REVUE DE PRESSE CONGOFORUM

24 septembre 2016

Non classé

23-09-16/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)
La presse parue ce vendredi revient sur la conférence de presse du porte-parole du gouvernement, les tractations autour du dialogue politique et la situation sécuritaire à Kananga. Le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta Yango, a décidé d’annuler la marche que la Majorité présidentielle (MP) avait projetée pour ce samedi dans la capitale congolaise. Le sang continue à couler à Beni et vient de couler encore à Kananga. A propos du « dialogue », on commence à se demander si cela a un sens de poursuivre des discussions qui de toute manière ne sont pas inclusives, et s’il ne faudrait pas reprendre les choses à zéro.
Point de presse du ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga
Le Bulletin de l’ACP cite le Ministre : « 32 morts identifiés lors des événements des 19 et 20 septembres 2016, selon le gouvernement ».
Pour L’Avenir, Mende a tranché : « La RDC n’est pas un nouveau département d’outre-mer».
Ce journal trouve que le ton, le temps et même la détermination affichée pour parler de ces tristes événements du 19 et 20 septembre dans la capitale congolaise, ont été mal au point, en tout cas, loin de venir d’un Chef de l’Etat d’un pays démocrate comme la France, maîtrisant toutes les règles même les plus élémentaires de la diplomatie. C’est ce qui a choqué Kinshasa, qui s’est sentie blessée de constater que François Hollande se soit permis de tirer à boulet rouge sur le gouvernement congolais, auquel il impute la responsabilité de ces violences dans lesquelles il n’a sélectionné que l’incendie, au deuxième jour, le 20 septembre, du siège de l’Udps…
Radio Okapi préfère s’intéresser aux paroles nobles et élevées que le Ministre a consacrées à l’impartialité de le Justice.
« Les poursuites judicaires annoncées par le procureur général de la République concernent aussi bien le camp de l’opposition que celui de la majorité présidentielle (MP). Le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende l’a précisé jeudi 22 septembre au cours d’une conférence de presse qu’il a animée à Kinshasa. « Pour le gouvernement, et ceux qui ont mis le feu aux sièges des partis politiques de la majorité pendant le jour, et ceux qui ont incendié les sièges des partis politiques de l’opposition pendant la nuit doivent être poursuivis. Nous ne faisons aucune différence. Personne n’est attitré à se faire justice à lui-même », a affirmé Lambert Mende.
Des violences ont été perpétrées lundi 19 et mardi 20 septembre derniers à Kinshasa, faisant plusieurs morts. Des actes que condamne le gouvernement congolais. Le ministre renseigne que le procureur général de la République avait déjà annoncé l’ouverture d’une enquête dès lundi 19 septembre et il n’appartenait pas à la population de se faire justice. « Les Congolais doivent apprendre à faire confiance à la justice de leur pays », interpelle-t-il.
Lambert Mende indique que l’Etat doit protéger tout le monde de la même manière. « Ne vous étonnez pas étonnés qu’il y ait même des gens de la MP à comparaitre devant la justice s’ils sont identifiés comme auteurs des incendies [des partis politiques]. Nous ne faisons aucune différence », poursuit le ministre de la Communication. Dans sa communication de mercredi 21 septembre, le procureur général de la République a annoncé des poursuites contre des auteurs matériels et intellectuels des violences qui ont émaillé les manifestations de l’opposition à Kinshasa ».
En tous cas, il y en a pour prendre Mende au mot : La Prospérité fait savoir que « Franck Diongo porte plainte chez le PGR ! ». Selon le journal, il veut obtenir l’arrestation et la condamnation des « brigands » qui ont flambé le siège de son parti politique, et fauché de nombreuses vies innocentes des manifestants pacifiques. Franck Diongo n’explique pas autrement la présence d’impacts de balles, des fragments d’obus trouvés sur le lieu de l’incendie criminel, ajoute le journal.
