04-04-15/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI

4 avril 2015

Actualités

( CongoForum)
JP Bemba devrait sortir très bientôt de la CPI. Le gouvernement provincial dote la Rtnc d’un bâtiment moderne et approprié à Goma. Cette information intéresse le monde des médias. JKK a tiré le bilan de sa présidence du COMESA.
Bemba
La République titre en manchette « Le verdict renvoyé au 16 avril : Jean-Pierre Bemba à la porte de sortie ». Toutefois, quelques accrocs seraient signalés à la suite d’une discordance entre l’avocat de Jean-Pierre Bemba qui devrait recouvrer sa liberté et le procureur de la CPI. Selon ce journal, Bemba refuserait de signer l’accord lui proposer par la CPI à ne pas poursuivre le procureur et renoncer à des avantages ou dommages-intérêts qu’il exigerait auprès du procureur.
RTNC/Goma
« Nord-Kivu : le gouvernement provincial dote la Rtnc d’un bâtiment moderne et approprié à Goma ».
Cette information émane du site web de la province du Nord-Kivu, le chef de l’Exécutif provincial du Nord-Kivu, l’honorable Julien Paluku, promet de se pencher également sur le cas l’Agence congolaise de presse (ACP), pour qu’elle soit également dotée de ses locaux appropriés.
Comesa
Avec l’ACP le Vif du Congo titre dans son n°23 «Comesa : Joseph Kabila passe le flambeau »
« Le Président de la République et Président en exercice du Comesa (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) depuis le 26 février 2014, a passé le flambeau, lundi 30 mars 2015 à Addis Abeba au Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. C’était à l’ouverture du 18ème sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de cette organisation sous-régionale qui s’est tenu sous le thème : « Pour une industrialisation inclusive et durable ». Plusieurs Chefs d’Etat et de gouvernement se sont succédé à la tribune, avant l’annonce par le Président Joseph Kabila de la composition du nouveau bureau du COMESA. Au cours de ce Sommet, le Président Joseph Kabila Kabange, Président sortant du COMESA a passé le flambeau à son successeur, le Premier ministre de la République fédérale démocratique d’Ethiopie, Hailemariam Desalegn, à qui il a aussi remis les symboles du pouvoir.
Dans son discours d’acceptation, le président entrant du COMESA a remercié ses pairs d’avoir jeté leur dévolu sur sa personne, avant de s’engager à ne pas s’écarter des objectifs que cette organisation régionale s’est fixés.
Le Président Joseph Kabila se félicite des progrès remarquables réalisés dans la mise en œuvre de la plupart des programmes du COMESA et des progrès notables accomplis dans la mise en œuvre de la plupart des programmes du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), durant la brève période des douze mois qu’il a passée aux commandes de cette organisation régionale.
JKK qui s’exprimait, lundi, du haut de la tribune de la Conférence de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie, devant les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du COMESA, a cité en particulier l’engagement d’un nombre croissant d’Etats membres dans la mise en œuvre de la stratégie et des principes du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine.
Il a en outre fait état de l’obtention par six Etats de la région des financements auprès du Programme mondial pour la sécurité alimentaire se chiffrant à 254 millions USD, afin d’améliorer leur production agricole à travers le développement de l’irrigation et des chaines de valeur. Il s’est, par ailleurs, réjoui de constater que concernant le secteur des infrastructures et de l’énergie, la dépendance de la région du COMESA des partenaires bilatéraux et multilatéraux traditionnels est en train diminuer grâce aux nouvelles possibilités de mobilisation de financements offertes par les économies émergentes, aux propres marchés intérieurs et au marché obligatoire du COMESA. « Ainsi, pour la seule année 2014, certains de nos Etats ont émis des obligations d’infrastructures d’une valeur totale de 12,4 milliards USD, obligations qui ont toutes été souscrites », a-t-il déclaré, estimant que l’appel destiné à imaginer des moyens innovants pour financer les infrastructures de la région a été entendu.
Au sujet de la Zone de libre-échange, le Chef de l’Etat a soutenu que de 19 milliards USD en 2013, le commerce intra-COMESA a atteint 22 milliards USD à fin 2014, alors que qu’au lancement de la Zone de libre échange du COMESA en 2000, le commerce entre les Etats du COMESA ne représentait que 3 milliards USD. De 2014 à 2015, les banques centrales des pays membres du COMESA qui utilisaient les chambres de compensation pour les paiements effectués par leurs importateurs sont passées de deux à cinq. « Il importe de noter qu’en 2014, la valeur totale des importations intra-COMESA s’élevaient à 10 milliards USD, tandis que les paiements effectués au titre de lettres de crédit se chiffraient à près de 450 millions USD », a-t-il noté.
