21-03-15 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

(CongoForum)
Alors que les journaux de la semaine ont été envahis par l’affaire des militants congolais et étrangers pris à partie par la police le WE dernier, les rares journaux parus ce samedi 21 mars 2015 à Kinshasa se gardent bien de « réchauffer les restes » de cette polémique alors que, les militants étrangers relâchés, il ne reste plus derrière les barreaux que les Congolais. Le mot d’ordre est visiblement de ne plus en parler afin de les contraindre au silence ou à l’exil. La presse ne fait état que de négociations en coulisses à propos du calendrier électoral, de l’implication du Ministre Makias hi dans l’affaire Duferco/Kubla et de viols imputés aux soldats de la Monusco, qui font opportunément surface au moment ou le pouvoir effectue son offensive annuelle contre la présence des « casques bleus ».

Elections
A en croire Le Potentiel, des négociations se déroulent en coulisses au sujet du calendrier électoral. S’il est observé un silence total autour de la question du calendrier électoral au sein de la classe politique, dans les coulisses, par contre, les uns et les autres échangent sur cette épineuse problématique, sans grands bruits, affirme le quotidien de l’avenue Bas-Congo. e président de l’Assemblée nationale l’avait effleuré à l’ouverture lundi dernier de la session ordinaire de mars. Preuve, selon le confrère, que le sujet n’est plus tabou autant dans la Majorité présidentielle que dans l’Opposition. La conférence des présidents a embrayé dans le même sans d’ailleurs.
Le Potentiel souligne « quelles que soient les propositions qui pourraient sortir de l’hémicycle du Palais du peuple, le dernier mot reviendra à la CENI, seule institution publique revêtue du pouvoir d’organisation et du pilotage du processus électoral en RDC. Si formellement rien n’est à l’ordre du jour, les contacts informels se tiennent et ne tarderont pas à prendre forme, après la recommandation faite par le secrétaire général de l’ONU sur la question du dialogue » .
(Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir pour les fraudeurs ! NdlR)
Makiashi
Dans un article publié dans ses pages intérieures, Le Potentiel rapporte que Willy Makiashi, l’actuel vice-Premier ministre en charge de l’Emploi, travail et Prévoyance sociale, se trouve dans le viseur de la justice belge dans l’affaire Kubla. En effet, dans l’affaire Kubla où était citée l’épouse d’un ex-Premier ministre, la justice belge se prépare à engager des auditions indispensables aussi bien en France qu’en RD Congo. A Kinshasa, Willy Makiashi pourrait être auditionné pour répondre des actes posés lorsqu’il était à la tête de la Société nationale des loteries (Sonal).
Monusco
La République signale que selon un rapport des Nations unies, les Casques bleus auraient commis près de 80 abus sexuels en 2014. Des crimes perpétrés en grande majorité dans des missions de paix, là où les Casques bleus sont censés protéger la population.

Presse et documents étrangers
«Les ennemis de la démocratie»: A quoi sers-je, Kubla?
Vincent Engel – Le Soir – 15-03-15
Les deux récentes « affaires » qui touchent des responsables du MR rappellent que les soupçons de corruption ne portent pas que sur le PS. Mais au-delà, elles sont le témoin d’un mal plus profond. La chronique de Vincent Engel.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ; on pourrait reprendre les vers de La Fontaine pour évoquer cette nouvelle peste qui ravage les rangs politiques de tant de démocraties contemporaines. Cette peste, ou ce choléra, nous pensions, c omme pour d’autres maladies, qu’elle était de régimes douteux, voire franchement dictatoriaux. Erreur… Et, contrairement à de véritables épidémies, il semble désormais impossible d’établir des « cordons sanitaires ». Les symptômes sont multiples mais peuvent se résumer par un mécanisme qui, mutatis mutandis, a permis le développement de certaines maladies récentes, à savoir la disparition de barrières, organiques dans le cas des virus, éthiques dans le cas de la politique. Disparition qui a permis à des virus jusque là « réservés » aux animaux de s’adapter et de s’attaquer aux humains, et à des « confusions » d’intérêts de proliférer même si, aux yeux des intéressés, elles ne causaient aucun conflit.