Mais, rapporte 7/7.cd « (ce sont) F. Diongo, S. Lukonde, Kitenge Yezu, J. Olengakoy, L. Bonganga, J-M Kabund, B. Tshibrapporte ala, W. Mishiki, Ingele Ifoto et M. Mukonkole (qui sont) poursuivis pour insurrection par le PGR ».
« Dans sa réquisition d’information n°6224 du 21 septembre, le Procureur général de la République a interdit la sortie des personnalités de l’Opposition ci-dessous. Car poursuivies pour insurrection. Il s’agit de : le Fonus Joseph Olengakoy, l’UDPS Jean-Marc Kabund, l’UDPS Bruno Tshibala, Ingele Ifoto, le G7 Sama Lukonde, L’UDA Martin Mukonkole, le MLP Franck Diongo, Willy Mishiki, Lisanga Boganga et Kitenge Yezu. Le PGR demande qu’on les appréhende et qu’on les achemineme à l’état-major général. Avec ses poursuites le climat politique va se rendre davantage ».
Marche de la Majorité présidentielle annulée
L’Avenir titre en manchette «Kimbuta annule la marche de la Majorité présidentielle».
Il cite le secrétaire général-adjoint de la MP, Joseph Kokonyangi qui a annoncé cette décision à la presse au sortir d’une réunion entre les cadres du camp politique du chef de l’Etat et le gouverneur de Kinshasa.
Joseph Kokonyangi regrette que les autorités provinciales aient refusé de leur accorder l’autorisation de marcher pour soutenir le dialogue alors qu’il avait autorisé, il y a quelques jours, l’autorisation de manifester à « ceux-là » [Rassemblement de l’opposition] qui, selon lui, n’ont pas su respecter leur objectif, souligne le quotidien.
AfricaNews citant Toussaint Mika, conseiller en communication du gouverneur de Kinshasa, précisé que l’Hôtel de ville de Kinshasa a pris l’option de suspendre toutes les manifestations publiques jusqu’à nouvel l’ordre. Ce journal se demande si le Rassemblement de l’opposition se pliera à cette nouvelle disposition du gouvernement provincial de Kinshasa alors qu’il a projeté une nouvelle manifestation, le même samedi, devant les installations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), sur le boulevard du 30 juin, dans la commune de la Gombe.
(Sans se montrer exagérément critique ou soupçonneux, il est permis de supposer que cette « interdiction générale de manifester » vise avant tout à interdire, sans la viser ouvertement, la manif de l’Opposition. Il est d’ailleurs atypique, de la part de la MP, de manifester durant le WE. Ils préfèrent en général les jours ouvrables, de façon à bénéficier de la présence des fonctionnaires dont la journée de travail, ce jour-là, consiste à manifester. C’est en général plutôt l’opposition qui choisit de « marcher » les jours chômés. NdlR)
FEC
Toujours à propos des manifestations, Radio Okapi nous permet de savoir qu’à l’instar de ses homologues européens, le patronat congolais cherche à se concilier les petits commerçants.
« La Fédération des entreprises du Congo (FEC) déplore les pillages et destruction des biens des opérateurs économiques lors des dernières manifestations organisées à Kinshasa par l’opposition.
Au cours d’un point de presse tenu mercredi 21 septembre à Kinshasa, le président de la FEC, Albert Yuma, a appelé toutes les parties à la retenue afin de privilégier le bien être de la population en préservant les activités du secteur privé. « Il faut préserver l’activité économique du secteur privé, car, c’est elle qui fait le développement d’un pays », a indiqué M. Yuma. (C’est sans doute un lapsus : il veut dire qu’elle accroît les profits de quelques privilégiés qui les planquent à l’étranger. NdlR)
Selon lui, la RDC connait déjà des difficultés avec la baisse des prix des matières premières sur le marché international. Détruire le peu d’activités économiques restant revient à sacrifier le futur des citoyens, a avisé Albert Yuma. Le président du patronat congolais a aussi exprimé sa compassion à l’endroit de la Confédération des petites et moyennes entreprises du Congo (COPEMECO) et la Fédération nationale des artisans, petites et moyennes entreprises du Congo (FENAPEC), dont certains membres ont perdu les biens lors de ces évènements. Par ailleurs, il a promis le soutien de la corporation pour qu’ils soient dédommagés par qui de droit ».