Au sujet de l’harmonisation des règlementations et de normes en matière des transports, JKK a donné l’exemple de la RDC où il a été lancé le système virtuel de facilitation du commerce du COMESA dans tous les corridors de commerce ayant ainsi entrainé une nette diminution de temps d’attente aux frontières et l’amélioration de la perception des recettes. D’autres innovations apportées en 2014 sous l’impulsion du Présiden t Joseph Kabila sont notamment la mise au point du régime commercial simplifié, l’ouverture de 27 guichets d‘information sur le commerce transfrontalier fournissant des informations particulièrement utiles aux acteurs de ce commerce. « Cette innovation présente l’avantage additionnel d’aider à rencontrer la préoccupation d’autonomisation économique des femmes qui est centrale à la stratégie d’intégration et réduction de la pauvreté de notre région », a-t-il lancé.
Répression et affaires électorales
La République titre « Comme Olenghankoy pour Mobutu : Kamerhe réclame l’isolement de Kabila ! ».
Selon La République, Vital Kamerhe n’a tiré aucun enseignement de l’isolement diplomatique du Maréchal Mobutu, dont se vantait dans les années 90, un certain Joseph Olenghankoy. Intervenant dans La Libre Belgique, le président national de l’UNC, Vital Kamerhe a déclaré que sous Mobutu, l’Europe avait réagi après le massacre d’étudiants à Lubumbashi. C’est ainsi qu’il veut des sanctions, notamment des restrictions de visa contre les principaux responsables de la répression des manifestations contre la loi électorale en janvier dernier en Rdc.
Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu’une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l’annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir pour les fraudeurs !
Presse et documents étrangers
Monusco, un an de plus pour quoi faire ?
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 29 mar 2015
La mission de la Monusco a été reconduite d’un an par les Nations unies au Congo. Un nouveau mandat qui ne tient pas compte des erreurs du passé et un délai qui semble insuffisant pour assurer la sécurité et le soutien nécessaire aux prochaines élections.
Depuis 15 ans, la présence des casques bleus en RDC cristallise à elle seule toute la complexité de la crise congolaise. Avec une question récurrente : jusqu’à quand doit rester la Monusco ? Depuis plusieurs années, les autorités congolaises font le pressing pour s’affranchir de la tutelle onusienne, plutôt encombrante à ses yeux. Mais la situation sécuritaire toujours fragile et le climat politique délétère qui règne en RDC ne plaide pas en faveur de Kinshasa qui souhaiterait pourtant voir les casques bleus partir au plus vite – voir notre article. Le Conseil de sécurité de l’ONU a tranché le 26 mars 2015 en prolongeant d’un an le mandat de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monusco) et de sa Brigade d’intervention, tout réduisant ses effectifs de 2.000 soldats. Un compromis en demi-teinte qui, au final, ne semble satisfaire personne.
Une réussite et des échecs
Trois cibles prioritaires ont été définies par le Conseil de sécurité pour les 24 mois de mission de la Monusco : la protection des civils, le soutien aux élections et à la mise en oeuvre des accords d’Addis-Abeba entre les rebelles du M23 et le gouvernement, signé en février 2013. Sur ces trois objectifs, le bilan de la mission de l’ONU au Congo est plutôt mitigé. Concernant la protection des civils, la plus grande réussite de la Monusco est sans doute la création de la brigade d’intervention (FIB) et la défaite de la rébellion du M23, fin 2013. L’idée d’une force plus « agressive » et « offensive » a démontré son efficacité. Seul problème : la collaboration de la FIB et de l’armée congolaise s’est arrêtée après la chute du M23. La lutte contre les rebelles rwandais des FDLR s’effectue sans la présence des casques bleus qui ont décidé de ne pas participer à l’opération pour protester contre la nomination de généraux congolais accusés d’exactions. Dès lors, la Monusco est retombée dans son rôle d’observateur, très contesté par la population, qui ne comprend pas la passivité des casques bleus. Car les massacres de civils ne se sont pas arrêtés après la reddition du M23. Une trentaine de groupes rebelles sévissent toujours à l’Est de la RDC… et les tueries continuent.
Efficacité limitée
Dans la région de Beni, au Nord-Kivu, des assaillants ont attaqués à plusieurs reprises la ville, à l’automne 2014, faisant environ 300 morts. Des tueries à répétition qui se sont déroulées dans des zones où les casques bleus et l’armée congolaise étaient pourtant présents. L’incompréhension et la colère se sont emparées de la population qui a violemment manifesté sa détresse devant le cantonnement de la Monusco à Beni. Les casques bleus sont accusés de rester trop « passifs » dans les territoires qu’ils sont censés contrôler – voir notre article. Au lieu de lutter contre les groupes armés, toujours aussi nombreux dans l’Est du pays, la Monusco ne fait que « figer » la situation sécuritaire plutôt que de résoudre le problème. Autre faiblesse : le désarmement des milices a été plus que timide et jamais contraint par la force. Bilan : quelques centaines d’armes ont été récoltées…une goutte d’eau dans un océan. L’insécurité permanente qui règne au Nord-Katanga, avec la présence de rebelles sécessionnistes (Bakata Katanga) est encore une preuve de la faible efficacité de la Monusco et de l’incapacité chronique de l’armée congolaise a assurer un semblant d’ordre sur le territoire. Pourtant, les autorités congolaises souhaitent voir les casques bleus boucler leurs bagages rapidement. Depuis la « victoire » sur le M23, Kinshasa promet la montée en puissance de l’armée congolaise sur le terrain et espère ainsi s’émanciper d’une tutelle internationale trop « pesante » pour le régime. La majorité du président Joseph Kabila désire en effet voir reconduire son poulain à la tête du pays, malgré un verrou constitutionnel qui interdit au Chef de l’Etat de se représenter en 2016. Le pouvoir en place, verrait donc d’un très bon oeil l’ONU réduire sa voilure au Congo. Une demande partiellement acceptée, avec une réduction de 10% des effectifs de la Monusco.
