RD Congo/Dialogue politique : Échec et mat pour Edem Kodjo !

26 septembre 2016

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Christophe SESSOU 26 septembre 2016

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L’ouverture du dialogue politique national au Congo le 1er septembre 2016, a suscité tant d’espoir mais à l’arrivée, la montagne n’aura accouché que d’une souris. La frange de l’opposition et la société civile prenant part au dialogue national, se sont retirées. La  mission du facilitateur Edem Kodjo prend donc l’allure d’une mission inachevée.

Il a suscité un grand espoir qui a fini par s’évaporer après trois semaines de travaux en dents de scieLe dialogue politique national au Congo démocratique, ouvert en grandes pompes le 1er septembre, a été suspendu le 23 septembre. Et pour cause, la délégation de l’opposition prenant part au dialogue a opté pour le report de sa participation en lien avec les « vies fauchées » lors des manifestations des 19 et 20 septembre à Kinshasa, officiellement, le temps du recueillement. Aucune date n’a été avancée quant à son retour à la table des négociations. 96 heures avant le retrait de la délégation de Vital Kamehre, l’Eglise catholique, à la tête de la société civile, avait annoncé qu’elle suspendait sa participation. Raison évoquée, le manque d’un large consensus au dialogue. Le facilitateur Edem Kodjo n’est pas parvenu à faire fléchir le « Rassemblement » d’Etienne Tshisekedi ayant choisi et maintenu le boycott des assises de Kinshasa. Mais avant ce retrait de la conférence des évêques, la délégation de Kamehre avait déjà suspendu une première fois, sa participation aux travaux. C’était pour bouder la posture du pouvoir qui avait préconisé d’organiser les élections provinciales ensuite les législatives avant les présidentielles, au mépris de la résolution 2277 des  Nations unies qui recommande l’organisation de la présidentielle dans les délais constitutionnels. Après les négociations ardues du facilitateur,  le pouvoir a pu couper la poire en deux. Les élections présidentielle, législatives et provinciales seront couplées, mais quant à la date, véritable mystère.  L’on en était à cette atmosphère de méfiance entre majorité et une partie d’opposition quand les événements du début de la semaine sont venus sonner le glas d’un dialogue politique devenu presqu’u monologue du fait des boycotts et retraits. En effet, l’opposition radicale a organisé des manifestations pour réclamer l’organisation de la présidentielle à bonne date et le départ du président Kabila à la fin de son mandat. Avant même le début des marches, les manifestants ont été violemment réprimés par la police à Kinshasa. Le bilan varie entre 32 morts selon les chiffres officiels, et plus de 100 morts, selon l’opposition.
Mission inachevée

Pas bon pour le boulot ? Les langues se sont vite déliées. Les compétences de ce diplomate de haut niveau ont été sujet à caution. L’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’Unité africaine (actuelle UA)  n’a pas à échouer si l’on prend en compte son riche parcours. C’est d’ailleurs ce qui a motivé l’Union africaine, les Nations unies, l’Union européenne et autres à ne pas changer de facilitateur malgré la récusation d’Edem Kodjo par Etienne Tshisiekedi, Moïse Katumbi, Martin Fayulu. Ces derniers estiment que le facilitateur est de connivence  avec le pouvoir. En revanche, l’immense espoir mis en Edem Kodjo, apparu à un moment donné comme le messie du Congo démocratique, s’est effiloché à mesure que les jours passaient. La suspension temporaire de l’opposition et les appels de l’Eglise catholique ont laissé place à une suspension sans délais. Le dialogue national, prévu pour novembre 2015, a connu assez de difficultés à prendre à cause des désaccords entre la majorité et la minorité. Son ouverture le 1er septembre a ressuscité beaucoup d’optimisme mais au bout de trois semaines, les protagonistes  sont  au pied du mur.  De quoi donner da la sueur froide à Edem Kodjo dont les gros efforts déployés depuis novembre 2015 semblent tomber à l’eau. La mission est donc inachevée. Pis, l’opposition a renvoyé sa participation aux calendes grecques juste avant les dernières discussions censées déboucher sur un accord politique voulu historique pour sortir le pays de la crise politique. De quoi dire que l’ancien premier ministre togolais a fait un travail inachevé du moment où le processus qu’il a entamé après les fastidieuses navettes entre Bruxelles et Kinshasa d’une part, et dans des capitales  africaines, n’est pas allé à son terme, du moins, pour le moment.
Christophe SESSOU

À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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