La République démocratique du Congo (RDC) va « intensifier » ses opérations militaires contre les bandées armées et groupes rebelles implantées dans l’Est du pays, selon un accord conclu jeudi à Bujumbura avec les pays frontaliers de cette région troublée.
Réunis dans la capitale burundaise, les chefs d’état-major de RDC, d’Ouganda, du Rwanda et du Burundi ont adopté une stratégie militaire commune contre les groupes armés actifs – baptisés « forces négatives » – dans la région des Grands lacs africains, selon un document signé dans la nuit de mercredi à jeudi par les quatre chefs d’état-major.
« Le gouvernement de la RDC engage (…) ses forces armées pour intensifier dès maintenant et au plus tard (dans un délai de) deux mois, son offensive contre les forces négatives basées sur son territoire« , indique le texte.
La région des Grands lacs a sombré dans la violence et l’horreur au début des années 1990, avec le déclenchement en 1993 de la guerre civile au Burundi – dont le pays tente aujourd’hui de sortir – puis du génocide rwandais de 1994, suivi de rébellions et d’une guerre régionale africaine en RDC, opposant Kinshasa à ses voisins de l’Est.
Divers groupes armés – milices, mouvements rebelles ou bandes armées – sévissent toujours dans la région, essentiellement dans les deux provinces congolaises du Nord et du Sud Kivu, frontalières de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi.
La stratégie commune définie par les chefs d’état-majors prévoit également « des actions militaires conjointes » en RDC et doit être soumise aux ministres des Affaires étrangères des quatre pays, lors d’une réunion prévue le 4 juin à Kinshasa, selon le texte.
« Des actions planifiées, qui peuvent comprendre des opérations transfrontalières, renforceront les actions immédiates après les deux mois », poursuit le document.
« La coordination des opérations sera conjointement exercée par le pays où sont basées les forces négatives et le pays qui aura planifié ces opérations », précise le texte.
Pour un officier burundais qui a requis l’anonymat, « on vient de franchir une étape cruciale dans la lutte contre les forces négatives basée en RDC (…) Ce texte va nous permettre d’agir directement contre les Interahamwe (miliciens extrémistes hutus rwandais auteurs du génocide de 1994) et autres rebelles ougandais qui sont dans l’est de la RDC, avec l’aval de Kinshasa », a-t-il affirmé.
La réunion de Bujumbura a été la première entre les généraux Samuel Gahiro (Burundi), Kisempia Sungulanga Lombe (RDC), James Kabarebe (Rwanda) et Aronda Nyakairima (Ouganda), dans le cadre de la « Tripartite plus », organisation à vocation sécuritaire réunissant les quatre pays.
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19 avril 2007
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