Fraude électorale ?
Dans le nouveau mandat de la Monusco, qui court jusqu’en mars 2016, l’ONU met également l’accent sur le soutien aux futurs élections. Une aide cantonnée à l’organisation et à la logistique. Là encore, le mandat de la Monusco est en demi teinte. Premier bémol : il ne couvrira pas la prochaine élection présidentielle, fixée normalement en novembre 2016. Et si le calendrier venait à glisser, comme le redoutent la plupart des observateurs, la Monusco devrait donc prolonger de nouveau son mandat. Question : pourquoi ne pas avoir voté une reconduction de 2 ans dès aujourd’hui ? Deuxième bémol et sans doute le plus important : le rôle ambigüe de la Monusco pendant les élections. Si le Conseil de sécurité demande aux casques bleus d’assurer « la transparence et la crédibilité du processus électoral », force est de constater qu’en 2011, la participation de la Monusco à l’organisation du scrutin présidentiel n’a pas permis les « irrégularités et les fraudes massives ». Un « chaos électoral » qui a fait dire à l’Union européenne que les résultats des élections de novembre 2011 n’étaient tout simplement « pas crédibles », ouvrant une crise politique qui perdure. Plusieurs partis d’opposition avaient d’ailleurs dénoncé « la participation de la Monusco à la fraude électorale ». Mais si la présence de l’ONU ne signifie pas nécessairement la « réussite du scrutin », sa participation logistique semble indispensable au vu des infrastructures de communication souvent inexistantes en RDC.
Répression politique
Dans le domaine des droits de l’homme, de la liberté de la presse et d’expression, là encore l’efficacité de la Monusco est restée très limitée. La présence des casques bleus n’a pas empêché la trentaine de morts après les élections frauduleuses de 2011 et les 42 morts recensés par les ONG après les violentes manifestations contre la loi électorale de janvier 2015. La répression politique n’a jamais été aussi forte en RDC. Plusieurs leaders politiques sont actuellement emprisonnés dans des conditions litigieuses : Diomi Ndongala, le patron de la Démocratie chrétienne, proche d’Etienne Tshisekedi, d’abord enlevé, puis arrêté dans un étrange affaire de viols sur mineures ; Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’UNC, parti de Vital Kamerhe ; Jean-Claude Muyambo, accusé d’affaires frauduleuses juste après avoir critiqué Joseph Kabila ; ou l’activiste Christopher Ngoyi détenu au secret. Si les casques bleus ne peuvent évidemment pas s’immiscer dans les affaires judiciaires congolaises, leur présence n’empêche pas les rafles d’opposants, comme celle des activistes de Y’en a marre, Balai citoyen, Filimbi et de la Lucha il y a deux semaines. Si le patron de la Monusco, Martin Kobler, proteste régulièrement contre les violations des droits de l’homme, ses recommandations sont le plus souvent restées lettre morte.
Dernier rempart
Les Congolais sont, à juste raison, très critiques envers la Monusco, et beaucoup se demandent si la situation serait meilleure sans les casques bleus. A cette question, la majorité des ONG et des organisations de la société civile et des droits de l’homme répondent par la négative et plaident pour la reconduction et même le renforcement de la Monusco. Car, si les populations sont souvent en colère contre des casques bleus qui « ne font rien », elles sont les premières à se plaindre lorsqu’une base de la Monusco quitte leur région. La présence des casques constitue une sorte de « dernier rempart » dans la tension sécuritaire permanente qui règne en RDC. Une digue que souhaite faire sauter Kinshasa pour pouvoir manoeuvrer politiquement à sa guise, loin du regard de la communauté internationale. Au final, la problématique de la Monusco n’est ni la durée de son mandat, ni son nombre, ni son coût (certes élevé), mais celle de son efficacité auprès des populations. Et, force est de constater que la répartition des troupes (souvent incompréhensible dans certaines zones), et leur efficience à combattre les groupes armés (la plupart du temps proche de zéro) doivent être réexaminées. Hélas, ce qui n’a pas été possible hier paraît bien peu réalisable aujourd’hui et le nouveau mandat de la Monusco, ne semble toujours pas tenir en compte des erreurs du passé. Pourtant, pour être tout à fait honnête avec le bilan de la mission des Nations unies au Congo, il est un point qui met tous les observateurs d’accord : si les casques bleus ne sont pas encore parvenus à ramener la paix sur l’intégralité du territoire, ils ont le plus souvent évité le pire.