« Dialogue »
Le Phare s’y intéresse et titre à la Une : «Les appels se multiplient pour un vrai dialogue». « Le caractère non inclusif du dialogue lancé par le facilitateur Edem Kodjo le jeudi 1er septembre ne fait plus l’ombre d’un doute. On se souvient que le jour même du coup d’envoi, le précité s’était laissé convaincre par les participants de l’absence des poids de l’Opposition, d’où sa décision de suspendre les travaux pour 48 heures, le temps pour Vital Kamerhe, désigné co-modérateur pour le compte d’une frange de l’Opposition, de tenter une mission suicide en direction du Rassemblement, dont tout le monde connaît le fiasco. Après trois semaines d’entêtement, Edem Kodjo, la Majorité présidentielle ainsi que l’Opposition qui lui est inféodée, viennent d’être rappelés à l’ordre par les manifestations du lundi 19 et du mardi 20 septembre 2016.
Le message principal envoyé par « la rue » aux faucons de la famille politique du Chef de l’Etat, à la communauté internationale et aux participants au fameux dialogue est que ce forum n’est pas celui appelé à relancer le processus électoral et booster l’alternance politique au sommet de l’Etat. Le désaveu des résolutions en chantier à la Cité de l’Union Africaine, avant même leur annonce publique, est patent.
Ayant sans doute pris la pleine mesure de la situation, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENO) vient d’annoncer son retrait d’un forum qui continue de souffrir du déficit d’inclusivité. Les Evêques Catholiques ont laissé entendre qu’ils ne pourraient reconsidérer leur position que si ce forum répondait aux critères de l’inclusivité.
Comme pour souligner le même défaut, la Nouvelle Société Civile Congolaise a, elle aussi, décidé de plier bagages.
Interpellée par le message de la « majorité silencieuse », qui refuse toute prolongation du second et dernier mandat de l’actuel Chef de l’Etat, la Communauté internationale, qui semblait déjà divisée dans son soutien à Edem Kodjo, vient de se prononcer clairement pour le retour à la case départ. Ainsi donc, les Nations Unies, les Etats-Unis d’Amérique, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne… en appellent à l’organisation d’un vrai dialogue, auquel devraient prendre part l’Opposition ainsi que les organisations de la Société civile qui comptent réellement dans ce pays.
Bruxelles, par la voix de son Vice-Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders, a même proposé Saïd Djinnit, Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu dans les Grands Lacs, comme facilitateur du nouveau dialogue.
Par ailleurs, les objectifs d’un tel dialogue sont clairement définis : l’élaboration d’un calendrier électoral mettant au premier plan l’élection présidentielle et l’organisation de cette dernière dans le meilleur délai, à une date précise, en vue d’une passation civilisée des pouvoirs entre le président sortant et son successeur à sortir des urnes de manière transparente, démocratique et pacifique.
Le chaos aux portes du grand Congo
Lorsqu’il y a quelques mois, un rapport de l’ONU faisait état de la perspective d’une fin d’année chaotique en République Démocratique du Congo au cas où l’élection présidentielle n’était pas organisée dans le délai constitutionnel, l’alerte paraissait relever de l’excès de zèle. Mais, après ce qui s’est passé à Kinshasa lundi et mardi derniers, mais aussi ce qu’avait connu la capitale en janvier 2015, chacun peut constater que le « glissement » du calendrier électoral en général et du scrutin présidentiel en particulier constitue un «problème ».