Bien entendu, qu’il s’agisse d’Armand De Decker ou de Serge Kubla , il faut absolument préserver le principe de la présomption d’innocence et attendre l’aboutissement des enquêtes – pour autant qu’il y en ait une et qu’elle aboutisse à des résultats concluants, dans un sens ou dans l’autre, faisant toute la clarté et supprimant tout doute. On doit d’ailleurs, par souci d’équilibre, ajouter à cette liste récente l’affaire Luc Joris , au PS, ce proche du parti, administrateur dans plusieurs sociétés publiques belges et qui crée une société au Luxembourg pour y percevoir des revenus liés à ses activités de « consultance » et de conseil financiers.
Ne remontons pas trop loin, de crainte de voir la liste tourner à l’inventaire à la Prévert. Dans tous les cas, on note l’embarras des proches : Elio Di Rupo qui feint de n’être au courant de rien – aussi crédible que lorsqu’il s’offusquait de la mesure visant les chômeurs, décision prise par son gouvernement mais appliquée par celui de Charles Michel – ou Olivier Chastel faisant le grand écart pour tenter de ne pas répondre aux questions liées aux affaires touchant ses collègues du MR. Tout juste si le président du parti se dit « triste et en colère » et réclame « une rigueur exemplaire », ce qui ne l’empêche pas, dans la même interview sur RTL, d’affirmer sans ciller qu’il y a des règles déontologiques et que « chacun les applique à sa façon ».
L’acte gratuit n’existe pas
L’ère du soupçon a eu, entre autres effets, celui de renvoyer aux oubliettes des confessionnaux la possibilité d’un acte gratuit. Aujourd’hui, même les futurs saints œuvrent pour leur béatification et il se trouve sur la toile des articles plus ou moins documentés prouvant que Mère Teresa était foncièrement égoïste (un exemple). La suite du raisonnement coule de source et répond à cette maxime de la sacro-sainte sagesse populaire : « Si les autres le font, je serais bien bête de m’en priver et de ne pas en profiter. »
Car le profit est devenu la loi universelle, traduction économique, pour ne pas dire mercantile, de ce que l’on a choisi de retenir des théories de Darwin. Il est donc tout à fait normal, si on exerce un mandat politique et une autre profession à côté, de « maximiser » ses compétences et de « faire profiter » chaque facette de sa personnalité. Mais il est bien entendu, dans ce type de marché de dupes, que la fonction publique ne profitera jamais autant – et pour autant qu’elle en profite jamais – des activités privées, lesquelles trouveront toujours des avantages dans l’exercice du mandat politique.
C’est une forme moderne et « up to date » du vieux Dr. Jekyll & Mr.. Hyde, à la différence qu’il ne faut pas attendre qu’il fasse nuit pour que s’effectue la transformation, et que Mr Hyde ne (se) cache pas qu’il œuvre de conserve avec Dr Jekyll ; c’est même son principal argument, qui lui permet de valoriser au-delà des cercles coutumiers (voire légitimes) ses activités professionnelles et qui dope son charisme dans les milieux d’affaires (de tous genres). Collusion, confusion, corruption, compromission ; quel que soit le nom donné à cette dérive et ces conflits d’intérêts, elles ne sont plus le monopole de la mafia ou des régimes non démocratiques.
On rétorquera que ces responsables politiques, qui optimalisent leurs compétences, ne sont pas des assassins et qu’ils ne tuent personne. Au sens littéral du terme, c’est sans doute vrai ; mais métaphoriquement, les dégâts « collatéraux » sont immenses.
Tous pour un, tous pour moi ? Ou tous pourris ?
Depuis que j’enseigne, je lutte contre cet amalgame épouvantable, qui a fait la gloire de Pierre Poujade et de son disciple d’alors, Jean-Marie Le Pen (et d’un grand nombre de populistes), selon lequel les dysfonctionnements de certains politiques sont la preuve d’une corruption généralisée. Selon les règles de la logique, il s’agit d’une conversion non valide : on ne peut pas convertir une singulière affirmative (quelques hommes politiques sont pourris) en universelle affirmative (tous les hommes politiques le sont).