Fosfom: dix ans d’une nouvelle forme de coopération médicale
Colette Braeckman – Le Soir – 30 mars 2015
Ils sont rentrés en Arménie, en Algérie, au Cameroun, au Liban, au Maroc et ailleurs encore et curieusement, ces médecins, brillants spécialistes en leurs domaines respectifs, ont le même sourire. Un sourire qui exprime la foi en la vie, la confiance en soi, l’ouverture aux autres et la tolérance… Le point commun qui unit ces stagiaires, c’est qu’ils sont tous passés par l’ULB, qui leur a organisé des stages dans ses divers hôpitaux et services. Le programme Fosfom (Fonds de soutien à la Formation médicale) a ainsi organisé plus de 800 stages dont ont bénéficié des étudiants en médecine venus du monde entier. Ils ont ainsi complété leur spécialisation, acquis un bagage technologique, scientifique qu’ils ont ramené dans leur pays d’origine. Mais surtout, durant leur séjour en Belgique, ils ont eu l’opportunité de partager des valeurs et de nouer des amitiés qui les accompagneront leur vie entière, comme le plus beau des bagages…
Durant 44 jours de tournage, le cinéaste Yvon Lammens s’est attaché à retrouver ces « anciens » d’un type différent : ils les a filmés à Bruxelles, un peu, et dans leur pays, beaucoup. Doté de beaucoup d’empathie et de chaleur humaine, le réalisateur a montré combien ces jeunes médecins, futurs cadres dans leurs pays respectifs, avaient su ramener l’essentiel, au-delà du bagage scientifique : un esprit de tolérance et d’ouverture, à l’image de Bruxelles, cette ville qu’ils ont appris à connaître, melting pot de 150 nationalités…
A l’occasion des dix ans de Fosfom, cette coopération médicale d’une autre génération, le film d’Yvon Lammens sera présenté ce jeudi à 18 heures à l’Académie royale de Belgique et il illustrera ce nouveau visage de la coopération universitaire médicale…
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La genèse du film “l’homme qui répare les femmes”
Colette Braeckman – Le Soir – 30 mars 2015
L’avant première du film “l’homme qui répare les femmes” vient d’avoir lieu en Belgique: à Bruxelles, Louvain la Neuve, Liège, Ath, un public très ému a salué ce documentaire mais surtout a ovationné le docteur Mukwege qui avait accepté d’assister au lancement d’un film dont il est le personnage principal, mais pas le seul héros. Car le véritable héros de ce documentaire, c’est le peuple congolais: le film montre les débuts de la guerre en 1996, recueille des témoignages jusqu’à présent inédits à propos des massacres, et surtout illustre l’immense courage, la résilience des femmes congolaises: refusant d’être victimes, elles finissent par reconstruire leur vie après que leur corps eut été “réparé. Grâce à elles, le film n’est pas négatif ou misérabiliste: il se veut un gage d’espoir en l’avenir, il donne l’image d’un peuple debout…
Comment ce tournage a-t-il réalisé sur le terrain? Voici quelques épisodes de cette aventure…
Avant de nous retrouver autour d’un projet commun, Thierry Michel et moi avons longtemps suivi des désirs parallèles : faire mieux connaître un homme qui, dans la ligne d’un Floribert Chebeya, représente un véritable héros congolais, montrer que le Docteur Mukwege, loin d’être isolé, est à la fois le produit et l’expression de la résistance d’un peuple face à la guerre et à l’exploitation…Il nous fallut des mois pour nous convaincre d’unir nos efforts et d’autres mois encore pour persuader ceux qui tenaient les cordons de l’aide financière et pour rassurer les autorités congolaises quii nous ont finalement permis de filmer sans entrave aucune, dans un climat de liberté que Thierry Michel avait rarement connu…….Ce long délai nous permit aussi de mieux connaître l’homme qui allait devenir le fil conducteur de notre histoire à quatre mains…Il nous permit aussi de convaincre les autorités congolaises d’accorder enfin à Thierry Michel le visa qui, durant plusieurs années, lui avait été refusé.