D’où, les observateurs pensent qu’à l’image de la marche-arrière effectuée par le Parlement au sujet de la tentative de révision de la loi électorale, et ce à la suite des manifestations de rue à Kinshasa pendant cinq jours, ceux qui cherchent le passage en force dans leurs velléités de prolongation du mandat du chef de l’Etat en fonction, auraient intérêt à rechercher un consensus politique par le biais d’un dialogue inclusif. Un « glissement collectif », avec la caution morale des participants à un dialogue inclusif, ferait moins de dégâts qu’une initiative ayant l’air d’un complot contre la République et son souverain primaire. Les avertissements venus des Congolais d’en-bas, qui se reconnaissent de moins en moins dans leurs gouvernants, à cause notamment de leur incapacité à éradiquer la pauvreté, en dépit d’immenses opportunités de créer des richesses au bénéfice de la multitude, devraient en tirer les leçons qui s’imposent afin de ne pas tomber dans les travers de la fin de règne des « Mobutistes ». Le peuple ne demande rien d’autre que d’user de son droit de sanctionner positivement ou négativement les futurs participants aux compétitions électorales.
Des ambassadeurs hier chez Tshisekedi
Une délégation comportant plusieurs ambassadeurs accrédités à Kinshasa s’est rendue hier après-midi à la résidence d’Etienne Tshisekedi, sise rue Pétunias, dans la commune de Limete.
On croit savoir que les échanges entre ces diplomates et le Président du «Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement» ont porté sur la recherche des voies et moyens de mettre en œuvre le vrai dialogue, réellement inclusif.
Au regard des réactions qui fusent de plusieurs chancelleries occidentales contre un dialogue non inclusif, celui qui se tient à la Cité de l’Union Africaine a très peu de chance d’atterrir en douceur ».
Le Potentiel titre « Kodjo sur le départ, Djinnit pour un vrai dialogue ».
Il fait état d’un ballet diplomatique chez Tshisekedi. Après les graves incidents des 19 et 20 septembre, note le tabloïd, la communauté internationale pense sérieusement au remplacement du Togolais avant d’entamer le vrai dialogue politique. Le quotidien signale par ailleurs qu’à Limete, autour d’Etienne Tshisekedi, des tractations se déroulent pour convaincre celui-ci et le Rassemblement à intégrer la dynamique du dialogue. Au nombre des ses interlocuteurs figuraient hier jeudi plusieurs diplomates occidentaux.
Forum des As annonce que Tshisekedi parle aujourd’hui et que son message portera essentiellement sur les évènements malheureux des 19 et 20 septembre.
Congo Nouveau fait allusion à la « peur d’un accord sans le Rassemblement » au dialogue qui se tient à la cité de l’UA. Pour le journal, les évènements du 19 au 20 septembre dernier semblent ramener les uns et les autres à la réalité : sans le Rassemblement, un accord politique au terme du dialogue national ouvert depuis le 1er septembre à la cité de l’Union africaine ne résoudrait rien dans la crise politique actuelle. Au contraire, il aurait le venin d’exacerber les tensions du fait que Tshisekedi et son monde ne seraient pas prêts à le cautionner.
(La formule « Ce qui compte c’est le respect de la Constitution » a depuis longtemps quitté le domaine politique pour devenir une incantation. Elle est d’ailleurs usitée dans tous les camps de sorte que, si la guerre civile éclate demain, on devra constater, quand elle sera finie et qu’on en sera à compter les cadavres, que jamais dans l’Histoire on n’aura vu un tel bain de sang, répandu entre gens aussi parfaitement d’accord sur le respect de la Constitution !