Mais la lutte devient difficile. D’abord, le climat a changé ; si, dans les périodes de vaches grasses, on ferme plus facilement les yeux sur les petits arrangements de certains, même dans les limites de la loi, cela devient insupportable dans des temps tels que ceux que nous traversons. D’autant que ces lois (en particulier celles qui touchent à la fiscalité) sont votées par ceux-là mêmes qui sont surpris en flagrante « indélicatesse » avec les principes, sinon avec la loi.
Auparavant, lorsque je rétorquais qu’un cas isolé n’était pas une règle générale, on opinait. On pouvait citer des noms, s’en référer à des exemples, au sens fort du terme. Aujourd’hui, on riposte : « Vraiment ? Allez, vas-y, cite m’en un qui ne l’est pas… » Sous-entendu : un qui ne serait pas pourri, rien qu’un tout petit peu, une petite tache de rien du tout mais qui n’attend qu’à grandir, dès qu’il y aura du pouvoir, des mandats, des responsabilités. La pureté est désormais synonyme d’échec : l’homme ou la femme politique irréprochable est celui ou celle qui n’a encore exercé aucune fonction, voire qui n’a même pas encore été élu(e), puisqu’il faut déjà (sûrement) se compromettre pour être inscrit sur une liste, et plus encore pour être élu.
Dans son baromètre politique, La Libre signale que 67% des Belges sont persuadés que ces activités professionnelles annexes conduisent à la corruption et au conflit d’intérêt. Mais la Libre poursuit son analyse et conclu : « En gros, les Belges tombent dans le piège du « tous pourris ». » Si piège il y a (et je veux bien le croire), qui l’a tendu, sinon ces responsables politiques dont les indélicatesses se multiplient et dont les actions semblent de moins en moins répondre aux défis et aux difficultés subies par leurs populations, et de plus en plus aux diktats de multinationales financières et industrielles ?

Le pouvoir absolu
La situation du MR dans le Brabant wallon est la même que celle du PS dans le reste de la Wallonie, et de tant d’autres partis de part le monde qui se retrouve seul au pouvoir depuis trop longtemps. La situation « idéale » pour que s’installe ce sentiment d’impunité et de toute-puissance. Les dégâts causés par cette dérive sont énormes pour notre démocratie, et les élus ou les mandataires coupables de ces actes doivent savoir qu’à privilégier leurs intérêts personnels à court terme, ils menacent non seulement l’avenir de la démocratie, mais aussi, tout simplement, qu’ils scient la branche sur laquelle ils se sont assis.
On peut dire qu’il s’agit d’un phénomène de pronominalisation ; de « servir » le bien public, parfois au détriment de ses propres intérêts (ne serait-ce que par le temps qu’on y consacre, voire les risques que l’on prend), on est passé à « se servir » du bien public, toujours au détriment de ce dernier et des principes qui régissent la gestion saine de la « chose publique ».
Existe-t-il des solutions ? Sans doute. Rendre d’abord la responsabilité politique au citoyen, que ce soit à travers des actions comme le mouvement « Tout autre chose » ou, en son temps, le projet du G1000 , ou en rappelant à chacun, quelle que soit sa position sociale ou économique, qu’il doit exercer cette responsabilité, laquelle ne peut se réduire à un scrutin. Peut-être aussi empêcher la professionalisation à outrance de la classe politique et réduire la durée durant laquelle un citoyen peut exercer des fonctions et des mandats. Établir un contrôle strict pour éviter la confusion entre les différentes activités, voire en prohibant certains « mariages » plus sensibles. Rappeler aussi à M. Chastel (et à tous les autres) que des règles déontologiques ne peuvent pas être appliquées par chacun « à sa façon » ; comme la loi, elles doivent être respectées par tous, et de la même m anière. Et puis, il faudra surtout revenir sur cette croyance, désormais universelle, selon laquelle l’acte gratuit et désintéressé n’existe pas ; des recherches de pointes en neurosciences tendent à prouver l’inverse.
J’y reviendrai un autre samedi…
Les réseaux africains du MR
Marie-Cecile Royen – Le Vif/l’express – 12/03/15

L’affaire Kubla a mis en lumière les liens très particuliers que certains libéraux ont noués avec l’Afrique. Plusieurs réseaux s’y croisent, certains à la lisière de la politique et des affaires.