Pour ne pas prendre de risques, l’équipe, débarquant à Bukavu en mai 2014, décida cependant de louer une maison au bord du lac. Thierry, avant d’empoigner sa caméra, se révéla alors un maître en logistique…A chaque fois qu’il pénétrait dans une boutique, achetant moustiquaire, casserole, détergent, cafetière, Patrick, notre indispensable assistant congolais, murmurait : « il présente une véritable liste de mariage… ». Cette liste s’avéra bien utile lorsque le soir, à la fraîche, alors que moteurs et caméras rechargeaient leurs batteries, que les ordinateurs tournaient et que, juchée sur le toit, la génératrice buvait de grandes lampées de pétrole, l’équipe se retrouvait enfin au calme, avec le sentiment de se sentir chez soi, verre en mains…
Pénétrer avec Thierry Michel dans l’enceinte de Panzi, c’est autre chose qu’y déambuler avec son seul bloc note…. A la seule vue de la camera, les curieux se rapprochent, tout le monde se pousse pour être dans l’image. Mais en même temps, les interdits pleuvent : pas de visages, pas de gros plan, pas de pasteur pratiquant imposition des mains ou harangue charismatique. Rien d’autre qu’une image aseptisée, que des plans où l’on distingue les docteurs Mukwege et Cadière en salles d’opération, penchés sur des silhouettes non identifiables……
En fin d’après midi, l’équipe venue de l’hôpital Saint Pierre, qui a opéré sans désemparer, de 7heures 30 du matin jusque 18 heures, laisse filtrer quelques murmures : « nous allons finir par créer le syndicat des médecins blancs… »Tous sont épuisés, et lorsque Mukwege sort de la salle d’opération, il a les larmes aux yeux : « je ne m’habituerai jamais à opérer une gamine de quatre ans, qui ne pourra jamais enfanter… »
Le lendemain, devant une assemblée de notables, réunis à Kavumu, le docteur raconte qu’il a opéré « avec des larmes dans les yeux »…Pendant la réunion, caméra à l’épaule, Thierry s’affaire. Il fixe les masques burinés des uns, la solennelle hypocrisie des autres, les femmes qui brandissent un calicot proclamant » depuis toujours combattues, parfois battues, jamais abattues, gloire à Dieu… »
Deux jours plus tard, branle bas de combat : pour la première fois, sous la protection des Casques bleus égyptiens, le docteur a accepté de revenir à Lemera, cet hôpital du Sud Kivu où il a passé ses quinze premières années de vie professionnelle. Comme l’ONU n’attend pas, nous avons failli manquer le départ car Jean-Pierre notre chauffeur a oublié de mettre son réveil. Les portables crépitent : « vous êtes à quel niveau ? On arrive, on est déjà là…» Finalement, le convoi se met en route. La piste déroule ses ornières rouges, le docteur rêve tout haut en regardant la Ruzizi qui serpente dans la vallée « les habitants de ces trois pays sont faits pour vivre en paix… »
Fasciné par le paysage grandiose, Thierry se prend pour Cecil B de Mille et il n’hésite pas à demander au docteur de prendre la pose, de présenter son meilleur profil, de réfléchir à voix haute. Amusé, extraordinairement patient, Mukwege accepte les injonctions…
A Lemera, où commença par un massacre la première guerre du Congo, en 1996, le docteur se penche sur un morceau de pelouse plus vert que les autres « c’est ici qu’ont été jetés les corps de mes malades, arrachés à leurs lits, jamais déterrés ni inhumés… »
Quelques jours plus tard, nous voilà enfournés dans une jeep, direction Walungu. Camera, micro, pied, sacoche, lunettes, casquette, Thierry n’en finit pas de récapituler tout ce qui lui est indispensable et qu’il risque d’oublier. Lorsqu’il s’arrête à hauteur du marché, pour quelques menues emplettes qui rempliront le coffre, Patrick s’esclaffe : « le mariage continue, le shopping aussi… »
Cette mise en commun du pain, de l’eau, des fruits crée une bonne ambiance entre notre équipe et les femmes qui nous accompagnent, des dirigeantes de Sarcaf qui nous emmènent à Cangombe.
Nous sommes attendus par des villageoises qui sont rentrées après s’être fait soigner à Panzi. Avec un courage inouï, ces anciennes victimes miment les circonstances de leur viol et leur fuite dans la forêt et elles racontent comment la vie a repris. Par moments, elles semblent danser leur douleur, la transformer en énergie… De telles scènes, Thierry tient à les filmer lui même, camera à l & rsquo;épaule et tant pis pour les crampes et la fatigue, ces images là seront signées…
Au retour, le fou rire secoue la jeep car Thierry croit avoir retenu une phrase fétiche en swahili, qu’on lui a enseignée au Katanga et il la répète à l’envi… Les femmes se tordent et consentent enfin à traduire « en fait, ce que vous dites, c’est que « les Blancs sont des idiots »… On vous a mené en bateau… »
Lors de notre deuxième séjour, trois mois plus tard, tout a changé : la lumière est plus crue, l’herbe a roussi. Comment ajuster les images et donner un sentiment de continuité,
Cette fois, nous ne passons guère de temps à Panzi, où il est de plus en plus difficile de filmer. Nous préférons mettre le cap sur les villages de l’intérieur, Mwenga, Kaniola, Kassika, ces lieux passés à l’histoire en raison des atrocités qui s’y déroulèrent. On nous attend, car personne n’est jamais venu filmer jusqu’ici.