Celle-ci fixe certains délais : les élections devraient être convoquées dans quelques jours, se tenir en novembre, et désigner alors un successeur à qui JKK passera la main le 20 décembre. Comme le constate la CENI, ce ne sera possible que si l’on va aux élections avec le même fichier qu’en 2011. C’est inacceptable pour deux raisons : 1° l’obsolescence car il y a dans ce fichier un tas de morts qui ne voteront plus, et un autre tas de gens qui devraient voter n’y sont pas, 2° ce fichier est suspect de contenir toutes sortes d’irrégularités : militaires, bébés, électeurs « fantômes », et bien sûr, « étrangers » – catégorie qui, pour rappel, englobe non seulement les prétendus « rwandais » mais aussi les titulaires d’une double nationalité. On dirait que la CENI a fini par se rendre compte de la profonde méfiance qu’inspire ce fichier, puis qu’il n’est plus question de « mise à jour » ou de « toilettage », mais bien de sa « refonte ». Encore qu’on ne nous dise pas ce que couvre ce changement de vocabulaire, le mot est beaucoup plus fort. Les mots forts peuvent cacher de bien petites choses, dira-t-on, mais les problèmes n’est pas là. Il réside dans l’extrême méfiance des Congolais envers les listes électorales, depuis les magouillages de 2011. Il n’y a pas 36 manières de surmonter cette méfiance : il faut que la liste des électeurs soit vérifiable. Comment vérifie-t-on une liste ? En la comparant avec une autre liste. Et pour disposer de celle-ci, il faut recenser la population. L’absence de volonté d’y procéder est la meilleure preuve que la RDC s’installe dans une culture politique de la fraude. Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Le fait que feu Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, ait été remis un temps à la Présidence de la CENI, était une promesse de beaux jours pour les fraudeurs ! Mais on n’en tient guère compte. Que les élections aient été nulles, comme elles l’ont été, ou qu’elles aient été gagnées par Tshisekedi, comme on se complaît à le rêver à l’UDPS, le fait est que Kabila, depuis 2011, a fait proclamer des résultats qui le déclaraient vainqueur et s’est maintenu en place depuis bientôt 5 ans par la force et l’intimidation. Pourquoi aller discuter de la fin d’un mandat constitutionnel à propos de quelqu’un qui ne détient aucun mandat de cette sorte ? Pourquoi même lui supposer la moindre velléité de se soucier d’une Constitution qu’il viole quotidiennement depuis cinq ans. La réalité dite crûment, c’est qu’il est en place par la force et ne la quittera que par la force.
La discussion sur la date buttoir pour bouger, est-ce le 30 septembre, si à cette date l’élection présidentielle n’est pas convoquée ou trois mois plus tard, à la fin effective du mandat, n’a donc aucun sens. Un mandat inexistant n’a bien sûr ni commencement, ni fin ! Tout aussi irréaliste est la discussion sur le fameux arrêt de la Cour Constitutionnelle. Elle n’a rien décidé du tout et encore moins autorisé. Cette cour ne pouvait se prononcer que sur ce que la constitution a prévu à savoir : l’empêchement d’un président durant son mandat, non encore expiré, à exercer ses fonctions. Avec Kabila actuellement- si seulement il avait été élu en 2011 – nous sommes dans le cas de ce qui serait une fin de mandat constitutionnelle …. Eventualité sur laquelle la Constitution est muette.
Il est permis de ne pas être ébloui par la prestation du « complicateur », et de se demander pourquoi l’UA n’a pas désigné comme « facilitateur » un ex-président africain ayant « rendu son tablier » sans problème, comme Thabo Mbeki, Jakaya Kikwete ou Goodluck Jonathan.. Tout ce qui se dit du « dialogue » renvoie à la partie de bras de fer engagée entre deux conceptions du « dialogue». JKK a fait étalage de sa volonté de suivre le processus programmé par la CENI, et l’opposition « conclaviste » de son soutien à Tshisekedi. Le « Dialogue » sombrera dans l’insignifiance si Kodjo ne parvient pas à y obtenir la présence au moins de l’UDPS, désormais renforcée d’une bonne partie de l’Opposition.
Ce que la MP veut par-dessus tout c’est un Dialogue National similaire aux Concertations Nationales, un forum sévèrement surveillé, formaté à l’avance et dont les résolutions seront transmises au « Chef de l’Etat » qui a son tour les transmettra aux institutions nationales pour analyse, observation et exécution éventuelle. Dans ce cas, l’UDPS ne voit pas pourquoi elle participerait à un tel forum inutile.