La nature a horreur du vide. Après le drame de Lubumbashi (massacres d’étudiants sous Mobutu, 1991) et le génocide du Rwanda (1994), les Belges refluèrent d’Afrique centrale. L’ère glaciaire ne s’interrompit qu’avec l’arrivée de Louis Michel (MR) au poste de ministre des Affaires étrangères, dans le premier gouvernement Verhofstadt, en 1999. Les libéraux néerlandophones et francophones (surtout) récupérèrent la place laissée vacante par des générations de responsables catholiques francophones et flamands (surtout), qui connaissaient le Congo et le Rwanda/Burundi comme leur poche, via leurs ONG et des diplomates très pointus. A force, les « bleus » se sont constitués un épais carnet d’adresses.
Comme celui de Serge Kubla. L’ancien ministre wallon de l’Economie et désormais ex-bourgmestre de Waterloo est inculpé pour corruption, après avoir remis de l’argent liquide (20 000 euros) à Chantal Muzito, la femme de l’ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito de passage à Bruxelles.
Avec ses fréquentations louches, le Waterlootois fait figure de Pied Nickelé aux côtés de deux poids lourds de la politique belge, Louis Michel (MR) et Herman De Croo (Open VLD), qui ont développé une vraie addiction pour l’Afrique et ont leurs entrées, par la grande porte, dans le monde économique congolais. La présence belge la plus importante s’orchestre autour de l’homme d’affaire belgo-zélandais George Arthur Forrest, qui s’est taillé un empire au Katanga. Louis Michel lui ménage tellement peu son amitié, encore renforcée par des liens maçonniques, qu’il a accepté de présider le comité scientifique de la Fondation George Arthur Forrest, basée o:title= »arrow-10×10″ src = « file:///C:\Users\GUY\AppData\Local\Temp\msohtmlclip11\clip_image001.png »>à Wavre. Autre membre de cet aréopage philanthropique : Pierre Chevalier, senior vice-président du groupe Forrest et ancien homme politique libéral flamand, fervent lobbyiste de George Forrest. Louis Michel est très chatouilleux sur la question de son désintéressement par rapport aux entreprises du « vice-roi du Katanga ».
De l’autre côté de la frontière linguistique, le patriarche Herman De Croo ne fait pas mystère de ses liens avec le Congo. Il y a des intérêts privés en tant qu’administrateur de la société d’investissement Texaf. Il est également président-fondateur du Centre belge de référence pour l’expertise belge en Afrique Centrale, dont les délégués universitaires étaient, jusqu’il y a peu, Pierre Verjans (ULg) et Filip Reyntjens (université d’Anvers).
Il ne faudrait pas sous-estimer la place que l’Afrique a prise dans les tripes et les jeux o:title= »arrow-10×10″ src = « file:///C:\Users\GUY\AppData\Local\Temp\msohtmlclip11\clip_image001.png »>de pouvoirs des libéraux. Elle leur offre une cour de récré plus grande que la Belgique et peut-être le sentiment d’encore peser, un peu, sur les affaires du monde. Ils y ont développé des relations qu’il serait, certes, hardi de comparer avec celles que la « Françafrique » entretient avec ses anciennes colonies mais elles reposent quand même sur un maillage étroits de liens d’affaires et de connivence philosophique.
Vital Kamerhe rencontre à Bruxelles les militants de so n parti
C. Braeckman – Le Soir – 15 mars 2015
Venus de Norvège, de Suède, d’Allemagne ou de France, plusieurs dizaines de membres de l’UNC (Union pour la nation congolaise) sont venus à Bruxelles écouter et applaudir leur héros, Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et aujourd’hui très sérieux candidat à la présidence de la République.