A Kaniola, des femmes chantent en descendant dans la modeste crypte où s’affichent les noms de centaines de victimes. Un homme nous raconte, à Mwenga, comment son épouse fut enterrée vive, les plaies couvertes de pili pili. Le curé en soutane blanche nous emmène dans la petite école et nous montre 36 enfants nés du viol, se demandant qui se souciera jamais d’eux…
La camera tourne, on oublie la pluie du soir qui s’annonce. Soudain, diluvienne, l’averse recouvre la piste d’une sorte de boue rouge aussi glissante que du savon de Marseille. La jeep tangue, glisse, s’écarte du précipice et soudain s’enfonce dans un fossé, côté colline.
Au Congo tout s’arrange : alors que nous nous préparons à passer la nuit recroquevillés dans le véhicule, nous apprenons que l’épouse du Mwami nous a préparé un casse croûte, que le tracteur offert par le président Kabila à chaque collectivité va être utilisé pour nous désembourber…
Croire que Thierry et moi allons nous contenter de cette modeste victoire sur les éléments pour regagner Bukavu, c’est mal nous connaître. Notre intention réelle est de visiter un camp où sont rassemblés les rebelles hutus désarmés et nous en avons été empêchés pour d’obscures raisons administratives. Qu’à cela ne tienne, nous appellerons Bukavu, Kinshasa, New York, la terre entière s’il le faut pour décrocher les indispensables autorisations. A l’aube, tout semble débloqué. Mais un officier sud africain de la Monusco demeure bien décidé à nous empêcher de travailler. Nous décidons alors de faire un aller retour à Bukavu, pour une fois encore, frapper à toutes les portes. Finalement on nous permet de visiter le camp pendant une heure, celle où, comme par hasard, tous les occupants du camp assistent à la messe…
L’image, c’est sacré. Malgré l’existence d’archives innombrables, Thierry tient à filmer lui-même une mine. Il veut s’y glisser, lampe vissée sur le front, tient à se mêler aux creuseurs ébahis. Des femmes acceptent de porter notre barda dans la montée et la descente. Au retour, avec Thierry couvert de boue et d’estafilades, nous nous arrêtons dans le petit campement où des belles, sacoches à l’épaule et talons hauts bien plantés dans la boue, s’emploient à convaincre les creuseurs de dépenser leur pécule. Dès l’aube, la bière coule, la musique est tonitruante. Des commerçants discutent sous une bâche, les chèvres bêlent avant de finir en brochettes. « Ambiance à gogo » dit un jeune homme qui assure payer ses études avec ce qu’il réussit à ne pas dépenser.
Nous étions partis pour filmer les drames, la pauvreté, l’aliénation. Nous étions prêts à nous enfoncer dans la boue et la pluie. Et voilà que nous terminons dans le rire, la musique. Au bord de la rivière, les creuseurs tamisent leur récolte, avec huit spectateurs pour deux hommes au travail. Nous partageons la bière et les brochettes de chèvre, taquinons les jolies emperruquées. Même ici, il y a du réseau, et les creuseurs appellent tous azimuts… Nous aussi, nous donnons des nouvelles. « Ca va ? Oui, un peu. Un peu seulement, un peu beaucoup… C’est le Congo … La vie est là. Elle finira par gagner. »
Les étapes de la reconstruction des femmes du Kivu
Colette Braeckman – Le Soir – 30 mars 2015
Avec ses salles d’opération, ses aires de repos, ses longs couloirs où s’alignent les patientes, Panzi est d’abord une institution médicale. Mais avec le temps, ces lieux où le Dr Mukwege vit pratiquement cloîtré, est aussi devenu un grand village.. Vers les profondeurs des jardins, on distingue une cuisine communautaire et un réfectoire, une vaste pelouse où jouent les enfants, une crèche où des jeunes femmes veillent sur des bambins turbulents…
Dans ce quartier périphérique de Bukavu, Panzi et ses annexes forment une sorte de nébuleuse : grâce aux nombreux prix qui ont récompensé son action, le Dr Mukwege a créé la Fondation Panzi, multipliant activités et services destinés aux femmes (non sans susciter quelques jalousies dans le milieu…)
Si Maman Zawadi, la sœur du Docteur, s’occupe des enfants, Thérèse Kulungu, une ex-avocate venue de Kinshasa, dirige une « clinique juridique » où les femmes victimes de violences sexuelles viennent enregistrer leur témoignage, soigneusement archivé. Faut-il dire que cette « banque de données » reprenant les cas de plus de 40.000 femmes représente aussi une nomenclature des divers groupes armés, qui utilisent chacun des méthodes différentes…
Les juristes de la clinique encouragent les femmes à demander réparation et à porter plainte. « Il faut récuser les « arrangements à l’amiable » explique Me Kulungu. « Ils se concluent le plus souvent au détriment de la victime, par exemple lorsque les parents se contentent de recevoir une chèvre ou une poule pour les dédommager du viol de leur fille…Il arrive aussi que les familles décident de marier le violeur et sa proie, éteignant ainsi la plainte… » L’assistance juridique telle qu’elle est conçue à Panzi vise au contraire à aider la victime à faire valoir ses droits, à saisir les tribunaux afin de lutter contre l’impunité.