L’ »Opposition de Genval » veut obtenir la garantie que les Résolutions du Dialogue National seront impératives et opposables à tous et désire avoir, quant à la liberté des débats et la sécurité des participants, des garanties internationales. Dans un premier temps, il s’agissait d’en confier toute l’organisation à la MONUSCO et peut-être même de se réunir à l’étranger. Plus récemment, il s’est agi d’un « encadrement » par une brochette d’organisations qui devrait comprendre l’ONU, l’UE, l’UA, l’OIF et les USA. En caricaturant à peine les choses, on pourrait dire que la MP a pour idéal une sorte de « Congrès du PPRD et alliés + quelques invités », axé sur la perpétuation du régime actuel, et que l’UDPS verrait volontiers une sorte de Tribunal de la Communauté Internationale se charger enfin de « régler le contentieux électoral de 2011 », c’est-à-dire, dans l’imaginaire udepsien , de proclamer Tshisekedi président.
Si un Tribunal de la Communauté Internationale chargé de « régler le contentieux électoral de 2011 », tel que l’UDPS l’imagine, existait, il commencerait par mettre équitablement aux fers tant Kabila que Tshisekedi, pour avoir l’un et l’autre tenté de prendre le pouvoir après des élections NULLES [1]. en 2011. NdlR)
Meurtres à Kananga et à Beni
Radio Okapi annonce « Kananga : le bilan de l’attaque des miliciens de Kamwina-Nsapu s’alourdit, 12 morts ».
Ces personnes, indique le site, sont mortes dans une tentative d’incursion des miliciens du chef coutumier Kamwina-Nsapu dans la ville de Kananga, chef-lieu du Kasaï Central. Des sources policières et des témoins qui livrent ce bilan provisoire, jeudi 22 septembre, indiquent que plusieurs autres personnes ont été blessées.
Sur ce même chapitre macabre, AfricaNews parle des « affrontements survenus entre la milice de Kamuena Nsapu et les forces de l’ordre à Kananga ».
Cette fois-ci, souligne ce journal, la panique à Kananga n’est pas due au présumé fou maîtrisé par les forces de l’ordre mais plutôt aux affrontements, dans les périmètres de l’aéroport, entre les agents de l’ordre et la milice du chef tué Kamuena Nsapu. Il signale que le commandant de la police nationale à Kananga a été atteint par balle au niveau l’abdomen, citant des sources hospitalières de la ville. Les miliciens dont certains ont été tués et arrêtés réclameraient soit la tenue des élections, soit la poursuite des présumées troupes rwandaises aperçues dans la ville de Kananga. Pendant ce temps, indique, le trihebdomadaire, les habitants de Kananga se terrent dans leurs maisons.
Mais L’Avenir estime qu’il y a eu « plus de peur que de mal » à Kananga.
Ce journal, qui parle d’une rumeur en citant son correspondant, fait savoir qu’en en moins d’un quart d’heure, toutes les rues du centre-ville se sont vidées. Quelques rares motocyclistes visibles sur les principales artères de la ville roulaient à vive allure et les piétons courraient dans tous les sens à la recherche d’un abri. Et dans ce mouvement de panique, on va enregistrer des blessés graves dans plusieurs établissements scolaires. Le complexe Athènes paye le lourd tribut avec deux morts et deux élèves en état critique signalés à l’institut pédagogique de Kananga (IPK). Mais, poursuit le tabloïd, si le calme est revenu au centre-ville, ce n’est pas le cas pour les quartiers périphériques.
Le Phare titre «Beni: le sang continue à couler ».
Ce quotidien rapporte que, dans la nuit du 21 septembre, des présumés combattants ADF ont tué sept personnes dans la localité de Kasinga, située à 4Km au Nord-Est de la ville de Beni. C’est la quatrième attaque en l’espace d’une semaine dans cette partie de la ville. Le Phare regrette que le sang continue à couler dans les environs de la ville de Beni, malgré que cette partie du territoire congolais a été déclarée zone opérationnelle. La conséquence immédiate de cette tuerie se traduit par des déplacements massifs de populations durant toute la nuit du mercredi dernier vers le centre-ville de Beni, conclut ce journal.

© CongoForum, le vendredi 23 septembre 2016

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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