A l’invitation de l’asbl Culture et Progrès et de la députée européenne Marie Arena, plusieurs orateurs avaient d’abord brossé une image de la situation actuelle du Congo. Un premier constat réunit le professeur Kita Phambu, enseignant à l’ULB et Arnaud Zacharie, président du centre national de coopération au développement : alors que le taux de croissance du Congo frôle les 10%, un chiffre qui fait rêver sous nos latitudes, et que la production de cuivre atteint les sommets inégalés de 900.000 tonnes de cuivre par an, les populations congolaises reçoivent très peu de retombées de ce pactole. Mauvaise gouvernance ? Mauvaise répartition des ressources ? Corruption et détournements au bénéfice des pays voisins ? Les constats se croisent et se rejoignent. Sur ce dernier point, celui des minerais de sang qui alimentent les conflits récurrents à l’Est du pays, Marie Arena rappela que l’Union européenne souhaiterait faire mieux que les Etats Unis qui, en adoptant la loi Dodd Frank ont pratiquement placé sous embargo toute la production minière issue de l’Afrique des Grands Lacs, pour manque de traçabilité. L’Europe, ou tout au moins les socialistes du Parlement européen, souhaiteraient étendre les restrictions à tous les minerais issus des zones de conflits, afin de ne pas pénaliser la seule Afrique centrale. A ce stade cependant, on est loin d’une application pratique de cette mesure car le groupe libéral (Alde) et le groupe démocrate chrétien (PPE) s’y opposent toujours et les lobbies de l’industrie minière se montrent très actifs sur le sujet.
Quant à Vital Kamerhe, il relata à ses partisans les chaudes journées de janvier dernier, lorsque dans plusieurs grandes villes du pays (Kinshasa, Goma, Bukavu, Kimpese) la population s’opposa à la loi qui aurait ouvert la voie à un « glissement » prolongeant le mandat du président sortant Joseph Kabila et où lui-même se retrouva séquestré dans les locaux de son parti à Kinshasa.
En accord avec Paul N’Nsapu, vice président de la Fédération Internationale des droits de l’homme, Kamerhe dénonça la répression disproportionnée des manifestations, le recours aux forces armées et le lourd bilan des évènements, chiffré à 43 morts. Il réclama aussi d’adoption de sanctions internationales afin que de tels abus ne demeurent pas impunis et détailla minutieusement les pièges du calendrier électoral tel qu’il a été présenté par la Commission nationale indépendante : «le coût de toutes les élections prévues pour 2016 est évalué à 1.650 millions de dollars. Sera-t-il possible de réunir une telle somme ? » Kamerhe, qui rappelle que Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement pour la libération du Congo, détenu par la Cour pénale internationale, pourrait retrouver la liberté sous peu, assure cependant que «quoi qu’il advienne, le Congo aura un nouveau président le 20 décembre 2016 et aussi un ex-président qui, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, sera encore en vie. » « L’opposition, conclut-il, « veut l’alternance, et nous y arriverons… » Mais il dénonça aussi les pièges qui pourraient encore être tendus d’ici cette échéance cruciale : le financement du scrutin, mais aussi le découpage territorial, en 26 provinces, et les difficultés du désarmement des rebelles hutus, qui rendent la guerre toujours envisageable…
Quant à Paul N’Sapu, il décrivit la mobilisation de la société civile, qui, dans le pays et à l’extérieur, s’organise déjà autour d’un seul thème « mon vote doit compter… »
Présidentielle 2016 :  » Le jour où j’aurai terminé avec ma petite pause, s’il y a des choses à annoncer, je le ferai « , a déclaré Katumbi sur RFI
Léa-Lisa Westerhoff – RFI / France 24 / MCN – 16/03/2015
Lubumbashi – Moïse Katumbi, membre du parti présidentiel et gouverneur du Katanga, la province la plus riche de la République démocratique du Congo, est depuis quelques mois sous le feu des critiques : fin décembre, via une métaphore footballistique, il s’était prononcé contre un troisième mandat du président Joseph Kabila. Aujourd’hui, suite à l’adoption d’une loi sur le redécoupage des provinces, il quitte ses fonctions de gouverneur. Qu’envisage-t-il pour la suite de sa carrière politique, alors que beaucoup de Congolais lui prêtent des ambitions présidentielles en 2016 ? Il est ce lundi matin 16 mars l’invité sur RFI.
RFI : La loi sur le redécoupage des provinces du Congo vient d’être promulguée. Le Katanga va se voir diviser en quatre, ce qui suscite beaucoup de craintes, d’inquiétudes ici, mais pas seulement. Que pensez-vous du fait que cette loi soit mise en œuvre maintenant ?
Moïse Katumbi : Moi-même, j’étais contre le découpage de la province en quatre. Comme la loi a été promulguée, c’est la démocratie et j’ai dû accepter. Ce qui va être compliqué, c’est surtout le budget parce que le découpage n’était pas dans le budget de 2015. Le gouvernement central doit aller au Parlement et débattre sur le budget du découpage. La loi est là. Je vais la respecter jusqu’à la fin et j’espère que ça va amener un plus pour le pays et non pas le chaos.