Après avoir été soignées, restaurées dans leur intégrité physique, les «femmes de Panzi » apprennent aussi à reconstruire leur vie, y compris sur le plan économique.
On leur enseigne non seulement la couture, la vannerie, activités classiques, mais aussi des rudiments de comptabilité afin de pouvoir gérer un budget, tenir un petit commerce. Mukwege s’émerveille toujours de leur savoir faire : « avec un petit crédit, de 100 ou 200 dollars, ces femmes se lancent. Elles achètent et revendent des légumes puis se construisent un petit logement… »
La « Cité de la Joie » animée par la Belgo Congolaise Christine Schuler-De Schryver vice-présidente de la Fondation Panzi, affiche des ambitions plus vastes encore, inscrites en grandes lettres à l’entrée des bâtiments : « transformer la douleur en pouvoir ». Il s’agît de permettre à des femmes qui ont connu les souffrances les plus extrêmes de redevenir non seulement des personnes à part entière mais aussi de se transformer en leaders d’opinion.
A la « Cité de la joie » sont ainsi admises des jeunes filles sélectionnées dans toutes les provinces du Congo pour avoir été victimes de « violences liées au genre », suivant la terminologie aujourd’hui utilisée.
Durant plusieurs mois, les « élues » suivent des cours de culture générale, apprennent à connaître leurs corps, à se défendre. Elles sont capables de prendre la parole en public, d’animer des réunions. « Lorsqu’elles retournent au village, elles sont transformées » assure Christine De Schryver, « elles sont devenues les ferments du changement social »…
La génération perdue du Kivu
Colette Braeckman – Le Soir – 30 mars 2015
Devant le centre de santé de Kavumu, à 30 km au dessus de Bukavu, du côté de l’aéroport et du camp de démobilisés, un homme erre, hébété. Cikuru ne comprend pas ce qui lui arrive et désigne sa petite maison de torchis, devant laquelle des femmes s’affairent. Elles finissent par en sortir une gamine emmitouflée dans une couverture rêche. La petite a les yeux retournés, elle fixe le vide.
Le père réussit à expliquer que le drame s’est joué au milieu de la nuit : « la maman était absente de la maison, la petite dormait dans une pièce séparée…A l’aube, j’ai été réveillé par des pleurs qui venaient du jardin. Je suis allé voir et j’ai trouvé la gamine, qui n’a que 7 ans, recroquevillée derrière un buisson, du sang entre les jambes. Tout s‘est passé au milieu de la nuit : des inconnus ont pénétré dans la maison, ont été chercher la fille, comme s’ils connaissaient les lieux. Ils l’ont violée à plusieurs puis l’ont ramenée dans notre parcelle… »
Le Dr Tina, adjointe du Dr Mukwege, s’approche prudemment du petit corps recroquevillé. Le constat est aussi rapide que désolant : « la petite a été violée avec une brutalité telle que ses organes génitaux sont pratiquement défoncés. La pénétration a tout brisé. Cette fillette demeurera handicapée à vie… »
Quelques heures plus tard, le Dr Mukwege mesure à son tour l’étendue des dégâts : « cette petite est détruite, il n’y a plus qu’un cloaque… » En pleine salle d’opération, il crie presque, au bord des larmes : « où sont les hommes, ceux qui devraient défendre nos filles et nos femmes ? Comment les mobiliser ? »
Une nouvelle tragédie ravage désormais le Sud Kivu, comme si l’horreur était sans limites : alors que les rebelles hutus sont battus en brèche par une offensive de l’armée gouvernementale, que les diverses milices, poursuivies par les FARDC désarment les unes après les autres, la pratique du viol s’est, si l’on peut dire, démocratisée. Des civils, assurés de l’impunité, se livrent désormais à des agressions sexuelles dont la violence semblait naguère le monopole des groupes armés. Des fillettes mineures sont devenues la principale cible : au cours des dix dernières années, 3457 mineurs victimes de viols, -dont huit garçons- ont été traités à l’hôpital de Panzi et ce nombre augmente d’année en année.
Les statistiques de Panzi révèlent que, bien souvent, les enfants violées reconnaissent en leur agresseur le visage familier d’un voisin, d’un parent. Un civil, un père de famille, ou, très souvent, un jeune démobilisé…
Issus des groupes armés qui ont accepté de se rendre, les jeunes démobilisés pullulent désormais. Certains d’entre eux sont d’anciens enfants soldats, ou des gosses nés du viol, eux-mêmes fruits de la violence. Leur vie s’étant passée au sein des groupes armés, la culture de ces gamins, c’est la brutalité, la loi de la force et lors de leur démobilisation, aucun accompagnement psychologique n’a été prévu.
