dakar, l’université Cheikh Anta Diop, haut lieu du panafricanisme, a été fondé par des Haïtiens, le Gabon, qui prépare l’ « après pétrole » en misant sur l’environnement veut faire bénéficier Haïti de ses découvertes… » Ces réseaux africains, cette mémoire collective de la traite négrière qui mena des millions d’Africains vers l’ « île du sucre », Michaëlle Jean veut aujourd’hui les inscrire dans le cadre de la francophonie.
Une francophonie de la diversité culturelle, du pluralisme, dont elle est elle-même l’illustration. S’appuyant sur l’édifice déjà bâti par ses prédécesseurs, Boutros Boutros Ghali et Abdou Diouf, qui ont construit la francophonie culturelle et politique, l’ont dotée des valeurs de la démocratie, de l’état de droit, Michaëlle Jean veut aller plus loin : «il faut maintenant songer au développement économique, donner de l’espoir aux jeunes : à quoi sert de produire des milliers de diplômés si c’est pour en faire des chômeurs ou des demandeurs d’asile ? Les flux migratoires doivent être inversés… » Le respect des droits de l’homme n’est pas négligé pour autant : « voyez le Sénégal ! Malgré la pauvreté persistante, malgré les turbulences de la région, ce pays a réussi à préserver ses valeurs et son rayonnement est aujourd’hui plus grand que ses ressources… »
Si elle accède au poste de secrétaire général de la francophonie, soutenue à fond par le Canada, Michaëlle Jean devra aussi répondre à des questions pointues, concernant entre autres le comportement souvent offensif des sociétés minières canadiennes en Afrique. Ce qui ne la désarme pas : « j’entends bien, pour tout le monde, mettre l’accent sur la responsabilité sociale des entreprises, insister pour qu’elles respectent les règles de l’état de droit… »
Cette femme qui parle cinq langues, qui se trouve à cheval sur trois pays (Haïti, la patrie de ses parents, le Canada, pays d’accueil de sa famille, la France, d’où vient son mari), qui a noué des liens solides avec de nombreux pays d’ Afrique incarne cette francophonie du futur, dont elle parle avec une conviction communicative : « paradoxalement, le pays où j’ai rencontré le plus de scepticisme, c’est la France. Ce sont les Français qui boudent… Ailleurs, cette francophonie plurielle, diverse, suscite plutôt l’enthousiasme. Elle décloisonne, elle ouvre sur le monde : en Haïti seulement, l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) a ouvert 17 campus numériques, au Sénégal, les tisserands de Thiès ont été initiés aux techniques des tapisseries d’Aubusson et produisent aujourd’hui des œuvres superbes, immenses, hautes en couleurs, que l’on retrouve à l’ONU, à l’Unesco et… dans mon propre bureau… »
Alors que le portable sonne et que la fille adoptive de Michaëlle Jean, Marie-Eden, 15 ans, prend des nouvelles de sa maman, cette dernière nous rappelle que la francophonie a déjà bénéficié de ses capacités de persuasion : « à l’occasion d’une conférence sur les femmes, organisée au Liberia, je me suis longuement entretenue avec le président rwandais Paul Kagame. Ayant grandi en Ouganda et oublié l’usage du français, il voulait tout simplement quitter la francophonie. Au bord de l’océan, dans le roulis assourdissant des vagues, nous avons discuté jusque tard dans la nuit. J’ai tenté de le persuader de suivre l’exemple de l’île Maurice, un pays bilingue, qui a choisi d’appartenir à la fois à la francophonie et au Commonwealth. J’ai expliqué que, dans sa mosaïque, la francophonie avait aussi besoin de la culture rwandaise et à la fin, Kagame a fini par décider que le Rwanda resterait dans l’organisation… »

En vue du sommet Etats-Unis-Afrique les 5 et 6 août prochains à Washington
RFI – le 12/07/2014

A Washington, quelques précisions ont été apportées concernant le sommet Etats-Unis-Afrique qui se tiendra dans la capitale américaine les 5 et 6 août prochains. Il réunira une cinquantaine de chefs d’Etat. Lors d’un point de presse électronique avec des journalistes africains, la vice-secrétaire d’Etat américaine en charge de l’Afrique, Linda Thomas Greenfield, a donné mercredi des détails sur la philosophie du sommet. Elle a aussi rappelé sans détours que certaines politiques émanant de dirigeants africains froissaient beaucoup Washington.

A Washington, Barack Obama souhaite échanger au maximum avec ses hôtes. « Nous ne demandons pas aux chefs d’Etat de venir avec de longs discours », a déclaré Linda Thomas Greenfield mercredi. La vice-secrétaire d’Etat a par ailleurs confirmé que le président américain n’aurait aucune réunion bilatérale lors du sommet. « Ils seront une cinquantaine, il aurait été difficile de choisir, nous avons préféré opter pour trois réunions thématiques et le président participera aux trois », a-t-elle précisé.

Trois présidents qui sont mal vus par les Etats-Unis n’ont pas été invités au sommet, à savoir les chefs d’Etat du Zimbabwe, du Soudan et de l’Erythrée. La position américaine sur les révisions constitutionnelles pour permettre à un président sortant de briguer un mandat supplémentaire, n’a pas varié d’un iota depuis les déclarations de John Kerry à Kinshasa en mai. « Nous avons découragé tous les dirigeants des pays où de tels amendements sont envisagés, notre position sur ce dossier est très claire », a encore déclaré Linda Thomas Greenfield.

Par ailleurs, toujours lors du même point de presse, elle a de nouveau regretté les lois et les pratiques discriminatoires dans plusieurs pays d’Afrique vis-à-vis des communautés homosexuelles. Elle a notamment fait allusion au Cameroun et à l’Ouganda.

Les thèmes de la gouvernance, de la sécurité, et des futures générations seront abordés. Il sera précédé d’un forum autour d’entrepreneurs américains et africains. Le mardi 4, des rencontres seront organisées autour de la société civile, sur la lutte contre le changement climatique la sécurité alimentaire ou la lutte contre le trafic d’espèces protégées.

© CongoForum, le samedi 12 juillet 2014

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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