Cette loi pour le redécoupage dormait dans les cartons depuis 2006. Est-ce que comme certains l’affirment, vous pensez que c’est une initiative pour vous évincer de l’un des postes les plus convoités du Congo ?
C’est tout à fait normal que dans une jeune démocratie, les gens commencent aujourd’hui à dire : « non, c’est pour faire partir Moïse Katumbi. » Moi, je ne crois pas que ce soit cela. Il y a d’autres gouverneurs aussi. Dans la vie, il faut savoir partir. J’avais un mandat que je respecte. Si la loi a été promulguée, je suis démocrate et je dois respecter cette loi. Il y a beaucoup de choses à faire dans ce pays.
Vous avez annoncé votre départ aux Katangais la semaine dernière. Comment est-ce que vous envisagez la suite de votre carrière politique ? Vous allez vous battre à l’intérieur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) ou à l’extérieur ?
Je suis membre de la majorité présidentielle et je suis membre du PPRD. J’ai toujours dit [que] s’il y a quelque chose qui ne va pas, je le dirai dans mon parti et je resterai dans mon parti. S’il y a des choses à améliorer, c’est dans le parti. C’est ça un parti politique. Quand on était à l’internat, le prêtre nous apprenait à être honnêtes et à être francs, avoir un franc-parler. Et j’ai grandi comme ça.
Si l’on parle de franc-parler, justement est-ce qu’il y a un combat à mener au sein du PPRD contre un troisième mandat ?
Il n’y a pas de troisième mandat parce que, je crois, le calendrier est sorti. Le président Joseph Kabila n’a jamais déclaré qu’il serait candidat pour un troisième mandat. Je crois au PPRD, c’est un parti politique. Il y a aura bientôt son congrès. Le PPRD est là pour faire respecter la démocratie. Donc si je suis dans ce parti, c’est pour faire respecter la démocratie. Il y a aussi des gens dans le PPRD qui ne voudront pas faire respecter la démocratie. C’est ça un parti politique. Et il faut en interne discuter, voir le pour et le contre.
Vous avez annoncé votre départ. Quelle est la suite que vous envisagez pour votre carrière politique ?
Je veux prendre un petit temps de repos. Je veux faire un safari, le tour du Congo. Pour moi, ça serait quelque chose de bien. Je prends un petit repos, le temps de réfléchir. Mais je continuerai à servir cette population. Ce n’est pas parce que je quitte la politique que je vais oublier cette population. Cette population m’a beaucoup soutenu. Et aujourd’hui, si le Katanga est une province pilote de la République démocratique du Congo, ce n’est pas grâce à Moïse Katumbi, c’est grâce à la population katangaise.
Ce tour du Congo dont vous parlez, ça pourrait être une possible campagne ?
Non, pas du tout. Le président de la République a encore un mandat. Dans le temps, quand je faisais le tour du Congo, pourquoi on ne me soupçonnait pas de faire une campagne présidentielle ? Je ferai le tour du Congo, des infrastructures réalisées dans notre pays. La beauté de notre pays, ce n’est pas en restant chez moi à la maison que je peux la voir.
Cette pause, vous l’envisagez jusqu’à quand ?
C’est une pause que je prends le temps de réfléchir. Le jour où j’aurai terminé avec ma petite pause, s’il y a des choses à annoncer, je le ferai.
La question qui brûle les lèvres de tous les Congolais : est-ce que vous allez être candidat à la présidentielle en 2016 ?
En tout cas, c’est la même question [rires] qui revient de temps en temps avec tous les journalistes. Le président Kabila a un mandat légitime. Il lui reste encore plus ou moins deux ans. Nous devons accompagner le président de la République pour bien terminer son mandat, nous les Congolais, l’aider à développer ce pays. C’est lui qui a apporté la démocratie dans notre pays. Avant son arrivée, il n’y avait pas d’élection libre et démocratique. Donc le président a un mandat, mais nous ne devons pas envier le mandat du président.
Pour rester sur un terrain que vous appréciez, est-ce qu’en 2016 vous pensez être titulaire ou remplaçant sur le banc de touche ?