Rendus à la vie civile, ces jeunes hommes tirent leur subsistance des carrés miniers, se sont transformés en motos taxis, (à Goma seulement ils sont plus de 3500…) Devenus creuseurs, ils sont hantés par toutes les superstitions. Les uns espèrent que violer une enfant mineure les immunisera contre le SIDA, les autres croient que cela leur portera chance et leur permettra de découvrir un filon magique, un gisement d’or ou de coltan…D’autres enfin croient que le viol confirmera leur puissance sexuelle…
Ces jeunes sont la génération perdue du Kivu. Ces enfants de l’après-guerre en portent toutes les séquelles et les transmettent à de nouvelles générations…
« Le passé colonial de la Belgique n’est pas un inconvénient »
Belga – La Libre – 01 avril 2015
Le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a exposé les axes et ambitions de la politique belge de développement lors d’une conférence organisée mercredi à l’Université catholique de Louvain (UCL) et d estinée aux étudiants de droit et de l’Institut d’études européennes. Il a également abordé la relation entre la Belgique et la République Démocratique du Congo (RDC). La coopération au développement de la Belgique, active dans 101 pays au travers de 206 organisations, se base sur « une approche fondée sur les droits humains », privilégie un travail de terrain et mise sur une « croissance économique inclusive et durable ».
Notre pays a « une crédibilité particulière dans plusieurs domaines », a-t-il souligné. « Nous avons un passé colonial, certes, mais aussi une expertise. Nous restons le pays qui connaît le mieux le détail de ce qui se passe dans la région des Grands Lacs. » Ce passé ne doit pas « nous forcer à être prudents. On ne fait pas du développement pour rétablir ce qui a été fait dans le passé. Nous le faisons aujourd’hui parce que nous pensons que le monde peut être mieux. »
Le ministre est ensuite revenu sur les relations entre la Belgique et la RDC. « On parle souvent de l’amitié belgo-congolaise. C’est une bonne chose, mais si ça reste dans les mots, cela ne sert pas à grand-chose », a-t-il déclaré. « Cela doit se traduire par une vraie coopération (…) Nous espérons pouvoir faire un pas dans cette direction au niveau politique congolais. Si ce n’est pas possible au niveau central, nous le ferons via les ONG ou les autorités locales, car il n’est pas question de se retirer du Congo. Nous voulons juste travailler avec des gens qui ont la même volonté que nous. »
Lors d’une récente visite en RDC, Alexander De Croo avait été critiqué pour des propos concernant des « arrestations arbitraires » et des coupures d’internet à la suite des émeutes de janvier. Le ministre a brièvement abordé mercredi cette controverse « beaucoup plus présente en Belgique », « alors que cela n’avait créé aucun malaise lors des discussions entre collègues sur place et avec la société civile », a-t-il déclaré.
A l’avenir, la Belgique souhaite davantage se concentrer sur les pays les moins avancés du « bottom billion », sans perspectives d’avenir, « alors que d’autres organisations quittent » ces Etats, a conclu M. De Croo.
Quand Obama s’en mêle
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – 01 avr 2015
Le président américain a demandé mardi à Joseph Kabila de « respecter la Constitution » et souligné « l’importance de la tenue dans les délais d’élections crédibles« .
De manière régulière, les Etats-unis semble distiller un message unique à destination du président Congolais Joseph Kabila : « respectez la Constitution ». John Kerry avait déjà martelé l’avertissement en mai 2014 à Kinshasa, relayé par Russ Feingold en février : « le transfert de pouvoir doit se faire de manière démocratique » au Congo avait-il déclaré. Cette fois, c’est au téléphone que Joseph Kabila s’est vu signifier le message, de la voix même de Barack Obama. Le président américain a demandé à son homologue africain de « respecter la Constitution » de son pays, dans un contexte politique très tendu en RDC. L’opposition craint en effet que le président Joseph Kabila ne s’accroche à son fauteuil après 2016, date de la fin de son deuxième et dernier mandat. Une modification de la loi fondamentale pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat. Même si cette perspective s’éloigne, après l’exemple malheureux de Blaise Compaoré au Burkina-Faso, beaucoup doutent de la volonté du leader congolais de vouloir partir à l’issu de son mandat.
L’exemple nigérian
Dans un communiqué plutôt explicite, la Maison blanche explique que le président Obama « a souligné l’importance de la tenue dans les délais d’élections crédibles et pacifiques qui respectent la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC)« . Obama a tout de même salué le bilan du président congolais « qui est parvenu à sortir la RDC de la guerre et a placé le pays sur la route d’un progrès démocratique continu que des élections justes et libres de 2016 devraient consolider« . Une conversation et un message qui résonnent particulièrement au moment où le Nigéria, vient de tourner démocratiquement, en toute transparence et sans violence, la page Goodluck Jonathan… visiblement un exemple à suivre.

© CongoForum, le samedi 4 avril 2015

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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