EDITORIAL : Elections, « apaisées » ?

9 août 2011

Au fil des jours

(Le Potentiel 09/08/2011)

Un forum politique organisé en juillet 2011 à Kisangani (Province Orientale) a recommandé aux acteurs politiques congolais de « multiplier » entre eux sous l’égide de la CENI « des rencontres en vue de débattre sur tout différend lié au processus électoral pour une élection apaisée ».

L’Opposition politique y a dénoncé la « campagne anticipée » des partis de la Majorité présidentielle et la « confiscation des médias officiels par le pouvoir », qu’elle estime être des éléments ne pouvant « pas favoriser la tenue des élections apaisées».

« A longueur des journées, on nous braque des spots propagandistes d’un homme, en disant que tout le peuple doit le voter à 100%. S’ils trouvent que cela n’est pas déséquilibré, qu’ils nous laissent également aller vanter les qualités de nos chevaux qui sont également prêts à courir », a accusé l’UDPS.

« Notre parti vit des activités politiques intenses et permanentes. Ni le PPRD ni la Majorité [présidentielle] ne sont d’accord à ce que nous puissions vivre le spectre d’un échec de l’avancée démocratique de notre pays », a répliqué le PPRD.

A Mbuji-Mayi (Kasaï Oriental), un colloque a suscité le 4 août courant l’espoir que « tous les acteurs comprendront les règles de jeu pour des élections apaisées et (que) tout le monde acceptera les résultats des urnes ».

Pendant que les acteurs politiques s’activent ainsi à trouver les voies et moyens d’« éviter les tensions avant, pendant et après les scrutins », près de 10 millions d’électeurs de l’Est de la RDC appellent à des « élections dans la paix ». Vivant quotidiennement dans la hantise des exactions des groupes armés dans leurs « 5 territoires », ils souhaitent qu’« élections apaisées » riment avec « élections dans la paix ».

A ce propos, l’agence de presse IRIN rapporte que « quatre mois avant les élections prévues pour le 28 novembre 2011, l’Est du pays est inquiet. Les habitants sont las de leurs conditions de vie. Les deux Kivu vont sans aucun doute constituer un problème électoral. La situation qui y règne montre que l’accord post Goma est toujours aussi difficile à gérer ».

En effet, cet « Accord de paix » signé le 23 mars 2009 par 22 groupes armés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu prônait un cessez-le-feu immédiat, l’intégration des groupes armés dans les FARDC et l’arrêt du soutien gouvernemental aux milices militaires.

« Si les groupes armés perdurent en tant que groupes, ils gardent leur capacité de faire pression. S’ils sont dispersés, ils ne sont plus que des individus isolés. Les FARDC ne sont pas suffisamment puissantes pour les y obliger », note la journaliste belge Colette Braeckman. Indiquant que, « pour obtenir ce genre d’armée puissante, il faut former de nouveaux éléments, bien protégés, bien rémunérés, bien soignés ».

Pour l’heure, le gouvernement congolais se trouve dans l’obligation de réussir en trois mois ce qu’il n’a pu réaliser en cinquante-quatre mois. En neutralisant complètement les FDLR au Kivu, la LRA en Province Orientale et tous les groupes armés y opérant d’ici au 28 novembre 2011.

Par Le Potentiel

 

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À propos de kakaluigi

Agé de 66 ans, avec 35 ans passés en Afrique dans la République Démocratique du Congo comme missionnaire. Engagé dans l'évangélisation, le social et l'enseignement aux écoles sécondaires. Responsable de la Pastorale de la Jeunesse, Directeur du Bureau Diocésain pour le Développement (BDD), Directeur d'une Radio Communnautaire et membre du Rateco.

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