Je ne peux pas penser aujourd’hui à 2016 parce que je suis en train de terminer mon mandat et il y a toujours aussi le mandat qui court du président Joseph Kabila. Il y a aussi le congrès du parti à venir. Il y a aussi beaucoup de choses d’ici deux ans q ui peuvent arriver dans le pays, et jusque-là c’est lui qui est élu. Pour le moment, voyons comment soutenir le président pour bien terminer son mandat. C’est le plus important.
RDC : des militants congolais arrêtés à Goma
Le Monde.fr avec AFP Le 17.03.2015

Une dizaine de militants congolais de l’organisation Lutte pour le changement (Lucha) ont été arrêtés mardi à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour avoir protesté devant les locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR) qui détient un des leurs à Kinshasa.
Deux ressortissants belges ont également été pris à partie par les forces de l’ordre, selon un militant de Lucha qui a demandé l’anomymat. « Il y a douze militants de Lucha qui viennent d’être arrêtés à l’ANR de manière très brutale. Ils sont allés là-bas (…)demander la libération immédiate et sans condition de Fred Bauma et des autres militants pro-démocratie » arrêtés dimanche à Kinshasa, a déclaré à l’AFP le militant. « Ils demandaient aussi que le gouvernement garantisse la liberté des droits et libertés fondamentaux des citoyens congolais », a ajouté cette source, affirmant que Lucha avait « informé la mairie » qu’elle tiendrait mardi matin une « manifestation tout à fait pacifique ».
« Interpellation d’une dizaine » de militants
Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale, a pour sa part confirmé à l’AFP l’« interpellation d’une dizaine » de militants. Selon la source de la Lucha, deux ressortissants belges, dont une « chercheuse » qui a été « blessée » puis « hospitalisée », ont été pris à partie par les forces de l’ordre.
« Je peux confirmer que deux Belges à Goma étaient présents [lors du sit-in]. L’ambassade est au courant, on fait le suivi proche de toute cette affaire », a déclaré une source à l’ambassade de Belgique à Kinshasa, sans plus de commentaire. Samedi, des militants du mouvement sénégalais Y’en a marre, burkinabé Balai citoyen et de Lucha avaient organisé à Kinshasa une rencontre destinée à sensibiliser la jeunesse sur les questions de gouvernance et de démocratie. Dimanche, les organisateurs ont tenu une conférence de presse mais les forces sont intervenues pour arrêter une trentaine de personnes, selon des témoins. Le groupe a été conduit au siège de l’ANR, dans le nord de Kinshasa.
Trois journalistes français (AFP, RTBF, BBC), deux journalistes congolais (BBC et Antenne A), un Français qui participait à l’organisation de la rencontre et un diplomate américain avaient été arrêtés. Tous ont été libérés dans la soirée mais, lundi soir, le journaliste d’Antenne A restait détenu.
Parmi les militants toujours détenus lundi figuraient des Congolais, dont Fred Bauma de Lucha, le Burkinabé Sidro Ouedraogo de Balai citoyen, ainsi que les Sénégalais Fadel Barro, meneur charismatique de Y’en a marre, Aliou Sané et le rappeur Fou malade.
Les arrestations ont été dénoncées par plusieurs associations congolaises, sénégalaises, burkinabés et non africaines, qui ont demandé la libération des personnes détenues.
Y’en a marre, un mouvement formé par des jeunes, dont des rappeurs, a été à la pointe du combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).
Balai citoyen voulait pour sa part empêcher le président Blaise Compaoré, en poste depuis 27 ans, de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat. Fin octobre 2014, M. Compaoré a abandonné le pouvoir sous la pression de la rue.
En RDC, le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, ne peut pas briguer un nouveau mandat en 2016, mais l’opposition soupçonne son camp de chercher les moyens de le maintenir au-delà du terme de son quinquennat. La situation a créé de vives tensions
COMMUNIQUÉ DE PRESSE de l’Ambassade des USA à Kinshasa
Arrestation d’un diplomate américain à Kinshasa – 17 03 15

Le directeur de la division Démocratie, Droits et Gouvernance de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), Kevin Sturr, a été détenu par les autorités congolaises avec des journalistes et d’autres personnes ayant participé à une conférence de presse qui s’est tenue à Masina, le dimanche 15 mars. Bien que nous n’ayons pas été officiellement informés de la raison de sa détention, nous tenons à signaler que M. Sturr participait à un point de presse portant sur un événement de la société civile qui a rassemblé des jeunes Congolais et certains jeunes activistes du continent en vue d’un échange d’idées sur l’importance de l’engagement citoyen dans le processus politique. Un concert d evait se tenir après la conférence de presse.
Cet événement, sponsorisé en partie par le gouvernement des Etats-Unis, est l’une des diverses activités que le gouvernement américain soutient et auxquelles prennent part les jeunes et la société civile, dans le cadre de notre engagement global visant à encourager la prise en compte d’un large éventail d’opinions. Ces groupes de jeunes connus, respectés et non-partisans et les organisateurs des événements de ce weekend comptaient promouvoir la participation de la jeunesse congolaise au processus politique et encourager les jeunes à exprimer leurs points de vue sur les questions qui les concernent. Des membres du gouvernement congolais et des partis de la coalition au pouvoir étaient invités et certains d’entre eux étaient présents lors de cet événement.
RDC: libération des militants arrêtés à Goma et d’un journaliste à Kinshasa
AFP 18 MARS 2015
Une dizaine de militants du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) arrêtés mardi à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont été libérés, a-t-on appris mercredi de source officielle, ainsi qu’un journaliste congolais à Kinshasa, selon sa chaîne.
Les militants de Lucha avAaient manifesté pour demander la libération d’activistes africains arrêtés dimanche à Kinshasa lors d’une rencontre sur la bonne gouvernance et la démocratie. «Ils sont venus assiéger le siège de l’ANR (l’Agence nationale de renseignement)» qui les a «interpellés» mais après «vérification par les services» concernés, «les neuf [militants] ont été libérés hier (mardi) vers 17h00 (15h00 GMT)», a déclaré à l’AFP Julien Paluku, gouverneur de la province du Nord-Kivu. La Lucha a confirmé sur Twitter la libération de ses militants qui ont, selon elle, «subi la torture et du chantage par les agents de l’ANR». Leur arrestation s’était déroulée de manière brutale selon des témoins.
A Kinshasa, un journaliste de la chaîne congolaise privée Antenne A, Eric Izami, arrêté avec les activistes africains, a également été libéré mardi soir, a annoncé la chaîne. Les militants sénégalais et burkinabè arrêtés dimanche, avec une trentaine d’autres personnes – dont des journalistes étrangers et un diplomate américain, rapidement libérés -, appartiennent aux mouvements «Y’en a marre», acteur majeur du combat contre un troisième mandat du président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012), et «Balai citoyen», en pointe dans la «révolution» qui a chassé le président burkinabè Blaise Compaoré en octobre 2014. Le gouvernement congolais les accuse de s’être livrés à la «préparation d’actes de violence».
Après la libération des militants de Lucha, la situation restait tendue à Goma.
«Nous allons poursuivre des actions pacifiques jusqu’à la libération de Fred Bauma (membre de la Lucha) et de tous les autres militants détenus à Kinshasa», a promis la Lucha sur Twitter. L’organisation a dans la foulée annoncé qu’un sit-in était en cours devant le gouvernorat et qu’une «grève (était) enclenchée à l’université de Goma». «La détention d’activistes pro-démocratie (..) est le tout dernier signe alarmant de la répression de manifestations pacifiques avant le scrutin présidentiel de l’année prochaine» et «le signe d’une répression inquiétante de la liberté d’expression et de réunion en RDC», a déclaré mercredi l’organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch.
L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a dénoncé pour sa part «le resserrement des libertés publiques, les arrestations et détentions arbitraires qu’opère de plus en plus l’ANR», exigeant que «le gouvernement fasse sanctionner les responsables pénalement et/ou disciplinairement».
Le climat s’est fortement crispé en RDC depuis des manifestations violentes du 19 au 22 janvier qui ont fait, essentiellement dans la capitale, entre 27 et 42 morts, selon les sources. Les contestataires dénonçaient un projet de révision de la loi électorale qui aurait permis de prolonger le mandat du président Joseph Kabila après la fin 2016, date de la fin de son quinquennat, alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat.

© CongoForum, le samedi 21 mars 2015

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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